La relation entre graphisme et écriture à l’occasion de la conférence du 24 novembre 2021 à Nancy

C’est avec grand plaisir que j’ai donné ce mercredi 24 novembre une conférence organisée par l’ Atelier Canopé 54 de Nancy. J’en remercie chaleureusement le directeur et toute l’équipe.

Une fois n’est pas coutume, je  ne publie que rarement mes conférences, j’en donnerai ici une brève synthèse. C’est qu’une question d’importance a été réactivée après la conférence : celle du graphisme dont une partie avait fait l’objet de (suite…)

Par |2021-11-27T09:54:27+01:0026 novembre 2021|2 Commentaires

ENSEIGNER L’ÉCRITURE – 3) DESSIN, GRAPHISME, ÉCRITURE

DESSIN, GRAPHISME, ÉCRITURE TROIS ACTIVITÉS PROCHES MAIS QUE NI LA PRATIQUE NI LA VOCATION NE PRETE A CONFONDRE, CE QUI N’INTERDIT PAS DES PASSERELLES.

L’écriture de droite est celle d’un enfant de grand section maternelle au tout début de la création de la méthode (vers 2000). On peut déjà remarquer la fluidité du geste.

Le lien intime entre l’écriture et lecture montré au 1er article de cette série souligne la place privilégiée et (suite…)

Par |2021-03-31T09:58:59+02:0014 décembre 2020|1 Commentaire

LE BILLET DU 26 MARS 2020 – FIN DE MATINEE– Être confiné et développer sa motricité fine.

Je rappelle que ce billet n’a pas vocation à se substituer aux enseignants. Enseigner est un métier exigeant. Cet épisode du Corona virus aura permis à ceux qui en auraient douté combien « nos » enseignants sont nécessaires à l’épanouissement de nos enfants.
Alors que des quantités de publications, de vidéos apportent des lots d’exercices pour « donner du travail » aux enfants en cette période de confinement, Le billet a pour objectif de proposer une passerelle entre l’avant et l’après en continuant sur un autre mode – ou le même – la pédagogie engagée dans les écoles en matière d’enseignement de l’écriture afin qu’il n’y ait pas de rupture mais qu’il n’y ait pas non plus de saturation. Il s’adresse à tous et tout particulièrement à ceux pour qui le prix d’un crayon ou d’une gomme compte, à ceux qui n’ont pas d’imprimante parce que les cartouches d’encre sont chères. Ne les oublions pas.

Tom a pris son petit déjeuner. Pour l’instant nous ne parlons que de la motricité fine. Le reste (la tenue du crayon, son maniement, la gestion de l’espace etc.) sera pour les autres jours. Il vous aide à desservir la table et il la lave à l’éponge ou à la lavette. Il frotte bien dans tous les sens (ce qui lui fait un exercice de mobilité de l’épaule). Ensuite il la rincera sous le robinet (en expérimentant eau chaude – mais pas trop, attention, sinon elle serait brûlante – eau froide – mais pas si froide que l’eau glaciale des bouteilles mises au réfrigérateur, ce qui donne l’occasion d’un exercice de langage) et il l’essorera le plus possible (ce qui contribuera à lui tonifier la main).

Après vous avoir aidé-e à balayer la maison – nous verrons pourquoi et comment après-demain – Tom vous aidera à faire une pâte brisée qui vous servira à faire des tartes, des quiches ou autres desserts ou entrées. Auparavant, il se lave les mains en insistant bien entre chaque doigt (qu’il nommera au passage) et en les massant, phalange après phalange (ce qui lui fait prendre conscience de sa main et de ses doigts tout en les assouplissant et les tonifiant à la fois).  A chaque extrémité des doigts il frottera bien autour des ongles.

