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Que traite la rééducation de l’écriture ?

La rééducation graphique traite l’écriture et ne traite que l’écriture. Elle concerne les problèmes de lenteur, d’illisibilité, de douleurs et crampes au cours de l’écriture, de présentation générale.

Elle ne traite pas les problèmes de dyslexie et autres problèmes de langage ou de lecture ; elle ne traite pas l’orthographe, les troubles de l’attention, la dyspraxie, les troubles visuo-spatiaux et, d’une façon générale, les problèmes pathologiques en eux-mêmes. En revanche, compte tenu de leur profession, certains rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont trainent en plus ces problèmes-là.

En revanche, la rééducation de l’écriture a divers effets secondaires bénéfiques (voir la rubrique Quels sont les effets secondaires de la rééducation) dont une gratification qui favorise un comportement positif face à la scolarité et éventuellement à la communication.

Elle peut être associée à d’autres prises en charge par d’autres professionnels (dyspraxie, orthoptie…) et peut parfois être l’occasion de soupçonner des dysfonctionnements non encore identifiés. C’est le cas, par exemple, des dysfonctionnements des saccades oculaires qui, bien que la rééducation de l’écriture soit un complément bénéfique à leur rééducation, devront être pris en charge par le professionnel compétent, à savoir l’orthoptiste.

A l’inverse, elle peut mettre en évidence que tel enfant orienté vers l’usage du clavier n’a aucune raison d’abandonner l’écriture manuscrite car ses difficultés relèvent uniquement de la technique d’écriture. Ces cas ne sont pas rares. Ils sont généralement traités comme les autres en 4 à 6 séances avec résultats significatifs à la 3ème séance.

Un certain nombre de rééducatrices ou rééducateurs méthode Dumont exercent également un métier paramédical qui prend en charge des pathologies concernées par des troubles de l’écriture. Elles/ils sont ergothérapeutes, psychomotriciennes, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues…  

Sauf en cas de dyspraxie sévère qui interdit tout acte graphique, on gagne toujours à pouvoir écrire de sa propre main.  C’est indispensable à l’autonomie sociale.

Il était condamné à ne jamais écrire de sa main

Votre enfant n’écrira jamais ! Il faut que vous le passiez au clavier.

Combien de parents,  parfois en larmes, m’ont rapporté ces phrases terribles !
Il n’écrira jamais ! En est-on bien sûr ?

Voici le cas d’un enfant dyspraxique qui entrait à l’époque au CE2.  La rééducation graphique l’a sauvé de l’échec scolaire.

 

Écriture manuscrite/écriture numérique

La question du numérique revient régulièrement. On en loue les avantages. On en dénonce les effets… les méfaits ?
Examinons le tout avec sérénité. Pour autant ne nous voilons pas la face : si le numérique représente une avancée technique considérable à laquelle il serait dommageable de renoncer, son usage non réfléchi représente un danger réel à bien des égards à commencer par l’usage précoce des claviers.

Démonstration en deux PDF :

!Les risques du tout numerique

!Impact socio-economique du tout numerique

 

Clavier ou stylo ? Ne pas se tromper de combat.

Stylo ou clavier ?  Ne pas se tromper de combat.

Plusieurs états d’Amérique sont sur le point de rendre facultatif l’apprentissage de l’écriture manuscrite. « Et si l’on n’apprenait plus à écrire aux enfants ? » titre Le Bien Public, quotidien Bourguignon.

  • Indéniablement les ressources du numérique sont immenses. Il est actuellement impensable passer outre comme le montrent les actions entreprises par le Ministère de l’Education nationale.  En revanche, qui dit que le clavier serait intégralement indispensable pour tout accès à l’informatique ? Ce n’est qu’un périphérique. Les stylos enregistreurs et les stylets des tablettes graphiques offrent la possibilité d’écrire à la main. Qui dit qu’ils n’ont pas d’avenir ? L’usage de l’informatique n’exclut pas en soi l’usage de l’écriture manuscrite. 
  • Plusieurs recherches, J.L. Velay et M. Longchamps, Dehaene, tendent à montrer que, au contraire de l’écriture au clavier, l’acquisition de l’écriture manuscrite serait une aide à l’acquisition de la lecture. Pourquoi alors, à l’heure où tant d’enfants sont en difficulté, l’école se priverait-elle de cette aide potentielle ? Cette aide serait-elle réservée à ceux pour qui on prévoit de hautes destinées ?

             Ce qui aide énormément la perception des lettres, c’est de pratiquer le geste d’écriture , nous dit Stanislas Dehaene (Pour ceux qui sont pressés écouter vers 22 minutes)

  • Notre société prévoit que la validité des contrats et attestations de toute sorte qui l’organisent est liée à la présence de mentions manuscrites qui vont des trois mots « lu et approuvé » à des dizaines de lignes, comme c’est le cas des cautions solidaires pour l’obtention d’un logement, en passant par l’acceptation de devis pour des branchements au réseau d’électricité, par exemple.

Ne pas doter chaque citoyen de la possibilité d’écrire de sa propre main reviendrait à installer une discrimination sociale forte : d’un côté ceux qui savent, ceux qui maîtrisent parfaitement la lecture et l’écriture, de l’autre ceux qui ne savent pas et, par voie de conséquence, n’ont pas accès à tous les actes de la vie sociale, ceux pour qui, aussi, savoir lire serait pas indispensable…

A mon avis, la question du «  tout au clavier » ou de l’usage du stylo n’est pas une simple question de choix d’outil pour écrire, c’est une question de risque de discrimination sociale insinuée sans qu’on n’y prête garde, une question de choix de vie en société, une simple question d’égalité.