Du nouveau dans les formes.

L’écriture cursive manuscrite se décompose en très peu de formes qui sont produites par deux  unités de mouvement seulement.

Ces unités de mouvement vont toutes les deux de la gauche vers la droite.  C’est le propre de notre écriture cursive latine (à l’opposé de l’écriture de l’arabe ou de l’hébreu qui vont de la droite vers la gauche). La première y va  »en passant par en bas ». La deuxième y va  »en passant par en haut ».

Chacune des deux unités de mouvement donne une forme de base.

  • La forme de base de 1ère unité  est la boucle (on l’obtient en faisant tourner ses doigts en passant par en bas pour aller vers la droite lorsqu’on fait tourner ses doigts).
  •  La forme de base de 2ème unité est le rouleau (on l’obtient en faisant tourner ses doigts en passant par en haut pour aller vers la droite lorsqu’on fait tourner ses doigts).

Les habitués de ma méthode trouveront ici un changement que ceux qui m’ont eu en formation ce dernier trimestre 2014/2015 connaissent déjà (c’est que je poursuis ma recherche et ma réflexion) :  le pont refermé devient la forme de base de 2ème unité et non la 1ère dérivée et son nom ne peut plus lui être conservé puisqu’il précède le pont.  Fruit d’un même mouvement que celui que fait l’enfant en enroulant ses bras l’un autour de l’autre (pour mimer le moulin qui tourne ou la galette qui s’enfuit) cette forme ne pouvait s’appeler autrement que … le rouleau.

Chaque forme de base a deux attributs : un lieu d’attaque et un sens de déroulement. Les formes dérivées s’obtiennent en changeant l’un des deux attributs : le degré d’arrondi pour la 1ère, le lieu d’attaque pour la 2ème.

Ainsi,

  • en perdant son arrondi la boucle dérive en étrécie,
  • en changeant de lieu d’attaque elle dérive en rond ;
  • en perdant son arrondi le rouleau dérive en pont
  • en changeant son lieu d’attaque le rouleau dérive en jambage bouclé.
  • Le jambage bouclé a une dérivée secondaire : le jambage bâtonné.

Rien ne change dans la formation des lettres, c’est juste plus simple à expliquer aux enfants car on y voit mieux que chaque unité donne lieu à des formes  de base et dérivées en suivant le même processus :

  • lieu d’attaque à gauche et forme arrondie pour les formes de base,
  • perte de l’arrondi (de l’enroulement) pour leur 1ère dérivée
  • attaque en haut à droite pour leur 2ème dérivée.

 

 

5 réflexions au sujet de « Du nouveau dans les formes. »

  1. bonjour,

    mon petit fils a 4 ans il ne se tient pas toujours bien en classe, refuse ce qu’on lui impose…. je le vois 4 heures dans le mois et par le jeu j’arrive à lui faire faire des petits travaux …. reconnaitre les lettres les chiffres il sait écrire en caractère d’imprimerie son nom son prénom papa maman Arthur 1l connait ses chiffres il sait que si l’on met un zéro après le 1 cela fait 10…. il connait beaucoup de choses sur les animaux, la nature… est-il vraiment en retard pour son âge?

    1. Bonjour,
      Ne vous inquiétez pas. Chaque enfant évolue à son propre rythme : selon les périodes un tel sera plus habile, plus compétent, plus  »savant » que tel autre dans tel domaine, quelque temps après ce sera inversé. Ce qui me semble le plus important, c’est que l’enfant sache faire correctement ce qu’il sait faire (ce qui n’exclut pas le droit à l’erreur), le fasse avec bonheur et ait une saine confiance en lui. Personnellement je suis contre l’entrée dans l’écrit par l’écriture du prénom pour des raisons diverses.
      Ayant toujours en encore peu de temps pour finir de remettre mon site en état, je vous suggère d’aller voir mon article ici http://18b-gouttedor.scola.ac-paris.fr/IMG/pdf/Le_geste_d_ecriture_-_Obstacles_et_preconisations_-_23_decembre_2010.pdf mais vous trouverez aussi sur mon site divers articles qui concernent l’écriture du prénom.
      Pour le reste, il me semble être dans une bonne moyenne.
      Quant au comportement en classe… il faudrait le voir en situation pour avoir au moins un début d’avis. Je ne suis donc pas en mesure de vous répondre sur ce sujet.
      Cordialement

  2. Je suis ravie de lire cet article qui permet de bien faire correspondre les données du mouvement (que l’on trouve dans les écrits des chercheurs en psychomot) et le « geste d’écriture »…
    Merci
    Votre méthode est toujours aussi efficace dans ma classe (même si je passe par le rouleau avant le pont depuis 3 ans, le reste est identique…)

  3. Bonjour,
    je suis votre méthode et les enfants progressent bien! Je viens me mettre à jour et j’essaie de comprendre ce qu’est le « rouleau ».
    Dites moi si je me trompe, mais le le rouleau est un rond formé dans le sens horaire avec un point d’attaque en bas à gauche n’est-ce pas?
    J’ai également du mal à imaginer ses dérivées ou comment le rouleau devient jambage bouclé ou bâtonné…
    N’auriez vous pas une image pour illustrer cet article avec les 2 formes de base et pour chacune leur 2 dérivés?
    Merci d’avance pour votre réponse

    1. Bonjour,
      votre question tombe à pic. Aujourd’hui même viennent de paraître chez Hatier les posters qui comportent :
      un abécédaire, les chiffres, des réglettes individuelles et… le processus de formation des lettres. Donc, du coup, vous allez pouvoir voir tout cela : comment les formes dérivent les unes des autres, comment elles s’agencent pour former des lettres.
      Le rouleau est le pendant de la boucle (c’est la même chose mais  »en passant par en haut » dans sa progression vers la droite) ; de la même façon le pont est le pendant de l’étrécie. Le jambage, quant à lui, répond à la même définition pour la 2ème unité que le rond pour la 1ère mais se prolonge vers le bas, c’est la seule forme qui, par définition se prolonge vers le bas (donc ce prolongement bas n’est pas noté dans le tableau puisqu’il entre dans la définition).
      La définition du rouleau c’est la forme de base de 2ème unité : en tant que telle sa direction vers la gauche se fait  »en passant par en haut », son lieu d’attaque est à gauche et il est arrondi.
      Il ne faut pas comprendre les formes de base et leurs dérivées comme des objets déposés sur un support mais comme des processus .
      Autre chose aussi rend difficile la compréhension de la formation des lettres, c’est la notion de point d’attaque. Le point d’attaque n’existe que pour une lettre donnée, celle-là-même que vous venez d’écrire sur votre feuille mais pas celle qui y est déjà écrite ni celle que vous allez écrire. Pour les lettres en général, il n’existe pas un point d’attaque mais un lieu d’attaque qui s’inscrit dans une zone d’attaque. (comparer en et on et vous comprendrez sans difficulté)
      Vous trouverez tout cela dans la prochaine réédition du geste d’écriture.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *