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Des cahiers d’écriture pour la maison

La méthode d’écriture Danièle Dumont, présentée pour être pratiquée à la maison

 

Pour apprendre à écrire et s’entraîner à la maison.

 

 

 

 

 

Apprendre à écrire, c’est d’abord l’affaire de l’école. L’enseignant est là pour ça. Il lui faut souvent bien du courage pour tenir bon la barre face aux vents et marrées qui agitent les médias et risquent de ternir son image.
Cela n’empêche que les apprentissages sont aussi l’affaire de la maison.  Vous êtes parents ; alors vous voulez le mieux pour votre enfant. Vouloir le mieux, passe aussi par prendre conscience que les apprentissages de l’école et ceux de la maison ne sont pas antinomiques, bien au contraire.
Certains apprentissages commencent à la maison, le langage, la politesse par exemple. Pour d’autres il vaut mieux, pour des raisons pratiques et pédagogiques, qu’ils suivent ce qui se fait à l’école. C’est le cas, par exemple, de l’écriture.

Depuis un certain nombre d’années, je publie aux éditions Hatier une méthode d’écriture que j’ai mise au point au fil de ma réflexion et de ma recherche tout au long de ces trente dernières années. Il ne s’agit pas d’une « technique pour tracer des lettres  » mais bien d’une méthode qui conduit l’enfant à produire du sens tout en écrivant bien. Les articles de ce site en exposent certains pans. Ces publications, visibles à droite de l’écran, s’adressent surtout jusqu’ici aux enseignants des écoles maternelles et élémentaires.

Avec mes deux dernières parutions, c’est à vous, parents, que je m’adresse. Vous y trouverez dans une présentation claire et précise les informations dont vous avez besoin pour pouvoir faire travailler l’écriture à votre enfant avec la même méthode que l’enseignant. Vous pourrez alors accompagner et valoriser ses progrès sans devancer ce qui est fait en classe, sans porte à faux, et en étant au fait de la façon dont fonctionne cet outil de communication et d’expression si mal connu, l’écriture.

Et si vous faites l’école à la maison, alors ces deux ouvrages vous sont indispensables pour que votre enfant ait une écriture de qualité.

Quel rapport avec la méthode Dumont ?

J’ai partagé ceci sur FaceBook   et j’ai fait le commentaire suivant : Je suis parfaitement d’accord ! Mesdames ne faites pas ça ! 
Comme vous me connaissez un peu vous avez dû voir le clin d’œil. 
Quel rapport avec la méthode Dumont ? Eh bien, oui, il y en a un. Mais je vous le dirai après vous avoir lu-e-s.

Les réponses ont été variées et toutes intéressantes. Il est temps que je donne enfin la réponse.
Pour celles qui en auraient besoin voici un lien vers une petite piqure de rappel   et un autre vers une présentation de la nouvelle édition.

Comme vous le savez, le geste d’écriture est un concept que j’ai créé il y a déjà de nombreuses années.  Il va du moment où l’on s’apprête à prendre la crayon jusqu’à celui où l’on écrit en produisant du sens.

Il inclut donc la réflexion.  Le chapitre 9 du Geste d’écriture est consacré au sens.  Vous y avez lu ou vous y lirez : pour que l’écrit fasse sens pour lui, l’enfant doit être amené à réfléchir avant d’écrire.

RÉFLÉCHIR est le maître mot de ma méthode. Pour qu’il y ait réellement écriture, il faut qu’il y ait préalablement réflexion. Réfléchir avant d’écrire. Réfléchir ne signifie pas chercher quelle est la bonne réponse à la question mais, au contraire, se poser la question, aller jusqu’au bout de sa réflexion pour pouvoir avancer une réponse motivée.

