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Où se former à l’enseignement de l’écriture ?

Ces dernières années m’ont vue chaque semaine d’école dans une ville différente pour y donner des conférences ou formations à l’enseignement du geste d’écriture.

Devant la poussée de la demande, j’ai décidé de former des formateurs à cet enseignement.  Lorsque l’on sait à quel point de vastes connaissances dans le domaine concerné sont nécessaires à un enseignement de qualité, on comprendra que, d’une part, il était indispensable que ces formateurs soient aussi des rééducateurs en écriture issus de mon cours* et que, d’autre part, il était souhaitable que ces formateurs soient eux-mêmes enseignants.

C’est chose faite. Les premiers formateurs au geste d’écriture méthode Dumont sont opérationnels. Ce sont des rééducateurs confirmés et ce sont, pour la quasi totalité,  des enseignants d’école maternelle ou élémentaire.

Vous les trouverez sans surprise sur le site des rééducateurs Méthode Dumont qui devient pour l’occasion le site des rééducateurs et formateurs en enseignement de l’écriture méthode Dumont.

Pour ma part, je continue les formations mais surtout les conférences et mon agenda pour l’année scolaire 2018/2019 est complet jusqu’en mai.

Une enseignante m’écrivait récemment : Je suis époustouflée par les progrès de mes élèves. Ils vont entamer le CP avec une très bonne maitrise de l’écriture cursive.   Merci pour cette méthode qui donne vraiment du sens et qui donne envie aux enfants d’écrire.

Il aurait été dommage, je pense, de ne pas démultiplier cet enseignement.

* et qui, bien sûr, en respectent l’enseignement dans leurs pratiques.

 

 

 

LES CONFÉRENCES ET FORMATIONS EN 2018

AVERTISSEMENT PRÉALABLE 

Je rappelle que je n’ai formé actuellement qu’un petit nombre de personnes pour être formateur en enseignement du geste d’écriture ou de la pédagogie méthode Dumont en général . 

Ces personnes figurent sur la liste des rééducateurs en écriture

Toute personne qui prétendrait former des enseignants,  des parents ou toute autre personne à la méthode Dumont et dont le nom ne figurerait pas sur cette liste le ferait abusivement.

La méthode Dumont ne saurait être enseignée à ce niveau par quiconque ne la possède pas. Pour la quasi totalité, ces formateurs sont enseignants.  Ils sont rééducateurs en écriture. Ils ont suivi en plus auprès de moi une formation spécifique pour former eux-même les enseignants à l’enseignement du geste d’écriture.

Pas moins de 13 conférences m’ont fait sillonner la France au premier trimestre de cette année. S’y sont ajoutées des journées de formation. C’est, à ce jour, environ 400 conférences ou formations que j’ai eu le plaisir d’assurer pour vous.

Quelques enseignants de circonscriptions alentours viennent parfois assister aux conférences. J’en suis honorée et ravie. Ces dernières années vous en avez trouvé l’annonce sur mon  site quelques temps à l’avance.

Fin 2017 il s’est passé quelque chose : Une conférence avait été prévue pour une centaine d’enseignants, nombre réduit par rapport au public moyen que j’ai le plaisir de rencontrer.  C’était dans une belle et grande salle de 300 places. Surprise !  La salle était presque pleine !  Ils étaient environ 250 à s’être déplacés.  Que se serait-il passé si la salle n’avait pu accueillir que les 100 qui devaient émarger ?

Les 150 de plus étaient vraiment « en plus ».  Et ce n’était même pas des inscrits de dernière heure comme ce fut le cas en Belgique il y a bien longtemps où, arrivée sur les lieux, je me retrouve dans un amphithéâtre alors qu’on m’avait annoncé une salle plate : c’est qu’il y avait eu le double d’inscrits qu’il n’en avait été prévus !

En conséquence, pour éviter ce problème de surnombre qui croise celui des mesures de sécurité, mes conférences pour l’Éducation nationale ne seront plus annoncée à l’avance sur le site. On en trouvera l’annonce sur le site de la circonscription qui m’aura fait venir.

