Archives par mot-clé : apprendre à écrire

Planning des prochaines conférences

LES CONFÉRENCES A VENIR  :

La prochaine conférence aura lieu le mercredi 22 novembre dans la circonscription de Fleury les Aubray  (elle accueillera 300 personnes ; il n’y a plus de place – de nombreuses demandes ont dû être refusées)

La suivante aura lieu à Rombas. Cette fois ce sera un mardi. Le mardi 28 novembre.

Le 6 décembre ce sera à Neuilly sur Seine.

La dernière conférence de l’année civile aura lieu  le 13 décembre à Saint-Denis.

******************************

LE DÉBUT DE L’ANNÉE SCOLAIRE :

Après une semaine de formation à Casablanca fin août, les conférences et formations ont démarré en France par Givet le mardi 19 septembre et Rethel le Mercredi 20.

Puis ce fut Saint-Pol le mercredi 27 septembre.

Le mercredi suivant, 4 octobre, un  atelier a réuni une soixantaine d’enseignants à Ham.

Puis ce fut dans le Sud :

Le mardi 10 octobre  à Six Fours le mercredi 11 octobre à Hyères.Retrouvailles avant le début de la conférence

Le mardi 17 a eu lieu à Pertuis une conférence-débat organisée par Le Groupement Indépendant de Parents d’Élèves qui m’a valu un très beau message que vous pouvez lire en fin d’article ici. 

Conférence publique

Le mercredi 18 ce fut une conférence pédagogique pour le cycle 2 à Cannes

Le cours de rééducation graphique  puis trois journées de cours de pédagogique de l’écriture ont occupé l’ensemble des vacances scolaires.

La reprise s’est faite à Rambouillet, le 8 novembre.

Puis le 15 novembre 2017 une conférence a réuni à Rouen des enseignants de CP et de CE1

Des échos des conférences ici

Agora AGEEM 2017

J’avais dit quelques mots de présentation de mes interventions au congrès d’Albi de l’AGEEM.

En voici une brève présentation en attendant de développer plus bientôt  :

C’est ici   ou encore   là  .

On trouvera une présentation générale du congrés d’Albi ici

 et ma présence au congrès 2016 à Dijon là .

La clarté cognitive et le goût d’apprendre.

Au nom de la clarté cognitive faut-il tout expliquer aux enfants ? Si oui le regard de l’enfant sur son action sera-t-il le même ?  Qu’est-ce que cela induit ? Sinon comment l’enfant accède-t-il au savoir puisqu’on ne lui a pas dit ce qu’il fallait qu’il sache ? Cette formulation met d’emblée l’accent sur les limites et le risque d’effet castrateur de la clarté cognitive appliquée à outrance .

Alors que j’expliquais comment, en méthode Dumont, construire progressivement les apprentissages en général et celui de la gestion statique de l’espace graphique en particulier, il m’a été objecté qu’il fallait que l’enfant sache exactement ce qu’il travaille sous le prétexte que sa motivation n’est pas jouer, mais apprendre.

Les administratrices du groupe me pardonneront d’avoir transporté la question sur mon site mais je la pense tellement fondamentale que ce serait dommage de la laisser uniquement à la lecture des abonnés, bien qu’ils soient nombreux.

Le travail d’un petit enfant c’est le jeu. Il y a bien des footballeurs professionnels que diable ! 🙂 Pourquoi vouloir à tout prix leur imposer un  » travail « . Pour moi, on joue d’abord, ensuite on PEUT considérer ce qu’on a appris en jouant, mais pas de façon systématique. On le fait le moment venu, au détours d’une découverte.
C’est là qu’on construit le plaisir d’apprendre.

On voit à quel point le plaisir d’apprendre est détruit chez de trop nombreux enfants , en conséquence il faut bien admettre qu’il se construit. Alors construisons-le mais pas en l’imposant : en l’amenant progressivement, chacun à son rythme.

