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Objectif atteint : libérer l’esprit grâce à une bonne préparation

Bien que je le disais, bien que je l’écrivais, mes débuts dans la présentation d’une nouvelle façon de voir l’écriture et son apprentissage ont eu du mal à faire percevoir que mon objectif était in fine la production de sens.  D’autres, mieux que moi sans doute, ont consacrés de longues études à cette production.

Mon originalité consistait à vouloir que cette production intellectuelle soit portée par une production technique de qualité. Quel sens peut-on donner à une écriture illisible ?  Quelle perception du sens peut avoir un lecteur confronté à une écriture tellement mal faite qu’il n’a pas envie de la lire ? Quel appétit à la production de sens peut avoir un enfant qui s’arrête pour « bien dessiner » chaque lettre ?

C’est donc par le versant procédural que j’ai abordé l’enseignement de l’écriture.  Le concept de geste d’écriture que j’ai alors créé indique bien que la démarche va jusqu’au bout : on écrit ce qu’on a à l’esprit au moment où on le fait,  la trace écrite donne accès à la fonction sémantique de l’écriture.

Depuis de nombreuses années je travaille donc sur l’écriture et je tâche d’apporter de mon mieux ma contribution à la construction du chemin qui conduira chaque enfant au maximum de ses possibilités.
Écrire, c’est réfléchir. Pour qu’il puisse en être ainsi, le cerveau de l’enfant ne doit pas être encombré de considérations sur la façon dont il s’y prend. Cela doit être intégré sans qu’il ait eu à aucun moment à s’y appesantir.

Bien sûr, l’écriture est culturelle, mais c’est aussi un acte procédural. Plus tôt le procédural s’enseigne, plus tôt et plus efficacement le culturel sera opérationnel. Autrement dit en prenant soin d’enseigner par le jeu au tout petit tout ce qui lui servira à apprendre à écrire on se dote d’atouts précieux pour permettre à l’enfant de réfléchir lorsqu’il écrit.

Quel bonheur de constater que les résultats de cet enseignement sont en bonne voie ! Je voudrais partager ce bonheur avec vous qui me lisez en vous livrant ici le contenu de deux messages reçus presqu’en même temps.

Conseillère pédagogique sur Marseille, on a eu l’occasion de se croiser lors d’une conférence menée pour Marseille 1 à laquelle je m’étais invitée.
Juste ce mail pour vous dire combien votre travail m’est précieux aujourd’hui pour former les enseignants de CP dédoublés aux gestes d’écriture, eux qui souvent n’ont jamais eu d’apport dans ce domaine.
Vos livres sont des mines d’or et les vidéos trouvées me permettent de conduire des formations utiles et efficaces puisque directement opérationnelles pour les collègues
Merci donc 1000 fois de votre investissement.
Je n’ai qu’un regret: ne pas avoir croisé vos ouvrages plus tôt, du temps où j’avais des CP/CE1 notamment.

Quelle magnifique conférence vous avez tenue ce soir sur Six fours. En 15 ans d’enseignements je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne aussi intéressante. Vous avez donné et transmis votre savoir. Et je n’ai qu’une seule envie à mon tour de donner et de transmettre à mes élèves de toutes les choses que j’ai découvertes ce soir . 
 » Écrire, c’est une manière de vivre.  » comme le disait si bien Gustave Flaubert. J’ai eu ce soir l’impression que l’écriture c’est votre manière de vivre. Je vous souhaite une belle route à travers la France où plein d’autres enseignants auront la chance de vous rencontrer. Mille mercis Sandra

Un très grand merci à mon tour pour ceux deux beaux messages.  Je me dis que ça valait la peine de ne pas abandonner .

La tenue de crayon illustrée

L’une des préoccupations récurrentes en ce début d’année scolaire est la tenue du crayon.
Un leitmotiv en forme de plainte se diffuse : cette année c’est affreux, tous tiennent mal leur crayon ! Si vous vous souvenez bien, l’an dernier c’était déjà comme ça.   Vous trouverez des articles sur le site en tapant « crayon » ou en fouillant dans les news  dans la fonction recherche
Si vous êtes enseignants, vous avez très envie de pouvoir montrer aux parents comment repérer les mauvaises et les bonnes tenues de crayon. C’est l’objet de ce nouvel article. Il vous présente l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour voir si une tenue de crayon est bonne ou mauvaise. N’oublions pas non plus son maniement (les doigts peuvent être correctement placés sur le crayon et la main mal positionnée. Le maniement du crayon crée alors des tensions, voire des douleurs).

Vous pourrez imprimer le PDF ci-dessous et, si vous êtes enseignant, le distribuer aux parents si vous le souhaitez.

Tenue de crayon

Bonne observation !

Planning des prochaines conférences

Le dernier atelier a eu lieu à Ham le mercredi 4 octobre.  Il a réuni une soixantaine d’enseignants.