POUR PRÉPARER VOTRE PLANNING :  Sauf désistement, il ne me reste actuellement (au 6 février) qu’une seule date de libre d’ici la fin de l’année 2018 (fin septembre ou début octobre selon celle de ces deux périodes  qui sera retenue in fine  pour une formation de plusieurs jours).  J’assure moi-même les conférences mais pour vos formations, je peux vous diriger selon les cas vers un formateur méthode Dumont. 

Retenez sans tarder vos conférences de 2019.

Pour finir cet article, je voudrais partager avec vous le bonheur que j’ai eu à lire ce message : 

Quelle magnifique conférence vous avez tenue ce soir sur Six fours. En 15 ans d’enseignements je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne aussi intéressante. Vous avez donné et transmis votre savoir. Et je n’ai qu’une seule envie à mon tour de donner et de transmettre à mes élèves de toutes les choses que j’ai découvertes ce soir . 
 » Écrire, c’est une manière de vivre.  » comme le disait si bien Gustave Flaubert. J’ai eu ce soir l’impression que l’écriture c’est votre manière de vivre. Je vous souhaite une belle route à travers la France où plein d’autres enseignants auront la chance de vous rencontrer. Mille mercis Sandra

Merci Sandra !

 

Mon apport à la pédagogie Montessori

Pour ceux qui s’intéressent à la méthode Montessori, je viens de (re)trouver l’article en lien ci-dessous.

Il met en parallèle ma méthode avec la pédagogie Montessori. Comme tout le monde je connaissais cette pédagogie de nom. Je n’étais jamais allée y voir de plus près avant cette année 2017 ou je me suis inscrite à deux groupes FaceBook d’enseignants qui pratiquent cette pédagogie.

Je trouve ses pratiques très intéressantes et leur fondement tout à fait pertinent.

Voici donc l’article en question :  L’apport de Danièle Dumont à la méthode Montessori, avec en fin d’articles divers commentaires, dont certaines précisions de ma part.

Je voudrais attirer ici tout particulièrement l’attention sur l’utilisation de mes cahiers de maternelle et tout particulièrement du cahier 1 qui concerne la gestion de l’espace , la latéralité ainsi que la tenue et le maniement du crayon. L’objectif de ces cahiers est souvent mal compris. Lorsqu’on le comprend on voit à quel point la méthode d’enseignement que je préconise et la méthode Montessori peuvent aller de pair.

En effet, chaque page des cahiers 1 (illustration ci-dessous et en marge de droite) et 2 (Les formes de base) comporte une liste d’activités préparatoires. L’acquisition des compétences visées par chaque page se fait par les activités préparatoires. Lorsque l’enfant semble près, il va alors au cahier ; le degré de réussite des exercices de la première des trois pages concernées montre où en est l’enfant dans l’acquisition de la compétence à ce moment là.  Il retourne ensuite à d’autres activités préparatoires dans la liste soit pour parachever soit pour consolider l’acquisition puis revient au cahier sur la deuxième des pages concernées par la compétence en question. Idem une troisième fois.  Au fil des trois pages, on doit pouvoir voir les progrès.

Ces cahiers ont donc une fonction de suivi de l’acquisition des compétences en latéralité et tenue et maniement de crayon mais aussi en gestion statique de l’espace graphique pour le cahier 1 (cf. ci-dessous),  puis de suivi de l’acquisition des compétences en ce qui concerne les formes de base et leur dérivées pour le cahier 2.

La mise en place de la 1ère unité de mouvement (qui sert à produire la boucle dont on verra l’utilisation au cahier 2) se fait en même temps que le cahier 1 sous forme de relai de hockey, jeux de foulards etc.  Autrement dit, la préparation au cahier 2 se fait en même temps que l’utilisation du cahier 1 et ses activités préparatoires , l’utilisation du cahier 2 intervient après le cahier 1..

CONGRES DE L’AGEEM 2017 – AGORAS

Cette année 2017, le Congrès annuel de l’AGEEM aura lieu à Albi.

J’y tiendrai deux agoras

Jeudi 06 juillet 2017 : 15h20 / 16h20

Je pense donc je suis ; je suis donc je pense : la question du sens dans l’apprentissage de l’écriture.