Donc, à mon avis, non seulement il n’est pas nécessaire que l’enfant sache « exactement ce qu’il travaille », mais encore c’est parfois préjudiciable. Et puis, que travaille-t-il lorsqu’il installe des kaplas sur un support  ? L’alignement ? La verticalité des axes ? La régularité des espaces ? La dextérité pour les prendre et les déposer ? La façon d’investir un espace ? Les notions de clair et sombre s’ils sont de teintes variées et que l’enfant doit en tenir compte ?
Tout cela à la fois et je suis sûre qu’on peut allonger la liste.

Quel est l’intérêt de la vie si tout doit être justifié ? Quand on s’attable devant un suprême de foie de volaille au porto ou devant une lotte à l’américaine, est-ce vraiment pour nourrir son corps, lequel doit absorber telle quantité de calories, de vitamines … etc.  chaque jour pour que l’on reste en vie ?

Au restaurant pensons-nous, lorsque nous introduisons dans notre bouche une bouchée de notre plat préféré un peu salé, que nos papilles nous disent si nous pouvons en manger beaucoup ou très peu à cause de notre tension – si nous en avons ? Pensons-nous à ce moment là aussi qu’il nous faut mastiquer consciencieusement ce met sublime pour que la digestion puisse se faire et pour éviter ainsi des douleurs d’estomac ? Pensons-nous aussi en même temps que cette mastication nous fait faire une gymnastique maxillaire bénéfique à l’articulation de la mâchoire et aux trompes d’eustache?

Etant enfant, tous les soirs j’allais faire une partie de dominos avec un vieux voisin à la retraite – je devais avoir 3 ou 4 ans quand j’ai commencé – ; bien sûr ça m’a appris à compter, à observer, à réfléchir. Mais je n’allais pas « apprendre à compter, à observer et à réfléchir ». J’allais jouer aux dominos.

Qui n’a pas fait ce genre d’expérience ?

La prise de conscience de la double articulation entre objet du savoir versus objet de la tâche et objectif de l’enseignant versus objectif de l’enfant  éclaire le fonctionnement de la pédagogie que je propose (pédagogie dans laquelle prend place ma méthode d’enseignement de l’écriture). (Cf. Conférence pédagogique sur la prévention de l’illettrisme – paragraphe 1 A  , page 2. Comme la conférence est un peu ancienne certains détails demanderaient à être actualisés mais cela ne change rien à notre propos ) 

Ce principe de différenciation entre objectif de l’enfant/objet de la tâche et objectif de l’enseignant/ objet du savoir n’exclut pas la clarté cognitive. Elle peut porter sur l’une des compétences à acquérir par le jeu. Par exemple  un alignement de kaplas peut être ouvertement un exercice de concentration (l’enfant s’applique à ce qu’ils soient bien disposés) ou un exercice de dénombrement (l’enfant aligne les kaplas par groupes de quatre) ou les deux.

L’exercice s’articule donc ainsi : 
Une compétence à acquérir en écriture (aligner pour ensuite écrire droit et régulier), 
– Une tâche à accomplir (sortir les objets de la boite et les aligner)
– Une action pour réaliser cette tâche, action faisant converger :
    °  l’objectif de l’enfant = aligner les objets contenus dans la boite (+ le cas échéant s’appliquer à le faire et/ou + les grouper par quatre)
    ° la consigne = à partir de l’objectif de l’enseignant elle dit ce qu’il faut faire et précise comment faire
– Un ou des objets du savoir = objectif de l’enseignant en matière d’écriture : préparer les enfants à écrire droit et régulier, 
Des savoirs en transversalité = dénombrement jusqu’à 4 et/ou développement des capacités de concentration.

C’est à partir du savoir en transversalité que sera donné un nom à l’exercice.

Cf. 1ère partie de la nouvelle édition du Geste d’écriture. Les tableaux sont utilisés à plusieurs reprise dans le livre (comme le livre, le principe est sous copyright )

Réfléchir sur l’écriture au cycle 3

En cycle 3, l’élève est censé écrire correctement. Pourtant beaucoup éprouvent encore quelques difficultés. Pour certains une rééducation s’impose. Pour d’autres, attirer leur attention sur certains écueils et leur proposer une réflexion sous forme d’exercices suffit.