Les dernières conférences ont eu lieu le mardi 10 octobre  à Six Fours et le mercredi 11 octobre à Hyères.Retrouvailles avant le début de la conférence

Cette semaine ce sera une conférence  organisée par Le Groupement Indépendant de Parents d’Élèves le mardi 17  à Pertuis  

Conférence publique

puis une conférence pédagogique pour le cycle 2 le mercredi 18 octobre à Cannes

La suite sera le cours de rééducation graphique  la 1ère semaine des vacances de Toussaint puis le cours de pédagogique de l’écriture sur 3 journées la 2ème semaine, renseignements ici

Je remonterai vers la région parisienne ou un peu plus haut pour novembre et décembre : Vallée de Chevreuse, Rouen, Fleury les Aubrais, Rombas, Neuilly sur Seine, Saint-Denis.

Après une formation pour une école privée dans Paris et un cours spécial de psychopédagogie, les conférences et formations de ce premier trimestre 2017/2018 se termineront à Tunis.

Sauf à Pertuis, ces conférences sont organisées par les circonscriptions de l’Education nationale. N’étant pas en mesure de répondre individuellement à chaque question, je vous remercie de vous adresser directement aux circonscriptions concernées ou de consulter leur site pour tout renseignement sur les horaires, les lieux, le public…. 

Des échos des conférences ici

Au plaisir de vous rencontrer prochainement

Pourquoi une police Cursive Dumont ?

Pourquoi une police Cursive Dumont ? Diverses polices de caractère existaient jusqu’ici. Avait-on besoin d’en créer une autre ?

La réponse est clairement : oui. Il fallait à nos écoles une police où les enfants puissent voir ce que l’on attendait d’eux.  Jusqu’alors, à quelques signes près peut-être, les lettres étaient toujours identiques à elles-mêmes dans les polices censées être cursives. Les enfants étaient donc incités à reproduire des formes figées et, hormis avec une préparation spécifique à l’écriture, il leur fallait toute l’école primaire pour produire une écriture fluide.

Dans la Cursive Dumont  les enfants perçoivent le mouvement de l’écriture. Et cela change tout.

C’est que la Cursive Dumont est le fruit d’une réflexion et d’une observation attentives de l’écriture produite sur le papier et de l’acte d’écriture en cours de réalisation, acte que j’ai nommé le geste d’écriture , expression qui a fait florès depuis (mais n’est pas toujours bien comprise et ne peut être réduite à les gestes de l’écriture ni même le geste de l’écriture).

L’une des autres spécificités de la Cursive Dumont maternelle, intimement liée à la première, est sa simplicité. Ma recherche a montré que certaines caractéristiques relativement traditionnelles de l’écriture des lettres ne sont pourtant pas des formes, c’est à dire des éléments intrinsèques, des éléments sans lesquels la lettre n’existerait pas.

Il en est ainsi des traits d’attaque devant les lettres rondes, des œilletons et des traits couvrants. La Cursive Dumont exclut donc ces tracés parasites pour ne conserver que les sept formes qui constituent l’écriture, formes que ma recherche a permis de mettre à jour et de définir . On n’y trouvera donc pas d’œilletons sur les b, v, w, s, ni bien sur les o (lorsqu’ils en comportent un, leur finale s’effondre vite, portant alors à confusion avec a ) ni encore sur les r ( de trop gros œilletons leur donnent des allures de h mal formés). On n’y trouvera pas non plus de trait couvrant sur les r, ni de trait d’attaque devant les lettres rondes ( c, o, a, d, g, q) 

Sa simplicité et l’absence de cassure à l’attaque des e et à la fin des lettres à pont (m, n, h, r) font de l’écriture Cursive Dumont maternelle un modèle idéal pour la classe.

La police de caractères Cursive Dumont était dans mes tiroirs depuis des années. Les années passant vite et étant très remplies, elle est restée dans mes tiroirs. Pendant ce temps une thèse de doctorat sur le sujet a étayé mes propositions. La police a mûri. Un concours de circonstances  l’a fait éclore début 2015. Il y a plus de deux ans déjà. Les événements ont fait que sa version maternelle a été publiée pour la 1ère fois en tout début de cette année 2017.  D’autres ont repoussé à juillet 2017 la présente mise en ligne.

A peine sortie, elle est déjà copiée (défauts en plus… ), signe de sa qualité.

Je souhaite à tous un très bel usage.

Une vidéo Éduscol du processus de création des formes et du processus de formation des lettres

Publiée depuis 2002 dans Le geste d’écriture et les cahiers correspondants,  la modélisation de l’apprentissage de l’écriture en donne pour finalité l’obtention d' »une écriture cursive fluide, claire, lisible, bien disposée dans la page et dans le lignage, autorisant directement l’accès à la fonction sémantique de l’écriture »  (Le geste d’écriture – Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 Éditions Hatier, collection Hatier pédagogie 2003 et rééditions suivantes  page 14,  Le geste d’écriture – Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 – Différenciation et transversalité  Éditions Hatier 2016, collection Enseigner à l’école primaire.) Cf. tableau.