Lorsque j’ai commencé à lire le texte en question après avoir vu l’image, je commençais à bouillir un peu car je trouvais la réaction extrêmement exagérée. Et puis j’ai lu la fin et là j’ai été d’accord, comme tout le monde : on ne pose pas ses tongs sur la table du restaurant !  Ensuite j’ai lu les commentaires beaucoup  portaient sur l’allaitement. Or, de quoi parle le commentaire de présentation : des tongs, rien que des tongs.

Je remercie vivement celles et ceux qui se sont prêtés sur Facebook à mon petit jeu de devinettes. Il a été un petit peu biaisé car quelqu’un a très vite parlé des tongs, du coup les réactions épidermiques qui m’auraient amusées (ce n’est pas méchant) n’ont pas fusé.

Le point commun avec la méthode Dumont est qu’il faut toujours aller au bout de la réflexion avant d’écrire/ avant de réagir (par écrit en tout cas) et j’en profite pour ajouter toujours aller jusqu’au bout de sa réflexion pour valoriser les projets en transversalité.  Cf la réponse faite ce jour à une enseignante tout en bas de page ici .

Je voulais profiter de ce billet – car c’est plus un billet qu’un véritable article – pour attirer aussi votre attention sur une pétition qui circule sur la toile. J’en ai pris connaissance dans les pages d’un groupe FaceBook dédié aux enseignants. Elle était présentée par une enseignante, pour moi donc par quelqu’un qui est censé savoir de quoi il parle lorsqu’il parle d’un livre de lecture.  Cette pétition visait à faire interdire la diffusion de Bulle, livre de lecture pour CP.  Image à l’appui  elle interpellait le lecteur  : Partagez moi cette horreur que cela circule et remonte le plus haut possible ! Les images et les textes sont présentées de telle façon que,  à moins d’aimer le style Gore, on a du mal à rester indifférent.  Comme beaucoup je suis tombée dans le panneau.  Comme beaucoup je n’ai pas pu ajouter de commentaire de protestation sur la pétition car les commentaires ont été désactivés.  Si au lieu de me fier aux réactions de l’enseignante qui la présentait j’avais analysé plus finement la pétition je ne me serais sans doute (peut-être car le montage est fait de façon très astucieuse) pas laissé prendre par ce montage diffamatoire.
Donc approfondissons encore et toujours notre réflexion !

Pour information, je me suis dédoublée : si vous souhaitez une formation vous pouvez aussi voir là les personnes que j’ai formées.

Une petite piqure de rappel : pour une écriture de qualité et faisant sens.

Une petite piqûre de rappel. Cela n’est pas inutile lorsque j’aperçois çà et là sur des blogs ou sur des pages FaceBook quelques informations erronées ou tronquées.

Il s’agit de la prise en compte des fondements de ma méthode d’enseignement à savoir la double différenciation et la transversalité. Bien qu’ils soient présents dès la première publication du Geste d’écriture en 1999 et qu’ils soient véritablement fondamentaux pour une entrée dans un écrit techniquement réussi et porteur de sens, il arrive que ces deux piliers de ma méthode d’enseignement soient escamotés.

Avec ses 110 pages de plus que la précédente, la nouvelle édition les explicite très largement et présente des exemples de mise en œuvre sous forme de tableau. Après la présentation des bases de ma méthode, j’ajouterai ici un autre exemple issu de la réflexion menée au cours de l’atelier que j’ai animé ce mercredi 6 juin pour le SNUIPP des Vosges.

Rappel du principe :

I – La double différenciation

1) Différenciation entre l’objectif de l’enfant (objet de la tâche : réussir un beau poster, faire gagner son équipe…) et l’objectif de l’enseignant (objet du savoir)

2) Différenciation entre les enfants en fonction des compétences à leur faire acquérir (donc de leurs acquis, de leurs possibilités – et de leurs attentes)

II – La transversalité

Toutes les activités préparatoires à l’écriture se font dans le cadre de projets définis par l’enseignant seul ou conjointement avec les enfants. Leur relation avec l’écriture n’apparaît à l’enfant que lorsqu’il s’agit pour lui d’écrire effectivement.

