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Choisir un stylo-plume

Au début du CP l’enfant écrit au crayon. Son habileté s’affinant il passe bientôt au stylo. Stylo-bille ou stylo-plume ? Selon les enseignants le choix peut être laissé ou être imposé. Une fois choisie la nature du stylo, il faut choisir LE bon.
Comment choisir un stylo-plume pour un enfant est une vraie question.

Le mieux est d’aider votre enfant à choisir son stylo en fonction de ses propres goûts. Mieux encore, de lui laisser essayer divers stylos pour qu’il se rendre compte de celui qui lui convient le mieux. Vous le guiderez pour qu’il ne se laisse pas séduire par un aspect attirant – belles couleurs, dessins à la mode et par une plume large qui laisse une grosse trace – au détriment du confort d’écriture. Il le choisira à la fois en fonction du corps du stylo ainsi que de la dureté et de l’épaisseur de la plume. – Tous les cas de figure se trouvent :

                          Dureté
Épaisseur

Souple

Moyenne

Dure

Fine

XX

XX

X

Moyenne

XXX

XXX

X

Épaisse

X

XX

X

Les cas les plus favorables pour un jeune enfant sont une plume souple ou moyenne d’épaisseur moyenne.  Plus la plume est dure et fine moins le stylo convient à un enfant, sauf exception. Les cas les plus favorables pour un enfant sont marqués de trois croix. Moins il y a de croix, moins le stylo conviendra à un enfant, sauf exception.

 
Les magasins de marque permettent d’essayer les stylos avant achat. Vous n’aurez pas forcément cette possibilité en les achetant ailleurs mais on peut trouver de bons stylos dans tous types de magasins. Il existe différentes formes de plumes : les plumes biseautées, les plumes carrées et les plumes rondes. Les dernières sont les plus courantes et les plus faciles à utiliser.

Effets bénéfiques des rééducations graphiques

Si la rééducation de l’écriture se limite à traiter les problèmes d’écriture pour en optimiser la qualité, elle est également précieuse pour ses effets secondaires :

¯  Sur l’orthographe. La technique de rééducation de l’écriture  fait généralement revisiter au fur et à mesure  les mots écrits, ce qui d’une part attire l’attention sur les éventuelles erreurs, d’autre part fait mieux percevoir les occurrences orthographiques. Il s’ensuit donc une amélioration de l’orthographe d’autant plus que l‘attention consacrée à la réalisation de la trace écrite – qui est devenue automatique – peut se déplacer vers le contenu de l’écrit et son orthographe.

¯  Sur la confiance en soi. Constatant rapidement qu’il est capable décrire correctement, l’enfant reprend confiance en lui. Cette confiance est renforcée par les encouragements de l’enseignant et des parents qui constatent eux aussi les progrès.

¯  Sur le comportement relationnel. L’enfant n’étant plus en butte aux remarques sur son écriture dont la mauvaise qualité est trop souvent attribuée à de la mauvaise volonté, il est moins tendu et moins sur la défensive. Son comportement relationnel s’améliore.

¯  Sur la réussite scolaire. Amélioration de l’écriture, meilleure image de soi, meilleure confiance en soi, meilleur comportement relationnel, possibilité de se relire, autant de facteurs propices à une meilleure réussite scolaire.

Parmi ses effets secondaires on note aussi la possibilité de débloquer un mutisme d’origine affective. Cf. PDF ci-dessous (alors que le même exercice n’aura pas d’effet sur la communication d’un enfant autiste)

Ecriture-et-troubles _communication

 

Poignet en crosse et douleurs dans le dos.

Mon enfant est gaucher, il tourne son poignet en crochet pour écrire. Il se plaint d’avoir mal dans le bras et dans le dos. On dit portant que c’est une position normale pour les gauchers m’écrit une maman inquiète.

C’est une position fréquente, mais pas « normale » dans le sens où elle tend inutilement les muscles et les tendons.

Pour écrire sans douleur, il faut que les muscles soient au repos dès qu’on arrête d’écrire. S’il incline sa feuille vers la droite, s’il la remonte sur la table et s’il tient son crayon correctement, le gaucher voit ce qu’il écrit. Il n’a pas alors à fatiguer inutilement ses muscles en les tendant pour placer sa main au-dessus de sa ligne d’écriture. Il peut donc mettre sa main sous la ligne comme un droitier. Laissez-le essayer divers emplacements du cahier sur la table pour ajuster à la longueur de son avant-bras et à son œil directeur.

De même que la main en crosse n’est pas l’apanage des gauchers, les douleurs en écrivant ne concernent pas que les gauchers et ne concernent pas que la main en crosse. Elles se localisent dans les doigts, le poignet, bras, l’épaule, le cou, le dos. Plus  la douleur s’éloigne de la main, moins on pense à la posture et moins encore on pense à la tenue et au maniement du crayon.

Si vous écrivez beaucoup et que vous souffrez de douleurs dans le dos, interrogez-vous sur votre posture et sur votre tenue et votre maniement du stylo. Même chose pour les douleurs du cou, de l’épaule …  surtout, mais pas exclusivement si vous placez votre main en crosse.

Consultez un rééducateur ou une rééducatrice méthode Dumont. Votre problème sera réglé en quelques séances.

Quelques questions courantes sur la latéralité

Utiliser sa main gauche pour écrire ne signifie pas qu’on soit gaucher. On peut utiliser sa main gauche parce qu’on veut faire comme quelqu’un qu’on aime ou qu’on admire (c’est le mimétisme) ou parce qu’on veut être comme lui (c’est ce qu’on appelle l’identification).

Certains enfants utilisent leur main gauche en croyant faire comme le droitier qui est assis en face d’eux. C’est ce qu’on nomme l’effet miroir. Une fois qu’on a l’habitude d’écrire de la main gauche, cette main est entraînée à écrire. Si on change de main parce qu’on est droitier, les débuts seront moins réussis de la main droite que de la main gauche ; c’est normal. Avec la rééducation graphique ce sera vite l’inverse.

Il est fréquent que dans un couple de jumeaux l’un soit droitier, l’autre gaucher.  Si chez deux jumeaux de la même latéralité, l’un écrit bien l’autre écrit mal, il est possible que celui qui écrit mal ne le fasse pas de la main qui lui convienne, y compris s’il s’agit de vrais jumeaux.   Sa latéralité est donc vérifier.

Cette question en soulève une autre : celle du changement de main scriptriceMon enfant a été testé pour sa latéralité : il est droitier mais il écrit de la main gauche. m’écrit une mamanIl a 10 ans. N’est-il pas trop tard pour qu’il apprenne à écrire de la main droite ?

L’écriture est commandée par le cerveau. Ce n’est donc pas un réapprentissage total de l’écriture. Il s’agira juste de lui apprendre à faire bouger ses doigts correctement et à déplacer son bras pour écrire avec souplesse. Il ne s’agit pas de faire « de la gymnastique des doigts ». Ça ne lui apprendrait pas à tenir et manier le crayon.

Les exercices sont spécifiques et doivent être guidés par le rééducateur/la rééducatrice afin de correspondre exactement à l’objectif général mais aussi aux besoins et aux possibilités de l’enfant. Bien sûr, il/elle en profitera pour améliorer aussi l’ensemble de son écriture si nécessaire. C’est l’affaire de 5 à 6 séances maximum.

Voir son enfant taper dans un ballon du pied gauche incite à le dire gaucher. Certes, mais gaucher du pied. Pas forcément de la main.  S’il hésite entre écrire de la main gauche et écrire de la main droite, ce n’est pas la latéralité du pied qu nous guidera. C’est celle de sa main qu’il faut vérifier.

