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Des cahiers d’écriture pour la maison

La méthode d’écriture Danièle Dumont, présentée pour être pratiquée à la maison

 

Pour apprendre à écrire et s’entraîner à la maison.

 

 

 

 

 

Apprendre à écrire, c’est d’abord l’affaire de l’école. L’enseignant est là pour ça. Il lui faut souvent bien du courage pour tenir bon la barre face aux vents et marrées qui agitent les médias et risquent de ternir son image.
Cela n’empêche que les apprentissages sont aussi l’affaire de la maison.  Vous êtes parents ; alors vous voulez le mieux pour votre enfant. Vouloir le mieux, passe aussi par prendre conscience que les apprentissages de l’école et ceux de la maison ne sont pas antinomiques, bien au contraire.
Certains apprentissages commencent à la maison, le langage, la politesse par exemple. Pour d’autres il vaut mieux, pour des raisons pratiques et pédagogiques, qu’ils suivent ce qui se fait à l’école. C’est le cas, par exemple, de l’écriture.

Depuis un certain nombre d’années, je publie aux éditions Hatier une méthode d’écriture que j’ai mise au point au fil de ma réflexion et de ma recherche tout au long de ces trente dernières années. Il ne s’agit pas d’une « technique pour tracer des lettres  » mais bien d’une méthode qui conduit l’enfant à produire du sens tout en écrivant bien. Les articles de ce site en exposent certains pans. Ces publications, visibles à droite de l’écran, s’adressent surtout jusqu’ici aux enseignants des écoles maternelles et élémentaires.

Avec mes deux dernières parutions, c’est à vous, parents, que je m’adresse. Vous y trouverez dans une présentation claire et précise les informations dont vous avez besoin pour pouvoir faire travailler l’écriture à votre enfant avec la même méthode que l’enseignant. Vous pourrez alors accompagner et valoriser ses progrès sans devancer ce qui est fait en classe, sans porte à faux, et en étant au fait de la façon dont fonctionne cet outil de communication et d’expression si mal connu, l’écriture.

Et si vous faites l’école à la maison, alors ces deux ouvrages vous sont indispensables pour que votre enfant ait une écriture de qualité.

LES ÉVALUATIONS EN MÉTHODE DUMONT

En cette période de rentrée scolaire, bien qu’elle commence déjà à être un peu derrière nous, quelques mots sur les évaluations me semblent s’imposer.

Je ne parle pas des évaluations proposées par le ministère de l’Éducation nationale ; je n’en dirai rien il y a eu des publications, des analyses, des commentaires. Je veux parler des évaluations nécessaires pour que les enseignants puissent piloter leur classe ou plutôt pour que l’enseignant puisse piloter sa classe (ce singulier marque déjà une différence par rapport à la perception habituelle des évaluations).

En début d’année scolaire, l’enseignant connaît son programme et il sait ce qu’il va enseigner ce qu’il doit enseigner. Il connaît les élèves s’il a déjà de la pratique. Mais généralement il ne connaît pas ses élèves. Pour qu’il y ait une bonne adéquation entre son enseignement et leur apprentissage, il faut qu’il connaisse l’un (le programme) et les autres (ses élèves, je veux dire chaque élève pris individuellement).

Les évaluations dont je veux parler ici sont faites pour ça : situer individuellement chacun des enfants par rapport à l’enseignement prévu. Ce qui m’intéresse ici c’est mon domaine et rien que mon domaine : l’enseignement du geste d’écriture, et tout spécialement dans ce domaine, son enseignement à l’école maternelle.

Comme je l’ai montré, l’enseignement du geste d’écriture commence bien avant l’écriture des premiers mots.  Cf. Le système d’écriture. La réussite de son enseignement repose entre autres sur la vigilance de l’enseignant à s’assurer que les acquis soit bien effectifs. C’est là qu’interviennent les évaluations telles que je les conçois : il ne s’agit pas de faire faire à tout le monde en même temps la même chose pour comparer les productions au sein de la classe, entre les classes, entre les écoles voire les quartiers… mais de savoir où en est chaque enfant pour ne pas le laisser sur le bord du chemin.