Par exemple, pour la confection de l’affiche de la fête de la musique que nous avons traitée au cours de l’atelier du 6 juin, les enfants qui froissent le papier et s’en servent de tampon de peinture fluo pour illuminer les fonds peints par leurs camarades ignorent que cette activité est aussi destinée à leur tonifier la main. Ceux qui ont peint les fonds au rouleau ignorent que cette activité était aussi destinée à leur faire dégager le coude du corps afin d’assouplir leur posture.

En revanche, ceux qui écrivent le titre de l’affiche en collant une à une les lettres qu’eux-mêmes ou d’autres auront découpées savent bien qu’ils « écrivent » et ils savent aussi que le bon alignement des lettres habitue leur œil à la linéarité afin que plus tard, ils écrivent droit.

(cf. https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=Fw4jc19_03Y   ou https://www.youtube.com/watch?v=yLB2jTofuUY

Ces deux piliers de l’enseignement évitent la surcharge cognitive et donnent accès progressivement au savoir au rythme de chaque enfant en préservant son épanouissement vers d’autres savoirs liés directement (fête de la musique, jardinage …) ou indirectement (couleurs, formes, numération…) au thème traité.

Exemple de thème

La présence du jardinage parmi les thèmes exposés dans le livre montre d’elle-même qu’apprendre à écrire n’est pas forcément une affaire de trace écrite.

Ce 6 juin, nous avons choisi la confection d’une affiche pour travailler le thème de la fête de la musique. Nous aurions pu aussi choisir la mise en place d’une formation musicale, comme l’a bien perçu une enseignante qui mimait une batterie. L’un des choix n’exclut pas l’autre, mais le temps est notre maître et le thème de l’affiche l’a comblé.

Nous aurions pu proposer de :

–  mimer le jeu du pianiste, du saxophoniste… pour la souplesse des doigts, du batteur pour la souplesse et la fermeté du poignet etc.

– disposer sur une feuille les touches d’un piano pour la gestion statique de l’espace graphique. Les touches seraient découpées (pour l’agilité des doigts) dans du papier crème et du papier noir – qui auraient pu être peints au rouleau (pour l’assouplissement de la posture).

– de défiler avec des instruments réels ou imaginaires

– de faire disposer des chaises en lignes pour les spectateurs…

– de faire reproduire quelques notes de musiques sur une partition… en les noircissant d’un mouvement des doigts chaque fois que nécessaire (prise de conscience d’un lignage à respecter, en l’occurrence une portée) (motricité fine des doigts)

– etc.

 

Le principe ne doit pas faire oublier le contenu. Il est développé dans la modélisation de l’apprentissage de l’écriture (cf. Le geste d’écriture et https://www.youtube.com/watch?v=DQtjHxbqD7k  ) et dans la présentation du système d’écriture (cf. Le geste d’écriture et https://www.youtube.com/watch?v=Fw4jc19_03Y) qui explicitent l’une et l’autre le concept de geste d’écriture que j’ai créé il y a quelques décennies.

Ce concept  serait privé de son intérêt, donc réduit à un simplisme stérile, si pensant utile de le simplifier, on le privait de ses racines.  https://www.youtube.com/watch?v=yLB2jTofuUY

En effet, en abordant la méthode avec les œillères des certitudes  que peuvent donner des années de pratiques autres, certains changent à la fois le mode opératoire de l’accès aux formes et la terminologie. Ils privent alors les enfants de la découverte magique de la machine à étrécir et de toutes les facilités qu’elle induit, et de bien autre choses…

Si dans leurs discours ils semblent avoir compris que « tout part de la boucle », ils n’ont saisi ni l’essence ni l’essentiel et confondent la forme et le mouvement en faisant commencer la boucle aux exercices avec les foulards   (ce qui n’induit aucune obligation de tourner « dans le bon sens » et constitue une sorte de tentative de remonter de la forme connue – la boucle – à un hypothétique mouvement qu’elle intégrerait).

