Archives par mot-clé : méthode Danièle Dumont

La tenue de crayon illustrée

L’une des préoccupations récurrentes en ce début d’année scolaire est la tenue du crayon.
Un leitmotiv en forme de plainte se diffuse : cette année c’est affreux, tous tiennent mal leur crayon ! Si vous vous souvenez bien, l’an dernier c’était déjà comme ça.   Vous trouverez des articles sur le site en tapant « crayon » ou en fouillant dans les news  dans la fonction recherche
Si vous êtes enseignants, vous avez très envie de pouvoir montrer aux parents comment repérer les mauvaises et les bonnes tenues de crayon. C’est l’objet de ce nouvel article. Il vous présente l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour voir si une tenue de crayon est bonne ou mauvaise. N’oublions pas non plus son maniement (les doigts peuvent être correctement placés sur le crayon et la main mal positionnée. Le maniement du crayon crée alors des tensions, voire des douleurs).

Vous pourrez imprimer le PDF ci-dessous et, si vous êtes enseignant, le distribuer aux parents si vous le souhaitez.

Tenue de crayon

Bonne observation !

Une bonne nouvelle pour l’utilisation de la police de caractères Cursive Dumont maternelle

Lors de la sortie de la police de caractères Cursive Dumont maternelle, nous avions précisé que le fonctionnement de la police est lié à celui des variantes contextuelles de la technologie Open Type.  A ce sujet nous avions déploré que Libre office ne mette pas encore en œuvre les variantes contextuelles. Mais voilà qui est fait :  La version de Libre Office qui fera fonctionner correctement la police est en cours de finalisation. Elle devrait être disponible très rapidement (Version 5.3). Pour information, voici le lien de téléchargement de Libre Office version 5.3.0 beta 2. , la version d’essai.

La rectification a été faite dans le descriptif . 

 

 

Le congrès 2016 de l’AGEEM est fini

Le congrès AGEEM, cru 2016, est terminé. Un beau congrès.

Félicitations à l’équipe organisatrice !

J’y ai présenté avec bonheur les trois thèmes annoncés.

Un bémol pour les participants : ils y avait deux fois plus de personnes présentes aux agoras que de places pour qu’elles puissent s’assoir. Conclusion : certains étaient debout contre les murs, d’autres assis au sol et un nombre non négligeable n’ont pas pu entrer.

Des salles bien pleines à chacune des trois agoras
Des salles bien pleines à chacune des trois agoras
Impossible de rentrer. Plus une place, même assise par terre.
Impossible de rentrer. Plus une place, même assise par terre.

AGEEM2016agora

AGEEM2016agora-b

AGEEM2016agora-1

AGEEM2016agora-1b

Et quand ce fut fini... beaucoup attendaient pour poser des questions. La suite c'est donc tenue au stand des éditions Hatier.
Et quand ce fut fini… beaucoup attendaient pour poser des questions. La suite c’est donc tenue au stand des éditions Hatier.

Parution du Geste d’écriture – Édition 2016

Le geste d’écriture, nouvelle mouture est désormais sur les rayons des librairies.

Découvrez ici les grandes lignes du sommaire.  J’espère que cette nouvelle édition abondamment illustrée, riche d’exemples concrets de pratiques de classe vous apportera beaucoup de satisfactions.

Cette nouvelle mouture ne renie rien de l’ancienne, bien sûr. En revanche elle lui apporte des précisions sur la pédagogie générale de la méthode Dumont, pédagogie qui peut s’appliquer à toutes les matières : celle de la différenciation et de la transversalité. Avec presque le double de pages, elle développe et illustre plus abondamment chaque étape de l’apprentissage de l’écriture.

Un plus décisif par rapport à l’ancienne mouture.