Cette finalité, réaffirmée par Éduscol, n’est pleinement atteinte que si la gestion dynamique de l’espace graphique est réalisée efficacement c’est à dire si les formes sont acquises et aménagées constamment au fil de l’écrit en fonction de leur environnement (exemple le r ne débute pas de la même façon s’il suit un o que s’il suit un e).

Les formes constitutives des lettres sont donc créées et mises en œuvre par le mouvement en même temps qu’il les dépose sur le support pour former les lettres en les aménageant pour une meilleure efficacité, ce qui donne de la fluidité à l’écriture.  Je vous les présente en vidéo sur Éduscol   dans le cadre d’une   présentation de la mise en œuvre de l’enseignement de l’écriture cursive. 

Une fois passées le CP, l’enfant complète son apprentissage avec l’étude des majuscules et doit conserver la qualité de son écriture ou l’améliorer si nécessaire. Vous trouverez chez Nathan un petit ouvrage, Une bonne écriture, choix ou nécessité, qui vise à poser toutes les questions qu’on peut poser sur l’écriture en élémentaire et qui propose de nombreux exercices pour les CE2, CM1, CM2.

Pour terminer cet article, un petit rappel d’un article ancien sur le repérage des anomalies graphiques les plus récurrentes signalé également par Éduscol. Il donne quelques informations sur ce qui peut être pratiqué en classe pour des anomalies simples de l’écriture. Sa lecture ne saurait se substituer à une formation à la rééducation de l’écriture.

Sens de rotation de la lettre O

Question : Je m’interroge sur le temps passé en classe (pas seulement au CP) au bouclage du o « dans le bon sens ». Que pensez-vous de la nécessité ou non de s’en tenir à cette norme et quels seraient selon vous les aspects négatifs de l’abandon de cette dernière ?

Réponse : Si on observe la formation du rond, on voit qu’il tourne dans le même sens que le e. Pour rester dans les voyelles nous observerons que le i et le u tournent aussi dans le même sens. Ce qui différencie le i du e c’est son étrécissement. D’ailleurs si on regarde des écritures d’adultes on se rend compte que certains forment les e comme des i et d’autre forment des i comme des e. Il s’agit donc bien du même geste (bouclé pour le e, étréci pour le i, étréci et doublé pour le u). Qu’en est-il du o ?

Le o tourne dans le même sens que e, i  et u mais commence par un déplacement du point d’attaque : du bas à gauche – point d’attaque du e et du i – on transporte l’attaque du o en haut à droite, c’est à dire diamétralement à l’opposé, et on tourne pour fermer le rond par ce que j’appellerai une attaque de grande boucle. Il suffit pour s’en rendre compte d’écrire « ol » puis d’écrire un o tout seul. (Cette finale est susceptible de varier en fonction de la lettre qui suit).

Cette façon d’écrire la lettre o est la plus économique : s’il est précédé d’une autre lettre, on s’arrête avant le o, on se transporte en haut à droite diamétralement à l’opposé et on forme le o par le même geste que le e.

Ma théorie est la suivante : l’écriture fonctionne selon deux unités : – une qui va de la gauche vers la droite « en passant par en bas » (1ère unité), – l’autre qui va de la gauche vers la droite « en passant par en haut » (2ème unité).

La 1ère unité a :

– pour forme de base la boucle (avec une boucle on forme la lettre e et, en étirant les doigts vers le haut, on forme la lettre l.)

– pour 1ère dérivée, en étrécissant le geste, l’étrécie (avec une étrécie surmontée d’un point on forme la lettre i ; avec deux étrécies on forme la lettre u).

– et pour 2ème dérivée, en changeant le point d’attaque, le rond (avec un rond non refermé on forme la lettre c, avec un rond terminé par une attaque de grande boucle on forme la lettre o ; avec un rond fermé par une petite étrécie on forme la lettre a ; avec un rond fermé par une grande étrécie on forme la lettre d) Pas besoin d’œilleton ni dans o ni dans a.

Le fait de commencer l’apprentissage de l’écriture par e, puis l, ensuite i et u permet de ne pas avoir de problème de sens de rotation du o. Le fait que nombre d’adultes transforment les m et n en u et que, sauf très rares exceptions, personne ne transforme les u en n montre que dans l’écriture la 1ère unité est plus naturelle que la 2ème.

e –> l –> i  –> u –> t –> c  –> o –> a –> d

Donc, pour moi, le o se trace logiquement et sans difficulté en sens inverse des aiguilles d’une montre, sans œilleton, en commençant à plus ou moins 1 heure.

 

 

Les familles de lettres

Parmi les caractéristiques de l’écriture, la forme des lettres est celle qui retient le plus l’attention. C’est logique puisse c’est elle qui porte le code qui donne accès à la lecture.