Certes, ce n’est pas évident de comprendre dès le départ ce qu’implique l’idée qu’au commencement est le mouvement. Pour certains, le mouvement c’est ce qu’on fait en verbalisant pour reproduire une forme. Cela, ce n’est pas le mouvement, c’est une tentative de  description du mouvement. Procéder ainsi c’est comme vouloir apprendre à marcher à son enfant en lui expliquant comment il doit poser ses pieds et plier ses genoux.

L’encodage du mouvement fait appel à la mémoire procédurale pas à la mémoire sémantique. Si on disait dans le passé (et encore maintenant… 🙁   ) qu’il faut toute l’école élémentaire pour apprendre à bien écrire, c’est bien justement parce que les enfants apprenaient à reproduire la forme des lettres et il fallait du temps pour mettre en place, à rebours, le programme moteur.

Avec la méthode Dumont, les enfants apprennent à écrire c’est-à-dire à produire du sens avec une écriture fluide, claire, lisible et bien ordonnée dès la maternelle. Lorsqu’ils arrivent au CP il leur reste à acquérir les savoirs que fixe pour eux le programme de l’Éducation nationale et ils peuvent ainsi le faire en étant libérés de cette double tâche que constitue l’effort à faire si l’écriture n’est pas acquise. Cela les libère également de l’inquiétude devant la production d’écrit.

Ce que propose ma méthode d’enseignement c’est donc de commencer par la mise en place du programme moteur. Pour une efficacité optimum de l’encodage de ce programme moteur, il m’a fallu définir le système qui préside à la formation des lettres et à leur enchainement. Ma thèse de doctorat (et la recherche poursuivie ensuite) m’ont permis de mettre en évidence le processus de création des formes et le processus de formation des lettres. Je renvoie le lecteur à la dernière édition du Geste d’écriture et aux posters publiés aux éditons Hatier. Je le renvoie aussi à la vidéo en ligne sur le site Eduscol http://legestedecriture.fr/une-video-eduscol-du-processus-de-creation-des-formes-et-du-processus-de-formation-des-lettres/

La base de la création des formes est l’encodage kinesthésique de la première unité de mouvement ; cela ne peut se faire qu’avec des consignes adaptées qui n’ouvrent pas le risque de partir dans le mauvais sens. Le processus de création des formes nous apprend que la forme est la concrétisation du mouvement. C’est donc bien par le mouvement qu’il faut commencer : en l’occurrence par le relais de hockey que j’ai créé à cette intention. (Cf. le geste d’écriture et quelques articles sur ce site).

En conséquence, on ne commencera donc jamais par le jeu des foulards (qui tendrait à vouloir faire remonter de la forme au geste ce qui n’offre aucun intérêt)

En conséquence de tout cela aussi ce serait extrêmement réducteur de réduire ma méthode d’enseignement à un ordre d’enseignement des lettres ou même des formes qui les constituent.

Voici donc l’essentiel de ce qui fait la spécificité de ma méthode d’enseignement et tout particulièrement d’enseignement de l’écriture.  Je vous invite à lire Le geste d’écriture – Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2, Différenciation et transversalité (édition 2016) en commençant par le commencement et sans sauter des étapes  😉

Bonne lecture et bonne mise en œuvre.

La présentation des nouveaux article, c’est ici : http://legestedecriture.fr/news-2/

Enseigner la tenue et le maniement du crayon

Le geste d’écriture  consacre 36 pages à ce sujet dans son édition 2016.
D’autres articles sur la question ici  : la tenue du crayon illustrée
et encore sur la chaîne YouTube ici

Objectif atteint : libérer l’esprit grâce à une bonne préparation

Bien que je le disais, bien que je l’écrivais, mes débuts dans la présentation d’une nouvelle façon de voir l’écriture et son apprentissage ont eu du mal à faire percevoir que mon objectif était in fine la production de sens.  D’autres, mieux que moi sans doute, ont consacrés de longues études à cette production.