SOMMAIRE

Conférences, cours et ateliers Année scolaire 2016/2017

Comme chaque année, de nombreuses conférences ou formations à l’enseignement de l’écriture sont prévues cette année 2016/2017 ; c’est en Alsace, à Aix en Provence, à Nice, à Niort, près de Brest, près de Rennes…

Vous trouverez ici la liste des formations de l’année passée (année scolaire 2015 / 2016) et ci-dessous celle de l’année qui commence (2016/2017)

Ces formations vous montreront comment enseigner l’écriture aux jeunes enfants tout en restant dans les activités traditionnelles de la classe. Vous y découvrirez la méthode Dumont ou vous approfondirez la connaissance que vous en avez. Cette méthode vous fait poser un regard nouveau sur l’écriture. Elle vous introduit dans le monde du geste d’écriture, qui est bien autre chose que les gestes de l’écriture, formule réductrice qui limite l’écriture au tracé des lettres. Tout au contraire, l’écriture se nourrit de tous les enseignements que vous dispensez dans vos écoles. C’est ainsi qu’en fin d’école maternelle le jeune enfant peut avoir acquis avec plaisir et fierté une écriture bien gérée qui lui permettra de consacrer son esprit d’écolier à l’acquisition d’autres savoirs.

Si vous connaissez déjà la méthode Dumont, vous pourrez parfaire vos connaissances pour optimiser sa mise en application.

Cette méthode, originale et structurée, mise au point par plus de 30 ans de réflexion et de recherche empirique ou universitaire, a aussi ses plagiaires. Attention donc aux contrefaçons.

Selon l’organisateur (enseignement public, école privée, association, personne physique), la durée et les locaux ces formations ont lieu sous forme de conférence, de cours ou d’ateliers. Quelle qu’en soit la forme, elles sont toujours interactives.

Quelle qu’en soit la forme, en suivant l’une de mes formations vous bénéficiez aussi de plus de 30 ans de recherche et de plus de 20 ans d’enseignement de cette méthode.

A bientôt donc le plaisir de vous rencontrer.

Vous le comprendrez, donner des formations ne me permet plus depuis quelques années de faire des rééducations d’écriture (enfants et enseignants n’étant forcément libres qu’en même temps – les uns pour la rééducation, les autres pour les formations – et ce sont bien les enfants et non les adultes qui sont le plus demandeurs de notre aide).

Vous trouverez ici la liste des rééducateurs et rééducatrices exerçant en direction du public, formés à ma méthode et qui en respectent la déontologie, c’est à dire, entre autres, sont au service de l’enfant (ou de l’adulte) en évitant tout mercantilisme et en respectant la personnalité de chacun.

 

Doit-on utiliser le métalangage pour expliquer la formation des lettres aux enfants ?

Une enseignante me pose la question suivante :

Je suis enseignante en grande section. J’ai acheté il y a quelques années deux de vos ouvrages « le geste d’écriture » et le premier cahier d’écriture (ancienne édition malheureusement). J’ai assisté à votre conférence à Evreux mercredi 30 septembre dernier. Cela m’a beaucoup éclairé et j’ai entrepris de revoir complètement ma façon d’aborder l’apprentissage de l’écriture cursive. Toutefois, je m’interroge : doit-on apprendre aux élèves les termes « étrécie, jambage bouclé… » et les employer pour verbaliser la formation des lettres lorsqu’ils écrivent un mot ? Je sais que l’écriture doit produire du sens et qu’il est de ce fait inutile de leur faire écrire des lignes de lettres ou enchaîner les fiches de graphismes ou même indiquer le sens des tracés. Mais comment alors, prendre appui sur les formes de bases et ses dérivées sans leur expliquer qu’un « a » par exemple est formé d’un rond et d’une étrécie ?

Merci par avance pour vos précisions et également pour tous vos travaux qui constituent de véritables outils pour nous aider à faire progresser nos élèves.

