Comment fonctionne la modélisation

La modélisation de l’apprentissage de l’écriture se lit en commençant par la fin (finalité -> compétence à acquérir pour accéder à cette finalité -> ce qu’il faut avoir atteint pour construire ces compétences -> compétences de base à mettre en place pour atteindre cet objectif premier). En revanche, c’est bien de gauche à droite qu’elle se pratique (mise en place des compétences de base -> objectif visé par cette mise en place etc.)

Cette modélisation a des exigences qui en font l’efficacité mais aussi la difficulté ; tout doit être commencé de front : latéralisation, développement des compétences motrices, développement des compétences visuo-spatiales et auditives, développement des compétences kinesthésiques commencent à se travailler dès l’arrivée de l’enfant en maternelle (cf. le cahier 1 qui consigne les progrès de l’enfant dans sa préparation à apprendre à écrire).

Cela se fait en transversalité, c’est à dire dans le cadre des multiples activités de la classe, de façon ludique, sans même que l’enfant s’en rende compte sur le moment puisque l’objectif de l’enfant s’inscrit dans le jeu ou l’activité proposés (tandis que celui de l’enseignant a des visées pédagogiques). L’avantage, et il est de taille, est que les enfants écrivent bien lorsqu’ils commencent à écrire, car ils ont préalablement acquis toutes les compétences nécessaires, et qu’ils l’ont fait avec plaisir.

Le calendrier d’Enfantines, école maternelle de La Marsa en Tunisie, offre un superbe exemple de préparation à l’écriture en transversalité.  On y voit, entre autres, des travaux de contrôle visuel des alignements et de la régularité des dimensions (qui concerne ce que j’ai nommé la gestion statique de l’espace graphique) et de positionnement et mobilité des doigts (qui concernent la tenue et le maniement du crayon).  En voici un extrait

 

Les comptines pour apprendre à écrire qui peuvent être écoutées à partir du site font entendre des frappes afin d’inciter les enfants à les suivre. En renouvelant ces frappes sur la table, puis en les réinvestissant ultérieurement au rythme de sa propre évocation mentale en apposant des taches de couleur à l’éponge, et enfin en collant des gommettes selon le même rythme d’espace, l’enfant  s’assure un renforcement auditif de la gestion statique de l’espace graphique.

 

 

4 réflexions au sujet de « Comment fonctionne la modélisation »

  1. Bonjour
    Je suis en train de lire avec grand intérêt votre livre et il me vient beaucoup de questions . Tout d’abord, peut on faire ce travail de frapper des mains sur des comptines autres que celles que vous proposez avec la même efficacité ? D’autre part, j’ai des grandes sections cette année et je voulais savoir si je pouvais revenir en arrière en quelques sortes dans l’apprentissage… étant donné qu’il n’ont pas fait les étapes dans l’ordre que vous décrivez … D’avance merci … Ah oui une autre question : cela vous arrive t-il de vous déplacer pour animer des conférences pédagogiques ?

    1. Bonjour,

      Oui, toute comptine peut être utilisée pour les frappes. (Les frappes peuvent être diversifiées selon le tempo ou selon qu’on frappe le rythme ou le tempo. J’ai prévu de l’expliquer sur le site. Donc à suivre…)

      Au sujet des étapes de l’apprentissage de l’écriture tel que je le préconise. Pour une véritable efficacité la méthode doit être utilisée dans son intégralité. Vous pouvez commencer en même temps par :
      – le jeu de croquet (pour le point d’attaque et le sens de rotation des boucles) qui sera suivi de toutes les étapes nécessaires pour arriver à la boucle.
      – la gestion statique de l’espace graphique (à tout propos)
      – l’apprentissage de la tenue du crayon.
      La classe n’a pas d’importance à ceci près toutefois qu’il vous faudra aller jusqu’au bout et plus vite que pour des MS et surtout des PS ou des TPS (PS et TPS ayant toute l’année pour tout cela).
      Il vous faudra néanmoins du temps, comptez au moins 1er trimestre tous les jours. Peut-être pouvez-vous prévoir le jeu de croquet également pendant les récréations car il faut du temps pour encoder.
      N’hésitez pas à verbaliser chaque réinvestissement si nécessaire : « tu fais comme quand tu… tu te souviens… », afin de renforcer l’encodage et de progresser.
      Comme le laisse supposer l’organisation du cahier 1, dès que tout cela sera en place les enfants pourront commencer leurs premiers écrits (en capitales et en cursives)

      Au sujet des conférences depuis 1993 j’en ai fait quelques centaines. Plusieurs sont prévues cette année scolaire. Vous trouverez ici des informations sur mes formations.