  • LES LIVRETS D’ÉVALUATION

Je propose donc la tenue d’un livret qui suivra la classe. Ce livret, ou plutôt ces livrets, parce qu’il en existe trois en fonction des compétences à acquérir (tenue et maniement du crayon, gestion statique de l’espace graphique, étude des formes), ces livrets, donc, listent la progression dans l’acquisition des compétences concernées (par ex. horizontalité de la ligne en gestion statique de l’espace graphique).

La liste des étapes se trouve à l’horizontale en tête de colonnes à partir de la 2ème. La 1ère colonne est destinée à lister les élèves dans l’ordre alphabétique.

Voici comment remplir le livret le livret en début d’année mais aussi au fil de l’année. Au cours des activités elles-mêmes et non en isolant chaque enfant pour le tester,  vous noterez la date de votre observation au croisement du nom de l’enfant observé et des compétences dont vous avez constaté qu’elles sont réellement acquises. Cela vous permet de savoir, dès le début mais aussi tout au fil de l’année, où en est chaque enfant de façon à pouvoir distribuer les tâches en fonction des besoins dans chacune des activités que vous organisez.

Ne vous alarmez pas à propos du travail que va vous imposer la confection de ces livrets : ils existent depuis l’existence des cahiers, c’est-à-dire une quinzaine d’année et ils sont téléchargeables gratuitement sur le site des éditions Hatier.

  • LES CAHIERS DE CONTRÔLE

Ils existent mais ils ne portent pas ce nom (nous n’allons pas jouer à nous faire peur !) et ils ont aussi pour vocation de participer à l’optimisation des acquis. Ce sont les cahiers de la collection Les cahiers d’écriture aux éditions Hatier. Comme vous le savez, bien des activités préparatoires à l’écriture se font sans crayon ni papier. Beaucoup aussi se font sans cahier mais sur feuille. Les cahiers 1 et 2 de maternelle sont conçus pour que les enfants y fassent, page après page, des productions qui vous permettront de suivre leur évolution.  L’intitulé de chaque page recoupe le titre des colonnes des livrets.

Comme vous travaillez beaucoup à la préparation de l’écriture mais que les parents ne voient pas forcément tout ce qui a été fait, une liste des activités préparatoires est prévue à chaque page de façon à ce que les parents puissent se rendre compte de tout le travail fait lorsque vous leur remettez de temps à autre le cahier de leurs enfants.

Cahiers et livrets vont de pair pour vous permettre de piloter votre classe (mais surtout pas, bien sûr, de « classer vos élèves »).

Pour information, je me suis dédoublée : si vous souhaitez une formation vous pouvez aussi voir là les personnes que j’ai formées.

Quel rapport avec la méthode Dumont ?

J’ai partagé ceci sur FaceBook   et j’ai fait le commentaire suivant : Je suis parfaitement d’accord ! Mesdames ne faites pas ça ! 
Comme vous me connaissez un peu vous avez dû voir le clin d’œil. 
Quel rapport avec la méthode Dumont ? Eh bien, oui, il y en a un. Mais je vous le dirai après vous avoir lu-e-s.

Les réponses ont été variées et toutes intéressantes. Il est temps que je donne enfin la réponse.
Pour celles qui en auraient besoin voici un lien vers une petite piqure de rappel   et un autre vers une présentation de la nouvelle édition.

Comme vous le savez, le geste d’écriture est un concept que j’ai créé il y a déjà de nombreuses années.  Il va du moment où l’on s’apprête à prendre la crayon jusqu’à celui où l’on écrit en produisant du sens.

