Archives de catégorie : La pratique

Cette catégorie tente de regrouper les nombreuses questions qui se posent au quotidien.

Intérêt d’un passage anticipé au CP

Une maman m’écrit : Suite à la lecture de votre ouvrage « le geste d’écriture », je me permets de vous contacter car l’enseignante de ma fille en classe de MS, nous propose un passage anticipé en CP. Je me questionne sur l’intérêt de ce passage d’autant que vous suggérez de ne pas brûler les étapes dans l’apprentissage de l’écriture. La GS est une année cruciale dans ce domaine. Ma fille est en double niveau MS-GS et participe au travail des GS depuis février mais son écriture cursive reste limitée selon moi (je suis prof des écoles en CP). Je voulais connaître votre point de vue sur un passage anticipé en CP pour un enfant de 5 ans à peine. Merci pour votre réponse et vos conseils.

La décision d’un passage au CP anticipé mérite effectivement une réflexion approfondie qui inclut plusieurs paramètres.

Il me semble que la 1ère question, qui posera un éclairage particulier sur la suivante, est : « Pourquoi faire passer en CP une enfant qui devrait passer en GS ? »

Question double : En aval, quel est l’objectif ? En amont, quelles sont les motivations ?

 –  1ère question : Quel est l’objectif ?

Cette question peut se reformuler ainsi : Existe-t-il des enjeux qui rendraient ce passage nécessaire ?

Vue sous cet angle, la question apporte vraisemblablement la réponse, non. Faire une scolarité avec une année d’avance n’est pas un enjeu en soi. Aucun paramètre de la projection dans l’avenir n’impose de passage anticipé en CP (à mon avis).

–  2ème question : Quelles sont les motivations ?

Cette question peut se reformuler ainsi : Sur quels critères effectifs se fonde la proposition de passage anticipé ?

Votre fille participe actuellement au travail des GS.

– Le critère pourrait donc être un critère de chronologie : après la GS, refaire du travail de GS équivaudrait à un redoublement, donc la maîtresse propose le CP. C’est un critère sans consistance.

– Ce pourrait être un critère lié au contenu : ayant fait des activités de GS cette année, votre fille se trouverait à refaire des activités de GS l’an prochain. Le redoublement lui éviterait l’ennui de refaire la même chose.

Cette réponse en faveur d’un passage anticipé ne vaudrait que si la maternelle était organisée comme un CP avec un programme et des contenus qui laissent peu de place aux changements. La pédagogie de la maternelle autorise ( devrait autoriser ) des variantes importantes dans les contenus : ce qu’on aura appris sur le thème de la mer une année pourra être appris sur le thème de la forêt l’année suivante, par exemple, surtout s’il s’agit d’une classe à double niveau.

Bien sûr ce petit élagage du problème n’est pas la raison qui vous a fait m’interroger mais il ne me semble pas inutile, d’ailleurs vous en formulez la nécessité  « Je me questionne sur l’intérêt de ce passage ».

J’en viens donc au cœoeur du problème : celui de l’apprentissage de l’écriture. Il répond à la question : quelque chose ferait-il que le passage anticipé ne soit pas judicieux ?

L’apprentissage de l’écriture est progressivement perçu comme une tâche superflue, à tel point que des états d’Amérique ont décidé de le rendre facultatif. C’est s’engouffrer dans une confusion portée par des courants pédagogiques qui relèvent d’une inconscience socio-politique grave. Vous trouverez mes arguments sur mon site en suivant ces liens.

De plus en plus, apprendre à écrire est conçu comme « apprendre à dessiner des lettres » et la littérature pédagogique offre :

– d’un côté des exercices graphiques qui vont dans ce sens, et parfois-même à l’encontre avec des tracés qui n’ont rien à voir avec l’écriture mais qui, dans l’esprit de leur concepteur, « apprend à former les lettres »,

– de l’autre côté des activités de production de texte qui oublient de s’intéresser à l’acte d’écriture.

L’expression « le geste d’écriture » que j’ai mise en valeur avec la publication de mon livre du même nom a été tellement peu comprise qu’elle est devenue sous certaines plumes « les gestes de l’écriture » se vidant de son sens dans cette formulation.

Le geste d’écriture, tel que je le conçois, va du moment où l’enfant s’apprête à tenir son crayon au moment où il écrit ce que lui dicte sa réflexion. Pour cela il faut que la technique graphique soit acquise, c’est à dire que l’enfant n’ait à réfléchir qu’au contenu sémantique de son écrit (l’orthographe en faisant partie cf. et//est, a/à mais aussi un sot /un seau / un saut / un sceau)

Apprendre à écrire, c’est :

– apprendre à tenir et manier son crayon pour le confort, pour la visibilité donc aussi la qualité de la production (une main mal placée cache l’écrit avec toutes les conséquences que cela implique),

– apprendre les formes de bases et dérivées qui servent à construire les lettres, c’est à dire les connaître pour savoir tout d’abord analyser la forme des lettres, ensuite mettre ces formes en oeuvre automatiquement, autrement dit produire les lettres sans effort de réflexion afin d’avoir l’esprit libre pour penser ce qu’on écrit,

– c’est aussi apprendre à réfléchir avant d’écrire, à concevoir par anticipation ce qu’on va écrire (le temps d’anticipation étant de plus en plus réduit pour pouvoir être aussitôt que possible de l’ordre de la fraction de seconde).