Vendredi 07 juillet 2017 : 11h20 / 12h20

La prise en compte de l’enfant, être pensant, dans la construction de son apprentissage de l’écriture.

Pour information : Secrétariat Congrès AGEEM 2017 Parc des Expositions 81990 Le Sequestre

Tél. 06 80 21 07 41 congresageem.albi2017@gmail.com

La gestion statique de l’espace graphique

Une enseignante de maternelle m’envoie la question suivante :

Je vais enseigner à la prochaine rentrée dans une classe de MS/GS.
Je relis avec beaucoup d’attention votre livre « Le geste d’écriture » pour bien m’en imprégner.
J’ai une question sur la gestion statique de l’espace graphique.
Je comprends l’intérêt du travail sur l’alignement et l’espacement des objets pour la tenue de la ligne et l’espacement régulier entre les mots. Mais je ne comprends pas le lien de ces activités avec l’espacement entre les lettres car dans l’écriture manuscrite en cursive, il n’y a pas d’espacement entre les les lettres puisqu’elles ont liées entre elles.
Merci pour votre réponse à mon questionnement.
Cordialement

Cette question appelle un développement particulier, c’est pourquoi j’y répond sous forme d’article plutôt que dans les commentaires.  Une précision tout d’abord : la version 2016 du Geste d’écriture est susceptible d’apporter des éclaircissements sur quelques questions qui ont pu se poser jusqu’ici.

La gestion statique de l’espace graphique assure, comme son nom l’indique, la gestion des contingences spatiales de l’écriture indépendamment du mouvement fait pour disposer les éléments. Elle habitue l’enfant à voir ces caractéristiques.  Ces caractéristiques sont travaillées en transversalité, c’est à dire en focalisant l’attention de l’enfant sur l’activité en cours et non sur l’objectif de l’enseignant. L’objet de la tâche et l’objet du savoir ne se rejoindront qu’ultérieurement. Par exemple quand l’enfant aligne les petits chiens sur la poutre dans le cahier Le cirque il ne se réfère pas à l’écriture mais au spectacle du cirque.  En même temps qu’il perçoit l’alignement des objets, il en perçoit l’espacement, tant en ce qui concerne l’espace entre les éléments globalement qu’en ce qui concerne l’espacement de leurs axes.

Il encode un rythme d’espace lequel comprend la façon de se diriger dans l’espace mais également, entre autres, une façon particulière d’organiser l’espace.  C’est ce rythme, c’est à dire cette cohérence dans la disposition des éléments, qu’il restituera ensuite dans l’écriture, y compris l’écriture cursive. Les lettres étant liées, il se réfèrera aux corps des lettres pour qu’ils ne se touchent pas mais ne soient pas trop éloignés non plus. (S’intégrera à ce rythme et l’étayera la gestion de l’espace produite par le mouvement qui crée les formes et les dépose).

Pour que les enfants bénéficient au maximum de ces enseignements il me semble important de laisser l’encodage se faire de la façon la plus naturelle possible, sinon l’enfant risque de ne pas pouvoir se détacher des détails : il va percevoir d’un côté la tenue de ligne, de l’autre les espacements, d’un autre encore l’inclinaison des axes et il cherchera à appliquer cela à l’écriture alors que l’espace est un tout dont les éléments interagissent.  La transversalité (qui permet une répétition sans lassitude et sans insistance lourde) et la différenciation (qui permet que chaque enfant agisse en fonction de ses besoins et de ses possibilités pour optimiser son apprentissage) favorisent ces apprentissages implicites et naturels.  Vous trouverez des explications sur la façon de les mettre en œuvre étayées d’exemples dans la 1ère partie du Geste d’écriture 2016.

J’ai bien conscience que la lecture de cet article peut être ardue. Il est sans doute nécessaire de le lire plusieurs fois (et peut-être aussi les chapitres correspondants dans le livre) pour bien comprendre cette sorte d’alchimie qui s’opère quand on évite la lourdeur de la verbalisation (laquelle est trop souvent un frein plus qu’une aide), mais cela vaut la peine car lorsqu’on comprend ces notions, alors on a fait un grand pas dans la compréhension du geste d’écriture (et on cesse alors de parler des gestes de l’écriture , expression qui montre qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour comprendre.)