Tom est prêt à vous aider à faire la pâte. Plus tôt auparavant, vous aurez sorti le beurre du réfrigérateur pour qu’il soit ramolli. (En lui faisant essayer de le couper en morceaux et en lui faisant essayer de le malaxer, vous aurez fait observer par Tom qu’à la sortie du réfrigérateur le beurre était dur et que, avec le temps, la chaleur l’a fait ramollir.)

Vous aurez sorti la farine, le sel, le sucre et un verre d’eau (250 g de farine, 125 g de beurre, 1 à 3 cuillérées à soupe de sucre, 1/2 cuillérée à café de sel et 50 ml d’eau). Vous aurez coupé le beurre en petits cubes avec l’aide de Tom. Vous commencez avec lui à émietter le beurre dans la farine puis vous le laissez faire jusqu’à ce que l’ensemble ressemble à du sable (d’où son nom – et vous en profitez pour faire des exercices de langage et de science). Je vous conseille de verser l’eau vous-même car le dosage va dépendre de l’humidité de la farine et si pas assez d’eau peut se corriger en en rajoutant, trop d’eau risque de conduire à des réajustements de beurre si une trop grande quantité d’eau a nécessité un gros ajout de farine.

Voilà donc la pâte faite (et un bel exercice de motricité fine – comme il s’en fait sur ce style à l’école). Lorsqu’elle aura un peu reposé la pâte pourra être abaissée au rouleau à pâtisserie (ou à la bouteille de verre si vous n’en avez pas). Tom vous aidera à appuyer sur le rouleau mais il ne le fera pas seul (cela contribuera à lui tonifier la main).

Nous poursuivrons demain sur la garniture de la pâte à tarte dans l’apprentissage de l’écriture et ce soir sur… la tenue et le maniement du crayon.

(Si on veut conserver une trace de l’évolution des compétences exercées dans ce billet on peut se référer au Cahier 1 (côté Latéralité, tenue de crayon) de la collection Les Cahiers d’écriture Maternelle aux éditions Hatier. On peut aussi voir Ma méthode d’écriture Danièle Dumont et Mon cahier d’écriture Méthode Danièle Dumont aux mêmes éditions Larousse)

Par |2020-03-28T20:21:04+01:0026 mars 2020|Commentaires fermés sur LE BILLET DU 26 MARS 2020 – FIN DE MATINEE– Être confiné et développer sa motricité fine.

LES CONFÉRENCES ET FORMATIONS EN 2018

AVERTISSEMENT PRÉALABLE 

Je vois fleurir les annonces “formation au geste d’écriture”.

Je rappelle que je n’ai formé actuellement qu’un petit nombre de personnes pour être formateur en enseignement du geste d’écriture ou de la pédagogie méthode Dumont en général . 

Ces personnes figurent sur la liste des rééducateurs en écriture. Leur site se reconnait au logo  “Bien écrire, méthode Dumont” (voir en marge de gauche) dont je leur autorise explicitement l’usage.

Toute personne qui prétendrait former des enseignants,  des parents ou toute autre personne à la méthode Dumont et dont le nom ne figurerait pas sur cette liste le ferait abusivement. La méthode Dumont ne saurait en effet être enseignée à ce niveau par quiconque ne la possède pas. Pour la quasi totalité, les formateurs  méthode Dumont sont enseignants.  Ils sont rééducateurs en écriture et ont suivi  une formation spécifique pour former eux-même les enseignants à l’enseignement du geste d’écriture.

Pas moins de 13 conférences m’ont fait sillonner la France au premier trimestre de cette année 2018. S’y sont ajoutées des journées de formation. C’est, à ce jour, environ 400 conférences ou formations que j’ai eu le plaisir d’assurer pour vous.

Quelques enseignants de circonscriptions alentours viennent parfois assister aux conférences. J’en suis honorée et ravie. Ces dernières années vous en avez trouvé l’annonce sur mon  site quelques temps à l’avance.