C’est encore, par voie de conséquence – et tout cela en parallèle, entrer dans la combinatoire de façon implicite. On voit là à quel point l’apprentissage de l’écriture manuscrite favorise l’apprentissage de la lecture comme tendent à le montrer les dernières recherches en neuroscience.

En passant en CP sans avoir acquis l’écriture cursive, l’enfant est privé de toutes ces compétences.

Donc, pour moi, passage anticipé en CP, pourquoi pas ? Mais à la condition qu’il ait acquis l’écriture (et bien sûr qu’il soit au niveau requis dans les autres domaines de compétences). Généralement, « qu’il ait acquis l’écriture » ne signifie pas obligatoirement qu’il ait appris toutes les lettres (le CP est là pour ça), mais qu’il en ait acquis la technique, compris la relation à la réflexion et la relation à l’oral ainsi que le fonctionnement de cette relation.

En conclusion,

à mon avis si je me base sur ce que vous écrivez, le passage anticipé de votre fille en CP ne s’impose pas. Il est à craindre qu’il soit sources de lacunes, donc d’insatisfaction, donc de mauvaise image de soi.

Je suis sûre que vous saurez trouver des arguments qui lui feront prendre un grand plaisir à être encore en maternelle l’an prochain.

Cup-song pour apprendre à écrire : Le chant des gobelets.

Le relai de hockey est l’idéal pour apprendre aux jeunes enfants à attaquer les lettres au bon endroit et à la tourner dans le bon sens autrement dit à encoder la 1ère unité de mouvement.

Ce jeu peut être fait en CP aussi. Il peut également y être remplacé par un cup-song que j’ai intitulé Le chant des gobelets dont l’air peut être écouté en cliquant sur l’intitulé.  Chanté tout d’abord par une petite fille puis repris par une adulte cet air s’apprend facilement

Les paroles – que j’ai créées pour la circonstance – figurent dans La nouvelle édition du Geste d’écriture page 85

Pour les retardataires … Les cartes de voeux.

Voilà déjà commencée la dernière semaine d’école de l’année 2018.

En cette période de l’année, c’est le rush pour tout boucler.  L’école n’y échappe pas.  On s’affaire pour que tout soit prêt pour Noël.

Pour ceux qui n’en ont pas encore fini avec Noël, quelques idées pour coupler la confection d’une carte de vœux avec la préparation à l’écriture sans pour autant faire autre chose que prévu.

Ceux qui ne connaissent pas ma méthode d’enseignement de l’écriture trouveront dans cet article de quoi poser un regard nouveau sur une activité traditionnelle des classes maternelles en cette période de l’année : la confection d’une carte de vœux décorée d’un sapin de noël.

L’objectif de l’enfant est, bien sûr de réaliser une belle  carte à rapporter à la maison le dernier jour de classe.

Je vous propose, à vous, enseignant, un objectif complémentaire : La préparation à l’apprentissage de l’écriture.  Bien entendu, cela n’exclut pas que cette même activité puisse aussi être l’occasion de travailler les couleurs (couleurs des boules, des décorations…),  la numération (nombre de triangles pour confectionner un sapin, nombre de boules à placer sur le sapin, nombre d’étoiles pour décorer, éventuellement nombre de guirlandes..), éventuellement les formes (triangle pour confectionner le sapin, gommettes rondes  pour les boules, rectangle pour les emballages de cadeaux…)…

Si la possibilité de travailler ces compétences-là à cette occasion est relativement évidente, celle de travailler la préparation à l’écriture l’est beaucoup moins.  On y voit tout au plus l’écriture des mots « Joyeux Noël » ou « Joyeuses fêtes ». pourtant il y a beaucoup plus à faire.
Pour construire le sapin on découpe des triangles dans du papier vert.  Pourquoi ne pas en profiter pour faire faire des fonds de peinture par les enfants. Une bande de vert foncé en haut d’une feuille A4. Par dessus, en petites touches, du vert clair. Par dessus encore en touches plus petites encore du marron mélangé à du vert. Ces « superpositions  » ont pour effet et pour objectif de rentre de produit plus vivant. Voilà le fond  – presque – fini.  Le bas de la feuille reste blanc.

Si l’objectif pratique est de réaliser un fond de peinture pour découper les éléments du sapin,  l’objectif pédagogique est ici d’apprendre à l’enfant à déplacer son bras (afin que plus tard, il ne reste pas coincé contre le corps dans les activités d’écriture).