On peut, en effet, être gaucher du pied et droitier de la main ou inversement. Même chose pour l’œil. Une astuce pour vérifier la latéralité de l’œil : Fixez un objet au bout d’un crayon. Faites-le tenir par l’enfant bras tendu et demandez-lui de viser un objet fixé au mur. Passez derrière lui et bouchez-lui un œil. Enlevez votre main et bouchez-lui l’autre œil. Sa réaction spontanée vous dira de suite quel est l’œil directeur. Essayez, vous comprendrez (Lorsque l’enfant vise avec son œil directeur, il ne se passe rien. Lorsqu’il vise avec l’autre œil, comme ce n’est pas cet œil-là qui « dirige », l’enfant a l’impression que l’objet a brusquement bougé) .

Que traite la rééducation de l’écriture ?

La rééducation graphique traite l’écriture et ne traite que l’écriture. Elle concerne les problèmes de lenteur, d’illisibilité, de douleurs et crampes au cours de l’écriture, de présentation générale.

Elle ne traite pas les problèmes de dyslexie et autres problèmes de langage ou de lecture ; elle ne traite pas l’orthographe, les troubles de l’attention, la dyspraxie, les troubles visuo-spatiaux et, d’une façon générale, les problèmes pathologiques en eux-mêmes. En revanche, compte tenu de leur profession, certains rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont trainent en plus ces problèmes-là.

En revanche, la rééducation de l’écriture a divers effets secondaires bénéfiques (voir la rubrique Quels sont les effets secondaires de la rééducation) dont une gratification qui favorise un comportement positif face à la scolarité et éventuellement à la communication.

Elle peut être associée à d’autres prises en charge par d’autres professionnels (dyspraxie, orthoptie…) et peut parfois être l’occasion de soupçonner des dysfonctionnements non encore identifiés. C’est le cas, par exemple, des dysfonctionnements des saccades oculaires qui, bien que la rééducation de l’écriture soit un complément bénéfique à leur rééducation, devront être pris en charge par le professionnel compétent, à savoir l’orthoptiste.

A l’inverse, elle peut mettre en évidence que tel enfant orienté vers l’usage du clavier n’a aucune raison d’abandonner l’écriture manuscrite car ses difficultés relèvent uniquement de la technique d’écriture. Ces cas ne sont pas rares. Ils sont généralement traités comme les autres en 4 à 6 séances avec résultats significatifs à la 3ème séance.

Un certain nombre de rééducatrices ou rééducateurs méthode Dumont exercent également un métier paramédical qui prend en charge des pathologies concernées par des troubles de l’écriture. Elles/ils sont ergothérapeutes, psychomotriciennes, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues…  

Sauf en cas de dyspraxie sévère qui interdit tout acte graphique, on gagne toujours à pouvoir écrire de sa propre main.  C’est indispensable à l’autonomie sociale.

Les guide-doigts peuvent-ils aider l’enfant à apprendre à tenir son crayon ?

Les guide-doigts ajoutent de l’épaisseur au corps du stylo. Ils obligent donc les enfants à écarter les doigts, ce qui est inconfortable.
Je vous propose une expérience : prenez de la pâte à modeler très souple, placer-la sur un stylo à l’emplacement du guide-doigts. Prenez le stylo comme pour écrire, tout d’abord sans appuyer sur la pâte à modeler. Écrivez un mot. Ensuite appuyez pour laisser l’empreinte de vos doigts. Faites faire la même chose à trois autres personnes. Comparez les moulages. Vous voyez qu’il y a des différences.

Que nous dit cette expérience ? Les guide-doigts imposent une contrainte. Ils remplacent un inconfort par un autre. Il vaut donc mieux apprendre à l’enfant à tenir et manier correctement son crayon. Le geste d’écriture méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 y consacre plusieurs pages.

