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1er trimestre de CP. Est-ce bien ou mal écrit ?

Est-ce bien ou mal écrit ?

Comme c’est bien écrit ! Voilà la réaction habituelle devant une telle écriture ou au premier trimestre du CP.

C’est vrai que l’enfant s’est appliqué. Il s’est appliqué à reproduire les lettres qui lui ont été données en modèle. Il s’est appliqué à bien tracer son écriture. A bien la dessiner. Pourtant cette écriture comporte de nombreux défauts. On pourrait passer outre et dire « cela s’arrangera avec le temps ». Malheureusement c’est l’inverse qui va se produire. Les anomalies plus ou moins masquées par l’application vont bousculer l’écriture dès qu’il s’agira d’accélérer le rythme.

Je remercie chaleureusement l’enseignante qui m’a autorisée à utiliser cette écriture. Je vous laisse la regarder et réfléchir et je reviens vers vous dans un instant pour la commenter.

Je vais continuer en bleu foncé pour différencier les étapes de la lecture.

L’une des toute premières choses qui va retenir notre attention, c’est le manque d’assurance du trait : le trait n’est pas très assuré ; on le voit bien sur les grandes boucles et sur le cabossage des lettres rondes. Le geste n’est donc pas automatisé – des quantités d’anomalies vont nous le confirmer. On a déjà un indice dans la différence entre la qualité du trait des formes de 1ère unité (celles qui passent par en bas pour aller de la gauche vers la droite, c’est à dire la boucle, l’étrécie et le rond) et celle des formes de deuxième unité (celles qui passent par en haut pour aller de la gauche vers la droite, c’est à dire le rouleau, le pont et les jambagesjambage bouclé et jambage bâtonné). Cette différence nous dit qu’il réussit mieux ce qui est renforcement de la contrainte – il faut faire un effort plus grand pour monter que pour descendre – alors que la maîtrise du geste d’écriture fluidifie l’écriture.

Redis sans les parenthèses et en raccourci : le trait n’est pas assuré donc le geste graphique n’est pas maîtrisé.

Vous me direz peut-être alors pourquoi s’embêter avec tous ces détails puisqu’une courte phrase suffit ?

C’est que ces observations permettent de supposer d’emblée que l’enfant n’a pas de problème de motricité, chose impossible à dire si on se contente d’un rapide coup d’œil pour « remplir une case ». 

Mais nous n’en avons pas fini avec la maîtrise du geste. On observe une instabilité de l’axe des lettres : les grandes boucles (lettres b et l) sont légèrement renversées de même que le a, le e et le r. Le u est vertical ; le n et le o inclinés. Il y a donc une instabilité de l’axe des lettres. Et là, compte tenu de la prédominance des renversements, il convient de s’interroger sur l’origine du problème. Cette instabilité des axes vient-elle du modèle ou de l’absence de maîtrise du geste d’écriture ou des deux ?
N’oublions pas que la définition du geste d’écriture, concept que j’ai créé il y a plus de 20 ans, englobe tous les processus qui interfèrent dans l’acte d’écriture. (Vous la trouvez en survolant l’expression).

Un coup d’œil sur le modèle (que je ne montrerai pas) dit que l’anomalie ne vient pas de là : ses lettres sont bien verticales. Le suivi d’un modèle aux lettres renversées aurait pu être l’origine du renversement. Ce n’est donc pas le cas.

Reste la tenue et/ou le maniement du crayon. Trait mal assuré, instabilité des axes. Il s’agit là très vraisemblablement d’un défaut de tenue du crayon : elle n’est pas ferme. Sans doute l’enseignante a-t-elle bien appris à l’enfant que le crayon se tient entre la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur et que l’index se pose sur le crayon. (Dernière phalange disent certains par erreur). Pulpe du pouce, dernière articulation du majeur, c’est bon, mais cela ne suffit pas. Pour que la prise soit solide, il faut lui en donner les moyens. 