Pourquoi « presque » fini ? Parce qu’on peut en profiter pour décorer ce fond. L’enfant le fera en traçant des motifs dans la peinture fraîche avec un stylo usagé ou l’extrémité d’un pinceau (celle qui est à l’opposé des poils).  Pour cela l’enfant posera et gardera sa main sous la bande de peinture au fur et à mesure de son déplacement vers la droite.
L’objectif pratique est ici de commencer à décorer le sapin. L’objectif pédagogique est d’apprendre à placer correctement sa main. Le poignet étant en contact avec la feuille, l’enfant n’a pas d’autre choix que de mettre la main sous la peinture. Cela le prépare à placer sa main sous la ligne d’écriture.

Ensuite on procédera presque de même pour le support sur lequel l’enfant collera le sapin.  Presque, puisqu’il s’agit d’un papier cartonné de la taille d’un demi-A4 et que la peinture en couvrira toute la surface. Le déplacement du bras sera donc moins ample.  Une seule couche de peinture sera éventuellement suffisante.  Avant de le passer en peinture on fixera le carton provisoirement (avec de la pâte à fixe par exemple) sur un support plus grand, une feuille A4 par exemple. Cela facilitera la réalisation de motifs tout autour avant que la peinture soir sèche : Le poignet en appui sur la feuille A4, l’enfant fera des petits motifs tout autour de la carte en tournant la feuille au fur et  mesure de façon à tracer les motifs de gauche à droite et à l’horizontal à chaque rotation de la feuille.  Ces motifs pourront être des séries de boucles qui, par la rotation donnée au carton, seront toujours tracées à l’endroit. Dans ce cas, outre le positionnement de la main, l’exercice concernera aussi l’entrainement à réaliser, de gauche à droite, des boucles fluides.

Une fois que la peinture du fond vert sera sèche, l’adulte y tracera des triangles que l’enfant découpera pour construire le sapin ( 3 triangles par sapin).

L’enfant tracera à la peinture à doigts le pied du sapin (nouvel exercice de positionnement de la main, mais cette fois sans contrainte. Ce sera juste la mise en application du positionnement déjà réalisé à cause de la peinture fraîche.

Il lui restera à coller les triangles sur le pied en les superposant en commençant par le bas, puis à décorer le sapin avec des boules de couleur dessinée en plaçant sa main dessous comme appris précédemment et en faisant bien tourner ses doigts ,  ou figurées par des gommettes rondes.

L’enfant écrira « Joyeuses fêtes » ou « Joyeux Noël »  ou « Bonne année » soit en recopiant un modèle s’il en a les capacités, soit en alignant côte à côte des étiquettes lettres en reproduction d’un modèle qui lui sera donné.  Il s’agit bien sûr d’un exercice de reconnaissance des lettres. Il s’agit aussi, en même temps, d’un exercice de gestion statique de l’espace graphique, c’est à dire ici d’apprentissage progressif de la tenue de ligne, la verticalité des axes et la régularité des espaces ( les lettres doivent être collées droit c’est à dire verticales et en suivant une ligne virtuelle horizontale – ne pas tracer de ligne pour guider l’enfant, le guidage est visuel, il est intériorisé) (le corps des lettres doit être régulièrement espacé.

Pour terminer la décoration de sa carte, l’enfant pourra aussi ajouter à son gré par ci par là des gommettes en forme d’étoiles, ou d’autres formes.

Joyeux Noël   Bonnes fêtes de fin d’année   et surtout bonnes vacances.

LES ÉVALUATIONS EN MÉTHODE DUMONT

En cette période de rentrée scolaire, bien qu’elle commence déjà à être un peu derrière nous, quelques mots sur les évaluations me semblent s’imposer.

Je ne parle pas des évaluations proposées par le ministère de l’Éducation nationale ; je n’en dirai rien il y a eu des publications, des analyses, des commentaires. Je veux parler des évaluations nécessaires pour que les enseignants puissent piloter leur classe ou plutôt pour que l’enseignant puisse piloter sa classe (ce singulier marque déjà une différence par rapport à la perception habituelle des évaluations).

En début d’année scolaire, l’enseignant connaît son programme et il sait ce qu’il va enseigner ce qu’il doit enseigner. Il connaît les élèves s’il a déjà de la pratique. Mais généralement il ne connaît pas ses élèves. Pour qu’il y ait une bonne adéquation entre son enseignement et leur apprentissage, il faut qu’il connaisse l’un (le programme) et les autres (ses élèves, je veux dire chaque élève pris individuellement).

Les évaluations dont je veux parler ici sont faites pour ça : situer individuellement chacun des enfants par rapport à l’enseignement prévu. Ce qui m’intéresse ici c’est mon domaine et rien que mon domaine : l’enseignement du geste d’écriture, et tout spécialement dans ce domaine, son enseignement à l’école maternelle.