Considérer que chaque lettre a une forme renvoie directement à l’alphabet et semble être pratique puisse c’est LA classification de la suite des lettres. Si je dis : je reconnais que chaque lettre a une forme, puis-je dire pour autant : je reconnais une forme par lettre ? Cela signifierait que chaque lettre est formée d’une seule et même forme et que cette forme est unique, c’est-à-dire qu’elle ne concerne que cette lettre. Or, si je compare les lettres cursives p et h je vois bien qu’il y a entre ces lettres des formes communes. Ce rapprochement me dit aussi qu’au moins certaines lettres ne comportent pas qu’une seule et unique forme.

Du coup cela exclut que je puisse construire la classification de l’écriture des lettres sur la notion de familles de lettres : pour séduisante qu’elle soit cette notion n’est pas adaptée à une juste compréhension de la structure des lettres, classer e, l dans la famille des boucles, i, u et t dans celle des étrécies ne pose pas de problème puisque le corps de chacune de ces lettres n’est formé que d’une seule et unique forme : la boucle pour e et l, l’étrécie pour i, u et t, mais ensuite comment classer h et k ? Comment classer r, s, mais aussi a ou d ? Est-ce que dire qu’elles appartiennent à deux ou à trois familles de lettres permet de comprendre leur formation. Si je dis que la lettre h est de la famille de la boucle et de la famille du pont, cela suffit-il à rendre compte de sa forme ? Que fait-on de l’arrivée de la boucle du h droit sur la ligne ? Autrement dit, comment le recodage du h à l’approche de la ligne s’inscrit-il dans cette classification ?

Lorsque je me suis mise à la recherche des « formes de base de l’écriture », j’ai considéré toute forme récurrente dans les lettres comme étant une « forme de base » mais il restait encore à faire. D’où la suite de ma recherche dont ma thèse de doctorat sur le système d’écriture des minuscules cursives latines en usage dans les écoles françaises.

Passer de l’idée de formes de base à celle de familles de lettres était alléchant. Je n’ai pas franchi ce pas car il ne rend pas compte de l’origine procédurale de la trace écrite. A l’inverse, j’ai gardé le cap sur la notion de mouvement en dégageant la forme que l’on rencontre dans  i, u et t de la référence au dessin d’une forme proposée par le mot coupe : à peine le ministère venait-il d’adopter ma terminologie que j’ai remplacé coupe par étrécie qui rend compte de la nature procédurale de la forme ainsi désignée (on obtient une étrécie en étrécissant la boucle, ce que je disais déjà en la nommant coupe dans la publication de 1999, cf. Le geste d’écriture, page 86).

Cette démarche m’a ouvert l’accès à la compréhension du système d’écriture en attirant mon attention sur les relations qui existent entre les formes :

– des relations hiérarchiques : par exemple l’étrécie est une dérivée de la boucle,

– des relations fonctionnelles : par exemple la lettre a est formée d’un rond fermé par une petite étrécie.

Outre qu’elles permettent de comprendre comment est structurée et comment fonctionne l’écriture, mes conclusions recoupent le fait que la progression la plus logique et la plus efficace d’apprentissage des lettres cursives manuscrites à l’école maternelle est pour commencer : e, l, i, u, t, c, o, a, d.

Ce pas que je réfute pour passer de l’idée de progression à celle de familles de lettres, d’autres l’ont franchi et on m’en a attribué la paternité. En effet, l’idée collait bien aux apparences : à partir du moment où je disais les lettres cursives sont composées de boucles, de coupes (étrécies), de ronds etc. il a été jugé bon de transformer mes propositions en les lettres cursives se répartissent en familles de boucles, de coupes etc. Il s’agit là d’un contresens : la notion de familles de lettres évacue l’idée de mouvement qui est pourtant à la base de ma méthode : l’écriture manuscrite est le produit d’un geste qui gère l’espace pour créer et déposer sur un support etc.

On trouve en abondance sur la toile des articles qui présentent « les familles de lettres selon la méthode Dumont ». Je tiens à insister sur le fait qu’il s’agit d’un contresens et d’un détournement de mes propositions pédagogiques : la notion de familles de lettres ne permet pas d’intégrer le mouvement, elle fige les formes constitutives des lettres dans un statut de formes immobiles alors qu’il s’agit de matérialisations de processus. C’est le processus de création des formes qu’il faut considérer (Comment passe-t-on de la boucle à l’étrécie et de la boucle au rond ? Comment passe-t-on du rouleau au pont et du rouleau au jambage ?) et, à partir de là, c’est le processus de formation des lettres qu’il faut considérer, par exemple : quelle relation fonctionnelle fait que le rond et l’étrécie donnent la lettre a ? La question en elle-même montre qu’il s’agit bien d’y voir un processus et non une forme figée : rond + étrécie ne donnent rien, en revanche un rond fermé par une petite étrécie donne la lettre a.