Il faut donc qu’un point du pouce et un point du majeur entrent en contact en même temps avec le stylo pour le tenir (le pincer dit-on plus souvent? On pourrait dire aussi le prendre en étau). Pour cela je propose de faire deux points sur les doigts de l’enfant : un sur la pulpe du pouce, presque vers son extrémité (et pas sur le milieu), un sur la dernière articulation du majeur. Le crayon viendra se loger là et son corps reposera dans la commissure entre la base du pouce et celle de l’index.

Mais cela ne suffit toujours pas. L’enfant peut très bien tenir son crayon de cette façon (ce qui est tout à fait possible en ce qui concerne l’enfant dont nous parlons) et pourtant ne pas le tenir fermement ce qui semble certain pour cet enfant-là. Pourquoi ?

Voici donc l’histoire du mouchoir. Pour faciliter le positionnement des doigts afin d’assurer une bonne efficacité de la tenue du crayon, je propose de mettre dans la main une boule de coton à démaquiller sur laquelle on n’appuiera pas. Automatiquement, l’annulaire et l’auriculaire vont se placer derrière le majeur et si vous faites cela et que vous essayez d’appuyer avec le pouce contre l’articulation du majeur vous sentirez une forte résistance des trois doigts solidarisés. En revanche, si vous repliez ces deux doigts dans le creux de la main pour y maintenir un mouchoir finement plié, le majeur est seul à tenter de résister à l’appui de l’index. Le crayon s’en trouve en position instable à chaque mouvement des doigts.  Avec la pratique le crayon glissera plus ou moins sur la phalange. C’est alors sans importance pourvu qu’il reste contre l’articulation.

Voilà donc terminée cette première partie de l’observation. Nous y avons appris que l’enfant ne semble pas avoir de problème personnel de motricité fine et que sa prise de crayon demande vraisemblablement à être revue ce qui stabiliserait son trait et l’axe de ses lettres. Cela semble sans doute peu mais c’est énorme pour le confort d’écriture, l’accès à la fluidité du geste, donc aussi la confiance en soi.

Attention les explications données ici concerne cette écriture-là. Pour d’autres enfants les problèmes peuvent être autres.

Pour plus de détail je vous renvoie à l’édition 2016 de mon livre Le geste d’écriture Éditions Hatier et à cette vidéo

Pour la suite de mon cadeau de Noël, je vous dis à cette fin d’après-midi ou à ce soir.


Eh bien voilà, nous sommes jeudi soir, chose promise, chose due.

Voici donc la suite de l’observation qui vise à mettre en évidence et à expliquer ce qui pèche dans cette écriture afin de vous aider à éviter que ces anomalies se reproduisent. Revoilà ci-dessus l’écriture pour faciliter le suivi.

Ce qui frappe également très vite, c’est que le mot n’a pas son unité. On voit des lettres scrupuleusement tracées et scrupuleusement « attachées » les unes aux autres mais, hormis le o, aucune n’appelle la suivante : l’enfant écrit en attaché il n’écrit pas en cursive, il conçoit le mot comme une suite de lettres attachées les unes aux autres.

Comme son nom l’indique, l’écriture cursive court sur le papier, le passage d’une lettre à l’autre y est imperceptible. (CF. Le geste d’écriture, édition 2016 chapitres 6 et 7).

Ici on voit nettement que l’enfant a écrit u puis a écrit l. On peut couper le mot aux ciseaux entre u et l.
Y a-t-il une soudure ? Autrement dit le crayon aurait-t-il été levé entre les deux puis le l aurait été soudé à la finale du u ? Peu importe dans le cas de cette écriture. Ce qui importe, c’est que les lettres sont tracées pour elles-mêmes et non recodées pour s’intégrer à leur environnement (cf. Le geste d’écriture chapitre 6). La même anomalie est présente entre a et n, puis entre e et r avec en plus une double malformation du r (mais nous reviendrons sur les formes elles-mêmes plus tard).

Nous voyons donc clairement que l’enfant n’anticipe pas l’écriture du mot. Il l’écrit lettre à lettre. Si le mot était perçu comme un tout et non comme une suite de lettres, la fin du u et le début du l fusionneraient ce qui nécessiterait un léger recodage des deux. De même la fin du a et le début du n mais avec un recodage plus important pour assurer la fluidité du geste.

