(On peut voir aussi ceci  et des avis sur les conférences là )

Passionnée par cette compétence socioculturelle spécifique qu’est l’écriture – vecteur de communication et de liberté – , j’ai consacré l’essentiel de ces 35 dernières années à l’observation de l’écriture manuscrite, observation couronnée par une thèse de doctorat en sciences du langage portant sur le système d’écriture des minuscules latines en usage dans les écoles françaises.

J’ai mené un examen critique de l’observation proposée par les graphologues, les graphométriciens, les graphothérapeutes et les experts en écriture, en allant y voir de près. Titulaire par ailleurs d’un diplôme universitaire d’expertise en écritures et documents de la faculté de Médecine de Brest, autre application de l’observation et de la compréhension de l’écriture, j’ai exercé pendant 20 ans les fonctions d’expert en écritures et documents près la Cour d’appel de Dijon*.

Constatant les aléas de la classification des caractéristiques graphiques utilisées par les graphologues, j’ai restructuré et rationalisé l’observation de l’écriture

Les recherches universitaires de validation de la graphologie entreprises par des étudiants en psychologie qui m’avaient contactée n’ayant pas pu se faire de façon rationnelle comme je l’aurais souhaité, je m’en suis éloignée pour focaliser exclusivement mon attention sur l’observation technique de l’écriture dans des optiques socioculturelles concrètes : l’expertise en écriture, l’enseignement de l’écriture et sa rééducation.  Très tôt j’ai étayé ma réflexion par l’étude et la pratique de la rééducation graphique, qui, bien menée, permet d’aller au cœur de la mise en œuvre du geste graphique.

Une lecture attentive des travaux d’Hélène de Gobineau et Roger Perron sur la génétique de l’écriture et l’étude de la personnalité et des publications des l’équipe d’Ajuriaguera qui a pris la suite après le décès prématuré d’Hélène de Gobineau m’a conduite à faire une nouvelle lecture de l’échelle d’Ajuriaguerra à l’éclairage de l’observation du psychologue allemand Heiss, directeur de l’institut de psychologie cognitive de Fribourg.  Lecture originale conjointe de  deux auteurs qui ne se sont jamais croisés.

Mes premières armes en rééducation de l’écriture en bénévolat ont eu lieu dans une école les samedis matin entre 1983 et 1985.

Dix ans plus tard, mon intérêt pour l’évolution de l’écriture a dirigé  mon mémoire de DU d’expertise en écritures et documents vers l’écriture des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, laquelle altère profondément l’écriture. Ce mémoire a, entre autres, battu en brèche l’idée reçue qu’il était impossible à ces malades d’écrire grand dans tous les cas de figure. Son intérêt pour l’expertise en écriture a valu à l’article de synthèse qui a suivi d’être traduit en plusieurs langues. Ce point particulier de ma recherche a eu par la suite une incidence notable sur ma compréhension du fonctionnement de l’acte graphique.

Plus tard, j’ai porté ma recherche relative au geste graphique et à sa mise en place sur un autre plan universitaire, celui de la linguistique fonctionnelle – Université René Descartes Paris V – en m’intéressant à

  • la relation entre le discours et les pratiques de classe dans l’enseignement de l’écriture en maternelle (mémoire de Master 1)
  • puis à la place du geste d’écriture dans l’apprentissage de l’écriture et à son impact dans l’enseignement de l’écriture (mémoire de Master 2) ,
  • enfin plus particulièrement au système d’écriture des lettres minuscules utilisées dans les écoles françaises (thèse de doctorat).

En définissant le concept de geste d’écriture dans les années 90, j’ai créé un outil efficace pour la compréhension du fonctionnement de l’écriture.

Conduisant à la fois mes recherches et mes activités d’expert en écritures et documents, de formatrice en pédagogie de l’écriture et de rééducatrice en écriture, j’ai ainsi progressivement restructuré l’observation de l’écriture défectueuse, défini une modélisation de l’apprentissage de l’écriture, élaboré une méthode de rééducation graphique qui offre des résultats rapides hors pathologie sévère et j’ai mis en évidence le système qui  fait que notre écriture est ce qu’elle est et dont la compréhension en facilite grandement l’apprentissage.

Les documents d’accompagnement des programmes de l’Éducation nationale me font régulièrement l’honneur de se référer aux résultats de ma recherche. 

La pédagogie que je propose, ainsi que la méthode de rééducation de l’écriture, s’appuient sur l’ensemble de mes réflexions et découvertes. Elles constituent une méthode d’enseignement et une méthode de rééducation de l’écriture qui ont largement fait leurs preuves.

Prenant en compte la différenciation entre l’objectif de l’enfant (agir, jouer) et l’objectif de l’enseignant (faire acquérir des savoirs et compétences à chaque enfant par son action ou son jeu), elle appelle aussi à la réflexion sur la pédagogie en général, notamment en école maternelle et sur l’importance capitale de la transversalité. 

Cette méthode est développée dans Le geste d’écriture – Méthode d’apprentissage, Cycle 1,  Cycle 2 , (Hatier 1999, 2006, 2016) dont le second sous-titre de la dernière édition, Différenciation et transversalité, pointe la présentation d’activités différenciées pour chaque enfant alors même que le groupe travaille en transversalité sur un même thème. Le format de cette dernière édition (près de 300 pages) a permis la publication d’un outil de travail précieux : les tableaux de double différenciation et de transversalité. Cet outil guide l’enseignant dans la conception et la réalisation de sa propre action pédagogique. Le lecteur trouvera régulièrement en ligne des vidéos illustrant certains points importants du fonctionnement de l’écriture donc de son enseignement. C’est ici.

Danièle Dumont, Docteur en sciences du langage

Étapes essentielles (cliquer sur chaque ligne) :

Les deux volets de la méthode Dumont
– Didactique et pédagogie de l’écriture
– Rééducation de l’écriture

 

*Note : près la Cour d’appel est la formule consacrée