Comme je l’ai montré, l’enseignement du geste d’écriture commence bien avant l’écriture des premiers mots.  Cf. Le système d’écriture. La réussite de son enseignement repose entre autres sur la vigilance de l’enseignant à s’assurer que les acquis soit bien effectifs. C’est là qu’interviennent les évaluations telles que je les conçois : il ne s’agit pas de faire faire à tout le monde en même temps la même chose pour comparer les productions au sein de la classe, entre les classes, entre les écoles voire les quartiers… mais de savoir où en est chaque enfant pour ne pas le laisser sur le bord du chemin.

  • LES LIVRETS D’ÉVALUATION

Je propose donc la tenue d’un livret qui suivra la classe. Ce livret, ou plutôt ces livrets, parce qu’il en existe trois en fonction des compétences à acquérir (tenue et maniement du crayon, gestion statique de l’espace graphique, étude des formes), ces livrets, donc, listent la progression dans l’acquisition des compétences concernées (par ex. horizontalité de la ligne en gestion statique de l’espace graphique).

La liste des étapes se trouve à l’horizontale en tête de colonnes à partir de la 2ème. La 1ère colonne est destinée à lister les élèves dans l’ordre alphabétique.

Voici comment remplir le livret le livret en début d’année mais aussi au fil de l’année. Au cours des activités elles-mêmes et non en isolant chaque enfant pour le tester,  vous noterez la date de votre observation au croisement du nom de l’enfant observé et des compétences dont vous avez constaté qu’elles sont réellement acquises. Cela vous permet de savoir, dès le début mais aussi tout au fil de l’année, où en est chaque enfant de façon à pouvoir distribuer les tâches en fonction des besoins dans chacune des activités que vous organisez.

Ne vous alarmez pas à propos du travail que va vous imposer la confection de ces livrets : ils existent depuis l’existence des cahiers, c’est-à-dire une quinzaine d’année et ils sont téléchargeables gratuitement sur le site des éditions Hatier.

  • LES CAHIERS DE CONTRÔLE

Ils existent mais ils ne portent pas ce nom (nous n’allons pas jouer à nous faire peur !) et ils ont aussi pour vocation de participer à l’optimisation des acquis. Ce sont les cahiers de la collection Les cahiers d’écriture aux éditions Hatier. Comme vous le savez, bien des activités préparatoires à l’écriture se font sans crayon ni papier. Beaucoup aussi se font sans cahier mais sur feuille. Les cahiers 1 et 2 de maternelle sont conçus pour que les enfants y fassent, page après page, des productions qui vous permettront de suivre leur évolution.  L’intitulé de chaque page recoupe le titre des colonnes des livrets.

Comme vous travaillez beaucoup à la préparation de l’écriture mais que les parents ne voient pas forcément tout ce qui a été fait, une liste des activités préparatoires est prévue à chaque page de façon à ce que les parents puissent se rendre compte de tout le travail fait lorsque vous leur remettez de temps à autre le cahier de leurs enfants.

Cahiers et livrets vont de pair pour vous permettre de piloter votre classe (mais surtout pas, bien sûr, de « classer vos élèves »).

Pour information, je me suis dédoublée : si vous souhaitez une formation vous pouvez aussi voir là les personnes que j’ai formées.

Quel rapport avec la méthode Dumont ?

J’ai partagé ceci sur FaceBook   et j’y ai fait le commentaire suivant : « Je suis parfaitement d’accord ! Mesdames ne faites pas ça ! 
Comme vous me connaissez un peu vous avez dû voir le clin d’œil. 
Quel rapport avec la méthode Dumont ? Eh bien, oui, il y en a un. Mais je vous le dirai après vous avoir lu-e-s. »

Alors je vous ai lu-e-s. Les réponses ont été variées et toutes intéressantes. Il est temps que je donne enfin ma réponse.
Pour celles qui en auraient besoin voici un lien vers une petite piqure de rappel   et un autre vers une présentation de la nouvelle édition.

Comme vous le savez, le geste d’écriture est un concept que j’ai créé il y a déjà de nombreuses années.  Il va du moment où l’on s’apprête à prendre la crayon jusqu’à celui où l’on écrit en produisant du sens.

Il inclut donc la réflexion.  Le chapitre 9 du Geste d’écriture est consacré au sens.  Vous y avez lu ou vous y lirez : pour que l’écrit fasse sens pour lui, l’enfant doit être amené à réfléchir avant d’écrire.

RÉFLÉCHIR est le maître mot de ma méthode. Pour qu’il y ait réellement écriture, il faut qu’il y ait préalablement réflexion. Réfléchir avant d’écrire. Réfléchir ne signifie pas chercher quelle est la bonne réponse à la question mais, au contraire, se poser la question, aller jusqu’au bout de sa réflexion pour pouvoir avancer une réponse motivée.