Une autre anomalie de ductus entrave la fluidité : la formation des lettres a et g. Les ronds sont attaqués par le dessus donc impossible de fermer le rond par une petite étrécie pour assurer la continuité du mouvement dans l’écriture du a (cf.voir cette vidéo et Le geste d’écriture page 106 et 122). De même impossible de recoder le rond pour enchaîner sur le début du jambage dans la lettre g.

On voit donc avec cette analyse du ductus à quel point il est important de montrer aux enfants le processus de création des formes et le processus de formation des lettres. (Le tableau figure à la fin du cahier 1 CP Apprentissage Éditions Hatier. Vous pouvez aussi en afficher le poster. Il est disponible chez le même éditeur).

Comprendre que la formation des lettres s’adapte à leur environnement donne à l’enfant la liberté d’ajuster son geste donc d’anticiper pour que le mot ait son unité donc que l’écriture soit fluide. L’intégration précoce de mots dans l’apprentissage d’une lettre facilite cet ajustement

Je m’arrêterai là pour ce soir

Que reste-t-il à voir dans cette écriture ?  Eh  bien, ce que l’on a l’habitude de voir en premier : la forme.
 
La forme des lettres répond à une définition. C’est cette définition qui en fait la lisibilité.  Elle doit donc être respectée au moment de l’apprentissage afin qu’elle puisse progressivement se personnaliser de façon pertinente, c’est à dire en préservant la lisibilité du texte.
Nous allons commencer par la dernière lettre du mot, la lettre r.

Un r est formé d’une attaque de grande boucle (comme si on voulait écrire un l), d’un pont et d’un début d’étrécie  cf. explications ici  ou dans Le geste d’écriture page 108). Ici il forme une sorte de rectangle planté droit dans l’interligne et qui aurait perdu l’un de ses côtés.  Son attaque rigide et verticale impose un arrêt après le e alors qu’il devrait s’enchaîner avec aisance.  Il se poursuit par un plateau légèrement concave au lieu d’un pont ce qui provoque un angle en haut à droite.  L’ensemble de son tracé gêne la fluidité de l’écriture.

Je reviens maintenant tout au début du mot avec la lettre b dont  l’oeilleton renvoie la finale tout en bas presque sur la ligne de base.  Un œilleton est une façon de négocier le passage d’une forme à une autre. Il tend à renvoyer le tracé vers le bas. Ici il ne s’impose pas : la lettre qui suit n’impose pas que la finale du b descende. Il est tellement injustifié que, dans la copie suivante du même mot, l’enfant le fait totalement disparaître le boulanger devient le loulanger (voir illustration ci-dessous)

Je poursuivrai avec une remarque sur la lettre e. Le e a des allures de e apraxique, c’est à dire avec une cassure au début. En réalité il n’est pas apraxique, il faudrait pour cela une cassure juste au niveau de la boucle (ce qui existe sur le modèle) et c’est mieux ainsi, cela évite de bloquer le mouvement.  On y voit poindre une belle intelligence graphique qui se trouve confirmée par les autres e de la page : ils ne sont pas apraxiques non plus alors que ceux du modèle le sont.

Je terminerai avec la lettre o qui tend vers une forme ovoïde comme si l’écriture s’impatientait d’être bloquée dans l’imperfection de sa maîtrise.  Tout comme le e, cette déformation laisse augurer d’une écriture de bonne qualité si l’enfant est bien pris en main pour réduire les anomalies que nous venons de voir ensemble.     

Nous voilà presque arrivés au terme de l’essentiel de ce qui peut être dit des anomalies de l’écriture de ce mot. 

Presque, car je voudrais en effet revenir sur l’absence de fluidité du geste. Si nous comparons ce mot avec le mot qui le suit sur la ligne nous voyons que le « dos bien droit » recherché dans le premier entrave la fluidité. Lorsque l’enfant se laisse aller à un geste plus naturel qui arrondit un peu les grandes boucles, une certaine fluidité commence à apparaître. Cela aussi, c’est de bon augure. 

