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Que fait un rééducateur méthode Dumont ?

Suite à un gros quiproquo créé à la suite d’une émission télévisée  je tiens à apporter une précision importante. Nous, rééducatrices et rééducateurs méthode Dumont, traitons les difficultés d’écriture qui sont liés à des défauts d’apprentissage. 

Sauf pour celles d »entre nous qui sont également orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciennes et qui agissent dans leur champ de compétence en plus de ce que font les simples rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont, notre domaine n’est ni médical ni paramédical ( même s’il peut arriver que certaines s’installent dans les locaux proches de professionnels du secteur médical ou paramédical).
Si seuls étaient confrontés a des difficultés d’écriture les enfants qui ont de véritables problèmes moteurs alors il n’y aurait pas besoin de nous. 

Heureusement (ou malheureusement ? Que dire ?) un énorme pourcentage d’enfants qui ont des difficiles d’écriture n’ont pas de problèmes pathologiques. 
Une rééducation hors cas pathologique, c’est 4 à 6 séances. Les premiers résultats doivent être évidents dès les toute premières séances.

Nous traitons aussi l’apprentissage de la main controlatérale suite à la perte de la main scriptrice puisqu’il s’agit là de technique d’écriture. De même nous traitons la crampe de l’écrivain puisqu’elle est due à un défaut dans la tenue et/ou le maniement du crayon.

J’ai toujours refusé le nom de graphothérapeute pour moi-même et pour les personnes que je forme car nous ne sommes pas des thérapeutes en ce sens que nous ne faisons ni des actes médicaux ni des actes paramédicaux sauf dans le cadre de notre profession associée le cas échéant. Je souhaite lever toute ambiguïté à ce sujet. S’il se trouve que la personne qui nous consulte a, en plus de son problème technique d’écriture, besoin d’une prise en charge autre, alors nous la dirigeons vers un professionnel adapté en plus de notre action si nous ne sommes pas nous-même professionnel dans ce domaine.
Sauf exception les rééducateurs méthode Dumont sont à la base enseignants, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthophonistes, kinésithérapeutes.

Que traite la rééducation de l’écriture ?

La rééducation graphique traite l’écriture et ne traite que l’écriture. Elle concerne les problèmes de lenteur, d’illisibilité, de douleurs et crampes au cours de l’écriture, de présentation générale.

Elle ne traite pas les problèmes de dyslexie et autres problèmes de langage ou de lecture ; elle ne traite pas l’orthographe, les troubles de l’attention, la dyspraxie, les troubles visuo-spatiaux et, d’une façon générale, les problèmes pathologiques en eux-mêmes. En revanche, compte tenu de leur profession, certains rééducateurs et rééducatrices méthode Dumont trainent en plus ces problèmes-là.

En revanche, la rééducation de l’écriture a divers effets secondaires bénéfiques (voir la rubrique Quels sont les effets secondaires de la rééducation) dont une gratification qui favorise un comportement positif face à la scolarité et éventuellement à la communication.

Elle peut être associée à d’autres prises en charge par d’autres professionnels (dyspraxie, orthoptie…) et peut parfois être l’occasion de soupçonner des dysfonctionnements non encore identifiés. C’est le cas, par exemple, des dysfonctionnements des saccades oculaires qui, bien que la rééducation de l’écriture soit un complément bénéfique à leur rééducation, devront être pris en charge par le professionnel compétent, à savoir l’orthoptiste.

A l’inverse, elle peut mettre en évidence que tel enfant orienté vers l’usage du clavier n’a aucune raison d’abandonner l’écriture manuscrite car ses difficultés relèvent uniquement de la technique d’écriture. Ces cas ne sont pas rares. Ils sont généralement traités comme les autres en 4 à 6 séances avec résultats significatifs à la 3ème séance.

Un certain nombre de rééducatrices ou rééducateurs méthode Dumont exercent également un métier paramédical qui prend en charge des pathologies concernées par des troubles de l’écriture. Elles/ils sont ergothérapeutes, psychomotriciennes, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues…  

Sauf en cas de dyspraxie sévère qui interdit tout acte graphique, on gagne toujours à pouvoir écrire de sa propre main.  C’est indispensable à l’autonomie sociale.

Les guide-doigts peuvent-ils aider l’enfant à apprendre à tenir son crayon ?

Les guide-doigts ajoutent de l’épaisseur au corps du stylo. Ils obligent donc les enfants à écarter les doigts, ce qui est inconfortable.
Je vous propose une expérience : prenez de la pâte à modeler très souple, placer-la sur un stylo à l’emplacement du guide-doigts. Prenez le stylo comme pour écrire, tout d’abord sans appuyer sur la pâte à modeler. Écrivez un mot. Ensuite appuyez pour laisser l’empreinte de vos doigts. Faites faire la même chose à trois autres personnes. Comparez les moulages. Vous voyez qu’il y a des différences.

Que nous dit cette expérience ? Les guide-doigts imposent une contrainte. Ils remplacent un inconfort par un autre. Il vaut donc mieux apprendre à l’enfant à tenir et manier correctement son crayon. Le geste d’écriture méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 y consacre plusieurs pages.

Pour les 3 à 7 ans, Le Petit plus, j’apprends à tenir mon crayon montre, page après page, comment faire pour tenir et manier le crayon et propose des activités ludiques pour y arriver. Tenue du crayon ,

S’il est un peu tard dans la scolarité de votre enfant pour que sa tenue et son maniement du crayon soient rectifiés à l’école,  vous pouvez consulter un rééducateur/une rééducatrice en écriture méthode Dumont. S’il n’y a pas d’autres problèmes que celui-ci, c’est l’affaire de 2 à 3 séances.

Intérêt d’un passage anticipé au CP

Une maman m’écrit : Suite à la lecture de votre ouvrage « le geste d’écriture », je me permets de vous contacter car l’enseignante de ma fille en classe de MS, nous propose un passage anticipé en CP. Je me questionne sur l’intérêt de ce passage d’autant que vous suggérez de ne pas brûler les étapes dans l’apprentissage de l’écriture. La GS est une année cruciale dans ce domaine. Ma fille est en double niveau MS-GS et participe au travail des GS depuis février mais son écriture cursive reste limitée selon moi (je suis prof des écoles en CP). Je voulais connaître votre point de vue sur un passage anticipé en CP pour un enfant de 5 ans à peine. Merci pour votre réponse et vos conseils.

La décision d’un passage au CP anticipé mérite effectivement une réflexion approfondie qui inclut plusieurs paramètres.

Il me semble que la 1ère question, qui posera un éclairage particulier sur la suivante, est : « Pourquoi faire passer en CP une enfant qui devrait passer en GS ? »

Question double : En aval, quel est l’objectif ? En amont, quelles sont les motivations ?

 –  1ère question : Quel est l’objectif ?

Cette question peut se reformuler ainsi : Existe-t-il des enjeux qui rendraient ce passage nécessaire ?

Vue sous cet angle, la question apporte vraisemblablement la réponse, non. Faire une scolarité avec une année d’avance n’est pas un enjeu en soi. Aucun paramètre de la projection dans l’avenir n’impose de passage anticipé en CP (à mon avis).

–  2ème question : Quelles sont les motivations ?

Cette question peut se reformuler ainsi : Sur quels critères effectifs se fonde la proposition de passage anticipé ?

Votre fille participe actuellement au travail des GS.

– Le critère pourrait donc être un critère de chronologie : après la GS, refaire du travail de GS équivaudrait à un redoublement, donc la maîtresse propose le CP. C’est un critère sans consistance.

– Ce pourrait être un critère lié au contenu : ayant fait des activités de GS cette année, votre fille se trouverait à refaire des activités de GS l’an prochain. Le redoublement lui éviterait l’ennui de refaire la même chose.

Cette réponse en faveur d’un passage anticipé ne vaudrait que si la maternelle était organisée comme un CP avec un programme et des contenus qui laissent peu de place aux changements. La pédagogie de la maternelle autorise ( devrait autoriser ) des variantes importantes dans les contenus : ce qu’on aura appris sur le thème de la mer une année pourra être appris sur le thème de la forêt l’année suivante, par exemple, surtout s’il s’agit d’une classe à double niveau.

Bien sûr ce petit élagage du problème n’est pas la raison qui vous a fait m’interroger mais il ne me semble pas inutile, d’ailleurs vous en formulez la nécessité  « Je me questionne sur l’intérêt de ce passage ».

J’en viens donc au cœoeur du problème : celui de l’apprentissage de l’écriture. Il répond à la question : quelque chose ferait-il que le passage anticipé ne soit pas judicieux ?