Mon originalité consistait à vouloir que cette production intellectuelle soit portée par une production technique de qualité. Quel sens peut-on donner à une écriture illisible ?  Quelle perception du sens peut avoir un lecteur confronté à une écriture tellement mal faite qu’il n’a pas envie de la lire ? Quel appétit à la production de sens peut avoir un enfant qui s’arrête pour « bien dessiner » chaque lettre ?

C’est donc par le versant procédural que j’ai abordé l’enseignement de l’écriture.  Le concept de geste d’écriture que j’ai alors créé indique bien que la démarche va jusqu’au bout : on écrit ce qu’on a à l’esprit au moment où on le fait,  la trace écrite donne accès à la fonction sémantique de l’écriture.

Depuis de nombreuses années je travaille donc sur l’écriture et je tâche d’apporter de mon mieux ma contribution à la construction du chemin qui conduira chaque enfant au maximum de ses possibilités.
Écrire, c’est réfléchir. Pour qu’il puisse en être ainsi, le cerveau de l’enfant ne doit pas être encombré de considérations sur la façon dont il s’y prend. Cela doit être intégré sans qu’il ait eu à aucun moment à s’y appesantir.

Bien sûr, l’écriture est culturelle, mais c’est aussi un acte procédural. Plus tôt le procédural s’enseigne, plus tôt et plus efficacement le culturel sera opérationnel. Autrement dit en prenant soin d’enseigner par le jeu au tout petit tout ce qui lui servira à apprendre à écrire on se dote d’atouts précieux pour permettre à l’enfant de réfléchir lorsqu’il écrit.

Quel bonheur de constater que les résultats de cet enseignement sont en bonne voie ! Je voudrais partager ce bonheur avec vous qui me lisez en vous livrant ici le contenu de deux messages reçus presqu’en même temps.

Conseillère pédagogique sur Marseille, on a eu l’occasion de se croiser lors d’une conférence menée pour Marseille 1 à laquelle je m’étais invitée.
Juste ce mail pour vous dire combien votre travail m’est précieux aujourd’hui pour former les enseignants de CP dédoublés aux gestes d’écriture, eux qui souvent n’ont jamais eu d’apport dans ce domaine.
Vos livres sont des mines d’or et les vidéos trouvées me permettent de conduire des formations utiles et efficaces puisque directement opérationnelles pour les collègues
Merci donc 1000 fois de votre investissement.
Je n’ai qu’un regret: ne pas avoir croisé vos ouvrages plus tôt, du temps où j’avais des CP/CE1 notamment.

Quelle magnifique conférence vous avez tenue ce soir sur Six fours. En 15 ans d’enseignements je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne aussi intéressante. Vous avez donné et transmis votre savoir. Et je n’ai qu’une seule envie à mon tour de donner et de transmettre à mes élèves de toutes les choses que j’ai découvertes ce soir . 
 » Écrire, c’est une manière de vivre.  » comme le disait si bien Gustave Flaubert. J’ai eu ce soir l’impression que l’écriture c’est votre manière de vivre. Je vous souhaite une belle route à travers la France où plein d’autres enseignants auront la chance de vous rencontrer. Mille mercis Sandra

Un très grand merci à mon tour pour ceux deux beaux messages.  Je me dis que ça valait la peine de ne pas abandonner .

La tenue du crayon : les faux bons conseils

On constate de plus en plus que les enfants ont du mal à tenir le crayon. J’en ai donné quelques raisons directement liées aux nouvelles technologies.

J’en donnerai d’autres raisons liées indirectement aux nouvelles technologies, c’est à dire non pas aux technologies elles-mêmes mais à ce qu’elles propagent.

Moyen de diffusion d’une puissance inégalée jusqu’ici, le numérique propage, en effet, des informations utiles, mais aussi nombre de conseils toxiques qui le seront d’autant plus qu’ils sont alléchants.