J’espère que vous avez pris plaisir à la lecture de ce « cadeau de Noël ».

Je vous souhaite, chers lecteurs et lectrices, une excellente fin d’année.

Au catalogue des formations

Au catalogue des formations :

  • Formation à la rééducation graphique

Public concerné : toute personne professionnellement habilitée à mener une action visant à améliorer l’écriture et/ou les conditions de l’écriture : enseignant, enseignant spécialisé, psychomotricien, ergothérapeute, orthophoniste, kinésithérapeute…

Initiateur : Cours Danièle Dumont

Inscriptions individuelles auprès du Cours Danièle Dumont

  • Approfondissement de l’enseignement de l’écriture méthode Dumont en maternelle

Public concerné : Professeurs des écoles maternelles publiques ou privées

Initiateur : Cours Danièle Dumont

Inscriptions individuelles auprès du Cours Danièle Dumont

  • Approfondissement de l’enseignement de l’écriture méthode Dumont en élémentaire

Public concerné : Professeurs des écoles élémentaires publiques ou privées

Initiateur : Cours Danièle Dumont

Inscriptions individuelles auprès du Cours Danièle Dumont

  • Formation à l’enseignement de la pédagogie méthode Dumont

Public concerné : Cette formation est destinée exclusivement aux rééducateurs méthode Dumont

Initiateur : Cours Danièle Dumont

Inscriptions individuelles auprès du Cours Danièle Dumont 

  • Conférences pédagogiques

Public concerné : Professeurs des écoles toute circonscription

Initiateur : Circonscriptions, Éditions Hatier

Inscriptions auprès de la circonscription organisatrice

  • Conférences tout public

Public concerné : Associations de parents d’élèves, tout public

Initiateur : Divers

Inscriptions auprès de l’organisme organisateur

  • Formation à l’enseignement de l’écriture – Sauf exception, cette formation est assurée par des professeurs des écoles, rééducateurs en écriture méthode Dumont, formés spécialement à cet effet

Public concerné : Écoles privées, Professeurs des écoles publiques ou privées

Initiateur : Écoles privées, formateur méthode Dumont

Inscriptions auprès de l’organisme organisateur / Inscription en individuel auprès de l’organisme de formation méthode Dumont. (lien ci-dessus).

INSCRIPTIONS AU COURS DE RÉÉDUCATION GRAPHIQUE SESSION 2020

INSCRIPTIONS AU COURS DE RÉÉDUCATION GRAPHIQUE SESSION 2020

Le cours en quelques mots 

Le cours de rééducation graphique Danièle Dumont s’adresse aux professionnels de la rééducation (ergothérapeutes, psychomotriciens etc.) et aux enseignants concernés par la question.

Il leur donne les connaissances et compétences nécessaires pour donner à chacun (sauf cas pathologiques graves) les moyens d’écrire de sa main de façon présentable et fonctionnelle.

 Son déroulement

De janvier à octobre 2020 inclus (puis novembre et décembre pour le mémoire) en alternant cours par correspondance (de janvier à juin puis en septembre et début octobre) et cours en présentiel (une semaine début juillet et une semaine et-demi fin octobre).

 Ses deux plus depuis la session 2018/2019

1 – En plus du corrigé type écrit détaillé, chaque cours par correspondance fait l’objet non plus d’un corrigé écrit individualisé mais d’un corrigé oral individuel par téléphone d’une durée d’une heure et demi environ quel que soit le pays de l’apprenant.

2 – À la fin de la formation l’apprenant assiste au colloque annuel des rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont. C’est l’occasion de confronter sa réflexion toute nouvelle à celle de rééducateurs chevronnés. Le thème du colloque de 2019 porte sur l’origine des difficultés d’écriture, en 2018 il traitait de l’inhibition, celui de 2017 s’est tenu sur le thème de contrainte, anarchie, liberté. En 2020 nous y parlerons du recodage.