Ma réponse à cette question pédagogiquement fondamentale
Merci pour votre message.
« Doit-on apprendre aux élèves les termes « étrécie, jambage bouclé… » et les employer pour verbaliser la formation des lettres lorsqu’ils écrivent un mot ? » me demandez-vous.
Doit-on apprendre aux élèves les termes « étrécie, jambage bouclé… » ? Oui. c’est le nom des formes qui servent à construire les lettres. Si les enfants connaissent ces formes, ils les verront dans les lettres ; s’ils apprennent comment est constituée chaque lettre ils sauront l’identifier dans les mots.
En revanche les employer pour verbaliser la formation des lettres lorsqu’ils écrivent un mot ? Non. Comme vous l’écrivez ensuite, l’écriture doit produire du sens. Donc si je décris la formation des lettres quand j’écris, c’est à dire si je dis « une grande boucle, une petite boucle, une grande boucle, une petite étrécie, une grande étrécie » lorsque j’écris, je ne peux pas penser en même temps ce que j’écris.
Si je verbalise la formation des lettres, je dis « je pars de…, je monte jusqu’à…, je tourne de tel côté etc. » alors non seulement j’évacue le sens de l’écrit, mais j’évacue aussi la compréhension de la formation des lettres. (cf. Oraliser, verbaliser, nommer )

La question est : « comment alors, prendre appui sur les formes de bases et leurs dérivées sans leur expliquer qu’un « a » par exemple est formé d’un rond et d’une étrécie ? » Lorsqu’on leur apprend la formation de chaque lettre on l’explique aux enfants : ainsi la lettre »a » est effectivement formée d’un rond fermé par une petite étrécie. Il me semble important que l’enfant ne confonde pas la lettre et la ou les formes constitutives de la lettre.
Ensuite, une fois que la lettre est intégrée dans un mot, c’est le mot qui prime, donc le sens qu’il véhicule et que véhicule le discours entier (phrase ou texte)
Le poster du processus de formation des lettres montre comment prendre appui sur les formes de base et leurs dérivées pour construire les lettres. Je vous suggère de l’utiliser en utilisant des caches que vous découvrirez progressivement.

L’écriture des chiffres, l’écriture des nombres

Les chiffres sont aux nombres ce que les lettres sont aux mots. Les chiffres servent à écrire les nombres. Dans notre système numérique, nombres inférieurs à 10 n’utilisent qu’un chiffre.

Les chiffres affichés aux murs des classes , le sont en tant que tels pour que les élèves apprennent à les reconnaître puis à les écrire. Ils le sont très souvent aussi en tant qu’écriture d’un nombre ; ils sont assortis de dessins dont la quantité est conforme au nombre écrit.

Lorsque les posters ont été réalisés, celui des chiffres a été décidé à la fin. Il s’ensuit deux oublis : il ne figure pas sur la couverture, l’intitulé est incomplet il renvoie uniquement à l’écriture des chiffres. Il sera donc complété au prochain tirage pour devenir « les chiffres et la numération ».

Ce poster montre, en effet, que la suite des nombres correspond au précédent augmenté de 1. Cela se fait percevoir à l’enfant en cachant sur chaque illustration l’une après l’autre la dernière unité ajoutée : l’enfant voit clairement que  ce qui reste correspond exactement à la constellation représentant le nombre précédent. Au sujet du nombre 10, on peut faire remarquer qu’il s’écrit avec deux chiffres en comparaison avec les nombres précédents : le 1 correspondant à l’ensemble d’un groupe de 10 (les 10 doigts de la main), le 0 correspondant au fait qu’il n’y  a pas d’autre unité d’ajoutée ensuite.

Forme, geste et rééducation.