Attention donc, si une proposition vous intéresse ne l’adoptez pas sur les bases de son emballage : essayez-la. Comme vous le feriez d’une paire de chaussures. Observez ce qui vous est proposé. Essayez sans rien y changer. Constatez. Tirez-en des conclusions qui ne soient marquées ni par votre désir d’adhérer à une proposition si bien présentée ni par un rejet à priori pour une raison ou pour une autre.

Vous expérimenterez ainsi, par exemple, un conseil abondamment diffusé sur des vidéos, des sites, des blogs et même des formations puis relayé d’abondance aussi par ceux qui se sont laissés piéger : bloquer un mouchoir avec l’annulaire et l’auriculaire pour faire fermer la main afin de mieux tenir le crayon.

Alors essayez. Prenez un mouchoir en papier. Placez-le dans votre main qui tient le crayon. Serrez-le fort contre votre paume avec votre annulaire et votre auriculaire tel que vous le montre le dessin ou la vidéo (que je ne montrerai pas ici ; ne faisons pas de publicité aux conseils toxiques).

Maintenant constatez. Votre pouce et votre majeur tiennent le crayon (votre index est posé dessus). Votre annulaire et votre auriculaire pressent le mouchoir. Pour cela ils sont désolidarisés du majeur. Vous constatez aussi que ces deux doigts sont crispés.

Enfin concluez. Votre majeur ne bénéficie pas de l’appui de  l’annulaire et de l’auriculaire puisqu’ils sont bloqués sur le mouchoir. 

En conséquence, l’annulaire et l’auriculaire n’offrant pas au majeur le bénéficie d’un appui, la tenue du crayon reste instable malgré une bonne prise et vous le ressentez lorsque vous écrivez mouchoir en main. 

Alors que faire ? En l’occurrence revenir à la technique d’origine qui était de placer dans la main une boule de cotillon ou un mouchoir roulé en boule : boule de cotillon pour enseigner l’écriture, mouchoir roulé en boule pour la rééduquer car le mouchoir ainsi utilisé permet  de moduler l’appui. Et même aller plus loin.

Vous trouvez la 1ère proposition dans Le geste d’écriture depuis sa 1ère parution en 1999 jusqu’en 2016. Vous ne trouverez pas la 2ème car je n’ai pas publié ma méthode de rééducation de l’écriture . Toutefois devant la difficulté induite par la diffusion de l’usage mal compris du mouchoir, j’ai aménagé la technique d’enseignement de telle sorte qu’enseignement et rééducation se rejoignent sur ce point et j’ai publié cet aménagement dans l’édition 2016 du Geste d’écriturepour que les enfants ne restent pas la main entrouverte pour écrire mais aussi qu’ils ne crispent pas leur doigts, nous leur mettrons dans la main une boule de coton à démaquiller que nous nommerons « petit poussin » pour la circonstance. L’objectif ludique de l’enfant est de tenir le « petit poussin » au chaud dans sa main sans l’écraser. L’objectif de l’enseignant est d’obtenir rapidement une bonne tenue de crayon (et d’éviter les crispations renforcées par un emploi inapproprié du mouchoir).

La tenue de crayon illustrée

L’une des préoccupations récurrentes en ce début d’année scolaire est la tenue du crayon.
Un leitmotiv en forme de plainte se diffuse : cette année c’est affreux, tous tiennent mal leur crayon ! Si vous vous souvenez bien, l’an dernier c’était déjà comme ça.   Vous trouverez des articles sur le site en entrant « crayon » dans le bouton « recherche » ou en fouillant dans les news  dans la fonction recherche
Si vous êtes enseignants, vous avez très envie de pouvoir montrer aux parents comment repérer les mauvaises et les bonnes tenues de crayon. C’est l’objet de ce nouvel article. Il vous présente l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour voir si une tenue de crayon est bonne ou mauvaise. N’oublions pas non plus son maniement (les doigts peuvent être correctement placés sur le crayon et la main mal positionnée. Le maniement du crayon crée alors des tensions, voire des douleurs).