 Son prix 

2 000 euros payables en trois versements  (Les frais de déplacements et d’hébergement sont pris en charge directement par l’apprenant.)

 Pour obtenir le descriptif détaillé et le dossier de pré-inscription :   adressez-nous une lettre de motivation manuscrite, un CV et un document attestant de vos fonctions professionnelles à :

Cours Danièle Dumont   8 Rue Ferdinand de Lesseps   21000  DIJON

Les dossiers d »inscription seront envoyés à partir d’octobre 2019.  Vous doublerez votre envoi par courrier d’un envoi par mail (y compris de votre lettre manuscrite) à daniele point dumontecriture arobas orangepoint fr

Formations individuelles année scolaire 2019/2020

De nombreuses demandes de formation me parviennent via les commentaires du site, via sa page contact, via Ies groupes FaceBook, directement sur ma messagerie… 
Diverses circonstances ont fait que je n’ai pas vraiment répondu jusqu’ici .

Je vais donc être maintenant un peu plus précise. C’est vrai que ce ne sera qu’un peu… Je vais faire l’impossible pour vous éclairer un peu plus avant le 15 avril car je sais que des dossiers sont à déposer pour cette date.

La formation à la rééducation graphique aura bien lieu. Elle commencera en janvier 2020 et se terminera aux vacances d’octobre. Voici quelques informations complémentaires 

J’envisage une formation à l’enseignement de l’écriture en maternelle (et peut-être une à la formation de l’écriture en élémentaire).

Le planning des conférences que j’assure à la demande des circonscriptions de trouve ici http://reeducateurs-ecriture-daniele-dumont.com/la-formation-a-lenseignement-de-lecriture

Vous y trouverez aussi le planning des formations assurées par les personnes que j’ai formées à cet effet. Sauf exception ce sont des enseignant(e)s.  Sans exceptions ce sont des rééducatrices /rééducateurs méthode Dumont.

Croyez bien que je suis désolée de ne pas être plus précise.  Je fais au mieux 😉 

Merci à toutes et tous pour votre intérêt. A très vite j’espère.

Tenue du crayon – Démonstration

Encore et toujours, la question de la tenue du crayon préoccupe. Doit-on le tenir entre le pouce et l’index ou entre le pouce et le majeur ? 

Une petite démonstration, que vous allez faire vous-même, vous éclairera sur la solidité de la prise :

Objectif   Faire en sorte que la prise soit à la fois souple et assurée de façon à ce que le crayon soit solidement tenu et que le geste soit fluide.
 
Expérience
 
Fermez la main sans y enfermer votre pouce.
Vous voyez que celui-ci se met naturellement face à la face latérale des autres doigts en l’occurrence de l’index ; si vous levez l’index il se place face à la face latérale du majeur ainsi de suite.
Essayez maintenant de placer votre pouce en face de votre index (en pince).
Éprouvez les deux sortes de pinces : pulpe du pouce/face latérale du majeur et pulpe de pouce /extrémité de l’index.
La première pince est solide, la deuxième l’est beaucoup moins.
 
Maintenant, crayon en main avec l’index seul dessus tracez sur place des petits zigzags. Vos doigts bougent facilement.
Faites la même chose en y plaçant aussi le majeur.
Vous avez plus de mal à bouger les doigts.  Cela vient que l’innervation du majeur ne lui autorise pas la même souplesse que celle de l’index.
 
Vous comprenez alors que pour que la tenue du crayon soit optimum  en fermeté et en souplesse à la fois, il vaut mieux le tenir entre la pulpe du pouce et la face latérale du majeur, l’index se posant dessus pour le retenir.
 
Plus d’info ici http://legestedecriture.fr/enseigner-la-tenue-et-le-maniement-du-crayon/       et sur « Le geste d’écriture » édition 2016
 
Et si vous souhaitez que je redise et que je reprécise : 

La meilleure tenue de crayon est celle qui assure à la fois le plus de solidité à la prise et le plus de souplesse aux doigts : le crayon y est pris en pince entre la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur ; l’index se place sur le crayon.