La rééducation de l’écriture (ou rééducation graphique) est une technique qui permet de restaurer une écriture défectueuse ou d’y remédier . Il est tentant de croire qu’il suffit de faire des lignes de lettres ou des lignes de graphismes pour améliorer son écriture. Il est tentant aussi, surtout si on n’a qu’une idée approximative du fonctionnement de l’écriture, de confondre forme et geste et de penser que faire repasser avec application sur des tracés équivaut à faire acquérir un geste adapté. Dire que l’écriture est le produit d’un geste réfère au geste d’écriture dans son ensemble réalisé avec fluidité et non à une addition de gestes autonomes, surtout si ces « gestes » s’enlisent dans la forme et ne sont plus que « le dessin d’une forme ».  On peut penser que c’est la confusion entre geste et forme qui a conduit à faire faire aux enfants certains des exercices inadaptés que nous avons vus au cours d’une émission à laquelle j’ai eu le plaisir d’être conviée dernièrement sur France 3 Nord Pas-de-Calais. J’en citerai deux :

– Le premier est une série de petites et grandes boucles en alternance. On y voit plusieurs tracés de l’enfant qui suivent laborieusement un modèle disproportionné (les grandes boucles sont trop grandes par rapport aux petites) et on voit l’enfant, debout, suivre ce modèle au ralenti avec son doigt. Qu’il s’agisse d’un travail sur les formes ou sur le geste, des tracés au ralenti sont inefficace à encoder le geste graphique et il vaudrait mieux éviter les disproportions.

– Le second est une série de ponts. Si on peut saluer l’application de l’enfant et sa belle réussite dans la réalisation de cet exercice car les tracés sont homogènes et le geste relativement vif, on peut, en revanche, déplorer les effets induits d’un tel exercice. En apprenant ainsi à terminer les ponts  droits sur la ligne, l’enfant aura ensuite du mal à tourner d’un geste fluide pour passer d’une lettre à pont (n, m, h, p) à la lettre qui suit.

C’est dire que la rééducation de l’écriture ne s’improvise pas  (son enseignement non plus d’ailleurs et, on le comprend alors, il serait bien dommage de compliquer encore plus la tâche des enfants en leur imposant l’écriture script avant la cursive).

Les cahiers de rééducation graphique pour l’école élémentaire et pour le collège peuvent aider les enfants dont les difficultés d’écriture sont peu importantes. Pour les autres, ils seront un bon appoint pour consolider une rééducation graphique menée sous le contrôle d’un-e professionnel-le compétent-e.

Pour aller plus loin dans la réflexion sur l’intérêt de l’écriture manuscrite, donc de son apprentissage : trois questions majeures-au sujet de l’écriture manuscrite.

ou encore : nécessité et intimité de l’écriture manuscrite.

et pour visualiser le processus de formation des lettres :

la forme et le geste.

La forme et le geste

L’écriture est le produit d’un geste.

– Ce qui intéresse celui qui lit, c’est le produit fini, la trace sur le papier, pas le geste qui a été fait pour laisser la trace.

– Ce qui intéresse le rééducateur, c’est la mise en place de ce geste pour améliorer la qualité de la production et permettre qu’il ne soit plus, par ses hésitations ou ses perturbations, un frein à l’écriture fluide et présentable de la pensée.

– Ce qui intéresse l’enseignant, c’est d’avoir les moyens de donner à l’enfant un geste graphique fluide de telle façon que le geste d’écriture soit pour lui un véritable moyen de communication et d’expression.

Dans toutes ces perspectives, nous parlons bien du geste et non des gestes.  En effet, il ne s’agit pas de considérer des gestes qui se juxtaposeraient mais bien le geste d’écriture dans son ensemble, dans ce qui fait son essence et sa spécificité.