Pour les 3 à 7 ans, Le Petit plus, j’apprends à tenir mon crayon montre, page après page, comment faire pour tenir et manier le crayon et propose des activités ludiques pour y arriver. Tenue du crayon ,

S’il est un peu tard dans la scolarité de votre enfant pour que sa tenue et son maniement du crayon soient rectifiés à l’école,  vous pouvez consulter un rééducateur/une rééducatrice en écriture méthode Dumont. S’il n’y a pas d’autres problèmes que celui-ci, c’est l’affaire de 2 à 3 séances.

Intérêt d’un passage anticipé au CP

Une maman m’écrit : Suite à la lecture de votre ouvrage « le geste d’écriture », je me permets de vous contacter car l’enseignante de ma fille en classe de MS, nous propose un passage anticipé en CP. Je me questionne sur l’intérêt de ce passage d’autant que vous suggérez de ne pas brûler les étapes dans l’apprentissage de l’écriture. La GS est une année cruciale dans ce domaine. Ma fille est en double niveau MS-GS et participe au travail des GS depuis février mais son écriture cursive reste limitée selon moi (je suis prof des écoles en CP). Je voulais connaître votre point de vue sur un passage anticipé en CP pour un enfant de 5 ans à peine. Merci pour votre réponse et vos conseils.

La décision d’un passage au CP anticipé mérite effectivement une réflexion approfondie qui inclut plusieurs paramètres.

Il me semble que la 1ère question, qui posera un éclairage particulier sur la suivante, est : « Pourquoi faire passer en CP une enfant qui devrait passer en GS ? »

Question double : En aval, quel est l’objectif ? En amont, quelles sont les motivations ?

 –  1ère question : Quel est l’objectif ?

Cette question peut se reformuler ainsi : Existe-t-il des enjeux qui rendraient ce passage nécessaire ?

Vue sous cet angle, la question apporte vraisemblablement la réponse, non. Faire une scolarité avec une année d’avance n’est pas un enjeu en soi. Aucun paramètre de la projection dans l’avenir n’impose de passage anticipé en CP (à mon avis).

–  2ème question : Quelles sont les motivations ?

Cette question peut se reformuler ainsi : Sur quels critères effectifs se fonde la proposition de passage anticipé ?

Votre fille participe actuellement au travail des GS.

– Le critère pourrait donc être un critère de chronologie : après la GS, refaire du travail de GS équivaudrait à un redoublement, donc la maîtresse propose le CP. C’est un critère sans consistance.

– Ce pourrait être un critère lié au contenu : ayant fait des activités de GS cette année, votre fille se trouverait à refaire des activités de GS l’an prochain. Le redoublement lui éviterait l’ennui de refaire la même chose.

Cette réponse en faveur d’un passage anticipé ne vaudrait que si la maternelle était organisée comme un CP avec un programme et des contenus qui laissent peu de place aux changements. La pédagogie de la maternelle autorise ( devrait autoriser ) des variantes importantes dans les contenus : ce qu’on aura appris sur le thème de la mer une année pourra être appris sur le thème de la forêt l’année suivante, par exemple, surtout s’il s’agit d’une classe à double niveau.

Bien sûr ce petit élagage du problème n’est pas la raison qui vous a fait m’interroger mais il ne me semble pas inutile, d’ailleurs vous en formulez la nécessité  « Je me questionne sur l’intérêt de ce passage ».

J’en viens donc au cœoeur du problème : celui de l’apprentissage de l’écriture. Il répond à la question : quelque chose ferait-il que le passage anticipé ne soit pas judicieux ?

L’apprentissage de l’écriture est progressivement perçu comme une tâche superflue, à tel point que des états d’Amérique ont décidé de le rendre facultatif. C’est s’engouffrer dans une confusion portée par des courants pédagogiques qui relèvent d’une inconscience socio-politique grave. Vous trouverez mes arguments sur mon site en suivant ces liens.

De plus en plus, apprendre à écrire est conçu comme « apprendre à dessiner des lettres » et la littérature pédagogique offre :

– d’un côté des exercices graphiques qui vont dans ce sens, et parfois-même à l’encontre avec des tracés qui n’ont rien à voir avec l’écriture mais qui, dans l’esprit de leur concepteur, « apprend à former les lettres »,

– de l’autre côté des activités de production de texte qui oublient de s’intéresser à l’acte d’écriture.