L’apprentissage de l’écriture est progressivement perçu comme une tâche superflue, à tel point que des états d’Amérique ont décidé de le rendre facultatif. C’est s’engouffrer dans une confusion portée par des courants pédagogiques qui relèvent d’une inconscience socio-politique grave. Vous trouverez mes arguments sur mon site en suivant ces liens.

De plus en plus, apprendre à écrire est conçu comme « apprendre à dessiner des lettres » et la littérature pédagogique offre :

– d’un côté des exercices graphiques qui vont dans ce sens, et parfois-même à l’encontre avec des tracés qui n’ont rien à voir avec l’écriture mais qui, dans l’esprit de leur concepteur, « apprend à former les lettres »,

– de l’autre côté des activités de production de texte qui oublient de s’intéresser à l’acte d’écriture.

L’expression « le geste d’écriture » que j’ai mise en valeur avec la publication de mon livre du même nom a été tellement peu comprise qu’elle est devenue sous certaines plumes « les gestes de l’écriture » se vidant de son sens dans cette formulation.

Le geste d’écriture, tel que je le conçois, va du moment où l’enfant s’apprête à tenir son crayon au moment où il écrit ce que lui dicte sa réflexion. Pour cela il faut que la technique graphique soit acquise, c’est à dire que l’enfant n’ait à réfléchir qu’au contenu sémantique de son écrit (l’orthographe en faisant partie cf. et//est, a/à mais aussi un sot /un seau / un saut / un sceau)

Apprendre à écrire, c’est :

– apprendre à tenir et manier son crayon pour le confort, pour la visibilité donc aussi la qualité de la production (une main mal placée cache l’écrit avec toutes les conséquences que cela implique),

– apprendre les formes de bases et dérivées qui servent à construire les lettres, c’est à dire les connaître pour savoir tout d’abord analyser la forme des lettres, ensuite mettre ces formes en oeuvre automatiquement, autrement dit produire les lettres sans effort de réflexion afin d’avoir l’esprit libre pour penser ce qu’on écrit,

– c’est aussi apprendre à réfléchir avant d’écrire, à concevoir par anticipation ce qu’on va écrire (le temps d’anticipation étant de plus en plus réduit pour pouvoir être aussitôt que possible de l’ordre de la fraction de seconde).

C’est encore, par voie de conséquence – et tout cela en parallèle, entrer dans la combinatoire de façon implicite. On voit là à quel point l’apprentissage de l’écriture manuscrite favorise l’apprentissage de la lecture comme tendent à le montrer les dernières recherches en neuroscience.

En passant en CP sans avoir acquis l’écriture cursive, l’enfant est privé de toutes ces compétences.

Donc, pour moi, passage anticipé en CP, pourquoi pas ? Mais à la condition qu’il ait acquis l’écriture (et bien sûr qu’il soit au niveau requis dans les autres domaines de compétences). Généralement, « qu’il ait acquis l’écriture » ne signifie pas obligatoirement qu’il ait appris toutes les lettres (le CP est là pour ça), mais qu’il en ait acquis la technique, compris la relation à la réflexion et la relation à l’oral ainsi que le fonctionnement de cette relation.

En conclusion,

à mon avis si je me base sur ce que vous écrivez, le passage anticipé de votre fille en CP ne s’impose pas. Il est à craindre qu’il soit sources de lacunes, donc d’insatisfaction, donc de mauvaise image de soi.

Je suis sûre que vous saurez trouver des arguments qui lui feront prendre un grand plaisir à être encore en maternelle l’an prochain.

Doit-on obliger un enfant ambidextre à choisir entre main gauche et main droite ?

 Doit-on obliger un enfant ambidextre à choisir entre main gauche et main droite ?

Une maman m’écrit : Ma fille a 5 ans, elle est en GS de maternelle et est complètement ambidextre. Nous avons fait des tests avec la maîtresse pour savoir si elle utilisait plus une main que l’autre. Nous avons constaté que c’était vraiment 50/50, mais la maîtresse veut que je consulte un psychomotricien car elle dit qu’il faut déterminer une main pour l’écriture ( elle écrit pourtant aussi bien de la droite ou de la gauche. ) J’aimerai savoir ce que vous en pensez.

Il existe effectivement des cas de nette ambidextrie. Vous pouvez revérifier la latéralité de votre fille à partir du test de la latéralité du livre Le geste d’écriture – méthode d’apprentissage – cycle 1 – cycle 2.  S’il s’avère qu’elle est effectivement ambidexte, et si elle est habile des deux mains – ce qui devrait alors être le cas – la consultation d’un psychomotricien ne me semble pas s’imposer.

