Archives de catégorie : La rééducation de l’écriture

Que fait un rééducateur méthode Dumont ?

Suite à un gros quiproquo créé à la suite d’une émission télévisée  je tiens à apporter une précision importante. Nous, rééducatrices et rééducateurs méthode Dumont, traitons les difficultés d’écriture qui sont liés à des défauts d’apprentissage. 

Sauf pour celles d »entre nous qui sont également orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciennes et qui agissent dans leur champ de compétence en plus de ce que font les simples rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont, notre domaine n’est ni médical ni paramédical ( même s’il peut arriver que certaines s’installent dans les locaux proches de professionnels du secteur médical ou paramédical).
Si seuls étaient confrontés a des difficultés d’écriture les enfants qui ont de véritables problèmes moteurs alors il n’y aurait pas besoin de nous. 

Heureusement (ou malheureusement ? Que dire ?) un énorme pourcentage d’enfants qui ont des difficiles d’écriture n’ont pas de problèmes pathologiques. 
Une rééducation hors cas pathologique, c’est 4 à 6 séances. Les premiers résultats doivent être évidents dès les toute premières séances.

Nous traitons aussi l’apprentissage de la main controlatérale suite à la perte de la main scriptrice puisqu’il s’agit là de technique d’écriture. De même nous traitons la crampe de l’écrivain puisqu’elle est due à un défaut dans la tenue et/ou le maniement du crayon.

J’ai toujours refusé le nom de graphothérapeute pour moi-même et pour les personnes que je forme car nous ne sommes pas des thérapeutes en ce sens que nous ne faisons ni des actes médicaux ni des actes paramédicaux sauf dans le cadre de notre profession associée le cas échéant. Je souhaite lever toute ambiguïté à ce sujet. S’il se trouve que la personne qui nous consulte a, en plus de son problème technique d’écriture, besoin d’une prise en charge autre, alors nous la dirigeons vers un professionnel adapté en plus de notre action si nous ne sommes pas nous-même professionnel dans ce domaine.
Sauf exception les rééducateurs méthode Dumont sont à la base enseignants, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthophonistes, kinésithérapeutes.

A qui s’adresse la rééducation ?

Article en reconstruction :   Prochainement ajout d’exemples de rééducations

La rééducation de l’écriture concerne toute personne qui est en   difficulté avec son écriture : – les enfants qui ont du mal à apprendre à écrire, – mais aussi des adolescents ou des adultes. Ils écrivent trop lentement ou sont peu lisibles, voire illisibles.

Enseignants et parents pour les uns, patrons, secrétaires, collègues pour les autres, leur entourage  se plaint de leur écriture. C’est un adolescent qui n’arrive plus à prendre les cours, c’est un employé dont le patron juge l’écriture peu compatible avec les documents à remettre au public de l’entreprise, c’est un étudiant qui craint que sa copie d’examen soit illisible…

Sont également concernées les personnes qui ont perdu l’usage de leur main scriptrice, qu’elles soient adolescentes ou adultes, celles qui souffrent de crampes (à la condition que la crampe ne soit pas installée depuis trop d’années)
 
En bref, sont susceptibles d’être concernées toutes personnes qui, pour une raison ou une autre, souffrent de troubles de l’écriture.

Effets bénéfiques des rééducations graphiques

Si la rééducation de l’écriture se limite à traiter les problèmes d’écriture pour en optimiser la qualité, elle est également précieuse pour ses effets secondaires :

¯  Sur l’orthographe. La technique de rééducation de l’écriture  fait généralement revisiter au fur et à mesure  les mots écrits, ce qui d’une part attire l’attention sur les éventuelles erreurs, d’autre part fait mieux percevoir les occurrences orthographiques. Il s’ensuit donc une amélioration de l’orthographe d’autant plus que l‘attention consacrée à la réalisation de la trace écrite – qui est devenue automatique – peut se déplacer vers le contenu de l’écrit et son orthographe.

¯  Sur la confiance en soi. Constatant rapidement qu’il est capable décrire correctement, l’enfant reprend confiance en lui. Cette confiance est renforcée par les encouragements de l’enseignant et des parents qui constatent eux aussi les progrès.

¯  Sur le comportement relationnel. L’enfant n’étant plus en butte aux remarques sur son écriture dont la mauvaise qualité est trop souvent attribuée à de la mauvaise volonté, il est moins tendu et moins sur la défensive. Son comportement relationnel s’améliore.