L’expression « le geste d’écriture » que j’ai mise en valeur avec la publication de mon livre du même nom a été tellement peu comprise qu’elle est devenue sous certaines plumes « les gestes de l’écriture » se vidant de son sens dans cette formulation.

Le geste d’écriture, tel que je le conçois, va du moment où l’enfant s’apprête à tenir son crayon au moment où il écrit ce que lui dicte sa réflexion. Pour cela il faut que la technique graphique soit acquise, c’est à dire que l’enfant n’ait à réfléchir qu’au contenu sémantique de son écrit (l’orthographe en faisant partie cf. et//est, a/à mais aussi un sot /un seau / un saut / un sceau)

Apprendre à écrire, c’est :

– apprendre à tenir et manier son crayon pour le confort, pour la visibilité donc aussi la qualité de la production (une main mal placée cache l’écrit avec toutes les conséquences que cela implique),

– apprendre les formes de bases et dérivées qui servent à construire les lettres, c’est à dire les connaître pour savoir tout d’abord analyser la forme des lettres, ensuite mettre ces formes en oeuvre automatiquement, autrement dit produire les lettres sans effort de réflexion afin d’avoir l’esprit libre pour penser ce qu’on écrit,

– c’est aussi apprendre à réfléchir avant d’écrire, à concevoir par anticipation ce qu’on va écrire (le temps d’anticipation étant de plus en plus réduit pour pouvoir être aussitôt que possible de l’ordre de la fraction de seconde).

C’est encore, par voie de conséquence – et tout cela en parallèle, entrer dans la combinatoire de façon implicite. On voit là à quel point l’apprentissage de l’écriture manuscrite favorise l’apprentissage de la lecture comme tendent à le montrer les dernières recherches en neuroscience.

En passant en CP sans avoir acquis l’écriture cursive, l’enfant est privé de toutes ces compétences.

Donc, pour moi, passage anticipé en CP, pourquoi pas ? Mais à la condition qu’il ait acquis l’écriture (et bien sûr qu’il soit au niveau requis dans les autres domaines de compétences). Généralement, « qu’il ait acquis l’écriture » ne signifie pas obligatoirement qu’il ait appris toutes les lettres (le CP est là pour ça), mais qu’il en ait acquis la technique, compris la relation à la réflexion et la relation à l’oral ainsi que le fonctionnement de cette relation.

En conclusion,

à mon avis si je me base sur ce que vous écrivez, le passage anticipé de votre fille en CP ne s’impose pas. Il est à craindre qu’il soit sources de lacunes, donc d’insatisfaction, donc de mauvaise image de soi.

Je suis sûre que vous saurez trouver des arguments qui lui feront prendre un grand plaisir à être encore en maternelle l’an prochain.

Quel stylo convient le mieux pour commencer à écrire ?

On pense souvent qu’un gros stylo sera plus facile à tenir par un enfant qu’un stylo de corps moyen. Pourtant les gros stylos ont l’inconvénient d’obliger à écarter les doigts. C’est malcommode et ça donne de mauvaises habitudes.
Par ailleurs, les enfants ont du mal à tenir un stylo trop fin.
Il vaut donc mieux leur donner des stylos de taille moyenne. Ce sont les stylos les plus ordinaires. Ils sont suffisamment gros pour être facilement tenus en main, suffisamment fins pour ne créer ni inconfort ni mauvaises habitudes.

On pourrait aussi être tenté de penser que puisque l’enfant est petit il lui faut un petit stylo (ou un petit crayon). En réalité, si le crayon est trop petit il ne peut pas être tenu à la fois solidement et souplement. Le corps du crayon (ou du stylo) doit reposer pleinement dans la commissure entre le pouce et l’index. S’il arrive à peine à cette commissure, il est difficile de le manier correctement surtout lorsqu’on manque d’habitude.