 

 

Le geste d’écriture est arrivé.

Arrivé juste sur le fil, Le geste d’écriture était présent au congrès de l’AGEEM.

Du coup les participants qui ont assisté à mes agoras ont pu y retrouver les explications et les illustrations qu’ils ont découvertes sur l’écran ou dans mes propos.

J’ai eu un très grand plaisir de voir l’intérêt suscité par cette nouvelle mouture.

Le rouleau, forme nouvelle ou reconsidération d’une forme déjà répertoriée

Au début de mon travail sur l’écriture j’étais bien ennuyée avec ce que j’appelle désormais le rouleau. Je n’arrivais pas à analyser sa place dans « le système ». C’est qu’en fait je n’avais pas encore vu que le système était … un système, donc devait fonctionner comme tel, à savoir qu’il devait être constitué d’éléments entretenant tous entre eux des relations fonctionnelles et/ou hiérarchiques. Je l’expliquais bien pour le 1ère unité, mais pour la 2ème, je séchais. A partir du moment où j’ai entrepris une thèse sur le système d’écriture, j’ai dû aller au coeur du problème et ne plus considérer le mot « système » comme une étiquette (comme on le fait couramment en matière d’écriture). Du coup, ce qui n’était pas encore pour moi « le rouleau » (et qui, dans ma position du tout début n’avait qu’une existence secondaire) ne pouvait plus être « un électron libre ». Je l’ai donc intégré en percevant son lien avec le pont et, de ce fait, en en faisant sa dérivée (pont refermé) mais le système fonctionnait mal. Il fallait donc réanalyser les relations intrasystémiques. Ce que j’ai fait après ma thèse. Je me suis alors rendu compte que, loin d’être d’importance secondaire, ce qui devint alors le rouleau avait une importance capitale, puisque c’était LA forme de base (de 2ème unité). L’enseignement de l’ensemble du système s’en trouve grandement facilité. De plus, avec l’accès à s et x son apport est d’un grand intérêt pour la production de texte.

Le système d’écriture – Fonctionnement global

 

Par habitude lorsqu’on parle du système d’écriture, on se réfère aux écritures qui nous sont étrangères et dont l’exposé de l’évolution est susceptible de nous éclairer sur notre écriture actuelle (les hiéroglyphes, l’écriture cunéiforme…). On pense aussi à la relation grapho-phonologique, à la grammaire, à la syntaxe. On pense plus rarement à l’écriture elle-même, c’est à dire à la trace qui produit du sens.

Pourtant l’écriture, telle qu’on la trace, est bien un système. Il peut se schématiser ainsi :

Système suite

Le système d’écriture fait partie de l’écrit qui comprend aussi la lecture avec laquelle il partage un même code qui lui donne accès au sens. Il comprend tout autant le mouvement des doigts et du bras que tout ce qui concerne l’espace de l’écriture : sa dimension, ses espacements, sa tenue de ligne et sa verticalité et que les formes qui la constituent. Chacune des ces composantes de l’écriture peut être mise en œuvre sans lien avec l’écriture. C’est ce qui permet qu’elle soit travaillée très tôt dans la scolarité.

Ainsi, des quantités d’activités de l’école maternelle peuvent être pensées dans la perspective de l’apprentissage de l’écriture en plus de leurs objectifs habituels : marcher à quatre pattes ou tourner la pâte à crêpes en  serrant bien fort la spatule, la cuillère ou le fouet tonifient la main.  Ces activités sont précieuses à notre époque où beaucoup d’enfants ont les mains molles.

Progression du livre de lecture et utilisation du cahier d’écriture

Les questions sur le lien entre écriture et lecture sont récurrentes. En voici deux. J’y répondrai d’abord de façon générale (A), ensuite livre par livre en commençant par les deux livres dont il est question ci-dessous (B). Enfin, je répondrai aux autres détails des questions (C).