Pour écrire dans le sable on utilise spontanément l’index ; lorsqu’on tient un stylo, l’index se pose dessus pour le guider virtuellement. En réalité, c’est le majeur qui propulse le crayon vers l’avant, l’index le bloque.

Si on ferme la main en poing et si on tend l’index, le pouce vient se placer contre le côté du majeur. On sent qu’il peut appuyer fort contre le majeur lorsque la main est légèrement pliée : l’annulaire et l’auriculaire viennent en effet en renfort du majeur pour affermir la prise. Pour que, dans cette position les doigts puissent bouger facilement, on fera glisser le bout du pouce contre le majeur jusqu’à ce qu’il vienne se placer contre la dernière articulation du majeur. C’est là que se pince le stylo.

Sachant que le crayon se tient entre l’extrémité de la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur (pas la phalange, l’articulation), il vaut mieux habituer l’enfant à placer ses doigts ainsi.

Cet apprentissage peut se faire par des jeux d’ombres chinoises. Si on place le pouce comme indiqué et si on lève l’index, on obtient une ombre de tête de lapin comme on le voit ici avec la comptine « L’ombre du lapin ».

En tenant un crayon de couleur entre le pouce et le majeur positionnés ainsi on peut s’exercer à tracer puis colorier des ovales debout.  Pour les enfants de 3 et 7 ans, le Petit Plus J’apprends à bien tenir mon crayon aux éditions Belin est tout indiqué pour apprendre progressivement à tenir et manier le crayon.

Pour les retardataires … Les cartes de voeux.

Voilà déjà commencée la dernière semaine d’école de l’année 2018.

En cette période de l’année, c’est le rush pour tout boucler.  L’école n’y échappe pas.  On s’affaire pour que tout soit prêt pour Noël.

Pour ceux qui n’en ont pas encore fini avec Noël, quelques idées pour coupler la confection d’une carte de vœux avec la préparation à l’écriture sans pour autant faire autre chose que prévu.

Ceux qui ne connaissent pas ma méthode d’enseignement de l’écriture trouveront dans cet article de quoi poser un regard nouveau sur une activité traditionnelle des classes maternelles en cette période de l’année : la confection d’une carte de vœux décorée d’un sapin de noël.

L’objectif de l’enfant est, bien sûr de réaliser une belle  carte à rapporter à la maison le dernier jour de classe.

Je vous propose, à vous, enseignant, un objectif complémentaire : La préparation à l’apprentissage de l’écriture.  Bien entendu, cela n’exclut pas que cette même activité puisse aussi être l’occasion de travailler les couleurs (couleurs des boules, des décorations…),  la numération (nombre de triangles pour confectionner un sapin, nombre de boules à placer sur le sapin, nombre d’étoiles pour décorer, éventuellement nombre de guirlandes..), éventuellement les formes (triangle pour confectionner le sapin, gommettes rondes  pour les boules, rectangle pour les emballages de cadeaux…)…

Si la possibilité de travailler ces compétences-là à cette occasion est relativement évidente, celle de travailler la préparation à l’écriture l’est beaucoup moins.  On y voit tout au plus l’écriture des mots « Joyeux Noël » ou « Joyeuses fêtes ». pourtant il y a beaucoup plus à faire.
Pour construire le sapin on découpe des triangles dans du papier vert.  Pourquoi ne pas en profiter pour faire faire des fonds de peinture par les enfants. Une bande de vert foncé en haut d’une feuille A4. Par dessus, en petites touches, du vert clair. Par dessus encore en touches plus petites encore du marron mélangé à du vert. Ces « superpositions  » ont pour effet et pour objectif de rentre de produit plus vivant. Voilà le fond  – presque – fini.  Le bas de la feuille reste blanc.

Si l’objectif pratique est de réaliser un fond de peinture pour découper les éléments du sapin,  l’objectif pédagogique est ici d’apprendre à l’enfant à déplacer son bras (afin que plus tard, il ne reste pas coincé contre le corps dans les activités d’écriture).