Fin 2017 il s’est passé quelque chose : Une conférence avait été prévue pour une centaine d’enseignants, nombre réduit par rapport au public moyen que j’ai le plaisir de rencontrer.  C’était dans une belle et grande salle de 300 places. Surprise !  La salle était presque pleine !  Ils étaient environ 250 à s’être déplacés.  Que se serait-il passé si la salle n’avait pu accueillir que les 100 qui devaient émarger ?

Les 150 de plus étaient vraiment “en plus”.  Et ce n’était même pas des inscrits de dernière heure comme ce fut le cas en Belgique il y a bien longtemps où, arrivée sur les lieux, je me retrouve dans un amphithéâtre alors qu’on m’avait annoncé une salle plate de dimension moyenne : c’est qu’il y avait eu le double d’inscrits qu’il n’en avait été prévus !

En conséquence, pour éviter ce problème de surnombre qui croise celui des mesures de sécurité, le lieu précis mes conférences pour l’Éducation nationale n’est plus annoncé à l’avance et il faut passer par la circonscription concernée pour savoir si l’on peut être présent sans avoir été convoqué.

Le planning de mes conférences figure ici avec le planning des formations à ma méthode assurées par les personnes que j’ai validées .

Pour des raisons de commodité, il est présenté par semestres de l’année civile plutôt que par trimestres scolaires .  Il est actuellement en cours d’élaboration.  Le détail de chaque formation est consultable là.

Pour finir cet article, je voudrais partager avec vous le bonheur que j’ai eu à lire ce message : 

Quelle magnifique conférence vous avez tenue ce soir sur Six fours. En 15 ans d’enseignements je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne aussi intéressante. Vous avez donné et transmis votre savoir. Et je n’ai qu’une seule envie à mon tour de donner et de transmettre à mes élèves de toutes les choses que j’ai découvertes ce soir . 
 » Écrire, c’est une manière de vivre.  » comme le disait si bien Gustave Flaubert. J’ai eu ce soir l’impression que l’écriture c’est votre manière de vivre. Je vous souhaite une belle route à travers la France où plein d’autres enseignants auront la chance de vous rencontrer. Mille mercis Sandra

Merci Sandra !

Pour un aperçu des conférences c’est ici

 

Par |2020-03-20T17:57:43+01:006 février 2018|0 commentaire

Dumont, Montessori, lettres rugueuses et phonologie

Mon article sur les consonnes et les solsonnes a suscité des réactions :  remplacer le son de la lettre par son nom serait contreproductif, me dit-on.

On sait mon intérêt pour tout ce qui peut éviter aux enfants d’être en difficulté et mon implication pour cette cause dans le domaine qui est le mien, celui de l’écriture. On ne sera donc pas étonné que je réponde à cette réaction.

J’introduirai ma réponse par une pensée pour Giordano Bruno qui m’est devenue un rituel et surtout par le rappel de la dénégation légendaire de Galilée après son abjuration : e pur si muove !

Un autre rappel, plus modeste et plus personnel, mais qui touche tout de même ceux qui porteront intérêt à la lecture de cet article : celui de, plus encore que la difficulté, l’impossibilité que j’ai vécue, il y a quelque 15 ans je crois, de faire comprendre qu’il existait une différence entre objectif de l’enfant et objectif de l’enseignant, que cette différence engendrait tout naturellement une différenciation et que cette différenciation optimisait les apprentissages (Cf. pages 37 à 51 du Geste d’écriture et diverses pages où elle est mise en application). Du chemin a été fait dans les esprits depuis.

Donc, revenons aux lettres rugueuses. Il m’a été fait remarquer que dans la pédagogie Montessori tout un travail sur la phonologie précède la présentation des lettres rugueuses.

Je suis persuadée de son grand intérêt et il n’est pas du tout question que je propose de le supprimer ni de lui substituer quoi que ce soit.

Le propos de mon article est de répondre à l’objection : nommer la lettre au lieu de la prononcer créerait des difficultés en embrouillant l’enfant dans son accès à la lecture.