J’ai écrit pour eux un petit livre contenant plus de 60  exercices : Une bonne écriture. Choix ou nécessité ?  (Editions Nathan) Il s’agit d’un « livre du maître » construit en 5 parties. Il présente tout d’abord l’historique de l’écriture. Il montre ensuite comment fonctionne l’écriture. Il fait prendre conscience de certaines spécificités, puis il interroge ce qui apparaît comme des évidences par exemple le point déposé sur la ligne pour montrer où commence la lettre. Enfin il montre que, bien qu’elle doive suivre un modèle, l’écriture autorise aussi une certaine liberté de choix.

L’objectif de ce livre est d’aider les enseignants à faire que les enfants aient une écriture de qualité tout en les laissant libres de faire quelques aménagements. C’est un outil pour la classe mais aussi en aide spécialisée.

Ecrit en 2014 juste avant que la finalisation du processus de création des formes et, par voie de conséquence, du processus de formation des lettres, ce livre n’a pas encore intégré dans l’édition actuelle le terme de rouleau qui requalifie ce que je nommais alors  le pont refermé et conjointement il présente une inversion entre rouleau et pont (page 51).  Cela ne présente pas une importance majeure dans le cadre de ce livre et peut facilement être rectifié à l’écoute de la vidéo que j’ai faite pour Eduscol sur ces deux processus.

Entre les enfants qui relèvent de la rééducation graphique et ceux pour qui les exercices d’Une bonne écriture – Choix ou nécessité suffiront, il y a ceux qui ont besoin d’aller plus loin que les gammes proposées par Le cahier d’écriture – 2 Perfectionnement  (Editions Hatier)  plutôt destiné aux CP et CE1 sans pour autant avoir besoin de consulter un spécialiste de la rééducation.

Ceux-là trouveront des gammes, des exercices de copie et des exercices de copie différée dans Les cahiers d’écriture – Remédiation chez le même éditeur.

Les modèles de référence des lettres cursives et de leur enchaînement correspondent à l’écriture Cursive Dumont maternelle.  En attente depuis 10 ans, la police d’écriture Cursive Dumont maternelle a été diffusée pour la 1ère fois en tout début de cette année 2017.  Elle est actuellement disponible ici.

Fonctionnement de la police Cursive Dumont maternelle

Vous trouverez ici la notice d’utilisation de la Cursive Dumont maternelle

Notice_28-09-2017

Contrairement aux polices existant précédemment, la Cursive Dumont maternelle –  que beaucoup attendaient avec impatience – a les caractéristiques de l’écriture manuscrite : les lettres s’y enchainent comme si elles étaient écrites à la main.

L’enfant a alors sous les yeux une police qui lui évoque le geste fait pour écrire. Il reproduit alors le geste et, par voie de conséquence, les lettres se déposent avec fluidité sur la page.

Je voudrais exprimer ici mon bonheur d’apporter une aide à l’épanouissement des enfants de nos écoles, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Je voudrais à ce propos partager avec vous un message reçu hier :

Bonjour Mme Dumont,

J’ai pu télécharger votre police, et vais l’utiliser avec plaisir dès demain avec mes élèves de Grande Section…

J’enseigne depuis 25 ans en maternelle, et chaque début d’année, avec les collègues, se posait LA question :  » Comment enseigner l’écriture à nos élèves de GS ? Quelle méthode utiliser ?  » Et à la fin de l’année, nous n’étions pas satisfaites car trop d’élèves étaient crispés lors des séances d’écriture, et n’y arrivaient pas… Jusqu’à votre conférence il y a deux ans à la Réunion… Nous n’étions pas d’emblée convaincues, car bousculées dans nos habitudes, mais nous avons quand même essayé dès la rentrée de janvier, et là… quel plaisir de voir tous les élèves apprécier sans appréhension aucune les séances d’écriture !

Alors un grand merci pour vos recherches et réflexions qui nous permettent aussi, à nous, enseignants, d’envisager plus sereinement l’apprentissage de l’écriture à nos petits élèves…

Cordialement,

Différence entre les anciennes éditions du Geste d’écriture et l’édition 2016

En 2016, Le geste d’écriture a changé de collection. Après 16 ans de  publication dans la collection Hatier pédagogie, il passe dans une collection plus moderne : Enseigner à l’école primaire.