Il inclut donc la réflexion.  Le chapitre 9 du Geste d’écriture est consacré au sens.  Vous y avez lu ou vous y lirez : pour que l’écrit fasse sens pour lui, l’enfant doit être amené à réfléchir avant d’écrire.

RÉFLÉCHIR est le maître mot de ma méthode. Pour qu’il y ait réellement écriture, il faut qu’il y ait préalablement réflexion. Réfléchir avant d’écrire. Réfléchir ne signifie pas chercher quelle est la bonne réponse à la question mais, au contraire, se poser la question, aller jusqu’au bout de sa réflexion pour pouvoir avancer une réponse motivée.

Lorsque j’ai commencé à lire le texte en question après avoir vu l’image, je commençais à bouillir un peu car je trouvais la réaction extrêmement exagérée. Et puis j’ai lu la fin et là j’ai été d’accord, comme tout le monde : on ne pose pas ses tongs sur la table du restaurant !  Ensuite j’ai lu les commentaires beaucoup  portaient sur l’allaitement. Or, de quoi parle le commentaire de présentation : des tongs, rien que des tongs.

Je remercie vivement celles et ceux qui se sont prêtés sur Facebook à mon petit jeu de devinettes. Il a été un petit peu biaisé car quelqu’un a très vite parlé des tongs, du coup les réactions épidermiques qui m’auraient amusées (ce n’est pas méchant) n’ont pas fusé.

Le point commun avec la méthode Dumont est qu’il faut toujours aller au bout de la réflexion avant d’écrire/ avant de réagir (par écrit en tout cas) et j’en profite pour ajouter toujours aller jusqu’au bout de sa réflexion pour valoriser les projets en transversalité.  Cf la réponse faite ce jour à une enseignante tout en bas de page ici .

Je voulais profiter de ce billet – car c’est plus un billet qu’un véritable article – pour attirer aussi votre attention sur une pétition qui circule sur la toile. J’en ai pris connaissance dans les pages d’un groupe FaceBook dédié aux enseignants. Elle était présentée par une enseignante, pour moi donc par quelqu’un qui est censé savoir de quoi il parle lorsqu’il parle d’un livre de lecture.  Cette pétition visait à faire interdire la diffusion de Bulle, livre de lecture pour CP.  Image à l’appui  elle interpellait le lecteur  : Partagez moi cette horreur que cela circule et remonte le plus haut possible ! Les images et les textes sont présentées de telle façon que,  à moins d’aimer le style Gore, on a du mal à rester indifférent.  Comme beaucoup je suis tombée dans le panneau.  Comme beaucoup je n’ai pas pu ajouter de commentaire de protestation sur la pétition car les commentaires ont été désactivés.  Si au lieu de me fier aux réactions de l’enseignante qui la présentait j’avais analysé plus finement la pétition je ne me serais sans doute (peut-être car le montage est fait de façon très astucieuse) pas laissé prendre par ce montage diffamatoire.
Donc approfondissons encore et toujours notre réflexion !

Pour information, je me suis dédoublée : si vous souhaitez une formation vous pouvez aussi voir là les personnes que j’ai formées.

L’usage du porte-mine.

Utiliser un porte mine pour éviter que l’enfant appuie fort, est-ce une bonne idée ?

On pourrait être tenté de dire oui puisque l’enfant va se retenir d’appuyer pour éviter que la mine casse. En tout cas c’est l’objectif. Oui, mais…

Si l’usage du porte-mine peut paraître alléchant, avant de l’adopter posons-nous deux questions : 2) Celle de la finalité de son utilisation 3) Celle de la réalité de l’effet produit.
 
La finalité ? Exercer la pression ? Il va sans dire qu’il s’agit bien de la pression de la mine sur le papier, pas de la pression des doigts sur l’outil scripteur.  Il s’agit donc de faire en sorte que l’enfant appuie moins sur le papier.