Je suis bien d’accord avec cette observation. Sauf que je n’ai pas proposé de “nommer la lettre au lieu de la prononcer, POINT”. J’ai écrit la proposition suivante : L’enfant dit le nom de la lettre après l’avoir repassée et , selon la consigne qui lui sera donnée, il prononce un mot qui commence par la lettre puis, éventuellement, un autre qui la contient ailleurs. L’existence d’une relation graphophonologique est conservée et elle est réajustée à la réalité.

Ma proposition est donc bien la suivante : Après avoir suivi puis nommé la lettre – et c’est ce qui permet de savoir que l’enfant l’a identifiée – l’enfant dit un mot qui commence par la lettre et un qui finit par la lettre : il montre alors qu’il en a compris l’articulation. Il le montre d’autant plus qu’il ne s’agit pas pour lui de redire ce que d’autres ont dit, d’essayer de refaire ce que d’autres ont tenté de faire devant lui  – mais n’ont eu que l’illusion d’y arriver (pe, pe’, pf’) -, il s’agit pour lui de montrer qu’il a compris de quoi il s’agit donc qu’il sait manipuler la lettre en question.

Bien évidemment il ne s’agit pas non plus que l’enfant redise le mot qu’il vient d’entendre prononcer par un camarade ou par l’enseignant mais bien qu’il dise un mot auquel il a pensé. Il peut être aidé en cela par une planche  de dessins dans lesquels il devra en chercher un qui convienne. (C’est ni plus ni moins que ce que proposaient, en illustration  de  chaque lettre, les pages des dictionnaires de mon enfance).

J’espère avoir répondu à l’objection.

Par |2020-03-23T10:47:35+01:0018 juin 2017|0 commentaire

La méthode Dumont et les lettres rugueuses de Montessori

Je ne connais que depuis peu la pédagogie Montessori. J’en savais l’existence, bien sûr, mais je n’en connaissais pas les principes. Sans être une spécialiste de cette pédagogie, j’ai compris que ces principes et ma méthode sont assez proches. En tout cas il semblerait qu’ils soient compatibles.

Une question se pose toutefois : le principe des lettres rugueuses tel qu’il est pratiqué dans la pédagogie Montessori et le geste d’écriture tel que je l’aborde reposent sur une conception de l’écriture totalement différente.

L’expression, le geste d’écriture a été beaucoup reprise mais souvent incomprise : on en a fait les gestes de l’écriture ou le geste de l‘écriture, remplaçant le concept au mieux par une gestuelle, au pire par une image, ce qui, ni l’un ni l’autre, ne correspond à mes propositions pédagogiques.

Le geste d’écriture – concept que j’ai créé, ou découvert, je ne sais pas quel est le terme approprié – va du moment où le scripteur s’apprête à prendre le crayon jusqu’à celui où il écrit en pensant ce qu‘il écrit. Il intègre donc à la fois la relation graphophonologique – bien que ce ne soit pas son objet – et le recodage qui permet de passer de façon fluide de la forme à la lettre, de la lettre au mot et du mot au discours.

En isolant la lettre on ne peut pas intégrer le recodage nécessaire pour passer à l’unité mot, puisque, étant matérialisée, elle a une forme fixe : entrer dans l’écriture par la forme des lettres fige donc ces formes et en fausse l’apprentissage (il suffit de comparer n dans en et on pour comprendre). C’est d’ailleurs pour cela que les digrammes s’ajoutent aux lettres rugueuses isolées.

Je propose donc de déplacer la pratique. Les lettres rugueuses ne seront utilisées qu’une fois que l’enfant aura compris comment fonctionne l’écriture (cf. processus de création des formes et processus de formation des lettres pour la théorie). Afin d’assurer un encodage procédural de qualité, la présentation de ces processus se fera pour les enfants de maternelle après la pratique du relai de hockey et des activités qui le suivent jusqu’à la réalisation des premières boucles sur papier.