Vous pourrez imprimer le PDF ci-dessous et, si vous êtes enseignant, le distribuer aux parents si vous le souhaitez.

Tenue de crayon

Bonne observation !

Agora AGEEM 2017

J’avais dit quelques mots de présentation de mes interventions au congrès d’Albi de l’AGEEM.

En voici une brève présentation en attendant de développer plus bientôt  :

C’est ici   ou encore   là  .

On trouvera une présentation générale du congrés d’Albi ici

 et ma présence au congrès 2016 à Dijon là .

Réfléchir sur l’écriture au cycle 3

En cycle 3, l’élève est censé écrire correctement. Pourtant beaucoup éprouvent encore quelques difficultés. Pour certains une rééducation s’impose. Pour d’autres, attirer leur attention sur certains écueils et leur proposer une réflexion sous forme d’exercices suffit.

J’ai écrit pour eux un petit livre contenant plus de 60  exercices : Une bonne écriture. Choix ou nécessité ?  (Editions Nathan) Il s’agit d’un « livre du maître » construit en 5 parties. Il présente tout d’abord l’historique de l’écriture. Il montre ensuite comment fonctionne l’écriture. Il fait prendre conscience de certaines spécificités, puis il interroge ce qui apparaît comme des évidences par exemple le point déposé sur la ligne pour montrer où commence la lettre. Enfin il montre que, bien qu’elle doive suivre un modèle, l’écriture autorise aussi une certaine liberté de choix.

L’objectif de ce livre est d’aider les enseignants à faire que les enfants aient une écriture de qualité tout en les laissant libres de faire quelques aménagements. C’est un outil pour la classe mais aussi en aide spécialisée.

Ecrit en 2014 juste avant que la finalisation du processus de création des formes et, par voie de conséquence, du processus de formation des lettres, ce livre n’a pas encore intégré dans l’édition actuelle le terme de rouleau qui requalifie ce que je nommais alors  le pont refermé et conjointement il présente une inversion entre rouleau et pont (page 51).  Cela ne présente pas une importance majeure dans le cadre de ce livre et peut facilement être rectifié à l’écoute de la vidéo que j’ai faite pour Eduscol sur ces deux processus.

Entre les enfants qui relèvent de la rééducation graphique et ceux pour qui les exercices d’Une bonne écriture – Choix ou nécessité suffiront, il y a ceux qui ont besoin d’aller plus loin que les gammes proposées par Le cahier d’écriture – 2 Perfectionnement  (Editions Hatier)  plutôt destiné aux CP et CE1 sans pour autant avoir besoin de consulter un spécialiste de la rééducation.

Ceux-là trouveront des gammes, des exercices de copie et des exercices de copie différée dans Les cahiers d’écriture – Remédiation chez le même éditeur.

Les modèles de référence des lettres cursives et de leur enchaînement correspondent à l’écriture Cursive Dumont maternelle.  En attente depuis 10 ans, la police d’écriture Cursive Dumont maternelle a été diffusée pour la 1ère fois en tout début de cette année 2017.  Elle est actuellement disponible ici.

Différence entre les anciennes éditions du Geste d’écriture et l’édition 2016

En 2016, Le geste d’écriture a changé de collection. Après 16 ans de  publication dans la collection Hatier pédagogie, il passe dans une collection plus moderne : Enseigner à l’école primaire.

Offrant plus de place, son grand format autorise une présentation plus aérée donc procure un meilleur confort de lecture. Il permet aussi d’accueillir plus d’illustrations visuelles.  De nombreuses photos montrent les activités en cours de réalisation. Avec ses pages aérées, ses photos, ses codes couleurs la nouvelle collection est plus agréable à lire que la précédente.