Lorsque j’ai commencé à lire le texte en question après avoir vu l’image, je commençais à bouillir un peu car je trouvais la réaction extrêmement exagérée. Et puis j’ai lu la fin et là j’ai été d’accord, comme tout le monde : on ne pose pas ses tongs sur la table du restaurant !  Ensuite j’ai lu les commentaires beaucoup  portaient sur l’allaitement. Or, de quoi parle le commentaire de présentation : des tongs, rien que des tongs.

Je remercie vivement celles et ceux qui se sont prêtés sur Facebook à mon petit jeu de devinettes. Il a été un petit peu biaisé car quelqu’un a très vite parlé des tongs, du coup les réactions épidermiques qui m’auraient amusées (ce n’est pas méchant) n’ont pas fusé.

Le point commun avec la méthode Dumont est qu’il faut toujours aller au bout de la réflexion avant d’écrire/ avant de réagir (par écrit en tout cas) et j’en profite pour ajouter toujours aller jusqu’au bout de sa réflexion pour valoriser les projets en transversalité.  Cf la réponse faite ce jour à une enseignante tout en bas de page ici .

Je voulais profiter de ce billet – car c’est plus un billet qu’un véritable article – pour attirer aussi votre attention sur une pétition qui circule sur la toile. J’en ai pris connaissance dans les pages d’un groupe FaceBook dédié aux enseignants. Elle était présentée par une enseignante, pour moi donc par quelqu’un qui est censé savoir de quoi il parle lorsqu’il parle d’un livre de lecture.  Cette pétition visait à faire interdire la diffusion de Bulle, livre de lecture pour CP.  Image à l’appui  elle interpellait le lecteur  : Partagez moi cette horreur que cela circule et remonte le plus haut possible ! Les images et les textes sont présentées de telle façon que,  à moins d’aimer le style Gore, on a du mal à rester indifférent.  Comme beaucoup je suis tombée dans le panneau.  Comme beaucoup je n’ai pas pu ajouter de commentaire de protestation sur la pétition car les commentaires ont été désactivés.  Si au lieu de me fier aux réactions de l’enseignante qui la présentait j’avais analysé plus finement la pétition je ne me serais sans doute (peut-être car le montage est fait de façon très astucieuse) pas laissé prendre par ce montage diffamatoire.
Donc approfondissons encore et toujours notre réflexion !

Pour information, je me suis dédoublée : si vous souhaitez une formation vous pouvez aussi voir là les personnes que j’ai formées.

La clarté cognitive et le goût d’apprendre.

Au nom de la clarté cognitive faut-il tout expliquer aux enfants ? Si oui le regard de l’enfant sur son action sera-t-il le même ?  Qu’est-ce que cela induit ? Sinon comment l’enfant accède-t-il au savoir puisqu’on ne lui a pas dit ce qu’il fallait qu’il sache ? Cette formulation met d’emblée l’accent sur les limites et le risque d’effet castrateur de la clarté cognitive appliquée à outrance .

Alors que j’expliquais comment, en méthode Dumont, construire progressivement les apprentissages en général et celui de la gestion statique de l’espace graphique en particulier, il m’a été objecté qu’il fallait que l’enfant sache exactement ce qu’il travaille sous le prétexte que sa motivation n’est pas jouer, mais apprendre.

Les administratrices du groupe me pardonneront d’avoir transporté la question sur mon site mais je la pense tellement fondamentale que ce serait dommage de la laisser uniquement à la lecture des abonnés, bien qu’ils soient nombreux.

Le travail d’un petit enfant c’est le jeu. Il y a bien des footballeurs professionnels que diable ! 🙂 Pourquoi vouloir à tout prix leur imposer un  » travail « . Pour moi, on joue d’abord, ensuite on PEUT considérer ce qu’on a appris en jouant, mais pas de façon systématique. On le fait le moment venu, au détours d’une découverte.
C’est là qu’on construit le plaisir d’apprendre.

On voit à quel point le plaisir d’apprendre est détruit chez de trop nombreux enfants , en conséquence il faut bien admettre qu’il se construit. Alors construisons-le mais pas en l’imposant : en l’amenant progressivement, chacun à son rythme.

Donc, à mon avis, non seulement il n’est pas nécessaire que l’enfant sache « exactement ce qu’il travaille », mais encore c’est parfois préjudiciable. Et puis, que travaille-t-il lorsqu’il installe des kaplas sur un support  ? L’alignement ? La verticalité des axes ? La régularité des espaces ? La dextérité pour les prendre et les déposer ? La façon d’investir un espace ? Les notions de clair et sombre s’ils sont de teintes variées et que l’enfant doit en tenir compte ?
Tout cela à la fois et je suis sûre qu’on peut allonger la liste.

Quel est l’intérêt de la vie si tout doit être justifié ? Quand on s’attable devant un suprême de foie de volaille au porto ou devant une lotte à l’américaine, est-ce vraiment pour nourrir son corps, lequel doit absorber telle quantité de calories, de vitamines … etc.  chaque jour pour que l’on reste en vie ?