En entrant dans l’écriture par le mouvement et en comprenant son fonctionnement on comprend, sans qu’il soit besoin d’insister, que les formes que l’on voit sur un support quel qu’il soit ne sont que des variantes du produit du mouvement. Par exemple la fin de la lettre c diffère à chaque occurrence dans c’est ce ciel clair qui m’enchante.

Une fois qu’il a compris cela, l’enfant peut aller aux lettres matérialisées (lettres rugueuses ou autres). Il ne repassera pas la lettre rugueuse d’un geste lent en verbalisant mais tout au contraire d’un geste vif traduisant en mouvement ce que l’œil a perçu en la regardant et renforçant au besoin l’encodage kinesthésique d’origine par un encodage sensoriel.

La méthode que je propose entraîne donc l’enfant à reconnaître les formes constitutives des lettres. La seule vue de la lettre correctement formée (c’est-à-dire composée des formes qui conviennent*), convoque dans son cerveau les mêmes mécanismes que s’il l’avait tracée lui-même. Le suivi de la lettre rugueuse peut alors se faire d’un geste vif comme je viens de le dire et comme je le dit en bas de page  ici et sa bonne réalisation confirmera par une preuve sensorielle (en l’occurrence tactile) la bonne compréhension de la formation de la lettre. Ce suivi se fera avant-bras posé sur le support pour éviter d’inciter à une position du poignet en pont.

La pratique des lettres rugueuses est censée s’accompagner de la prononciation du “son de la lettre” : analyse du fait linguistique ici.

Des lettres rugueuses de la police Cursive Dumont maternelle seront prochainement disponibles au Bois des lettres : http://www.auboisdeslettres.com/

(*les minuscules cursives latines manuscrites comportent en tout et pour tout 7 formes soit 2 formes de base ayant chacune 2 dérivées, et 1 dérivée secondaire de la 2ème forme de base)

Par |2020-03-23T10:48:14+01:0017 juin 2017|0 commentaire

L’organisation et le fonctionnement du système d’écriture cursive.

Le système d’écriture. C’est une expression qui parle à tout le monde. A y regarder de plus près on s’aperçoit que la plupart du temps on entend par là : le système alphabétique ou son équivalent en tant que signes qui permettront que l’écrit soit porteur de sens dans les langues non alphabétiques. Et bien souvent, ce n’est même pas de l’étude du système qu’il s’agit en ce qui concerne l’écriture alphabétique mais juste l’énoncé de la suite des lettres dans l’ordre l’alphabet ou classées par “familles de lettres”.  Mais ce n’est pas des lettres que je souhaite vous parler aujourd’hui, c’est du système dans lequel elles prennent vie. Les lettres, ce sera pour une autre fois.

Je viens donc de mettre en ligne la présentation du système d’écriture, c’est là sur youtube. 

Bon visionnage !

Par |2021-04-11T20:50:23+02:009 janvier 2017|0 commentaire

Une bonne nouvelle pour l’utilisation de la police de caractères Cursive Dumont maternelle

Lors de la sortie de la police de caractères Cursive Dumont maternelle, nous avions précisé que le fonctionnement de la police est lié à celui des variantes contextuelles de la technologie Open Type.  A ce sujet nous avions déploré que Libre office ne mette pas encore en œuvre les variantes contextuelles. Mais voilà qui est fait :  La version de Libre Office qui fera fonctionner correctement la police est en cours de finalisation. Elle devrait être disponible très rapidement (Version 5.3). Pour information, voici le lien de téléchargement de Libre Office version 5.3.0 beta 2. , la version d’essai.

La rectification a été faite dans le descriptif . 

 

 

Par |2020-03-23T10:52:33+01:004 janvier 2017|42 Commentaires

Comment commencer avec les 3 ans ?