Si la nouvelle collection apporte confort et agrément de lecture ce ne sont pas les seuls atouts, bien sûr, de cette nouvelle édition. Au-delà de l’aspect matériel dû au changement de collection, la nouvelle édition apporte un véritable plus par rapport aux anciennes.

En effet, avec presque le double de pages des éditions précédentes, l’édition 2016 m’a tout d’abord permis de développer ce qui fait l’originalité de ma pédagogie, au-delà même de la question de l’écriture :

  • en méthode Dumont, les compétences de base s’acquièrent essentiellement en transversalité, c’est à dire insérées dans des activités diverses sans lien apparent avec l’écriture ; pour cela l’enseignant est attentif à faire la différence entre ce qu’il fait faire à l’enfant et ce qu’il veut obtenir comme résultat pédagogique. Il différenciera l’objectif de l’enfant de son propre objectif, pour cela il fera la différence entre l’objet de la tâche (objectif de l’enfant) et l’objet du savoir (objectif de l’enseignant)
  • en méthode Dumont,  les actions sont différenciées : les besoins de chaque enfant sont pris en compte, c’est à dire qu’au sein d’une même activité chaque enfant réalise une tâche qui lui fait travailler la, les ou l’une des compétences qu’il lui faut acquérir. Par exemple en jardinage, un enfant cherche des petits pois dans un seau de sable s’il doit travailler la motricité fine, il les pose sur la table par groupe de quatre s’il doit travailler la numération jusqu’à quatre,  il les aligne les uns à côté des autres s’il doit travailler  la tenue de ligne et la régularité des espaces. Un autre viendra les chercher, il les recomptera, les prendra et les sèmera en respectant les consignes déterminées par ses besoins.

La première partie présente cette pédagogie. Toutes les autres en sont imprégnées. On gagne donc à lire le livre dès le début sans faire d’impasse, en évitant tous les résumés, condensés ou autre présentations censées simplifier car les raccourcis qu’elles opèrent dénaturent ou tronquent forcément le propos.

La nouvelle édition ajoute au tableau de modélisation la présentation schématique du système d’écriture. Le premier est une présentation des différentes étapes de l’apprentissage de l’écriture. La seconde est une présentation du contenu et du fonctionnement du système d’écriture lui-même.  Les deux se recoupent bien sûr mais ils n’ont pas la même fonction.

Vous les retrouverez sur ma chaine Youtube  sans nouvelle publication depuis quelques temps pour cause de planning surchargé mais qui va bientôt reprendre.   Abonnez-vous ! vous serez sûr de ne rien louper et de pouvoir consulter les nouvelles vidéos dès parution. 

Cette nouvelle édition présente aussi la façon dont les formes se créent, les unes découlant des autres (processus de création des formes) et la façon dont les lettres sont construites  à partir de ces formes (processus de formation des lettres). Elle reprécise l’un et l’autre de ces processus par rapport à l’édition précédente.
L’affichage du poster dans votre classe vous permettra de présenter facilement aux enfants comment se forment les lettres.

La nouvelle édition développe aussi plus que la précédente la notion de sens : Qu’est-ce que faire sens ? Comment l’enfant accède-t-il au sens ? Qu’est-ce qui peut parasiter sa compréhension de l’existence d’une relation graphophonologique  ?

Bref, grâce aux avantages de la nouvelle collection j’espère avec cette édition 2016, être au plus près de L‘outil que vous attendiez.

Vous en trouverez le sommaire ici    et une  présentation plus détaillée là.

Vous trouverez aussi sur le site un nouvel outil pour préparer votre classe : la police Cursive Dumont maternelle.  Ceux qui l’ont achetée sur Ulule l’ont depuis le début de l’année.  Les autres ont dû attendre juillet.

La cursive Dumont élémentaire remplaçant les capitales par des majuscules cursives a été retardée pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté. J’espérais pouvoir la mette en ligne pour la rentrée. Je crains que cela ne soit pas possible. Il faudra attendre encore un peu.