En conséquence l’écriture n’est pas constituée d’une somme de gestes (qui fonctionneraient comme une addition) mais bien d’un ensemble dont les éléments sont indissociables.  Il ne faut pas confondre le geste (qui est l’ensemble, le tout), le processus de création des formes qui explique comment les formes dérivent les unes des autres, le processus de formation des lettres qui explique comment les formes s’articulent pour former des lettres. Néanmoins les formes constitutives des lettres peuvent être isolées pour la démonstration.  Elles sont au nombre de sept : deux formes de base (une pour chacune des deux unités de mouvement, celle qui « passe par en bas » et celle qui « passe par en haut » pour aller vers la droite), deux dérivées de chacune des formes de base et une dérivée secondaire. (Les différences de dimension sont obtenues en dépliant les doigts pour les formes qui montent au-dessus du premier interligne et en les repliant dans la main pour celles qui passent sous la ligne)

La processus de formation des lettres - Extrait
La processus de formation des lettres – Extrait

 

 

 

 

 

Apprendre à écrire, c’est apprendre à tenir et manier son crayon de telle sorte qu’en mobilisant deux unités de mouvement on puisse produire des formes qui s’agencent en lettres formant des mots qui font sens au fur et à mesure pour celui qui écrit et qui feront sens en différé pour celui qui lira ce qui est écrit.

On peut lire aussi :

forme, geste et rééducation.

Pour connaître les nouvelles publications, c’est ici.

 

Trois questions majeures au sujet de l’écriture manuscrite

Dans quelques jours c’est la rentrée. Cette année comme les précédentes n’échappera pas aux nombreuses questions sur l’écriture manuscrite. Et reviendront les trois questions majeures sur son enseignement.  Je vous propose quelques pistes pour y réfléchir.

Pourquoi apprendre à écrire  de sa main ?

Depuis longtemps tous les documents officiels sont imprimés. MAIS pour qu’ils aient de la valeur, nombre d’entre eux doivent être complétés d’une mention manuscrite : Lu et approuvé, Bon pour pouvoir, Bon pour solde de tout compte, ou encore des textes de plusieurs lignes lorsqu’il s’agit de se porter caution pour un loyer ou de témoigner en justice par exemple, mais pas seulement.

Sans écriture manuscrite impossible donc d’accomplir de nombreux actes simples de la vie sociale.

Celui qui n’écrit pas de sa main a donc besoin d’assistance pour les accomplir. Ne pas apprendre à un enfant à écrire de sa main en fait un futur handicapé social : celui qui n’écrit pas de sa main*  ne peut pas être à part entière un citoyen autonome. ( *de ses coudes, de son pied ou de sa bouche, bien évidemment pour les quelques personnes que la vie a privé de main)

Pourquoi apprendre à écrire correctement ?

Pour être efficace, l’écriture doit être lisible sinon elle ne remplit pas son rôle. A quoi sert d’écrire si personne n’arrive à vous lire ? La réplique habituelle est que beaucoup de médecins sont illisibles. Certes. Mais que ferait de l’ordonnance un pharmacien qui ne connaitrait ni le nom ni les propriétés des médicaments ? Il lui serait impossible de la déchiffrer. Écrire pour que seuls ceux qui connaissent très bien le sujet puissent lire n’a qu’un intérêt très limité. Pour être pleinement un acte de communication sociale, l’écriture doit être lisible. Bien que la pratique déforme naturellement l’écriture au fil de l’adolescence et des débuts dans la vie d’adulte, apprendre à écrire correctement depuis le début favorise la lisibilité quel que soit l’âge.

Pour être efficace, l’écriture doit être rapide. S’appliquer à tracer chaque lettre l’une après l’autre prend du temps et fait parfois perdre le fil de sa pensée. Comment prendre note de ce qu’on entend si on le fait trop lentement ? Comment ne pas agacer son interlocuteur si on met trop de temps à écrire devant lui ? La calligraphie est d’abord un art. L’écriture est d’abord un moyen de communication. Pour être efficace, l’écriture doit donc être réalisée dans les conditions normales de la communication.

Pour remplir correctement son rôle de moyen de communication, l’écriture doit pouvoir être présentable. Chacun adapte son comportement, sa présentation, ses attitudes pour se sentir à l’aise dans une relation. Il en va de même pour son écriture. Il y a l’écriture des brouillons, celle des notes prises à la volée pour soi, celle d’un papier écrit pour un ami, celle aussi qu’on peut laisser dans une boite à lettres pour signaler son passage à un client sans se sentir mal à l’aise.