Je vous suggère de proposer à votre fille de faire de la main droite les exercices qui lui sont demandés pour apprendre à écrire et de lui permettre d’utiliser sa main gauche autant qu’elle veut en dehors de cela (écriture au brouillon – si tant est qu’on puisse parler de cela à son âge – , écriture pour s’amuser et toute autre écriture ou trace graphique que celle qui est imposée dans le cadre de son apprentissage). cela ne signifie pas qu’elle doive utiliser systématiquement la main gauche pour cela ; c’est simplement un choix qui lui est laissé. Cela devrait lui permettre de bien structurer son écriture et satisferait son ambidextrie.

Cup-song pour apprendre à écrire : Le chant des gobelets.

Le relai de hockey est l’idéal pour apprendre aux jeunes enfants à attaquer les lettres au bon endroit et à la tourner dans le bon sens autrement dit à encoder la 1ère unité de mouvement.

Ce jeu peut être fait en CP aussi. Il peut également y être remplacé par un cup-song que j’ai intitulé Le chant des gobelets dont l’air peut être écouté en cliquant sur l’intitulé.  Chanté tout d’abord par une petite fille puis repris par une adulte cet air s’apprend facilement

Les paroles – que j’ai créées pour la circonstance – figurent dans La nouvelle édition du Geste d’écriture page 85

Tenue du crayon – Démonstration

Encore et toujours, la question de la tenue du crayon préoccupe. Doit-on le tenir entre le pouce et l’index ou entre le pouce et le majeur ? 

Une petite démonstration, que vous allez faire vous-même, vous éclairera sur la solidité de la prise :

Objectif   Faire en sorte que la prise soit à la fois souple et assurée de façon à ce que le crayon soit solidement tenu et que le geste soit fluide.
 
Expérience
 
Fermez la main sans y enfermer votre pouce.
Vous voyez que celui-ci se met naturellement face à la face latérale des autres doigts en l’occurrence de l’index ; si vous levez l’index il se place face à la face latérale du majeur ainsi de suite.
Essayez maintenant de placer votre pouce en face de votre index (en pince).
Éprouvez les deux sortes de pinces : pulpe du pouce/face latérale du majeur et pulpe de pouce /extrémité de l’index.
La première pince est solide, la deuxième l’est beaucoup moins.
 
Maintenant, crayon en main avec l’index seul dessus tracez sur place des petits zigzags. Vos doigts bougent facilement.
Faites la même chose en y plaçant aussi le majeur.
Vous avez plus de mal à bouger les doigts.  Cela vient que l’innervation du majeur ne lui autorise pas la même souplesse que celle de l’index.
 
Vous comprenez alors que pour que la tenue du crayon soit optimum  en fermeté et en souplesse à la fois, il vaut mieux le tenir entre la pulpe du pouce et la face latérale du majeur, l’index se posant dessus pour le retenir.
 
Plus d’info ici http://legestedecriture.fr/enseigner-la-tenue-et-le-maniement-du-crayon/       et sur « Le geste d’écriture » édition 2016
 
Et si vous souhaitez que je redise et que je reprécise : 

La meilleure tenue de crayon est celle qui assure à la fois le plus de solidité à la prise et le plus de souplesse aux doigts : le crayon y est pris en pince entre la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur ; l’index se place sur le crayon.

Pour écrire dans le sable on utilise spontanément l’index ; lorsqu’on tient un stylo, l’index se pose dessus pour le guider virtuellement. En réalité, c’est le majeur qui propulse le crayon vers l’avant, l’index le bloque.

Si on ferme la main en poing et si on tend l’index, le pouce vient se placer contre le côté du majeur. On sent qu’il peut appuyer fort contre le majeur lorsque la main est légèrement pliée : l’annulaire et l’auriculaire viennent en effet en renfort du majeur pour affermir la prise. Pour que, dans cette position les doigts puissent bouger facilement, on fera glisser le bout du pouce contre le majeur jusqu’à ce qu’il vienne se placer contre la dernière articulation du majeur. C’est là que se pince le stylo.

Sachant que le crayon se tient entre l’extrémité de la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur (pas la phalange, l’articulation), il vaut mieux habituer l’enfant à placer ses doigts ainsi.

