Biographie

Passionnée par cette compétence socioculturelle spécifique qu’est l’écriture – vecteur de communication et de liberté – , j’ai consacré l’essentiel de ces 30 dernières années à l’observation de l’écriture manuscrite.

J’ai mené un examen critique de l’observation proposée par les graphologues, les graphométriciens, les graphothérapeutes et les experts en écriture, en allant y voir de près. (C’est ainsi que je suis titulaire de deux diplômes de graphologie, d’un diplôme de graphométrie et d’un diplôme universitaire d’expertise en écritures et documents de la faculté de Médecine de Brest.)

Constatant les aléas de la classification des caractéristiques graphiques utilisées par les graphologues, j’ai restructuré et rationalisé l’observation de l’écriture. J’ai ainsi mis en évidence l’existence de deux catégories de caractéristiques : celles qui peuvent  directement  s’observer ou se mesurer et celles qui concernent tout un ensemble d’observations conjointes.

Les premières concernent les espaces entre les mots ou entre les lettres, la continuité entre les lettres, leurs dimensions, l’inclinaison de leur axe, la direction et la tenue de la ligne de base, l’intensité de l’appui, l’orientation du tracé et la forme des lettres. Chacune de ces classifications constitue ce qu’on appelle un genre. J’ai donc appelé les espèces correspondantes des espèces génériques. Par exemple, l’écriture petite est une espèce de dimension , c’est une espèce générique qui se rapporte au genre dimension.

Les secondes synthétisent plusieurs caractéristiques. Je les ai nommées espèces synthétiques. L’écriture inhibée et l’écriture progressive sont, par exemple, des espèces d’inhibition. La première correspond à une inhibition forte ; elle peut se composer des espèces génériques suivantes : écriture petite, écriture lente, écriture renversée,  écriture appuyée. La deuxième correspond à une inhibition relativement faible mais équilibrée ; elle peut se composer des espèces génériques suivantes : écriture rapide, combinée (c’est à dire aux lettres judicieusement agencées), légère, aérée, inclinée.

Une catégorisation rationnelle permet de mieux décrire, donc de mieux voir l’écriture.

Les recherches universitaires de validation de la graphologie entreprises par des étudiants en psychologie qui m’avaient contactée n’ayant pas pu se faire de façon rationnelle comme je l’aurais souhaité, je m’en suis éloignée pour focaliser exclusivement mon attention sur l’observation technique de l’écriture dans des optiques socioculturelles concrètes : l’expertise en écriture, l’enseignement de l’écriture et sa rééducation.  Très tôt j’ai étayé ma réflexion par l’étude et la pratique de la rééducation graphique, qui, bien menée, permet d’aller au cœur de la mise en œuvre du geste graphique.

J’ai pu ainsi faire une nouvelle lecture de l’échelle d’Ajuriaguerra, neurologue et pédopsychiatre, à l’éclairage de l’observation du psychologue allemand Heiss, directeur de l’institut de psychologie cognitive de Fribourg.  Lecture originale conjointe de deux auteurs qui ne se sont jamais croisés.

Mon intérêt pour l’évolution de l’écriture a dirigé  mon mémoire de DU d’expertise en écritures et documents vers l’écriture des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, laquelle altère profondément l’écriture. Ce mémoire a, entre autres, battu en brèche l’idée reçue qu’il était impossible à ces malades d’écrire grand dans tous les cas de figure. Ce point particulier de ma recherche a eu par la suite une incidence notable sur ma compréhension du fonctionnement de l’acte graphique.

Plus tard, j’ai porté ma recherche relative au geste graphique et à sa mise en place sur un autre plan universitaire, celui de la linguistique fonctionnelle – Université René Descartes Paris V – en m’intéressant à la relation entre le discours et les pratiques de classe dans l’enseignement de l’écriture en maternelle (mémoire de Master 1) puis à la place du geste d’écriture dans l’apprentissage de l’écriture et à son impact dans l’enseignement de l’écriture(mémoire de Master 2) , enfin plus particulièrement au système d’écriture des lettres minuscules utilisées en classe (thèse de doctorat)

Conduisant à la fois mes recherches et mes activités d’expert en écritures et documents, de formatrice en pédagogie de l’écriture et de rééducatrice en écriture, j’ai ainsi progressivement restructuré l’observation de l’écriture défectueuse, défini une modélisation de l’apprentissage de l’écriture, élaboré une méthode de rééducation graphique qui offre des résultats rapides hors pathologie sévère et mis en évidence le système qui  fait que notre écriture est ce qu’elle est et qui, de ce fait, en facilite grandement l’apprentissage.

Danièle Dumont, Docteur en sciences du langage, le 18 novembre 2013

6 réflexions au sujet de « Biographie »

  1. Bonjour Mme Dumont, je m’appelle Dominique Jutras-Côté et je suis ergothérapeute au QC. J’ai graduée de l’Université de Dalhousie il y a deux ans de cela, toutefois je n’ai jamais appris ou entendu parler de la rééducation de l’écriture jusqu’à récemment. J’aimerais toutefois introduire le rééducation de l’écriture au centre de réadaptation ou je travaille mais pour cela, je dois d’abord m’appuyer d’évidence dans la littérature. Serait-il possible de me diriger vers des articles apuyant ces pratiques?

    Merci à l’avance

    Dominique Jutras-Côté, erg.

    1. Bonjour,
      je n’ai pas de références bibliographiques universitaires à vous fournir. En revanche je peux vous montrer des exemples de rééducations. je vous envoie un e-mail.
      Cordialement
      danièle Dumont

  2. bonsoir Mme Dumont, je m’appelle Bouazziz Aya, je suis une étudiante en 3ème année psychomotricité à la faculté 9 Avril Tunis. je viens de choisir comme sujet de mémoire « incidence de l’éducation psychomotrice sur l’acquisition de l’écriture ». j’ai déjà acheté votre livre  » le geste d’écriture méthode d’apprentissage cycle 1 cycle 2″. je me demande si c’est possible que vous me dirigiez vers des articles ou biens des livres mettant en question mon sujet.

    Merci
    Bouazziz Aya

    1. Bonjour,
      Vous avez choisi là un très beau sujet. Vous avez tous les ingrédients pour le traiter dans  »Le geste d’écriture » et tout particulièrement dans la modélisation de l’apprentissage de l’écriture et dans le schéma du système d’écriture que vous trouverez sur le site. Si vous le voulez bien je vais vous répondre par mail pour vous guider au plus près de vos attentes.

  3. Bonjour,
    Je suis enseignante en PS-MS . J’ai découvert votre ouvrage « Le geste d’Ecriture  » en lisant le journal « la classe maternelle ». J’ai pu me le procurer au CRDP de Caen. La lecture m’a passionné, je cherche à l’acheter mais je ne trouve la version de 2006. Savez-vous où je pourrais trouver celle de 2012 ?
    Merci

    1. Bonjour Patricia,
      Merci pour votre message. La dernière édition du Geste d’écriture répertoriée comme telle est celle de 2006. Au cours de la réimpression de 2012 je l’ai fait évoluer ; cette évolution a été répertoriée comme une réimpression et non comme une réédition. Cela concerne donc les tirages 2012, 2013, 2014 (voir en dernier page l’année d’impression) (En les feuilletant on trouve en pages 85 et 87 le terme  »étrécie » à la place de  »coupe »). Vous trouverez des informations sur l’évolution de ma recherche sur le présent site.

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