¯  Sur la réussite scolaire. Amélioration de l’écriture, meilleure image de soi, meilleure confiance en soi, meilleur comportement relationnel, possibilité de se relire, autant de facteurs propices à une meilleure réussite scolaire.

Parmi ses effets secondaires on note aussi la possibilité de débloquer un mutisme d’origine affective. Cf. PDF ci-dessous (alors que le même exercice n’aura pas d’effet sur la communication d’un enfant autiste)

Ecriture-et-troubles _communication

 

Poignet en crosse et douleurs dans le dos.

Mon enfant est gaucher, il tourne son poignet en crochet pour écrire. Il se plaint d’avoir mal dans le bras et dans le dos. On dit portant que c’est une position normale pour les gauchers m’écrit une maman inquiète.

C’est une position fréquente, mais pas « normale » dans le sens où elle tend inutilement les muscles et les tendons.

Pour écrire sans douleur, il faut que les muscles soient au repos dès qu’on arrête d’écrire. S’il incline sa feuille vers la droite, s’il la remonte sur la table et s’il tient son crayon correctement, le gaucher voit ce qu’il écrit. Il n’a pas alors à fatiguer inutilement ses muscles en les tendant pour placer sa main au-dessus de sa ligne d’écriture. Il peut donc mettre sa main sous la ligne comme un droitier. Laissez-le essayer divers emplacements du cahier sur la table pour ajuster à la longueur de son avant-bras et à son œil directeur.

De même que la main en crosse n’est pas l’apanage des gauchers, les douleurs en écrivant ne concernent pas que les gauchers et ne concernent pas que la main en crosse. Elles se localisent dans les doigts, le poignet, bras, l’épaule, le cou, le dos. Plus  la douleur s’éloigne de la main, moins on pense à la posture et moins encore on pense à la tenue et au maniement du crayon.

Si vous écrivez beaucoup et que vous souffrez de douleurs dans le dos, interrogez-vous sur votre posture et sur votre tenue et votre maniement du stylo. Même chose pour les douleurs du cou, de l’épaule …  surtout, mais pas exclusivement si vous placez votre main en crosse.

Consultez un rééducateur ou une rééducatrice méthode Dumont. Votre problème sera réglé en quelques séances.

Que traite la rééducation de l’écriture ?

La rééducation graphique traite l’écriture et ne traite que l’écriture. Elle concerne les problèmes de lenteur, d’illisibilité, de douleurs et crampes au cours de l’écriture, de présentation générale.

Elle ne traite pas les problèmes de dyslexie et autres problèmes de langage ou de lecture ; elle ne traite pas l’orthographe, les troubles de l’attention, la dyspraxie, les troubles visuo-spatiaux et, d’une façon générale, les problèmes pathologiques en eux-mêmes. En revanche, compte tenu de leur profession, certains rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont trainent en plus ces problèmes-là.

En revanche, la rééducation de l’écriture a divers effets secondaires bénéfiques (voir la rubrique Quels sont les effets secondaires de la rééducation) dont une gratification qui favorise un comportement positif face à la scolarité et éventuellement à la communication.

Elle peut être associée à d’autres prises en charge par d’autres professionnels (dyspraxie, orthoptie…) et peut parfois être l’occasion de soupçonner des dysfonctionnements non encore identifiés. C’est le cas, par exemple, des dysfonctionnements des saccades oculaires qui, bien que la rééducation de l’écriture soit un complément bénéfique à leur rééducation, devront être pris en charge par le professionnel compétent, à savoir l’orthoptiste.

A l’inverse, elle peut mettre en évidence que tel enfant orienté vers l’usage du clavier n’a aucune raison d’abandonner l’écriture manuscrite car ses difficultés relèvent uniquement de la technique d’écriture. Ces cas ne sont pas rares. Ils sont généralement traités comme les autres en 4 à 6 séances avec résultats significatifs à la 3ème séance.

Un certain nombre de rééducatrices ou rééducateurs méthode Dumont exercent également un métier paramédical qui prend en charge des pathologies concernées par des troubles de l’écriture. Elles/ils sont ergothérapeutes, psychomotriciennes, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues…  

Sauf en cas de dyspraxie sévère qui interdit tout acte graphique, on gagne toujours à pouvoir écrire de sa propre main.  C’est indispensable à l’autonomie sociale.

Il était condamné à ne jamais écrire de sa main

Votre enfant n’écrira jamais ! Il faut que vous le passiez au clavier.

Combien de parents,  parfois en larmes, m’ont rapporté ces phrases terribles !
Il n’écrira jamais ! En est-on bien sûr ?