Pourquoi l’enfant appuierait-il moins avec un porte-mine qu’avec un autre outil ? Tout simplement parce que si l’enfant appuie trop sur le porte-mine, la mine casse. C’est violent, c’est stressant, c’est culpabilisant (si tu avais/j’avais moins appuyé, la mine n’aurait pas cassé).

Sauf à préférer le dressage à l’apprentissage on peut alors se poser la vraie 1ère question qui n’est pas « comment faire pour que l’enfant n’appuie pas ? » mais « pourquoi l’enfant appuie-t-il si fort ? »
L’observation donne la réponse :
– On écrit confortablement lorsque l’avant-bras et le poignet sont posés sur la table : cela permet à la main et aux doigts de bouger librement, souplement.
– Si, au contraire, il n’y a pas d’appui au niveau du poignet alors, comme il faut bien que l’enfant appuie quelque part et que le soulèvement du poignet fait basculer la main vers l’avant, l’enfant appuie sur le crayon, donc sur la mine. S’il s’agit de la mine fine d’un porte-mine, elle casse.
L’enfant appuie fort sur le crayon car au lieu que l’appui se fasse au niveau du poignet, il se fait sur la mine, (le poignet étant soulevé)
 
La 2ème question arrive d’elle-même : Comment apprendre à l’enfant à poser son poignet sur la table ( pour ne pas enfoncer la mine du crayon dans le papier au risque d’en trouver la trace plusieurs pages plus loin si c’est un crayon ou un stylo ou de la casser si c’est un porte mine) ?

On habitue l’enfant à garder son poignet en contact avec la table en lui faisant faire tous les exercices qui font placer la main dans l’axe de l’avant-bras avec consigne de poser le poignet sur la table : peinture à doigts, chenilles pressées, ping-pong des bouchons…

Parallèlement tant que la bonne position de la main ne sera pas acquise, on évitera tout ce qui oblige l’enfant à rester le coude soulevé comme, par exemple, le pianotage coude en l’air.

Pour répondre en peu de mots à la question : est-ce une bonne idée que de donner un porte mine à l’enfant pour éviter qu’il appuie trop fort ? La réponse est clairement : « Non ; c’est une mauvaise idée ».

Voir Le geste d’écriture. Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 – Différenciation et transversalité, page 209.

Les consonnes en fin de mot et leur incidence sur la question de l’écoute des phonèmes.

Au cours d’une conversation ce week-end, la question de l’écoute de la consonne a été de nouveau soulevée. Elle est ressortie ces derniers jours au cours d’un autre échange.  Plus précisément c’est la production de la consonne de fin de mot qui s’est trouvée questionnée.

Je ne reprends pas ici ce que j’ai écrit au sujet des consonnes en général.

Je redis juste que, à mon avis, on crée plus de difficultés  qu’on n’en lève en s’appliquant à faire croire à l’enfant qu’il doit entendre des bruits qu’on appelle à tort des sons. Et on dit « pe » avec un souffle pour le e pour tenter de leur faire entendre le « son » de la lettre p.

Selon la définition que je donne au mot consonne (cf. http://legestedecriture.fr/voyelles-consonnes-et-reflexion-sur-la-terminologie/) une consonne est occlusive par définition. Les définitions sont comme les faits, elles sont têtues : le bruit de l’occlusive est le bruit provoqué par l’ouverture des organes phonatoires nécessaire pour laisser passer l’air. Ce passage provoque un son (une voyelle ou une solsonne) dépendant de l’organisation de la cavité buccale à ce moment-là.

Avant l’ouverture l’air ne passe pas.

À l’ouverture il passe.

Quand il passe, il provoque deux effets à la fois : l’émission du bruit de l’ouverture, l’émission du son qui sort. Le bruit d’ouverture, c’est la consonne. Le son qui sort, c’est la voyelle ou la solsonne.

Donc il n’y a un bruit d’ouverture que lorsqu’il y a un son qui sort. Autrement dit pour que les occlusives soient prononcées on est bien obligé de laisser sortir l’air ; bruit et son (ex. ta) ou bruit et solsonne (ex. ts) sont donc indissociables pour rendre le bruit audible.