Questions

1) Je me permets de vous envoyer ce message, car je fais ma première rentrée dans quelques jours (je suis donc PES) et j’ai un CP/CE1. J’ai commandé vos fichiers d’écritures car j’en ai entendu beaucoup de bien, seulement voilà, l’écriture ne suit pas du tout la progression de mon manuel de lecture (Ratus) : est-ce que je peux dissocier l’écriture et la lecture ou est-ce qu’au CP il n’est pas préférable de faire des va-et-vient entre encodage et décodage?
Et si je modifie la progression de vos cahiers d’écriture, il me semble que c’est leur enlever leur intérêt.

D’autre part, peut-être sont-ce des questions stupides, mais avec ces cahiers, il s’agit de n’écrire que ce que l’on sait écrire, est-ce que ça veut dire que je ne dois pas faire écrire à mes élèves leur prénom ou la date dans le cahier du jour ?

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2) J’ai une classe de cp/ce1 avec 6cp. C’est ma première année avec des cp. J’ai acheté « Le geste d’écriture » et les cahiers d’écriture de cp. J’ai lu sur votre site et sur le forum edp que vous recommandiez d’abord d’apprendre et de revoir toutes les lettres cursives (cahier d’apprentissage 1) jusqu’à la Toussaint puis de passer au cahier de perfectionnement (cahier 2).

Je souhaite suivre votre méthode d’enseignement de l’écriture. Je me pose évidemment la question de l’articulation entre l’apprentissage de la lecture et celui de l’écriture. (En lien avec la progression phonologique de mon manuel de lecture)

La progression phonologique de mon manuel de lecture « A l’école des albums » est la suivante (pour les périodes 1 et 2)

Sons / graphèmes

Période 1 : a – i , y – o – r – é – p – au – es [é] – on , om – c, qu – l – u – d – eau

Période 2 : oi – f – s ss ç – ou – e – er – b – ê,ai – an, en, em – j,g – n – v – z , s – c – ez – è

Je dois trouver une progression adaptée à ma méthode de lecture pour éviter que les enfants fassent uniquement le « dessin des lettres » en suivant les différentes lettres et digraphes telles qu’ils sont proposés dans cette dernière.

Je me pose trois questions :

1) Comment faire pour suivre la logique de mise en place du geste graphique (de votre méthode) tout en tenant compte de mon manuel de lecture et de sa progression ? (et ceci sans dénaturer votre méthode !)

2) Si l’enfant sait écrire toutes les lettres avant la Toussaint, forcément les élèves auront appris à écrire ces lettres (et certains mots les contenant) avant l’étude du son correspondant dans le manuel.

L’enfant risque donc d’écrire ce qu’il ne sait pas encore lire. Comment faire ? La solution est-elle de considérer, lorsque cela est impossible de faire autrement, que la leçon d’écriture tient le rôle d’une première présentation de la lettre et du son qu’elle fait, préliminaire à la leçon de lecture qui viendra plus tard ?

3) Et si cette solution est valable, ne risque-t-elle pas non plus de séparer la méthode de lecture de la méthode d’écriture ? Et donc de ne pas articuler les deux méthodes.

Ma réponse :

A ) Réponse générale

A l’entrée au CP les enfants sont familiarisés avec les lettres de l’alphabet. Lecture et écriture peuvent être dissociées. On peut choisir aussi de ne pas dissocier la progression de la lecture et de l’écriture tout en suivant les deux méthodes en même temps. En effet, suivre la méthode d’écriture n’impose pas de changer la méthode de lecture.

Dans les deux cas, l’apprentissage de la lecture commencera par une prise de contact avec le livre quelle que soit la méthode. On profitera de cette période pour faire un rappel de la tenue du stylo et une prise de contact avec le cahier. Les pages 5 et 6 sont consacrées à cette prise de contact.

Vous aurez lu auparavant les pages 2 et 3 de présentation du cahier et de suggestions et consignes afin d’en optimiser votre utilisation. Vous y aurez vu que les exercices sont à doser en fonction des besoins et des possibilités de enfants.

Dans le même temps, vous ferez la séance ‘’écrire c’est facile’’. Dont voici le tableau des formes.