      Au sujet du livre. Une nouvelle édition vient de paraître. Elle est restée toutefois référencée édition 2006. En ce qui concerne Amazon pas de problème comme le livre était épuisé, c’est bien 2012 qui est en vente neuf en ligne. En librairie, il suffit de vérifier qu’en bas de la dernière page figure bien la date « août 2012 ».

  2. Bonjour
    J’ai lu pour la 2ème fois votre ouvrage « Le geste d’écriture ». Je suis Maître Formateur et j’organise prochainement une formation sur l’écriture. Selon moi et ce que j’ai compris de votre ouvrage, les lettres commencent toutes (sauf les lettres rondes)par un trait courbe de sens anti-horaire sur la ligne de base donc les ponts ne commencent pas par un trait ascendant mais comme démarre une boucle. Est-ce bien cela?
    Pour ce qui est des liaisons entre r avec b, v, w , j’ai pour habitude de dire que ces lettres terminent toujours à la 1ère interligne et que s’il le faut la lettre qui suit devra monter légèrement au-dessus de l’interligne (br). Cela me semble plus simple au niveau des repères que de devoir faire une courbure en fin de b pour ne pas dépasser l’interligne. Mais en relisant votre ouvrage j’ai cru comprendre que vous préconiser la courbure. Est-ce bien cela?
    Enfin comment lie-t-on un s ou certaines majuscules (B, D, …) à une lettre ronde: on les colle l’une à l’autre ou on crée une liaison pour l’occasion?

    Merci d’avance pour vos réponses, Lydia

    1. Bonjour,
      Je prends connaissance de votre message un peu tardivement.
      Avez-vous l’édition 2012, c’est à dire celle qui, malgré sa référence à 2006 porte en bas de dernière page « août 2012 » ?

      A mon avis, il vaut mieux éviter de commencer par la formation des lettres prises isolément.
      Il vaut mieux commencer par faire saisir qu’à l’origine est le geste. Comme un pas de danse, une figure de danse, le geste laisse une trace qui se module selon le contexte (début de mot, fin de mot, lettre placée avant lettre placée après.) Les formes sont donc soumises à des variations contextuelles (cf. page 88 et suivante).
      Il existe donc deux gestes (deux unités minimales) : ils vont l’un et l’autre vers la droite : le 1er passe par en bas, le second par en haut.
      Cette façon de voir évite le carcan de la reproduction imagée.
      Ces gestes se concrétisent en formes de base et dérivées :
      – la boucle d’où dérive l’étrécie et le rond
      – le pont d’où dérive le pont refermé et le jambage bouclé.
      Une septième forme dérive du jambage bouclé : le jambage bâtonné.

      Vous percevez la souplesse qu’offre cette approche :
      – l’attaque du m peut donc varier selon sa position. Dans notre écriture française, en début de mot le m a plutôt tendance à monter droit ; dans le mot, son attaque se courbe pour prendre la suite de la lettre précédente.
      – la finale du b se courbe pour « be » et se dirige vers le haut pour « bl ». Elle se courbe plus brièvement pour « br » (cf. page 129)

      En revanche les lettres ont une dimension à respecter. A mon avis le r est de la même dimension dans « br » ou « er » ; c’est la courbure de son attaque qui diffère. Pour faciliter les choses on peut descendre un peu la fin du b, cela ne change rien à sa dimension.

      En ce qui concerne la liaison je suggère d’enchaîner les majuscules comme les s ou les q (cf. pages 132 et 146)

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