Offrant plus de place, son grand format autorise une présentation plus aérée donc procure un meilleur confort de lecture. Il permet aussi d’accueillir plus d’illustrations visuelles.  De nombreuses photos montrent les activités en cours de réalisation. Avec ses pages aérées, ses photos, ses codes couleurs la nouvelle collection est plus agréable à lire que la précédente.

Si la nouvelle collection apporte confort et agrément de lecture ce ne sont pas les seuls atouts, bien sûr, de cette nouvelle édition. Au-delà de l’aspect matériel dû au changement de collection, la nouvelle édition apporte un véritable plus par rapport aux anciennes.

En effet, avec presque le double de pages des éditions précédentes, l’édition 2016 m’a tout d’abord permis de développer ce qui fait l’originalité de ma pédagogie, au-delà même de la question de l’écriture :

  • en méthode Dumont, les compétences de base s’acquièrent essentiellement en transversalité, c’est à dire insérées dans des activités diverses sans lien apparent avec l’écriture ; pour cela l’enseignant est attentif à faire la différence entre ce qu’il fait faire à l’enfant et ce qu’il veut obtenir comme résultat pédagogique. Il différenciera l’objectif de l’enfant de son propre objectif, pour cela il fera la différence entre l’objet de la tâche (objectif de l’enfant) et l’objet du savoir (objectif de l’enseignant)
  • en méthode Dumont,  les actions sont différenciées : les besoins de chaque enfant sont pris en compte, c’est à dire qu’au sein d’une même activité chaque enfant réalise une tâche qui lui fait travailler la, les ou l’une des compétences qu’il lui faut acquérir. Par exemple en jardinage, un enfant cherche des petits pois dans un seau de sable s’il doit travailler la motricité fine, il les pose sur la table par groupe de quatre s’il doit travailler la numération jusqu’à quatre,  il les aligne les uns à côté des autres s’il doit travailler  la tenue de ligne et la régularité des espaces. Un autre viendra les chercher, il les recomptera, les prendra et les sèmera en respectant les consignes déterminées par ses besoins.

La première partie présente cette pédagogie. Toutes les autres en sont imprégnées. On gagne donc à lire le livre dès le début sans faire d’impasse, en évitant tous les résumés, condensés ou autre présentations censées simplifier car les raccourcis qu’elles opèrent dénaturent ou tronquent forcément le propos.

La nouvelle édition ajoute au tableau de modélisation la présentation schématique du système d’écriture. Le premier est une présentation des différentes étapes de l’apprentissage de l’écriture. La seconde est une présentation du contenu et du fonctionnement du système d’écriture lui-même.  Les deux se recoupent bien sûr mais ils n’ont pas la même fonction.

Vous les retrouverez sur ma chaine Youtube  sans nouvelle publication depuis quelques temps pour cause de planning surchargé mais qui va bientôt reprendre.   Abonnez-vous ! vous serez sûr de ne rien louper et de pouvoir consulter les nouvelles vidéos dès parution. 

Cette nouvelle édition présente aussi la façon dont les formes se créent, les unes découlant des autres (processus de création des formes) et la façon dont les lettres sont constructives  à partir de ces formes (processus de formation des lettres). Elle reprécise l’un et l’autre des ces processus par rapport à l’édition précédente.
L’affichage du poster dans votre classe vous permettra de présenter facilement aux enfants comment se forment le lettres.

La nouvelle édition développe aussi plus que la précédente la notion de sens : Qu’est-ce que faire sens ? Comment l’enfant accède-t-il au sens ? Qu’est-ce qui peut parasiter sa compréhension de l’existence d’une relation graphophonologique  ?

Bref, grâce aux avantages de la nouvelle collection j’espère avec cette édition 2016, être au plus près de L‘outil que vous attendiez.

Vous en trouverez le sommaire ici    et une  présentation plus détaillée là.