C’est parce que son cerveau a enregistré qu’il s’agit d’un processus et le met en œuvre que le scripteur recode dans une progression imperceptible la fin du rond pour fermer le a par une étrécie. C’est parce que son cerveau a enregistré qu’il s’agit d’un processus et le met en œuvre que le scripteur adapte le 1er pont du n dans le mot on au lieu de le faire identique au n du mot en. Au cours de l’acte d’écriture, le cerveau transforme instinctivement le discret (c’est-à-dire ce qui est figé dans une désignation unique et dénombrable : 2 formes de base que je peux nommer et 5 dérivées que je peux nommer également et auxquelles je peux attribuer sur le papier une forme dont je peux montrer le début et la fin) en continu (c’est-à-dire ce continuum qui passe progressivement d’une forme à l’autre sans qu’on puisse désigner une démarcation figée).

Cette gymnastique du cerveau pour passer du discret au continu est unique et favorise tous les apprentissages car elle suscite des aménagements personnels et constants qui échappent à l’attention pour que chaque unité de forme puisse se recoder pour donner accès à l’unité de lettre et pour que chaque lettre puisse se recoder si nécessaire pour s’intégrer au mot, ce qui donne à l’écriture sa fluidité :

– lorsqu’il se ferme dans la lettre a, le rond n’est plus tout à fait le rond puisqu’il a laissé place à l’étrécie ;

– lorsque le plein du h arrive sur la ligne, ce qui était au départ une boucle n’en est plus une puisqu’elle vient imperceptiblement de se transformer en pont ;

Il suffit de gommer la partie bouclée du h pour voir à quel point il s’apparente au n précédé d’un o.

Qu’elle concerne le passage de l’unité forme à l’unité lettre ou le passage de l’unité lettre à l’unité mot (exemple des mots en et on cité plus haut) cette gymnastique ne peut être que bénéfique au fonctionnement du cerveau : elle intègre et respecte les acquis tout en laissant au scripteur une marge de liberté.

On comprend pourquoi l’enfant gagne à apprendre à écrire par une démarche procédurale au lieu de reproduire des formes figées et immuables. On lui montrera le processus de création des formes puis, à partir de là, le processus de formation des lettres, il en tracera quelques-unes à la suite pour voir s’il a bien compris et s’il sait faire et très vite on lui demandera de produire du sens, seule raison d’être de l’écriture.

Donc,

  • oui, la progression à privilégier surtout en début d’école maternelle est celle qui suit le processus de formation des lettres (e, l, i, u, t, c, o, a, d au début pour l’école maternelle ; ce qui ne veut pas dire que la suite ne doive pas suivre ce processus)
  • non la référence à des familles de lettres ne fait pas partie de ma méthode et je ne la cautionne pas car (entre autres) elle renvoie à l’idée de dessins de lettres, donc ignore la nature procédurale de l’écriture.
  • non, on ne peut pas assimiler progression dans l’apprentissage de l’écriture et familles de lettres.
  • non l’apprentissage de l’écriture cursive n’a rien à voir avec le graphisme. Le graphisme ne rend compte ni des formes constitutives des lettres, ni de la nature procédurale de l’acte d’écriture, ni, par voie de conséquence, du lien imposé par l’acte d’écriture entre trace et sens au fil du déroulement de la trace.

Quelques mots de la relation entre forme et mouvement dans les publications de Robert Heiss.

Ce psychologue cognitiviste expose que l’écriture fonctionne sur la base de trois « rythmes » le rythme de mouvement, le rythme d’espace et le rythme de forme. Pour autant ses théories ne disent rien de la forme des lettres en elles-mêmes, elles en considèrent uniquement l’état : la forme est ou non structurée, elle est ou non personnalisée, elle s’adapte ou non à son environnement, avec tous les degrés de variation entre les extrêmes énoncés. Il confère au mouvement le rôle de porter l’écriture. La relation entre forme et mouvement intervient pour Heiss dans ce qu’il nomme le rythme de mouvement proprement dit et le rythme de forme proprement dits : c’est-à-dire la façon dont le mouvement module la forme ou la façon dont la forme est portée par le mouvement. Ce « rythme proprement dit » intègre sans le nommer le recodage nécessaire à une écriture fluide.

Que faire faire aux enfants ces derniers jours de vacances ?

La fin des vacances arrive. Certains parents s’inquiètent : mon enfant est-il prêt ? Il tient mal son  crayon , il tourne les ronds à l’envers, il n’écrit pas droit… oh la la !!! Que faire ?

Premièrement ne pas s’inquiéter, les enseignants sont là pour lui apprendre à écrire. Normalement ce n’est pas le rôle des parents… « Je sais, oui mais…  » j’entends bien cette petite idée qui trotte dans votre tête : « oui, mais vous voudriez bien lui donner un coup de pouce, juste un petit coup de pouce « pour qu’il soit prêt ».

Alors, que faire ? Je vous propose de lire cet article que j’ai fait il y a quelques mois pour le magazine Belle, hebdomadaire diffusé avec Le Quotidien sur l’île de la Réunion. Il portait sur la question : Comment apprendre à écrire aux enfants ? (quand on est parent). (Enfin, je veux dire, comment participer à leur apprendre à écrire si on ne peut pas s’en empêcher ? car l’enseignement, c’est l’école qui l’assure).