Se pose aussi la question de la grosseur de la pointe. 

Souvent les enfants préfèrent les pointes un peu grosses. Cependant les pointes ou plumes trop larges font un trait épais qui engorge les boucles. Elles donnent rapidement un aspect sale. Les pointes trop épaisses ou les plumes trop larges ne sont pas adaptées aux petites écritures, elles les empâtent.

Il semble que des stylos à pointe fine donnent généralement une écriture plus nette.  Toutefois, cela n’est valable à coup sûr que lorsque celui qui écrit se sent à l’aise avec ce genre de stylo. Il est rare que des enfants jeunes – avant au moins le CE1 – soient attirés par des stylos à pointe fine. Ces stylos manquent de souplesse ; ils ont tendance à griffer le papier quand ils sont maniés par une main peu expérimentée. Ils peuvent procurer une sensation désagréable aux enfants (et à certains adultes aussi).

Les stylos ordinaires, de grosseur moyenne, de longueur suffisante, avec une bille ni trop grosse ni trop fine sont ceux qui conviennent le mieux. Ils sont suffisamment gros pour être facilement tenus en main, suffisamment fins pour ne créer ni inconfort ni mauvaises habitudes, suffisamment longs pour reposer dans la commissure entre le pouce et l’index. Leur pointe est suffisamment grosse pour assurer un bon contact sur le papier, mais pas trop pour ne pas empâter l’écriture.

Doit-on obliger un enfant ambidextre à choisir entre main gauche et main droite ?

 Doit-on obliger un enfant ambidextre à choisir entre main gauche et main droite ?

Une maman m’écrit : Ma fille a 5 ans, elle est en GS de maternelle et est complètement ambidextre. Nous avons fait des tests avec la maîtresse pour savoir si elle utilisait plus une main que l’autre. Nous avons constaté que c’était vraiment 50/50, mais la maîtresse veut que je consulte un psychomotricien car elle dit qu’il faut déterminer une main pour l’écriture ( elle écrit pourtant aussi bien de la droite ou de la gauche. ) J’aimerai savoir ce que vous en pensez.

Il existe effectivement des cas de nette ambidextrie. Vous pouvez revérifier la latéralité de votre fille à partir du test de la latéralité du livre Le geste d’écriture – méthode d’apprentissage – cycle 1 – cycle 2.  S’il s’avère qu’elle est effectivement ambidexte, et si elle est habile des deux mains – ce qui devrait alors être le cas – la consultation d’un psychomotricien ne me semble pas s’imposer.

Je vous suggère de proposer à votre fille de faire de la main droite les exercices qui lui sont demandés pour apprendre à écrire et de lui permettre d’utiliser sa main gauche autant qu’elle veut en dehors de cela (écriture au brouillon – si tant est qu’on puisse parler de cela à son âge – , écriture pour s’amuser et toute autre écriture ou trace graphique que celle qui est imposée dans le cadre de son apprentissage). cela ne signifie pas qu’elle doive utiliser systématiquement la main gauche pour cela ; c’est simplement un choix qui lui est laissé. Cela devrait lui permettre de bien structurer son écriture et satisferait son ambidextrie.

Cup-song pour apprendre à écrire : Le chant des gobelets.

Le relai de hockey est l’idéal pour apprendre aux jeunes enfants à attaquer les lettres au bon endroit et à la tourner dans le bon sens autrement dit à encoder la 1ère unité de mouvement.

Ce jeu peut être fait en CP aussi. Il peut également y être remplacé par un cup-song que j’ai intitulé Le chant des gobelets dont l’air peut être écouté en cliquant sur l’intitulé.  Chanté tout d’abord par une petite fille puis repris par une adulte cet air s’apprend facilement

Les paroles – que j’ai créées pour la circonstance – figurent dans La nouvelle édition du Geste d’écriture page 85