Pourquoi apprendre correctement à écrire ?

L’objectif de l’écriture manuscrite est de laisser une trace personnelle de sa pensée (quel qu’en soit l’objet). C’est un moyen de communication différée. Écrire c’est donc tout d’abord produire du sens.  En toute petite section, en PS, et au début de la MS l’enfant ne produit pas encore du sens en écrivant de sa main. Il apprend ce qui lui servira à écrire correctement : tenue et maniement du crayon, tenue de la ligne, respect des proportions, sens de déroulement de ce qui sera très bientôt l’écriture. Muni de tout ce qu’il faut pour pouvoir techniquement écrire correctement  et ayant été abondamment confronté à l’écrit, l’enfant va alors pourvoir commencer à écrire. Il va découvrir peu à peu chaque lettre,  de quelle(s) forme(s) elle est composée, comment elle s’enchaîne aux autres déjà apprises, mais immédiatement il va utiliser cette lettre pour « produire du sens », c’est à dire écrire, écrire en réfléchissant à ce qu’il écrit et non dessiner des lettres.

En effet, puisqu’écrire c’est produire du sens,  au fur et à mesure qu’on écrit on pense ce qu’on écrit, on ne pense pas au cheminement du crayon sur le papier. Pour qu’il y ait écriture, il faut donc qu’il y ait réflexion. Et cela dès le début (sinon il s’agit d’un dessin de lettres). On comprendra donc l’avantage qu’il y a de mettre l’enfant en situation de réfléchir à ce qu’il veut écrire avant d’écrire et de penser ce qu’il écrit au fur et à mesure qu’il écrit.

Il s’agit donc pour l’enfant , non plus de réfléchir à la façon dont il va tracer les lettres (il l’aura fait à la découverte de la lettre), mais de réfléchir à ce qu’il veut dire. Réfléchir à ce qu’il veut dire, ce n’est pas participer (ou pas, d’ailleurs, car il peut être distrait) à une réflexion collective sur ce que la classe veut exprimer, mais bien réfléchir seul à ce qu’il a l’intention de dire, lui. Apprendre correctement à un enfant à écrire, c’est lui apprendre non pas qu’on tourne à droite ou à gauche, qu’on monte ou qu’on descend pour écrire tel mot choisi collectivement, c’est, après lui avoir appris ce qui lui servira à écrire correctement, lui demander d’écrire en réfléchissant. Au tout début, la réflexion est limitée car les possibilités sont réduites, il ne connait que peu de lettres et il lui faut le temps de s’habituer à ce nouveau savoir-faire, mais très vite l’enfant va avoir compris comment fonctionne l’écriture et comment écrire en utilisant ce qu’il savait déjà et ce qu’il vient d’apprendre.

Apprendre correctement à écrire favorise l’autonomie de pensée en la libérant d’une part de la focalisation sur le geste, d’autre part de l’attachement systématique et obligatoire à une réponse collective.

Pour résumer d’une phrase, je dirais que : apprendre à écrire de sa main, apprendre à écrire correctement et apprendre correctement à écrire favorisent l’autonomie dans les démarches de la vie sociale, l’adaptation au contexte relationnel et l’autonomie de pensée.

Je n’aborde pas là la question fondamentale de la liberté d’expression et de communication face au numérique ; je l’ai développée dans un article dédié uniquement à la question :

 L‘écriture manuscrite et le numérique : nécessité et intimité de l’écriture manuscrite.

On peut lire aussi  :

l’école face à ses objectifs.

la place d’un enseignement structuré de l’écriture dans la prévention de l’illettrisme

On peut lire encore :

forme, geste et rééducation.

et pour visualiser les formes constitutives de l’écriture :

la forme et le geste.