Pourquoi « presque » fini ? Parce qu’on peut en profiter pour décorer ce fond. L’enfant le fera en traçant des motifs dans la peinture fraîche avec un stylo usagé ou l’extrémité d’un pinceau (celle qui est à l’opposé des poils).  Pour cela l’enfant posera et gardera sa main sous la bande de peinture au fur et à mesure de son déplacement vers la droite.
L’objectif pratique est ici de commencer à décorer le sapin. L’objectif pédagogique est d’apprendre à placer correctement sa main. Le poignet étant en contact avec la feuille, l’enfant n’a pas d’autre choix que de mettre la main sous la peinture. Cela le prépare à placer sa main sous la ligne d’écriture.

Ensuite on procédera presque de même pour le support sur lequel l’enfant collera le sapin.  Presque, puisqu’il s’agit d’un papier cartonné de la taille d’un demi-A4 et que la peinture en couvrira toute la surface. Le déplacement du bras sera donc moins ample.  Une seule couche de peinture sera éventuellement suffisante.  Avant de le passer en peinture on fixera le carton provisoirement (avec de la pâte à fixe par exemple) sur un support plus grand, une feuille A4 par exemple. Cela facilitera la réalisation de motifs tout autour avant que la peinture soir sèche : Le poignet en appui sur la feuille A4, l’enfant fera des petits motifs tout autour de la carte en tournant la feuille au fur et  mesure de façon à tracer les motifs de gauche à droite et à l’horizontal à chaque rotation de la feuille.  Ces motifs pourront être des séries de boucles qui, par la rotation donnée au carton, seront toujours tracées à l’endroit. Dans ce cas, outre le positionnement de la main, l’exercice concernera aussi l’entrainement à réaliser, de gauche à droite, des boucles fluides.

Une fois que la peinture du fond vert sera sèche, l’adulte y tracera des triangles que l’enfant découpera pour construire le sapin ( 3 triangles par sapin).

L’enfant tracera à la peinture à doigts le pied du sapin (nouvel exercice de positionnement de la main, mais cette fois sans contrainte. Ce sera juste la mise en application du positionnement déjà réalisé à cause de la peinture fraîche.

Il lui restera à coller les triangles sur le pied en les superposant en commençant par le bas, puis à décorer le sapin avec des boules de couleur dessinée en plaçant sa main dessous comme appris précédemment et en faisant bien tourner ses doigts ,  ou figurées par des gommettes rondes.

L’enfant écrira « Joyeuses fêtes » ou « Joyeux Noël »  ou « Bonne année » soit en recopiant un modèle s’il en a les capacités, soit en alignant côte à côte des étiquettes lettres en reproduction d’un modèle qui lui sera donné.  Il s’agit bien sûr d’un exercice de reconnaissance des lettres. Il s’agit aussi, en même temps, d’un exercice de gestion statique de l’espace graphique, c’est à dire ici d’apprentissage progressif de la tenue de ligne, la verticalité des axes et la régularité des espaces ( les lettres doivent être collées droit c’est à dire verticales et en suivant une ligne virtuelle horizontale – ne pas tracer de ligne pour guider l’enfant, le guidage est visuel, il est intériorisé) (le corps des lettres doit être régulièrement espacé.

Pour terminer la décoration de sa carte, l’enfant pourra aussi ajouter à son gré par ci par là des gommettes en forme d’étoiles, ou d’autres formes.

Joyeux Noël   Bonnes fêtes de fin d’année   et surtout bonnes vacances.

LES CONFÉRENCES ET FORMATIONS EN 2018 (bis)

Mes conférences et formations sont désormais annoncées sur le site des rééducateurs et formateurs à l’enseignement de l’écriture méthode Dumont.

Les conférences pédagogiques sont, comme toujours, organisées par la circonscription et les délégués pédagogiques des éditions Hatier. Pour des problèmes de sécurité le nombre de participants est strictement limité à la contenance de la salle  (Ce qui n’était pas forcément le cas dans un passé pas si lointain).