L’article était en deux étapes :

Étape 1 : Comment bien disposer les lettres ?

« Dis, Maman, qu’est-ce que j’ai écrit ? » Chloé vient de s’emparer d’un crayon et a ‘’écrit’’ avec énergie sur une feuille qu’elle tend à sa maman.  Maman réfléchit. « Tu as écrit… » Ouf, voilà que Gabriel vient à son secours en coupant court à cet échange « Ben moi, j’aime pas écrire ! » dit-il au bord des larmes. Maman le console. Chloé ne va pas encore à l’école. Ce sera pour bientôt. Gabriel, lui, est en maternelle ; il commence à « écrire » et trouve cela bien difficile. Juliette, sa grande sœur, aime bien écrire. Elle aime bien aller à l’école.

Comment faire pour que Chloé ne réagisse pas comme son frère ? Des quantités de petites activités peuvent l’aider. Peut-être aideront-elles aussi Gabriel à ne plus être fâché avec l’écriture. Nous allons en découvrir ensemble.

Tout d’abord, pour les faire et, peut-être, en inventer d’autres, il faut bien comprendre ce que c’est que l’écriture et « comment ça marche ? ».  Si je regarde une ligne d’écriture, qu’elle soit manuscrite ou imprimée, je vois qu’elle suit une ligne qui va de la gauche vers la droite. Je vois aussi qu’elle est composée de petites lettres, de grandes lettres et de lettres qui passent sous la ligne. Et je vois que les lettres sont plantées bien droit, qu’elles sont régulièrement espacées et que les mots sont espacés un peu plus que les lettres. Je sais aussi que l’écriture, ça a du sens, ça dit quelque chose.

Donc, quand l’enfant écrit, toutes ces caractéristiques-là doivent coexister. Plus la bonne forme pour chaque lettre, bien entendu.

Il faudra encore bien du temps pour que Chloé sache écrire et sans doute Gabriel ne sait-il pas non plus. En revanche, ils peuvent essayer de tenir une ligne bien droite, espacer régulièrement des objets, coller des images bien droit.

L’exposition de coquillages

Sur la plage, Chloé et Gabriel peuvent ramasser des coquillages vides. Ils les prendront de petite taille ou de taille moyenne et en feront deux collections : une de coquillages allongés, une de coquillages ‘’ronds’’. Ils pourront alors préparer leur exposition. Ils les présenteront bien alignés, choisiront de mettre ensemble ceux qui sont de la même couleur ou de la même forme, ils les espaceront régulièrement. Ils intercaleront par ci par là un coquillage allongé qu’ils placeront à la verticale ; ou deux, mais pas plus. Le plus important sera qu’ils soient bien alignés et régulièrement espacés.

Vous prendrez ensuite des photos et, une fois à la maison, vous imprimerez les étiquettes à placer sous les photos que Chloé et Gabriel exposeront au mur. Vous choisirez avec eux ce que diront les étiquettes : ‘’Exposition de Chloé’’, ‘’Exposition de Gabriel’’,  ‘’Coquillages de Chloé’’  ‘’Coquillages de Gabriel’’ etc.

Vous les imprimerez en double. Une de taille normale pour servir de modèle, une de grande taille pour l’étiquette à mettre au mur. Gabriel découpera son étiquette en lettres. Vous aiderez Chloé à découper la sienne. Chloé et Gabriel colleront ensuite sur un morceau de carton chacune des lettres de la grande étiquette pour la reconstituer. Ils les disposeront bien droit, bien verticales, régulièrement espacées comme ils avaient fait pour les coquillages.

Plus tard, lorsqu’ils commenceront à écrire cela les aidera à bien tenir leur ligne et à avoir une écriture régulière.

Et s’ils ne préparent pas d’exposition, ce n’est pas un problème, ils peuvent faire des pâtés ou des châteaux de sable qu’ils sépareront de coquillages ou de galets bien alignés et inventer d’autres jeux où ils feront les mêmes alignements.

Étape 2 : Comment bien former les lettres ?

A la première étape, nous avons vu comment à partir d’un matériel simple et gratuit, on peut donner progressivement aux enfants des compétences qui les aideront à écrire droit et régulier. Bien sûr, cela demandera du temps, ce n’est pas en une seule fois que les enfants y arriveront.

Lorsqu’on écrit, on bouge ses doigts. Cela se remarque peu, mais c’est ainsi. Si on ne les bouge pas, on écrit d’un mouvement de l’épaule ou du poignet. C’est fatigant et cela fait mal au bras ou au dos. Si on place mal sa main aussi. Que l’on soit droitier ou gaucher, la main se place dans l’axe de l’avant-bras : les muscles sont alors au repos, ils ne sont pas tendus, et ils se remettent au repos dès qu’on arrête d’écrire.  Comment faire placer la main correctement et habituer l’enfant à bouger les doigts ?