Au restaurant pensons-nous, lorsque nous introduisons dans notre bouche une bouchée de notre plat préféré un peu salé, que nos papilles nous disent si nous pouvons en manger beaucoup ou très peu à cause de notre tension – si nous en avons ? Pensons-nous à ce moment là aussi qu’il nous faut mastiquer consciencieusement ce met sublime pour que la digestion puisse se faire et pour éviter ainsi des douleurs d’estomac ? Pensons-nous aussi en même temps que cette mastication nous fait faire une gymnastique maxillaire bénéfique à l’articulation de la mâchoire et aux trompes d’eustache?

Etant enfant, tous les soirs j’allais faire une partie de dominos avec un vieux voisin à la retraite – je devais avoir 3 ou 4 ans quand j’ai commencé – ; bien sûr ça m’a appris à compter, à observer, à réfléchir. Mais je n’allais pas « apprendre à compter, à observer et à réfléchir ». J’allais jouer aux dominos.

Qui n’a pas fait ce genre d’expérience ?

La prise de conscience de la double articulation entre objet du savoir versus objet de la tâche et objectif de l’enseignant versus objectif de l’enfant  éclaire le fonctionnement de la pédagogie que je propose (pédagogie dans laquelle prend place ma méthode d’enseignement de l’écriture). (Cf. Conférence pédagogique sur la prévention de l’illettrisme – paragraphe 1 A  , page 2. Comme la conférence est un peu ancienne certains détails demanderaient à être actualisés mais cela ne change rien à notre propos ) 

Ce principe de différenciation entre objectif de l’enfant/objet de la tâche et objectif de l’enseignant/ objet du savoir n’exclut pas la clarté cognitive. Elle peut porter sur l’une des compétences à acquérir par le jeu. Par exemple  un alignement de kaplas peut être ouvertement un exercice de concentration (l’enfant s’applique à ce qu’ils soient bien disposés) ou un exercice de dénombrement (l’enfant aligne les kaplas par groupes de quatre) ou les deux.

L’exercice s’articule donc ainsi : 
Une compétence à acquérir en écriture (aligner pour ensuite écrire droit et régulier), 
– Une tâche à accomplir (sortir les objets de la boite et les aligner)
– Une action pour réaliser cette tâche, action faisant converger :
    °  l’objectif de l’enfant = aligner les objets contenus dans la boite (+ le cas échéant s’appliquer à le faire et/ou + les grouper par quatre)
    ° la consigne = à partir de l’objectif de l’enseignant elle dit ce qu’il faut faire et précise comment faire
– Un ou des objets du savoir = objectif de l’enseignant en matière d’écriture : préparer les enfants à écrire droit et régulier, 
Des savoirs en transversalité = dénombrement jusqu’à 4 et/ou développement des capacités de concentration.

C’est à partir du savoir en transversalité que sera donné un nom à l’exercice.

Cf. 1ère partie de la nouvelle édition du Geste d’écriture. Les tableaux sont utilisés à plusieurs reprise dans le livre (comme le livre, le principe est sous copyright )

Et pourtant ça marche…

Par définition de la consonne, personne n’entend isolément le bruit d’une consonne : c’est le bruit provoqué par le déblocage de l’air. (Dans la suite de l’article, je garderai le mot « son » chaque fois que ce que j’en dis s’applique aussi aux voyelles et aux solsonnes.)

Pourtant lorsque les enseignants font « pe » ou « pf » – avec un [œ] ou un [f] très court, bien sur – beaucoup sont persuadés qu’ils ont réussi à faire entendre la lettre isolément.  En réalité ce que font ces enseignants de talent, c’est :

  • Mettre le son en situation, dans une comptine ou une chanson où la lettre est récurrente. L‘enfant y repère les syllabes comportant le son en question.
  • Mettre les organes phonatoires en position de prononcer le son en question. Pour le prononcer, l’enfant mime l’enseignant. On sait que dès son plus jeune âge, l’enfant mime l’expression du visage de celui qu’il regarde.
  • Éventuellement indexer le tout par un geste, par exemple, les gestes de Borel-Maisonny . Ces gestes rappellent parfois la forme de la lettre. Il s’agit d’une indexation visuelle qui, donc, peut évoquer la forme de la lettre ou bien fonctionner simplement comme un nœud à un mouchoir. Cet étayage visuel aide l’enfant à se remémorer le son (pas à le prononcer, sauf exception).

Toutes ces opérations permettent à l’enfant de repérer le bruit fait par le déblocage de l’air donc ensuite de prononcer correctement la lettre dans les mots. Elles ne permettent pas de faire entendre isolément la consonne.  [p][œ] et [p] ce n’est pas la même chose ; de même [m][œ] et [m] aussi court soit [œ].