Ce qui gêne les jeunes enfants c’est qu’on s’applique à leur dire que lorsqu’ils voient p ils doivent entendre pe et qu’on est persuadé qu’on leur dit cela en prononçant le p seul.
Or prononcer le p seul est impossible puisqu’une voyelle ou une solsonne, fut-elle e ou fut-elle une voyelle ou une solsonne qui n’existe pas dans notre langue, est physiologiquement associée à la consonne. Comme tout le monde, lorsqu’ils voient la lettre p dans un mot ils entendent, pe, pa, pu, pin… ps, pf … mais pas p.  Idem à la fin, ou rien selon moi.

Sauf exercice particulier, lorsqu’on écrit, on ne nomme pas les lettres, on produit du sens, on écrit ce que l’on pense, ce que l’on a dans l’esprit. Pour que la relation graphophonologique soit mise en évidence, on oralise sa production au fur et à mesure .

J’en reviens aux consonnes.
Au milieu d’une phrase une consonne (occlusive par définition) qui termine un mot est associée à la première lettre du mot suivant. Et cela quelle que que soit cette lettre : un sac à main / un sac de pommes de terre. Dans le 2ème exemple (2ème mot commençant par une consonne) pour libérer l’air il faut lever une double fermeture, celle du c et celle de d. Les deux déblocages de l’air s’associent à la lettre qui suit et cela donne « cde » (sac de).

Mais, me rétorque-t-on, si c’est le dernier mot de la phrase qui se termine par une occlusive, il faut bien prononcer la consonne en faisant uniquement son bruit. Ex.  j’ai perdu mon sac.

Analysons donc la situation :

  • Dans certaines régions le mot termine sur la consonne, c’est-à-dire théoriquement par un bruit, donc par définition par quelque chose que l’on n’entend pas (ce qui a pour effet de raccourcir la voyelle précédente, elle s’en trouve happée par la fermeture de la consonne). Les organes phonatoires « se mettent en mode fermeture » et on n’entend rien. Si on arrête juste sur le c on sent bien la fermeture au fond de la gorge « sac ».  (cf. ma dictée http://legestedecriture.fr/et-pourtant-ca-marche/).
  • Dans d’autres régions, la consonne se complète clairement d’un e : dans le midi on dit « j’ai perdu mon sake » en insistant sur « ke ».
  • Dans d’autres régions encore, on ajoute cette voyelle de façon tellement discrète que l’on est persuadé ne pas l’ajouter. Pourtant elle y est. C’est ce qui se passe dans les écoles…. Dites « sac ». Si vous faites entendre le c, alors vous faites obligatoirement entendre une sorte de e derrière. Cela n’a rien à voir avec le nom de la lettre, mais vous ne faites pas « uniquement son bruit ».

On peut comprendre aussi en prononçant à la suite : saccade, sac de pommes de terre, sac  puis en recommençant en faisant suivre de « a » le mot « sac » prononcé comme d’habitude.  (On peut faire la même chose avec le mot iPad).  On entendra que la réalisation de c dans saccade, et dans sac de pommes de terre est la même. C’est le bruit qui précède l’émission de a.

Selon moi, dans « C‘est mon sac » soit le c ne s’entend pas, soit son bruit s’entend accompagné d’un son plus ou moins long. Le fait que la production du bruit soit une sorte d’explosion ne change rien au fait que l’air expulsé produit un son. C’est comme faire sauter un barrage. On ne peut pas le faire sauter sans libérer l’eau : il n’y a pas d’abord le barrage qui saute ensuite l’eau qui déferle. L’eau déferle au moment même où le barrage saute.

En disant « C’est mon sac. Ah mais je le veux ! » on constatera, en le disant de plus en plus vite puis de plus en plus lentement, que soit on complète le c ,soit on le lie au a qui suit, soit, lorsqu’on prononce plus lentement, on ne l’entend pas .