Une enseignante m’écrit :  Nous allons travailler lors de la prochaine période sur les activités artistiques et les graphismes,  que me conseillez vous pour débuter avec les 3 ans ? 
Voici donc ma réponse :

Un mot rapide sur les graphismes. Tels que je les comprends à travers tout ce qui s’en dit, se pratique et se conseille, le graphisme (fiches de graphisme) ne sert à rien d’autre qu’à faire croire à l’enseignant qu’il commence par là à apprendre à écrire à l’enfant. En ce sens, il est inutile, car sans lien avec l’écriture, sans aucun intérêt et propre à faire repoussoir ou à induire en erreur  l’enfant qui cherchera ensuite à les appliquer pour écrire, ce qui sera contreproductif. Je ne développe pas plus ici.

Les activités artistiques et les graphismes étant associés dans la question, je réponds uniquement sur ce qui, dans les activités artistiques participe de la préparation à ‘écriture.

Que faire pour débuter ?

Plutôt que de faire un long article amplement détaillé je synthétise et renvoie à la lecture du livre Le geste d’écriture Méthode d’apprentissage – Cycle 1, cycle 2 – Différenciation et transversalité (édition 2016). La synthèse se présente dans l’ordre des exercices mais la lecture est à faire dans l’ordre des chapitres pour mieux comprendre  et voir l’impact de la transversalité. Car nous sommes bien là dans la transversalité.

Donc, pour commencer, je propose, de façon récurrente c’est à dire pas une fois isolée mais aussi souvent que possible, de :
–  faire froisser du papier à coller ou à suspendre dans le cadre d’un exercice d’art plastique (cela tonifie la main) (cf. Pages 243 et suivantes)
– commencer un jeu de bouchons (il ressemble au jeu de billes) (cf. page 244/245) ( cela mobilise le jeu du majeur pour manier correctement le crayon plus tard ). Réinvestir en art plastique pour laisser la trace du déplacement du bouchon (cela mobilise l’épaule et commence à habituer à une bonne tenue de ligne)
– introduire le cartable magique (pages 210 et 211 surtout ne pas oublier de lire la 210 pour mettre en application la 211) (cela permet de repérer la droite et d’initier de mouvement gauche droite autant pour les gauchers que pour les droitiers). On extrait du cartable des  outils qui seront utilisés en activité artistique.
– commencer le relais de hockey (tranquillement sans enjeu) (bien lire comment il se pratique) pour initier le lieu d’attaque et le sens de déroulement de l’écriture (renforcement de l’exercice mentionné ci-dessus, mais pas seulement). Il prépare au jeu de foulards qui pourront ensuite donner lieu à des chorégraphies (et qui sont une étape pour fluidifier le mouvement).
– mettre en place une activité de gestion statique de l’espace graphique dans le cadre d’exercices d’arts plastiques.
– faire des fonds de peinture à utiliser plus tard (exercice de mobilité et souplesse de l’épaule dont le produit est utilisé en arts plastiques.

Tout cela, c’est “pour commencer”, tranquillement, sans précipitation.

Les activités crayon/papier viendront lorsque les enfants sauront tenir le crayon, il s’agira, pour commencer, d’apprendre à placer la main.

Je pense beaucoup de bien des gribouillis fais avec différents outils (éponges ou autres  puis plus tard avec un crayon quand l’enfant saura le tenir et commencera à apprendre à placer sa main)

En attendant que les enfants sachent tenir un crayon, des collages de toutes sortes, des productions à l’éponge, à la fourchette … constituent des activités d’art plastique qui peuvent dans bien des cas, participer de l’apprentissage de l’écriture.

Quant aux formes elles-mêmes on peut pratiquement faire ce qu’on veut à la condition de bien cerner son objectif mais il vaut mieux éviter les boucles à l’envers et les ronds (à l’endroit ou à l’envers) tant qu’ils n’ont pas été appris en préparation à l’écriture. Voir la vidéo Eduscol dont il est question ici.

Par |2020-03-23T10:54:59+01:004 octobre 2016|2 Commentaires

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