Quelques photos ou articles sur quelques unes des 400 et quelque conférences pédagogiques que j’ai eu l’honneur et le plaisir de faire :

Des salles bien pleines à chacune des trois agoras

Impossible de rentrer. Plus une place, même assise par terre.
Les retrouvailles avant que ça commence
Conférence publique

Le geste d’écriture à l’Ecole Maternelle

Agora au congrès de l’AGEEM jeudi 5 juillet 2018

Le 91ème congrès de l’AGEEM aura lieu à Nancy début juillet 2018  sur le thème suivant : comment accompagner l’enfant qui joue dans le développement de ses apprentissages https://www.e-cotiz.com/app/site/5788

J’y tiendrai une agora le jeudi de 17 h 40 à 18 h 40. Son thème :  Un challenge envers soi-même pour faire gagner son équipe : le relai de hockey.

L’enfant qui joue a un objectif diffus (jouer) ou plus précis (gagner). Il n’a pas (pas toujours) conscience que le jeu est source d’apprentissages qui forgeront en lui des compétences qu’il exploitera toute sa vie d’élève, d’enfant, d’adulte.

Cette agora montrera comment, en préservant la différenciation entre objectif de l’enfant et objectif de l’enseignant, utiliser le jeu de hockey pour faire entrer l’enfant dans des apprentissages (motricité générale, écriture, socialisation) afin de les optimiser et comment en arriver, in fine, à la conscientisation de l’acquisition d’un savoir-faire.

Qui sont les rééducateurs méthode Dumont ?

Les difficultés d’écriture sont de deux ordres : celles qui sont d’origine technique et celles qui sont d’origine pathologiques.

Les premières nécessitent un apprentissage ou un réapprentissage de la technique d’écriture : il s’agit de restaurer un programme moteur défectueux pour des raisons non pathologiques.
Les rééducateurs méthode Dumont sont formés à cette technique.

Les secondes nécessitent une prise en charge par un professionnel compétent dans le domaine concerné par la pathologie.

Les rééducateurs méthode Dumont peuvent être des enseignants déjà impliqués dans la remédiation (maîtres E, maîtres G…) ou non.
Ils peuvent être aussi ergothérapeutes, psychométriciens orthophonistes, kinésithérapeutes…
Dans ce cas, à la compétence spécifique de la rééducation méthode Dumont s’ajoute la compétence spécifique de leur spécialité.
Contrairement aux autres rééducateurs méthode Dumont ce sont aussi des professionnels de la santé.

Les rééducateurs méthode Dumont n’ont pas vocation à se substituer aux professionnels de la santé. En revanche il n’est pas rare que des professionnels de la santé également rééducateurs méthode Dumont n’aient pas à mettre en œuvre leur spécificité professionnelle ; c’est que leur arrive aussi des patients dont les difficultés s’avèrent n’être que d’ordre technique.

Le problème des écrans

J’ai consacré sur ce site différents articles aux aléas et avatars de la tenue et du maniement du crayon.

La question de la tonicité de l’index  ayant émergé de nouveau, je me rends compte que je n’ai pas mis sur ce site de lien vers le billet que le Huffpost m’a demandé sur le sujet il y a quelques temps au sujet de la question de l’usage des écrans et claviers. Voilà donc qui est réparé. ci-dessous.

https://www.huffingtonpost.fr/author/daniele-dumont/

J’en avais déjà dit quelques mots lors d’une interview de Margaux Duguet, journaliste à FranceTV quelque jours plus tôt sur le même sujet. J’y soulignais non seulement le problème de l’hyperlaxité du pouce – qui ne se fixe pas dans la position pliée -, et de l’index qui n’arrive plus à bloquer le crayon, mais aussi le fait que produire une lettre en tapant sur des touches est un geste unique tandis que l’écrire de sa main impose une anticipation pour la lier à son environnement. Par exemple le b de bol et de bel ne sont pas identiques ; le l de ces deux mêmes mots ne sont pas identiques non plus.

Cette anticipation nécessite une « gymnastique neuronale » qui ne peut être que bénéfique au fonctionnement du cerveau.