Vous trouverez aussi sur le site un nouvel outil pour préparer votre classe : la police Cursive Dumont maternelle.  Ceux qui l’ont achetée sur Ulule l’ont depuis le début de l’année.  Les autres ont dû attendre juillet.

 

 

 

 

Mon apport à la pédagogie Montessori

Pour ceux qui s’intéressent à la méthode Montessori, je viens de (re)trouver l’article en lien ci-dessous.

Il met en parallèle ma méthode avec la pédagogie Montessori. Comme tout le monde je connaissais cette pédagogie de nom. Je n’étais jamais allée y voir de plus près avant cette année 2017 ou je me suis inscrite à deux groupes FaceBook d’enseignants qui pratiquent cette pédagogie.

Je trouve ses pratiques très intéressantes et leur fondement tout à fait pertinent.

Voici donc l’article en question :  L’apport de Danièle Dumont à la méthode Montessori, avec en fin d’articles divers commentaires, dont certaines précisions de ma part.

Je voudrais attirer ici tout particulièrement l’attention sur l’utilisation de mes cahiers de maternelle et tout particulièrement du cahier 1 qui concerne la gestion de l’espace , la latéralité ainsi que la tenue et le maniement du crayon. L’objectif de ces cahiers est souvent mal compris. Lorsqu’on le comprend on voit à quel point la méthode d’enseignement que je préconise et la méthode Montessori peuvent aller de pair.

En effet, chaque page des cahiers 1 (illustration ci-dessous et en marge de droite) et 2 (Les formes de base) comporte une liste d’activités préparatoires. L’acquisition des compétences visées par chaque page se fait par les activités préparatoires. Lorsque l’enfant semble près, il va alors au cahier ; le degré de réussite des exercices de la première des trois pages concernées montre où en est l’enfant dans l’acquisition de la compétence à ce moment là.  Il retourne ensuite à d’autres activités préparatoires dans la liste soit pour parachever soit pour consolider l’acquisition puis revient au cahier sur la deuxième des pages concernées par la compétence en question. Idem une troisième fois.  Au fil des trois pages, on doit pouvoir voir les progrès.

Ces cahiers ont donc une fonction de suivi de l’acquisition des compétences en latéralité et tenue et maniement de crayon mais aussi en gestion statique de l’espace graphique pour le cahier 1 (cf. ci-dessous),  puis de suivi de l’acquisition des compétences en ce qui concerne les formes de base et leur dérivées pour le cahier 2.

La mise en place de la 1ère unité de mouvement (qui sert à produire la boucle dont on verra l’utilisation au cahier 2) se fait en même temps que le cahier 1 sous forme de relai de hockey, jeux de foulards etc.  Autrement dit, la préparation au cahier 2 se fait en même temps que l’utilisation du cahier 1 et ses activités préparatoires , l’utilisation du cahier 2 intervient après le cahier 1..

Dumont, Montessori et la phonologie

Je me réjouis d’avoir établi la compatibilité voire la complémentarité des lettres rugueuses de Montessori avec mes propositions pédagogiques.

Il est toutefois un autre plan de la pratique des lettres rugueuses que ma position de linguiste ne me permet pas de faire mien : celui de la relation graphophonologique. Selon la pédagogie Montessori, le son de la lettre  doit être prononcé après que sa forme a été suivie du doigt.

Je sais que l’habitude est répandue de se dire que l’enfant doit entendre le son des lettres dont celui des lettres p, b, t, d, m, n, g et c en prononciation dure, k.

Ces dernières sont des consonnes occlusives. Comme leur nom le laisse pressentir, les occlusives ont à voir avec l’occlusion, la fermeture. C’est un pléonasme de dire que rien ne sort de ce qui est fermé.

Pourtant il faut le dire car la pratique le refuse trop souvent : pour que le son sorte, il faut ouvrir les organes phonatoires et quand on les ouvre, ça fait sortir la voix, donc ça fait une voyelle. Donc, quand on ouvre pour faire entendre quelque chose, indissociablement du bruit du point d’ouverture on fait obligatoirement entendre une voyelle, à défaut une fricative sss, zzz qui laisse un peu passer l’air et produit un bruit de frottement : on prononce te, ti, tu ts, tch, tz, ta etc. mais jamais le bruit de la consonne t toute seule.