Une double question me semble alors se poser pour les enfants qui éprouvent des difficultés dans l’accès aux consonnes :

1 – Ne serait-il pas mieux de ne pas aller jusqu’à la prononciation du [œ] derrière la consonne et de se contenter de retenir sa bouche en position de façon prolongée avant de prononcer la lettre dans un mot par laquelle elle commence ?

2 – Ne serait-ce pas utile de rebondir sur l’idée de Borel-Maisonny en faisant faire par les entendants des gestes évoquant la position des organes phonatoires ?  (le travail de Borel-Maisonny n’appelait pas cette exigence puisqu’il était destiné aux sourds et aux malentendants).

Ceux qui resteraient persuadés qu’ils entendent et font entendre le « son » des consonnes peuvent faire faire et se faire faire la dictée de syllabes suivante, la personne qui dicte se plaçant derrière la personne qui écrit  : fip, zad, tup, dat, dot, dop, bot, lab, mid, rop, rit, lud, sid, mab, lod, fub, bom, tan, ran, fom, bam, run.

 

Ces enfants qui n’entendent pas

À mon avis, il faut différencier deux faits : d’un côté il y a les enfants qui n’entendent pas parce qu’ils ont un problème auditif ; de l’autre il y a ceux qui n’ont pas encore fait la construction intellectuelle qui leur permet de comprendre comment « fonctionne » l’émission de la voix.

Donc pour moi ceux qui « ne peuvent pas entendre le son » de ce à quoi je réserve le nom de « consonne » mais qui entendent les voyelles et les solsonnes sont tout simplement des enfants normaux. Ce que j’avance, mais cela reste à démontrer scientifiquement, c’est qu’il est possible que ces enfants-là cherchent à entendre ces bruits isolément. Comme ces bruits n’existent pas seuls, ils n’y arrivent pas. Isoler ces bruits relève d’une construction intellectuelle qui permet d’établir une relation graphophonologique pour transcrire la complexité des syllabes que l’on entend.

Ce serait intéressant de savoir si les Japonais ont un problème analogue au nôtre : leur écriture rend compte du phénomène puisque ce qu’ils écrivent c’est ce qu’ils entendent, des syllabes. Nous, nous décomposons intellectuellement ce que nous entendons pour rendre compte de la différence de bruit engendrée par le point d’ouverture (ou de fermeture). Pour moi, ne pas entendre ces bruits, si on entend tout le reste (c’est à dire voyelles et solsonnes), c’est seulement ne pas avoir fait la construction intellectuelle qui permet de discriminer les syllabes en fonction du bruit qui les introduit. Si on a fait un peu de russe, de grec ou, et pour moi c’est plus net encore, un peu d’arabe on sait bien le mal que l’on a à discriminer entre elles certaines consonnes, celles justement qui n’existent pas dans notre langue. Pourtant l’oreille russe, grecque ou arabe est physiologiquement la même que la nôtre.

Il y a une grande différence entre faire faire des exercices de discrimination auditive « baba / papa, pierre / bière / lierre » ou autres exercices analogues quels qu’ils soient, et dire à l’enfant « tu entends bien p’ ? « .  Les premiers sont porteurs d’espoir pour les enfants qui ont des difficultés. Je crains que les derniers soient porteurs de désespoir pour les enfants qui n’ont tout simplement pas compris … ce qu’on attend d’eux.

A mon avis, la prise de conscience de la réalité des choses ne ferait qu’ajouter au talent des enseignants qui sont persuadés qu’ils font entendre les consonnes isolément.

Voyelles, consonnes et… ? Réflexion sur la terminologie

Devant les difficultés de certains enfants, la question de l’écoute des consonnes mérite d’être soulevée.

Les faits existent. On peut les accepter, s’en accommoder, les nier. On ne peut pas les supprimer.  Je ne vais pas me lancer dans une théorie détaillée d’autres l’ont fait bien avant moi . Pour des détails fournis on peut voir là  ou là ou encore sur bien d’autres sites,  celui-ci encore…  Je veux juste parler de choses simples. Lorsque je parle, l’air sort de ma bouche librement, ou bien il est entièrement bloqué, ou bien il est entravé.  Lorsqu’il sort librement on produit une voyelle. Tout le monde est d’accord là-dessus.  Le reste est appelé « consonne ». (J’élude la question des semi-…  voyelles ou consonnes. On me le pardonnera je pense.) C’est dans ce regroupement du « reste » que les problèmes apparaissent : certaines « consonnes » laissent passer un peu l’air on peut les entendre (par exemple ssssss). D’autres ne le laissent pas passer du tout, et c’est là que commencent les problèmes.

Je propose donc les distinctions suivantes :

Voyelle = qui porte la voix
Consonne = cum-sonare = qui sonne avec, donc qui ne peut pas sonner sans… (le mot « consonne » existe depuis longtemps, mais je souhaite revenir sur son application stricto sensu à tout ce que nous appelons des « consonnes ».
Solsonne = solus-sonare = qui sonne seule.