On retrouve cette question de prononciation dans diverses langues. Par exemple, selon les régions d’Espagne le d final s’entend, s’entend très peu ou ne se prononce pas du tout (par ex. dans Madrid prononcé « Madri », Salud ! prononcé « Salu » … )

écrire en français, écrire en arabe

Bien que cursives l’une et l’autre, l’écriture française et l’écriture arabe utlisent des formes différentes et un sens de déroulement différent.
Selon le contexte de l’apprentissage, on peut se demander par laquelle commencer.
Voici quelques observations et réflexions sur le sujet formalisées il y a une dizaine d’années après mon intervention pour des écoles de Tunisie.

ecriture-latine_ecriture-arabe

Objectif atteint : libérer l’esprit grâce à une bonne préparation

Bien que je le disais, bien que je l’écrivais, mes débuts dans la présentation d’une nouvelle façon de voir l’écriture et son apprentissage ont eu du mal à faire percevoir que mon objectif était in fine la production de sens.  D’autres, mieux que moi sans doute, ont consacrés de longues études à cette production.

Mon originalité consistait à vouloir que cette production intellectuelle soit portée par une production technique de qualité. Quel sens peut-on donner à une écriture illisible ?  Quelle perception du sens peut avoir un lecteur confronté à une écriture tellement mal faite qu’il n’a pas envie de la lire ? Quel appétit à la production de sens peut avoir un enfant qui s’arrête pour « bien dessiner » chaque lettre ?

C’est donc par le versant procédural que j’ai abordé l’enseignement de l’écriture.  Le concept de geste d’écriture que j’ai alors créé indique bien que la démarche va jusqu’au bout : on écrit ce qu’on a à l’esprit au moment où on le fait,  la trace écrite donne accès à la fonction sémantique de l’écriture.

Depuis de nombreuses années je travaille donc sur l’écriture et je tâche d’apporter de mon mieux ma contribution à la construction du chemin qui conduira chaque enfant au maximum de ses possibilités.
Écrire, c’est réfléchir. Pour qu’il puisse en être ainsi, le cerveau de l’enfant ne doit pas être encombré de considérations sur la façon dont il s’y prend. Cela doit être intégré sans qu’il ait eu à aucun moment à s’y appesantir.

Bien sûr, l’écriture est culturelle, mais c’est aussi un acte procédural. Plus tôt le procédural s’enseigne, plus tôt et plus efficacement le culturel sera opérationnel. Autrement dit en prenant soin d’enseigner par le jeu au tout petit tout ce qui lui servira à apprendre à écrire on se dote d’atouts précieux pour permettre à l’enfant de réfléchir lorsqu’il écrit.

Quel bonheur de constater que les résultats de cet enseignement sont en bonne voie ! Je voudrais partager ce bonheur avec vous qui me lisez en vous livrant ici le contenu de deux messages reçus presqu’en même temps.

Conseillère pédagogique sur Marseille, on a eu l’occasion de se croiser lors d’une conférence menée pour Marseille 1 à laquelle je m’étais invitée.
Juste ce mail pour vous dire combien votre travail m’est précieux aujourd’hui pour former les enseignants de CP dédoublés aux gestes d’écriture, eux qui souvent n’ont jamais eu d’apport dans ce domaine.
Vos livres sont des mines d’or et les vidéos trouvées me permettent de conduire des formations utiles et efficaces puisque directement opérationnelles pour les collègues
Merci donc 1000 fois de votre investissement.
Je n’ai qu’un regret: ne pas avoir croisé vos ouvrages plus tôt, du temps où j’avais des CP/CE1 notamment.