Pour cela, vous aurez repéré dans le livre de lecture à quelle page interviennent les lettres qui utilisent des formes de 2ème unité (rouleau – que certains considéraient jusqu’ici  comme une ‘’boucle à l’envers’’ – , pont, jambages bâtonnés ou jambages bouclés). Jusqu’il y a peu, entraînée par les habitudes professionnelles,  je considérais le pont comme la forme de base de 2ème unité. L’étude du système et des relations intrasystémiques poursuivie après ma thèse m’a montré que c’était là une erreur : les deux formes de bases ont obligatoirement les deux mêmes attributs, attaque à gauche et  arrondi. Le pont ne possède pas ce dernier attribut puisqu’on peut le continuer tout droit indéfiniment. C’est le cas, en revanche, du rouleau – qui servira à former s, x, z).

Ensuite, vous aurez regardé où se trouve la 1ère lettre ronde.

Selon le niveau des enfants et selon le livre que vous utilisez vous arrêterez votre séance à la fin de la 1ère unité ou avant le rond, sauf si une lettre de 2ème unité* se trouve dans les toute premières pages (*j’appellerai ainsi les lettres qui utilisent une 2ème unité sachant que la 1ère unité est présente dans toutes les lettres).

Si vous utilisez le cahier dans l’ordre de ses pages, vous commencerez l’écriture à proprement parler soit en même temps que la lecture, soit un peu avant, soit un peu après. Répondez bien aux questions des enfants sur ce qu’ils ont écrit. Au besoin suscitez discrètement leurs questions : ils doivent impérativement comprendre que l’écriture fait sens.

Des exercices concernent l’enchaînement des lettres, cela ne fait pas sens, bien sûr, mais c’est un exercice d’acquisition d’une écriture fluide. D’autres concernent des mots et très rapidement des phrases. Faites mettre les mots isolés dans des phrases afin que l’enfant accède au sens. D’autres exercices concernent les mots outils. Leur utilité n’est plus à démontrer.

Si vous associez écriture et lecture repérez dans le cahier les exercices qui peuvent être faits pour que l’enfant n’écrive que ce qu’il a appris à écrire. Progressivement le cahier se remplira mais ce sera dans le désordre (ce qui somme toute, importe peu).

A très vite pour des exemples complets de liaison entre méthode Dumont et manuels de lecture.

 

Progression lecture et progression écriture – Ratus

Ne pas confondre formes et lettres

Cet article me semblait inutile car tout enseignant sait bien ce qu’est une lettre.

Mettant en avant une formation récente à l’enseignement de l’écriture qu’elle a donnée , on peut lire sur le site d’une non enseignante « la lettre e est la forme de base de l’écriture ».

Si la lettre e n’est composée que d’une seule forme (la boucle) elle ne peut pas être réduite à une forme. Confondre forme et lettre relève de la même ignorance que confondre chiffre et nombre. L’une sert à composer l’autre mais l’une ne se résout pas à l’autre. Cette confusion peut être une gêne pour la perception de la relation graphophonologique par le jeune enfant. La compréhension de l’acte d’écriture, et plus précisément de ce que j’appelle le geste d’écriture, implique chez l’enseignant la compréhension de ce qu’est le langage et la compréhension de ce qu’est la lecture.

Lorsque j’ai crée le concept de forme de base en 1993 puis, plus tard, de proche en proche j’ai conceptualisé le système d’écriture, j’ai voulu fournir aux enseignants des outils pour comprendre et enseigner l’écriture.

Une « forme de base » est à la base de quelque chose et non un simple élément juxtaposable. Elle suppose donc des « produits dérivés ». L’écriture se compose donc de formes de base et de leurs dérivées.

Les formes de base sont les concrétisations des deux unités de mouvement. La boucle est la forme de base de 1ère unité. Le rouleau est la forme de base de 2ème unité (2ème car, n’existant seul dans aucun lettre, il a besoin de la 1ère unité pour exister)

Il existe donc deux formes de base : la boucle et le rouleau. Celles-ci ont deux attributs : un lieu d’attaque et un degré d’arrondi. En changeant l’un des deux attributs on obtient deux dérivées : l’étrécie et le rond pour la boucle, le pont et le jambage pour le rouleau.
Les premières dérivées sont obtenues en changeant le degré d’arrondi ; les deuxième en changeant le lieu d’attaque. En changeant le degré d’arrondi du jambage, on obtient une dérivée secondaire : le jambage bâtonné.

Pour aller plus loin …