Voici le cas d’un enfant dyspraxique qui entrait à l’époque au CE2.  La rééducation graphique l’a sauvé de l’échec scolaire.

 

Qui sont les rééducateurs méthode Dumont ?

Les difficultés d’écriture sont de deux ordres : celles qui sont d’origine technique et celles qui sont d’origine pathologiques.

Les premières nécessitent un apprentissage ou un réapprentissage de la technique d’écriture : il s’agit de restaurer un programme moteur défectueux pour des raisons non pathologiques.
Les rééducateurs méthode Dumont sont formés à cette technique.

Les secondes nécessitent une prise en charge par un professionnel compétent dans le domaine concerné par la pathologie.

Les rééducateurs méthode Dumont peuvent être des enseignants déjà impliqués dans la remédiation (maîtres E, maîtres G…) ou non.
Ils peuvent être aussi ergothérapeutes, psychométriciens orthophonistes, kinésithérapeutes…
Dans ce cas, à la compétence spécifique de la rééducation méthode Dumont s’ajoute la compétence spécifique de leur spécialité.
Contrairement aux autres rééducateurs méthode Dumont ce sont aussi des professionnels de la santé.

Les rééducateurs méthode Dumont n’ont pas vocation à se substituer aux professionnels de la santé. En revanche il n’est pas rare que des professionnels de la santé également rééducateurs méthode Dumont n’aient pas à mettre en œuvre leur spécificité professionnelle ; c’est que leur arrive aussi des patients dont les difficultés s’avèrent n’être que d’ordre technique.

Le site des rééducateurs et rééducatrices

Un nouveau site vient d’être créé.  http://reeducateurs-ecriture-daniele-dumont.com/

Afin de vous diriger utilement vers le professionnel dont vous avez besoin pour traiter votre écriture ou celle de votre enfant, ce site  présente et localise les rééducateurs et rééducatrice en écriture méthode Danièle Dumont.

Ce sont des professionnels totalement indépendants qui partagent les mêmes valeurs déontologiques, le même point d’honneur à se tenir à jour et à optimiser leurs compétences, le même plaisir d’apporter leur savoir-faire à ceux qui les sollicitent.

Ils se reconnaissent au logo que j’ai spécifiquement déposé  pour cet usage.  Parmi eux des enseignants,  des ergothérapeutes, des psychomotriciens …  tous attentifs à apporter la meilleure aide à ceux qui souffrent de leur écriture.

Logo déposé
Logo déposé

 

Pourquoi en rééducation infliger cinq minutes d’écriture à un enfant qui, justement, a du mal à écrire ?

Vous avez rendez-vous chez une rééducatrice / un rééducateur en écriture ? Vous avez peur que ça se passe mal ?

Si vous vous adressez à un-e professionnel-le qui soit à l’écoute des besoins et des attentes il n’y  aucune raison d’avoir peur.  Arrivé un peu stressé, votre enfant repartira rassuré car il aura acquis avec une bonne confiance en ses possibilités. Cela ne se fait pas par hasard.

Comme son enseignement, la rééducation de l’écriture a pour objectif « l’obtention d’une écriture cursive fluide, claire, lisible, bien disposée dans la page et dans le lignage, autorisant directement l’accès à la fonction sémantique de l’écriture. » (Le geste d’écriture, 1° édition page 14, édition 2016 page 60, dans les documents d’accompagnement des programmes d’élémentaire, de 2016 c’est ici).

Au sein du Cours de rééducation graphique Danièle Dumont, Cours privé d’enseignement supérieur par correspondance, je forme des rééducateurs et rééducatrices de l’écriture. Ceux-ci sont également ergothérapeutes, psychomotriciens, kinésithérapeutes, enseignants…  
Parce qu’ils/elles sont indépendant-e-s le groupe est informel. Pas de nom qui se veuille prestigieux ni pour nommer le groupe, ni pour nommer la fonction. Nous nous contentons simplement d’être des rééducateurs et rééducatrices en écriture méthode Dumont. Nous sommes des professionnels attachés à nous porter au plus haut des compétences qu’attendent de nous les personnes en demande pour cause de mauvaise écriture ou de difficultés à écrire. Pour cela nous nous tenons informé-e-s, nous échangeons et nous participons chaque année à un colloque que j’organise et j’offre au cours duquel nous menons en profondeur un travail de réflexion sur un thème différent chaque année. Conférences, table ronde et ateliers s’y succèdent.