A mon avis, il eut été plus réaliste et plus efficace de réserver le nom de consonne à ces réalités phoniques qui ne peuvent que « sonner avec ».  Elles sonnent avec une voyelle ou une fricative appelée aussi constrictive qui, elle, par définition contraint sans bloquer, donc peut se prononcer seule.  

Pourquoi ne pas avancer pour ces dernières le nom de solsonne (solus-sonare) ce qui distinguerait les consonnes (cum-sonare, qui ne sonnent qu’avec : d, t, p, b, k, c et g en son dur, m, n) – des solsonnes – qui peuvent sonner seules : s, z etc.  g et c pouvant être des solsonnes ou des consonnes selon leur prononciation  ? Cela faciliterait la tâche des enseignants. et, qui sait, éviterait peut-être de désespérer certains enfants. 

Donc, ce qui s’entend à la production de la consonne occlusive, c’est le bruit que produit le point d’ouverture des organes phonatoires au moment où l’air sort pour porter la voix donc pour produire un son voyelle.

On m’objectera que dans le mot arabe mektoub ou maktoub (selon les prononciation), il n’y a pas de voyelle après k. (Pour faire simple je dirai que ce mot désigne le destin). Non, il n’y a pas de voyelle après k, mais il y en a une avant. Dans ce cas, c’est le point de fermeture et non le point d’ouverture qui provoque le bruit.  C’est d’ailleurs en référence aux cas de fermeture des organes phonatoires que j’ai mis sur mon abécédaire des images illustrant le son ou le bruit de la lettre non seulement placée en début de mot, mais aussi placée en fin de mot.   (on comprendra aisément si on fait se succéder ces deux interjections : Stop ! Patatras ! )

Faire prononcer p après avoir passé son doigt sur un p, t après avoir passé son doigt sur un t est une pure vue de l’esprit et risque d’induire en erreur certains enfants, peut-être plus encore parmi eux les plus doués, ceux qui cherchent à comprendre, donc à entendre, parce que justement ils entendent tch, ts, ti, tchi, te etc. quand on tente de les persuader qu’ils doivent entendre le supposé son de la lettre t.

Donc pour garder l’idée de relation graphophonologique, je propose que soit dit non pas le son de la lettre, mais son nom. Pour les voyelles le son est identique au nom. Pour les consonnes le bruit s’entend toujours dans la prononciation du nom.

Je fais donc la proposition suivante : L’enfant dit le nom de la lettre après l’avoir repassée et, selon la consigne qui lui sera donnée, il prononce un mot qui commence par la lettre puis, éventuellement, un autre qui la contient ailleurs. L’existence d’une relation graphophonologique est conservée et elle est réajustée à la réalité.

Ma proposition transforme aussi le geste lent en un geste rapide : c’est que, à ce stade, l’enfant formé à la méthode Dumont identifie les lettres en identifiant leurs formes et a encodé le processus de formation. C’est donc la vue de la lettre et non le suivi avec le doigt qui convoque le geste : le geste « suit »  en quelque sorte. Repasser sur la lettre rugueuse conforte et renforce l’encodage procédural déjà acquis. Nommer la lettre prouve que la lettre a été reconnue. La placer en début de mot, en fin voire au milieu rend acte que l’enfant a compris l’articulation et l’emploi de la lettre, donc que l’accès à la lecture est en bonne voie.

Une objection m’a été faite. J’y réponds ici en explicitant plus avant mon propos et en mettant l’accent sur son intérêt pédagogique.

Pour une explicitation de la terminologie, c’est ici 

La boucle, le jeu de hockey et les gauchers

Dans toutes les lettres de notre alphabet il existe au moins un tracé qui se dirige vers la droite par un mouvement concave (y compris les m et n puisqu’ils se terminent en tournant vers la droite pour toucher la ligne).  Ce mouvement est donc essentiel pour écrire, donc pour apprendre à écrire.  (Au tout début de l’écriture il sert à écrire des e, des l, des i …)

Pour enseigner ce mouvement j’ai inventé un relais de hockey   pratique plus efficace que le jeu de croquet que je proposais précédemment mais qui se fondait sur les mêmes principes.

