COMMENT FONDRE DANS UN MÊME CONCEPT UNE MÉHODE – DONT PAR DÉFINITION ON PEUT S’ATTENDRE A CE QU’ELLE AIT DES RIGIDITÉS – ET LA PRODUCTION DE SENS en tentant d’échapper à la lourdeur que laisserait présager l’expression. 

           Écrire ce que l’on pense.

Les mots du cahier sont écrits avec la police d’écriture Cursive Dumont maternelle. 

Après l’introduction par un constat, cet article est le premier d’une série destinée à participer à la formation des enseignants et futurs enseignants à l’enseignement de l’écriture.

Cette série traitera d’un thème par article.

J’aurais pu l’intituler : LES POINTS CLÉS DE LA MÉTHODE DUMONT EXPLIQUÉS AUX ENSEIGNANTS.

J’espère que vous y trouverez des réponses à vos questions les plus cruciales et les plus récurrentes, de celles qui donnent le déclic : « ça y est, j’ai compris pourquoi … »

Il ne s’agit pas d’une redite du livre Le geste d’écriture – que la plupart d’entre vous, lecteurs, connaissez déjà je pense. Ce n’est pas un substitut non plus, ni un résumé. C’est un complément d’éclairages dont j’ai bien vu la nécessité à la lecture de fréquents courriels ou autres messages et de questions sur FaceBook.

Loin d’être lacunaire, Le geste d’écriture est à la fois complet et clairement détaillé mais il est impossible, et pas souhaitable, d’envisager dans un ouvrage chaque détail de toutes les questions qui pourraient être soulevées.

Ce premier article porte sur le sens. (pour des précisions sur la relation au sens lire ici)

LA base : Écrire c’est produire du sens ; lire c’est restituer du sens.

En 1999 les Éditions Hatier publiaient la première édition du livre Le geste d’écriture.

Ce livre prenait le nom du concept que j’avais créé peu avant : le geste d’écriture, dont vous voyez la définition dans le cadre qui s’ouvre lorsque vous le survolez.

Son sous-titre précise l’intention : Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2.

C’est donc bien une méthode et non une série d’astuces, de trucs ou de ficelles qui y est exposée. De 144 pages à la première édition, il se développe sur près de 300 pages dans la dernière en 2016  https://legestedecriture.fr/le-geste-decriture/ rendant compte, entre autres, des derniers apports réalisés dans le cadre de ma thèse de doctorat quelques années auparavant.

 

La relation au sens est affirmée dès le départ :

« L’objectif de l’enseignement de l’écriture est de donner à l’enfant les moyens de communiquer par un code reconnaissable par tous, mis en œuvre avec économie et facilité » Le geste d’écriture, Hatier 1999, page 11).

Puis cette relation se précise :

L’écriture est le produit d’un geste qui gère l’espace pour créer des formes porteuses d’un code non symbolique* et les déposer sur un support où elle pourra être lue par celui qui connait le code.

En 2016, elle se complète ainsi :

L’écriture est le produit d’un geste qui gère l’espace pour créer et déposer sur un support des formes codifiées non symboliques dont l’agencement en lettres puis en mots constitutifs de phrases ou isolés permettra au lecteur qui connait le code de saisir le sens de l’écrit.

Le passage du processus par l’agencement en lettres puis en mots pour aboutir in fine au sens fait écho à un article que j’ai fait pour le site ministériel BienLire en 2005 sur ce que nous dit l’étymologie du mot illettrisme. Je vous invite à le lire ;

C’est ici ⇒ RÉFLEXION SUR LA PRÉVENTION DE L’ILLETTRISME À L’ÉCLAIRAGE DE L’ÉTYMOLOGIE

En ce qui concerne la qualité technique de l’écriture, la construction du tableau de modélisation de l’apprentissage de l’écriture* m’a été l’occasion de préciser à la fois le mode de production de l’écriture, sa nécessaire qualité – permettre l’accès au sens – et sa finalité – donner accès au sens  :

L’objectif est l’obtention d’une écriture cursive fluide, claire, lisible, bien disposée dans la page et dans le lignage, autorisant directement l’accès à la fonction sémantique de l’écriture. (Le geste d’écriture Hatier édition 1999 tirage de 2004 page 142 , 3ème édition 2016 page 61, repris par Eduscol  en 2018  puis en nov. 2020 Le geste d’écriture et la copie .

 

Donc, écrire c’est produire du sens ; lire c’est restituer du sens : on le perçoit à travers le présent article, l’écriture et la lecture sont indissociables.

Abordée dès la première édition (pages 62 et 63) du Geste d’écriture (c’est ainsi que je nommerai le livre Le geste d’écriture, pour faire court) la relation à la lecture signale une implication – qui sonne comme une évidence – de l’apprentissage de l’écriture dans la prévention de l’illettrisme.

C’est ce thème que j’ai traité dans une conférence pédagogique aux Mureaux le 31 janvier 2011. Je vous invite à la lire ici  LE GESTE D’ÉCRITURE DANS LE CADRE DE LA PRÉVENTION DE L’ILLETTRISME

Ce premier article vous ayant montré ou redit les fondements de la méthode et sa place dans l’acquisition de l’écrit, le second article portera sur la place réciproque des trois activités graphiques (dessin, graphisme et écriture). Au fil des articles nous arriverons au choix des mots et au lien avec la lecture et avec les livres de lecture sans oublier des détails techniques qui vous préoccupent. 

* Je devrais préciser, l’écriture alphabétique.