Vouloir se porter au plus haut niveau de compétences exige aussi de se soucier de la qualité de la relation et de son impact.  Et c’est cela dont je veux vous parler, vous qui êtes dans l’attente.

Si c’est l’écriture qui est concernée, il ne s’agit pas pour autant d’en oublier le scripteur. La qualité de la relation fait partie intégrante de la rééducation. J’avais attiré l’attention sur le sujet en début d’année en montrant que, sauf exception, la présence des parents tout au long de la séance de rééducation est pénalisante voire douloureuse pour l’enfant.

Je voudrais aujourd’hui attirer l’attention, sur un autre cas de négligence de la prise en compte de l’enfant lui-même (ou de l’adulte). Je viens en effet de lire dans les pages d’un quotidien la présentation publicitaire d’une personne qui s’installe en rééducation et qui, d’emblée, met en évidence que la pratique qui lui a été enseignée présente cette lacune dommageable. Preuve qu’elle n’est pas consciente qu’il s’agit d’une lacune.

Oublions donc cette personne et voyons le cas normal de traitement d’un enfant qui, comme celui qu’elle présente, consulte pour des difficultés d’écriture : lenteur, douleurs, gêne dans l’activité graphique…

L’une des premières choses à faire est de le faire écrire pour voir comment il s’y prend. En effet, la plupart du temps une mauvaise tenue de stylo ou son mauvais maniement sont en cause (ils sont ou non assortis d’une mauvaise posture).

Dès l’écriture des premiers mots, le professionnel voit le problème, l’analyse et comprend ce qu’il lui faut faire pour y remédier. Il n’en demande donc pas plus pour le moment et c’est donc à cela qu’il se consacrera en tout premier lieu pour pouvoir ensuite mener la suite de la rééducation dans de bonnes conditions.

Cette rectification a pour quadruple effet :

  • de rectifier la tenue et le maniement du crayon ainsi que la posture le cas échéant – ce qui est l’objectif premier,
  • de donner à l’enfant confiance en ses possibilités de réussite,
  • de lui donner confiance dans le professionnel qui le prend en charge,
  • de faciliter la suite des opérations de rééducation.

En revanche, si le ‘’rééducateur ‘’ commence la séance en faisant écrire l’enfant pendant cinq minutes, on comprendra aisément que le bienêtre de l’enfant n’est pas pris en compte : cinq minutes d’écriture lorsqu’on n’arrive pas à écrire correctement, lorsqu’on est trop lent, lorsqu’on se crispe sur le crayon, et plus encore lorsqu’on souffre… c’est long, beaucoup trop long. De quoi ajouter au stress, au manque de confiance en soi et de provoquer une forte envie de ne plus revenir.

Il faut au professionnel moins d’une minute pour voir et comprendre des difficultés de tenue et de maniement du crayon et assez peu de temps pour y remédier. Pourquoi alors infliger à l’enfant cinq longues minutes d’un exercice qui lui est pénible, voire douloureux ?

Pour observer son écriture ? Le professionnel aura demandé que l’enfant vienne avec ses cahiers du moment et des cahiers antérieurs. Il pourra y observer les anomalies qui nécessitent une rééducation.

Pour dresser un bilan ? Le professionnel peut alors faire ce bilan sans infliger cette souffrance psychologique et/physique à l’enfant.

Pour dresser un bilan à partir d’un test étalonné auquel l’administration lui impose de se référer ? Le professionnel ne le fera que s’il doit le faire impérativement et impérativement à ce moment-là. Dans le cas contraire, il ne le fera pas ou il attendra que l’acte d’écrire soit moins douloureux psychologiquement et/physiquement, ce qui, puisqu’il est compétent, va intervenir très vite. Il recueillera ainsi les anomalies de l’écriture qu’il doit traiter sans pour autant provoquer chez l’enfant une réaction de rejet, de refus et accentuer son manque de confiance en soi.

On trouvera ici des exemples de rééducation de la tenue et/ou du maniement du crayon. Ces exemples font exclusivement partie de ma collection personnelle (le nom figurant en bas à droite de l’écran sur ce site est le nom de mon site en pages perso –Il peut vous arriver de le retrouver utilisé par une autre personne comme nom de domaine c’est qu’elle me l’a emprunté sans mon autorisation et l’a déposé – la date indiquée est celle de la restructuration des pages perso orange.)

 

Les parents doivent-ils assister aux séances de rééducation ?

Lorsqu’on porte sur la question une réflexion superficielle et/ou de néophyte, il est tentant de penser que la présence des parents au côté de leur enfant pendant les séances de rééducation est une bonne chose. Voilà bien là une démarche démagogique propre à faire plaisir aux parents, à gratifier leur egomais dans la majorité des cas, à être préjudiciable à l’enfant.