La question m’a été posée de savoir si ce jeu ne posait pas problème aux gauchers. Voici ma réponse.

Ayant le même objectif que les droitiers (encoder la 1ère unité de mouvement – qui sera utilisée plus tard dans l’écriture de toutes les lettres cursives sans exception) les gauchers suivent la même règle du jeu que les droitiers : ils se placent au même endroit et frappent dans le même sens.

Ils font donc « pareil »…  mais différemment.

« Pareil » parce que c’est la même règle du jeu. « Différemment » parce qu’ils sont gauchers donc on ne va pas leur faire faire des gestes de droitiers. C’est la même chose lorsqu’ils écrivent : on tient compte du fait qu’ils utilisent la main, donc le bras, gauche et on leur fait avancer un peu plus leur bras sur la table que le fait le droitier. Le geste n’est pas exactement le même mais le déroulement de l’écriture reste le même.

Donc, pour le jeu de hockey, le gaucher se placera comme le droitier sur le tapis, la piste à sa gauche, il se tournera pour poser le palet  sur la piste entre les deux rangées de tapis comme le droitier. En revanche, tandis que le droitier restera plus ou moins face à la piste, le gaucher se tournera plus ou moins vers le lieu où il va diriger son palet afin que son épaule gauche pivote pour pousser le palet (alors que l’épaule du droitier « s’ouvre » plus précisément fait écarter son bras du corps.) Il sera ainsi  dans une position confortable ; à l’inverse du droitier, sa main droite sera en haut pour servir d’appui, de pivot, et sa main gauche sera en bas pour assurer le mouvement de balancier nécessaire pour pousser le palet.

L’enfant comprend bien que la règle d’un jeu s’applique au jeu en question et que, pour d’autres jeux il y a d’autres règles. La progression des activités : relais de hockey, mime du relais avec le foulard, jeu de foulard, trace du mouvement sur plan vertical lui fait situer à posteriori cet apprentissage dans la préparation à l’écriture.

Cela ne change rien au fait que dans d’autres jeux, y compris le hockey qui suit la règle traditionnelle ou une autre règle, il agira en fonction de son sens de déroulement habituel : de la droite vers la gauche.

Cette préparation à l’écriture n’est pas plus perturbante que de faire écrire un enfant gaucher au tableau. Les programmes moteurs s’adaptent instinctivement.

Pour que l’enfant comprenne ce qu’il doit faire, l’enseignant montre l’activité sans pour autant faire une démonstration explicite de la façon  de placer ses mains (sauf exception) ni pour le gaucher, ni pour le droitier, sauf si cela s’avère nécessaire. Certains actes sont instinctifs, naturels l’enseignant n’a pas à intervenir à ce sujet.

Pour comprendre qu’il n’y a pas de risques, il suffit de regarder les barres de t d’un gaucher : sauf s’il a été brimé par un enseignant rigide, le gaucher, qui pourtant a appris à écrire de gauche à droite, trace les barres de t de droite à gauche alors que personne ne lui a dit de le faire.  Il suit « la règle du jeu » de l’écriture mais revient à sa propre façon de faire en dehors de cette règle (soulignements, traits de séparation, figures géométriques etc.).

CONGRES DE L’AGEEM 2017 – AGORAS

Cette année 2017, le Congrès annuel de l’AGEEM aura lieu à Albi.

J’y tiendrai deux agoras

Jeudi 06 juillet 2017 : 15h20 / 16h20

Je pense donc je suis ; je suis donc je pense : la question du sens dans l’apprentissage de l’écriture.

Vendredi 07 juillet 2017 : 11h20 / 12h20

La prise en compte de l’enfant, être pensant, dans la construction de son apprentissage de l’écriture.

Pour information : Secrétariat Congrès AGEEM 2017 Parc des Expositions 81990 Le Sequestre

Tél. 06 80 21 07 41 congresageem.albi2017@gmail.com