Je reprends dans un autre ordre :

La voyelle porte la voix : j’ouvre la bouche et je fais aaaaa, ooooo etc.
La solsonne « sonne seule » : je ferme un peu la bouche et je fais sssssss,   zzzzzzz, etc.
La consonne … ne peut « sonne » qu’avec :

Pour prononcer la lettre p je ferme d’abord la bouche puis… je l’ouvre pour prononcer la lettre. Mais quand je l’ouvre l’air sort, donc la voix sort donc je prononce une voyelle et ça fait : pe, pa, pi etc.

Je peux aussi ouvrir la bouche mais pas trop. Seulement, pour prononcer la lettre, il faut « débloquer le son » comme quand j’ouvre la bouche pour faire ta, et ça fait par exemple ts ou tz

En résumé :

– Je peux dire : aaaaaaaaaaaaaa en continue, donc sans marquer de temps d’arrêt : a porte la voix, c’est une voyelle
– je peux dire : ssssssssssssss idem : s sonne seule, c’est une solsonne
– mais je ne peux pas dire tttttttttttttttttttttttttt sans marquer un arrêt entre les t : t ne peux pas sonner seul, c’est une consonne.
– Je peux faire aaaaaaaaaaaa, sssssssssssssss, taaaaaaaaa, tsaaaaaaaaa, mais pas tttttttttttttttttttt

 Voir aussi sur le sujet le lien avec la pédagogie Montessori 

Dumont, Montessori, lettres rugueuses et phonologie

Mon article sur les consonnes et les solsonnes a suscité des réactions :  remplacer le son de la lettre par son nom serait contreproductif, me dit-on.

On sait mon intérêt pour tout ce qui peut éviter aux enfants d’être en difficulté et mon implication pour cette cause dans le domaine qui est le mien, celui de l’écriture. On ne sera donc pas étonné que je réponde à cette réaction.

J’introduirai ma réponse par une pensée pour Giordano Bruno qui m’est devenue un rituel et surtout par le rappel de la dénégation légendaire de Galilée après son abjuration : e pur si muove !

Un autre rappel, plus modeste et plus personnel, mais qui touche tout de même ceux qui porteront intérêt à la lecture de cet article : celui de, plus encore que la difficulté, l’impossibilité que j’ai vécue, il y a quelque 15 ans je crois, de faire comprendre qu’il existait une différence entre objectif de l’enfant et objectif de l’enseignant, que cette différence engendrait tout naturellement une différenciation et que cette différenciation optimisait les apprentissages (Cf. pages 37 à 51 du Geste d’écriture et diverses pages où elle est mise en application). Du chemin a été fait dans les esprits depuis.

Donc, revenons aux lettres rugueuses. Il m’a été fait remarquer que dans la pédagogie Montessori tout un travail sur la phonologie précède la présentation des lettres rugueuses.

Je suis persuadée de son grand intérêt et il n’est pas du tout question que je propose de le supprimer ni de lui substituer quoi que ce soit.

Le propos de mon article est de répondre à l’objection : nommer la lettre au lieu de la prononcer créerait des difficultés en embrouillant l’enfant dans son accès à la lecture.

Je suis bien d’accord avec cette observation. Sauf que je n’ai pas proposé de « nommer la lettre au lieu de la prononcer, POINT ». J’ai écrit la proposition suivante : L’enfant dit le nom de la lettre après l’avoir repassée et , selon la consigne qui lui sera donnée, il prononce un mot qui commence par la lettre puis, éventuellement, un autre qui la contient ailleurs. L’existence d’une relation graphophonologique est conservée et elle est réajustée à la réalité.

Ma proposition est donc bien la suivante : Après avoir suivi puis nommé la lettre – et c’est ce qui permet de savoir que l’enfant l’a identifiée – l’enfant dit un mot qui commence par la lettre et un qui finit par la lettre : il montre alors qu’il en a compris l’articulation. Il le montre d’autant plus qu’il ne s’agit pas pour lui de redire ce que d’autres ont dit, d’essayer de refaire ce que d’autres ont tenté de faire devant lui  – mais n’ont eu que l’illusion d’y arriver (pe, pe’, pf’) -, il s’agit pour lui de montrer qu’il a compris de quoi il s’agit donc qu’il sait manipuler la lettre en question.

Bien évidemment il ne s’agit pas non plus que l’enfant redise le mot qu’il vient d’entendre prononcer par un camarade ou par l’enseignant mais bien qu’il dise un mot auquel il a pensé. Il peut être aidé en cela par une planche  de dessins dans lesquels il devra en chercher un qui convienne. (C’est ni plus ni moins que ce que proposaient, en illustration  de  chaque lettre, les pages des dictionnaires de mon enfance).

J’espère avoir répondu à l’objection.