C’est bien, en effet, parce que la rééducation de l’écriture ne saurait se satisfaire d’amateurisme et de simplisme, que les séances de rééducation se font en tête à tête, en dehors de la présence des parents.

* La relation duelle rassérène l’enfant qui pourrait se sentir jugé par le regard des parents. Bien qu’il parte généralement d’un bon sentiment, ce regard ponctue trop souvent chaque réussite d’un « tu vois quand tu veux », sous-entendu que je serais tentée de qualifier de « mortel ». Comment progresser quand on a le sentiment que l’accompagnateur pense qu’on fait exprès de ne pas réussir ?

* En outre, la présence d’un parent décentre l’attention. La relation n’est plus duelle mais tripartite : même s’il reste silencieux, le parent intervient par son regard porté sur l’action de l’enfant, par des échanges de regards avec le rééducateur, par des échanges de regards avec l’enfant, par le rythme de sa respiration avec des soupirs, discrets ou non, au rythme de sa satisfaction ou de sa déconvenue.

* Cette relation tripartite empêche l’enfant d’accéder vraiment aux références, aux repères nouveaux que lui offre le contexte de la rééducation. C’est pourtant grâce à des repères non parentaux que l’enfant peut continuer à se construire. Ceux-ci sont d’autant plus profitables qu’ils touchent à l’un des fondements de l’enseignement et au langage écrit indispensable dans nos civilisations, même avec l’omniprésence du numérique.

* La présence d’un parent le rend acteur direct de la mise au point de la rééducation dont il ignore tout des fondements et du fonctionnement : il risquera d’interférer avec des questions, certes légitimes, mais susceptibles de perturber le bon fonctionnement de la séance par exemple en amenant à verbaliser une action qui, pour être d’une efficacité optimum, devrait rester dans le registre du procédural c’est à dire de l’action.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est nier en partie l’enfant en tant que sujet et l’amener à une fonction d’objet face à « des grands » dont l’entente ou les contradictions valident cette position d’objet.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est ignorer l’existence d’une communication non verbale et le poids psychologique dont elle peut peser.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est ignorer le mode de construction de la personnalité et le rôle de la diversité raisonnée des repères.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est faire fi de la nécessité de comprendre le geste d’écriture et son fonctionnement et transformer une pratique raisonnée, car adaptée à chaque cas, en l’application de recettes dont l’exposé viserait surtout à gratifier l’égo du rééducateur et transformerait la séance en une démarche démagogique.

En conséquence, sauf exception, pour le rééducateur qui applique avec professionnalisme la méthode Danièle Dumont, ce n’est qu’une fois que seront bien établis les exercices à faire entre les séances que le ou les parents accompagnateurs prendra/prendront connaissance des exercices à faire. A ce moment-là, l’enfant montrera ce qu’il sait faire ; les parents mesureront alors la différence entre les résultats avant la séance et les résultats en fin de séance et seront enclins à féliciter l’enfant. Combien de fois ai-je entendu la réflexion émerveillée « c’est toi qui a fait ça mon chéri !? » suivie d’un énorme bisou en récompense. En acceptant le parent à la séance, on prive aussi enfant et parent de cet instant de bonheur décisif car incitatif à poursuivre les efforts.

A la fin de la séance, guidés par l’enfant – qui s’en fera une fierté – les parents pourront essayer eux-mêmes les exercices à faire au quotidien et échanger avec le rééducateur pour comprendre afin d’accompagner au mieux l’enfant dans la réalisation de ces exercices à faire à la maison entre les séances. L’enfant n’aura pas subi le stress du regard parental au cours de ses essais et tâtonnements. Si la mise au point a été délicate, le parent n’aura pas eu l’inquiétude de se dire « il ne va pas y arriver ». Parent et enfant y gagneront en sérénité. La rééducation y gagnera en efficacité.

Bien sûr, il est des cas où, au contraire, la présence d’un parent est souhaitable. Le professionnel compétent sait les repérer, et, loin d’être dans une démarche démagogique, c’est un raisonnement professionnel étayé qui dans certains cas, mais dans certains cas seulement, le conduit à adopter cette pratique.

Pour des exemples de rééducation graphique, c’est ici. Pour des informations sur la formation c’est ici, pour les préinscriptions à la session 2018/2019, c’est là.  Et pour trouver un rééducateur / une rééducatrice méthode Dumont, c’est ici.