Quelle magnifique conférence vous avez tenue ce soir sur Six fours. En 15 ans d’enseignements je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne aussi intéressante. Vous avez donné et transmis votre savoir. Et je n’ai qu’une seule envie à mon tour de donner et de transmettre à mes élèves de toutes les choses que j’ai découvertes ce soir . 
 » Écrire, c’est une manière de vivre.  » comme le disait si bien Gustave Flaubert. J’ai eu ce soir l’impression que l’écriture c’est votre manière de vivre. Je vous souhaite une belle route à travers la France où plein d’autres enseignants auront la chance de vous rencontrer. Mille mercis Sandra

Un très grand merci à mon tour pour ceux deux beaux messages.  Je me dis que ça valait la peine de ne pas abandonner .

Planning des prochaines conférences

LES CONFÉRENCES DE CETTE ANNÉE CIVILE 2018

LES CONFÉRENCES DU 1er TRIMESTRE 2017/2018 

Les dernières et avant-dernières conférences de l’année civile ont eu lieu le mercredi 6 décembre à Neuilly sur Seine et le 13 décembre pour la circonscription de Saint-Denis 3.

Attention, sauf exception, ces conférences ne sont pas publiques. Comme vous êtes très nombreux à me demander si j’interviens bientôt dans votre circonscription, je renseigne ce planning quinzaine après quinzaine ou mois après mois  afin de limiter le nombre de questions à ce sujet.

Sauf indication contraire, la présence ici de cette information ne vaut pas accord pour que chacun assiste aux conférences. C’est la raison pour laquelle ni l’adresse de la salle ni l’horaire ne sont mentionnés.

 

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LE DÉBUT DE L’ANNÉE SCOLAIRE :

Après une semaine de formation à Casablanca fin août, les conférences et formations ont démarré en France par Givet le mardi 19 septembre et Rethel le Mercredi 20.

Puis ce fut Saint-Pol le mercredi 27 septembre.

Le mercredi suivant, 4 octobre, un  atelier a réuni une soixantaine d’enseignants à Ham.

Puis ce fut dans le Sud :

Le mardi 10 octobre  à Six Fours le mercredi 11 octobre à Hyères.Retrouvailles avant le début de la conférence

Le mardi 17 a eu lieu à Pertuis une conférence-débat organisée par Le Groupement Indépendant de Parents d’Élèves qui m’a valu un très beau message que vous pouvez lire en fin d’article ici. 

Conférence publique

Le mercredi 18 ce fut une conférence pédagogique pour le cycle 2 à Cannes

Le cours de rééducation graphique  puis trois journées de cours de pédagogique de l’écriture ont occupé l’ensemble des vacances scolaires.

La reprise s’est faite à Rambouillet, le 8 novembre.

Puis le 15 novembre 2017 une conférence a réuni à Rouen des enseignants de CP et de CE1

Le mercredi 22 novembre la circonscription de Fleury les Aubray   accueillait 300 enseignants.

La suivante le mardi 28 novembre à Rombas a accueilli de nombreux enseignants, bien au-delà de ce qui était prévu…  

Des échos des conférences ici

Agora AGEEM 2017

J’avais dit quelques mots de présentation de mes interventions au congrès d’Albi de l’AGEEM.

En voici une brève présentation en attendant de développer plus bientôt  :

C’est ici   ou encore   là  .

On trouvera une présentation générale du congrés d’Albi ici

 et ma présence au congrès 2016 à Dijon là .

Différence entre les anciennes éditions du Geste d’écriture et l’édition 2016

En 2016, Le geste d’écriture a changé de collection. Après 16 ans de  publication dans la collection Hatier pédagogie, il passe dans une collection plus moderne : Enseigner à l’école primaire.

Offrant plus de place, son grand format autorise une présentation plus aérée donc procure un meilleur confort de lecture. Il permet aussi d’accueillir plus d’illustrations visuelles.  De nombreuses photos montrent les activités en cours de réalisation. Avec ses pages aérées, ses photos, ses codes couleurs la nouvelle collection est plus agréable à lire que la précédente.