Le tir au but

Matériel  nécessaire : Pour jouer, des bouchons de bouteilles en plastiques, à défaut des fèves ou des haricots. Pour faire le but, une boite sans couvercle dont on aura coupé un coté long.

L’enfant est installé à une table, plus loin devant lui se trouve le but, posé sur le côté comme un but de football. L’enfant pose un bouchon sur la table devant lui vers sa main droite s’il est droitier, vers sa main gauche s’il est gaucher. Sa main, son poignet et son avant-bras sur la table, d’une chiquenaude du majeur il envoie plusieurs fois de suite le bouchon dans le but. Lorsqu’il a marqué cinq buts, il fait la même chose de l’index pour trois buts puis de nouveau avec son majeur pour cinq buts. Les enfants peuvent jouer à plusieurs. Le gagnant est celui qui a tiré le moins de coups pour mettre les treize buts (pour les plus jeunes on peut réduire le nombre de buts).

Lorsqu’ils prendront un crayon pour écrire ou dessiner, ils repéreront la position du majeur pour le tir au but puis feront glisser leur pouce le long de ce doigt jusqu’à ce qu’il vienne se placer contre le côté de la dernière articulation du majeur. C’est là que viendra se poser le crayon, l’index viendra se placer dessus.

La forme des lettres

Pour former les lettres, rien de plus simple. Il n’existe que deux unités de mouvement : elles vont toutes les deux de la gauche vers la droite. Il y a les mouvements qui y vont en passant par en bas comme la boucle ou la forme qui sert à écrire i ou u ou encore t (j’appelle cette forme « une étrécie » car il s’agit d’une boucle qu’on rend la plus étroite possible, jusqu’à faire superposer le tracé qui monte et celui qui descend ). Il y a les mouvements qui y vont en passant par en haut comme le pont. Ceux-là ne peuvent jamais faire une lettre à eux tout seuls. Il vaut donc mieux commencer par les autres.

Pour la première unité de mouvement on fait tourner les doigts en passant par en bas lorsqu’on va vers la droite et on avance : on forme une boucle, ou une série de boucles. Une astuce : on dessine un rectangle ; on dit que c’est ‘’la machine à étrécir’’, c’est-à-dire à rendre étroit. On commence à tracer une série de boucles à gauche « on les fait entrer dans la machine », à l’intérieur de la machine on les étrécit et on les fait de plus en plus étroites de façon à ce qu’elles ressortent étrécies, comme un chapelet de u. Lorsque les enfants savent bouger leurs doigts en souplesse, ils peuvent les tirer vers le haut ou les replier dans le creux de leur main. Alors, à partir de la boucle et de l’étrécie, ils peuvent écrire, e, l, i, u t très facilement (en dépliant plus leurs doigts pour l et t que pour e, i et u), et même la lettre f en pliant leurs doigts vers le creux de leur main pour descendre sous la ligne) et commencer à écrire des petits mots sans s’arrêter entre les lettres.

N’est-ce pas un plaisir pour un petit enfant de la Réunion d’écrire avec facilité le tuit-tuit ?  (oiseau endémique de la Réunion) De quoi lui donner envie d’aller à l’école pour apprendre la suite.

Et puis, bien sûr, s’il a besoin du coup de pouce d’un-e pro vous en avez la liste ici (elle sera complétée début novembre). En quelques séances votre enfant écrira mieux ou aura acquis les compétences pour bien écrire, en fonction de son âge.

J’ajouterai à ces articles rapides qu’on peut utiliser en même temps les cahiers Le Cirque et Le loup si les enfants tiennent correctement leur crayon. Ces livres sont complexes, mais pas compliqués. Il faut juste prendre le temps de lire les consignes et le mode de fonctionnement.

Pour la tenue du crayon existe aussi le cahier J’apprends à bien tenir mon crayon de la collection Le petit plus chez Belin. Les étapes de la tenue et du maniement du crayon y sont présentées de façon progressive.

Et puis, bien sûr, il y a la nouvelle édition du Geste d’écriture (2016). Clairement présentée et abondamment illustrée elle est facile d’accès.

 

La taille du lignage

Mi-août, c’est déjà l’approche de la rentrée. Une question revient encore et toujours : celle du choix du lignage. Ai-je bien fait de prendre du Seyes 4 mm ? N’aurait-il pas mieux valu prendre du 3 ? ou du 5 ?

Cette question traduit surtout l’angoisse de l’incertitude, comme on le perçoit dans le message ci-dessous.

Bonjour Madame Dumont.

