Sources : Thèse de doctorat Université René Descartes Paris 5, Danièle Dumont, 2013                                                                  Le geste d’écriture Danièle Dumont Éditions Hatier  3e édition 2016  2ème partie, pages 75 et suivantes,  (1ère édition 1999 chapitre 10, pages 86 et suivantes)

Objectif : Faire comprendre au lecteur la façon dont se forment les lettres pour un enseignement optimum de l’écriture cursive latine.

RÉPONSES AUX QUESTIONS DE LA LEÇON 2  (2ème partie) 

Au jour précédent, nous nous en sommes arrêté.e.s sur le relais de hockey afin de vous laisser le temps de prendre le recul nécessaire à une bonne réflexion. Nous sommes passé.e.s assez vite sur les trois premières questions puisque la réponse était dans la leçon.

La question 4 de cette première série Pourquoi ne doit-on pas supprimer le relais de hockey ? était appelée par une erreur pédagogique qui circule (ou  a circulé) sur le web et sans doute aussi dans des livres ou cahiers : par souci de “simplifier” on supprime le début de l’apprentissage de la boucle.

La réponse à la QUESTION 1 de la deuxième série En quoi le relais de hockey enseigne-t-il la formation de la boucle ? vous a fourni des explications complémentaires, mais ce que ni cette réponse ni la précédente ne vous a dit, c’est pourquoi cette erreur est possible ? 

Nous allons donc voir ensemble l’origine de cette erreur, car s’il y en a erreur ici, il peut y en avoir d’autres ailleurs fondées sur les même lacunes.

Nous avons vu que la suppression de la première étape (relais de hockey) remplace l’acquisition spontanée par une contrainte. L’enfant doit tourner dans le sens indiqué ; il répond à une injonction. L’objectif “tourner dans le bon sens” et la consigne “tourne dans le bon sens” sont les mêmes. Au-delà de la double réponse que je vous ai donnée ici  , l’écueil vient donc d’une absence d’examen critique du sujet : la question étant “comment amener l’enfant à tourner dans le bon sens”, la réponse ne peut pas être “en lui faisant tourner des rubans dans le bon sens.”. Il fallait donc trouver comment “faire tourner dans le bon sens” d’un geste aussi naturel que possible.  Le relais de hockey remplit bien cette fonction.

VOYONS LES AUTRES QUESTIONS : QU’AVEZ-VOUS PU DEDUIRE DE CE QUI A ÉTÉ DIT ?

QUESTION 2 :  Pourquoi avoir signalé qu’un gros e n’est pas l’équivalent d’un l ?

Avec la boucle, forme de base de première unité, on écrit la lettre e lorsqu’on tourne simplement les doigts.  La lettre e est sensiblement aussi large que haute. Si on étire les doigts vers le haut (du lignage s’il en existe un) on forme la lettre l. Sans former un plein rigide, elle redescend plus droite qu’elle monte.
Si on ne précise par qu’il faut étirer les doigts vers le haut, l’enfant aura tendance à tourner ses doigts un peu comme pour un e et ses l ressembleront alors à de gros e.  Ils auront également tendance à être renversés.

–> A savoir en plus : Les lettres s, r, j et p  commencent par une attaque de grande boucle, donc comme un l.  Commencée comme un e leur attaque serait trop couchée. Commencée comme un i, elle serait trop droite.

QUESTION 3 : Qu’est-ce que le recodage ? Quel est l’intérêt de recoder les lettres dans un mot ?
Le recodage est la légère variation qu’adopte une lettre pour s’enchaîner à la précédente ou à la suivante.  Exemple le n ne commence par de la même façon pour écrire le mot en et le mot on. De la même façon en écrivant à la main, on ouvre plus la fin du i dans cil que dans pliure mais moins que dans ciel.
L’intérêt du recodage est de donner de la fluidité au tracé car chaque lettre s’adapte selon sa position plutôt que d’être figée.

–> A savoir en plus, pour recoder les lettres au fil de l’écrit, il faut anticiper. Le recodage invite donc à une activité cérébrale qui n’existe pas lorsque les lettres sont tracées sans qu’il soit tenu compte du contexte. Tout porte à croire qu’il favorise aussi l’accès à la lecture.

QUESTION 4 : Pourquoi ai-je pu écrire deux mots seulement sont possibles en étant utilisés de façon réfléchie “le” et “elle”. Un troisième mot est possible mais il relèvera plus de la copie que de la réflexion: le mot “fée”.

Lorsque l’enfant est invité à écrire  les mots “le” ou “elle” pour compléter une légende, il lui faut réfléchir pour les écrire au bon endroit : impossible d’écrire “le” devant un mot au féminin, impossible d’écrire “elle” si le mot remplacé est masculin.  En revanche, le mot “fée” ne peut être utilisé que pour désigner le personnage dénommé ainsi. Si l’enfant ne sait écrire que ces trois mots il ne peut applique sa réflexion que pour l’écriture des deux premiers, l’écriture du troisième sera une écriture de simple copie.

–> A savoir en plus : Avec l’étude du rond, un pas de plus sera franchi ; l’enfant découvrira qu’il peut écrire ce qu’il pense. Selon la méthode que je vous propose, l’entrée dans l’écriture se fait pas à pas et modestement mais de façon encourageante grâce à la mise en situation de réussir. Cela me semble plus judicieux que des avancées trop ambitieuses qui, in fine, risquent fort de se solder par du découragement face à l’échec. Combien de fois ai-je entendu “je n’y arriverai jamais !“. Mon objectif est de vous donner les moyens de mettre l’enfant, dès ses débuts en maternelle, sur la voie consciente de la réussite en ce qui concerne l’écriture.