Si la nouvelle collection apporte confort et agrément de lecture ce ne sont pas les seuls atouts, bien sûr, de cette nouvelle édition. Au-delà de l’aspect matériel dû au changement de collection, la nouvelle édition apporte un véritable plus par rapport aux anciennes.

En effet, avec presque le double de pages des éditions précédentes, l’édition 2016 m’a tout d’abord permis de développer ce qui fait l’originalité de ma pédagogie, au-delà même de la question de l’écriture :

  • en méthode Dumont, les compétences de base s’acquièrent essentiellement en transversalité, c’est à dire insérées dans des activités diverses sans lien apparent avec l’écriture ; pour cela l’enseignant est attentif à faire la différence entre ce qu’il fait faire à l’enfant et ce qu’il veut obtenir comme résultat pédagogique. Il différenciera l’objectif de l’enfant de son propre objectif, pour cela il fera la différence entre l’objet de la tâche (objectif de l’enfant) et l’objet du savoir (objectif de l’enseignant)
  • en méthode Dumont,  les actions sont différenciées : les besoins de chaque enfant sont pris en compte, c’est à dire qu’au sein d’une même activité chaque enfant réalise une tâche qui lui fait travailler la, les ou l’une des compétences qu’il lui faut acquérir. Par exemple en jardinage, un enfant cherche des petits pois dans un seau de sable s’il doit travailler la motricité fine, il les pose sur la table par groupe de quatre s’il doit travailler la numération jusqu’à quatre,  il les aligne les uns à côté des autres s’il doit travailler  la tenue de ligne et la régularité des espaces. Un autre viendra les chercher, il les recomptera, les prendra et les sèmera en respectant les consignes déterminées par ses besoins.

La première partie présente cette pédagogie. Toutes les autres en sont imprégnées. On gagne donc à lire le livre dès le début sans faire d’impasse, en évitant tous les résumés, condensés ou autre présentations censées simplifier car les raccourcis qu’elles opèrent dénaturent ou tronquent forcément le propos.

La nouvelle édition ajoute au tableau de modélisation la présentation schématique du système d’écriture. Le premier est une présentation des différentes étapes de l’apprentissage de l’écriture. La seconde est une présentation du contenu et du fonctionnement du système d’écriture lui-même.  Les deux se recoupent bien sûr mais ils n’ont pas la même fonction.

Vous les retrouverez sur ma chaine Youtube  sans nouvelle publication depuis quelques temps pour cause de planning surchargé mais qui va bientôt reprendre.   Abonnez-vous ! vous serez sûr de ne rien louper et de pouvoir consulter les nouvelles vidéos dès parution. 

Cette nouvelle édition présente aussi la façon dont les formes se créent, les unes découlant des autres (processus de création des formes) et la façon dont les lettres sont construites  à partir de ces formes (processus de formation des lettres). Elle reprécise l’un et l’autre de ces processus par rapport à l’édition précédente.
L’affichage du poster dans votre classe vous permettra de présenter facilement aux enfants comment se forment les lettres.

La nouvelle édition développe aussi plus que la précédente la notion de sens : Qu’est-ce que faire sens ? Comment l’enfant accède-t-il au sens ? Qu’est-ce qui peut parasiter sa compréhension de l’existence d’une relation graphophonologique  ?

Bref, grâce aux avantages de la nouvelle collection j’espère avec cette édition 2016, être au plus près de L‘outil que vous attendiez.

Vous en trouverez le sommaire ici    et une  présentation plus détaillée là.

Vous trouverez aussi sur le site un nouvel outil pour préparer votre classe : la police Cursive Dumont maternelle.  Ceux qui l’ont achetée sur Ulule l’ont depuis le début de l’année.  Les autres ont dû attendre juillet.

La cursive Dumont élémentaire remplaçant les capitales par des majuscules cursives a été retardée pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté. J’espérais pouvoir la mette en ligne pour la rentrée. Je crains que cela ne soit pas possible. Il faudra attendre encore un peu.