J’aurais besoin d’un de vos précieux conseils. Jusqu’à présent, en CP, j’avais tendance à démarrer l’année avec des seyes 4mm… Or, depuis quelques temps, j’ai la sensation que pour de nombreux élèves, cette réglure est en fait trop grosse (quant à ceux pour lesquels elle ne semble pas l’être, c’est essentiellement parce que leur difficulté semble ailleurs: je parle là des élèves qui ne se posent pas sur la ligne par exemple)… mais c’est juste une sensation. Vous avez sans doute beaucoup plus de recul que moi sur la question, du coup, je me permets de vous demander conseil.

J’en profite pour vous dire que votre ouvrage a métamorphosé ma façon d’enseigner l’écriture et, qui plus est, qu’il m’a offert l’occasion d’apprendre à aimer celui-ci… donc: MERCI!

Cordialement,

Emmanuelle

La question porte sur le choix du lignage. En apparence. L’incertitude, plus ou moins inconsciente, sur la réalité de la problématique s’exprime dans l’expression « j’ai la sensation« , reprise pour confirmation « c’est juste une sensation« .  En analysant la question on se rend compte qu’Emmanuelle nous dit « et si ce n’était pas un problème de lignage ? »

Voila qui nous fait poser un regard différent sur la problématique : la question de quelle dimension faut-il que soit le lignage ? en cache une autre : que faut-il faire pour que l’enfant puisse écrire dans le lignage ? On perçoit alors que la réponse ne réside pas seulement ( voire pas du tout…) dans le choix du lignage mais dans l’enseignement de l’art de bouger ses doigts pour écrire dans le lignage.

L’art de bouger ses doigts pour écrire se prépare le plus tôt possible. Il donne accès à une écriture fluide et sans effort (mais ce rapprochement relève du pléonasme). Les doigts ne peuvent bouger vivement et souplement que s’ils sont libres. Cela implique nécessairement un bon appui des organes scripteurs sur la feuille.

Un appui adapté s’obtient lorsque  la main, le poignet et l’avant-bras sont posés sur la feuille. Si ce n’est pas le cas, l’enfant va se fatiguer à soulever le poignet et appuyer trop fort sur la mine du crayon (les deux vont de pair).

En même temps que ou après l’apprentissage d’un bon appui, l’enfant apprendra à bouger ses doigts. Pour cela le yoyo, la course aux zigzags ont fait leurs preuves depuis plus de 20 ans.  Les coloriages verticaux ou en rond de petites zones également (on les trouve entre autres dans J’apprends à bien tenir mon crayon – Collection Le petit plus, chez Belin.) Plus ludiques, les jeux de bouchons (cousins des jeux de billes) sont l’idéal pour l’été car ils se pratiquent sans crayon ni papier et n’évoquent pas l’écriture ni même l’école.

Une fois que l’enfant sait placer sa main et manier son crayon, alors il est prêt à écrire sans difficulté dans du lignage de toute dimension.

Les lignage trop grands sont toutefois à éviter pour les petites mains non encore expertes.

Donc, avant que se pose la question du lignage, il faudra donc :

1 – apprendre à l’enfant à poser le poignet sur la table

2 – éviter tout exercice qui, en position assise, fera tenir le coude en l’air (sauf faire des fonds de peinture au rouleau en déplaçant le bras horizontalement).

3 – faire faire des exercices de mouvement des doigts poignet et avant-bras en appui sur le support.

(4 – faire des exercices de gestion statique de l’espace graphique)

Les près de 40 pages du chapitre 13 de la nouvelle édition du Geste d’écriture (édition 2016) sont consacrées à la question de la tenue et du maniement du crayon. Les exercices y sont abondamment illustrés pour une bonne compréhension.

 

Nouvelle publication : les posters à afficher en classe.

Les posters méthode Dumont viennent de paraître (chez Hatier)

En voici des extraits :

Extraits de l'abécédaire, des chiffres. Processus de formation des lettresExtraits de l'abécédaire, des chiffres. Poster du processus de formation des lettres.

Ils comportent :

– le poster du processus de formation des lettres. Il montre comment former les lettres à partir des formes de base et de leurs dérivées. C’est l’idéal pour comprendre et montrer aux enfants comment on passe de la forme à la lettre de façon à avoir une écriture fluide.

– un abécédaire qui présente toutes les lettres dans les 4 formes avec des dessins illustrant le son au début et à la fin d’un mot. La présence du son à la fin du mot est précieuse pour sentir ce qui se passe dans la bouche quand on prononce une consonne : en début de mot le bruit de la consonne est provoqué par le point d’ouverture au passage du son de la voyelle ; en fin de mot il est provoqué par le point de fermeture après passage du son de la voyelle. Le point d’ouverture est difficile à percevoir pour un enfant ; le point de fermeture est plus facile.

– des réglettes pour chaque élève de la classe

– la présentation des chiffres avec une amorce vers la construction du nombre : l’enfant peut y découvrir qu’un nombre est le précédent augmenté de un.

– une notice de présentation.

Pour préparer à l’écriture en maternelle, vient également de paraître le cahier Le cirque, premier de la collection Les cahiers d’écriture Différenciation et transversalité qui complète la collection existante Les cahiers d’écriture.