Cet apprentissage peut se faire par des jeux d’ombres chinoises. Si on place le pouce comme indiqué et si on lève l’index, on obtient une ombre de tête de lapin comme on le voit ici avec la comptine « L’ombre du lapin ».

En tenant un crayon de couleur entre le pouce et le majeur positionnés ainsi on peut s’exercer à tracer puis colorier des ovales debout.  Pour les enfants de 3 et 7 ans, le Petit Plus J’apprends à bien tenir mon crayon aux éditions Belin est tout indiqué pour apprendre progressivement à tenir et manier le crayon.

Pour les retardataires … Les cartes de voeux.

Voilà déjà commencée la dernière semaine d’école de l’année 2018.

En cette période de l’année, c’est le rush pour tout boucler.  L’école n’y échappe pas.  On s’affaire pour que tout soit prêt pour Noël.

Pour ceux qui n’en ont pas encore fini avec Noël, quelques idées pour coupler la confection d’une carte de vœux avec la préparation à l’écriture sans pour autant faire autre chose que prévu.

Ceux qui ne connaissent pas ma méthode d’enseignement de l’écriture trouveront dans cet article de quoi poser un regard nouveau sur une activité traditionnelle des classes maternelles en cette période de l’année : la confection d’une carte de vœux décorée d’un sapin de noël.

L’objectif de l’enfant est, bien sûr de réaliser une belle  carte à rapporter à la maison le dernier jour de classe.

Je vous propose, à vous, enseignant, un objectif complémentaire : La préparation à l’apprentissage de l’écriture.  Bien entendu, cela n’exclut pas que cette même activité puisse aussi être l’occasion de travailler les couleurs (couleurs des boules, des décorations…),  la numération (nombre de triangles pour confectionner un sapin, nombre de boules à placer sur le sapin, nombre d’étoiles pour décorer, éventuellement nombre de guirlandes..), éventuellement les formes (triangle pour confectionner le sapin, gommettes rondes  pour les boules, rectangle pour les emballages de cadeaux…)…

Si la possibilité de travailler ces compétences-là à cette occasion est relativement évidente, celle de travailler la préparation à l’écriture l’est beaucoup moins.  On y voit tout au plus l’écriture des mots « Joyeux Noël » ou « Joyeuses fêtes ». pourtant il y a beaucoup plus à faire.
Pour construire le sapin on découpe des triangles dans du papier vert.  Pourquoi ne pas en profiter pour faire faire des fonds de peinture par les enfants. Une bande de vert foncé en haut d’une feuille A4. Par dessus, en petites touches, du vert clair. Par dessus encore en touches plus petites encore du marron mélangé à du vert. Ces « superpositions  » ont pour effet et pour objectif de rentre de produit plus vivant. Voilà le fond  – presque – fini.  Le bas de la feuille reste blanc.

Si l’objectif pratique est de réaliser un fond de peinture pour découper les éléments du sapin,  l’objectif pédagogique est ici d’apprendre à l’enfant à déplacer son bras (afin que plus tard, il ne reste pas coincé contre le corps dans les activités d’écriture).

Pourquoi « presque » fini ? Parce qu’on peut en profiter pour décorer ce fond. L’enfant le fera en traçant des motifs dans la peinture fraîche avec un stylo usagé ou l’extrémité d’un pinceau (celle qui est à l’opposé des poils).  Pour cela l’enfant posera et gardera sa main sous la bande de peinture au fur et à mesure de son déplacement vers la droite.
L’objectif pratique est ici de commencer à décorer le sapin. L’objectif pédagogique est d’apprendre à placer correctement sa main. Le poignet étant en contact avec la feuille, l’enfant n’a pas d’autre choix que de mettre la main sous la peinture. Cela le prépare à placer sa main sous la ligne d’écriture.

Ensuite on procédera presque de même pour le support sur lequel l’enfant collera le sapin.  Presque, puisqu’il s’agit d’un papier cartonné de la taille d’un demi-A4 et que la peinture en couvrira toute la surface. Le déplacement du bras sera donc moins ample.  Une seule couche de peinture sera éventuellement suffisante.  Avant de le passer en peinture on fixera le carton provisoirement (avec de la pâte à fixe par exemple) sur un support plus grand, une feuille A4 par exemple. Cela facilitera la réalisation de motifs tout autour avant que la peinture soir sèche : Le poignet en appui sur la feuille A4, l’enfant fera des petits motifs tout autour de la carte en tournant la feuille au fur et  mesure de façon à tracer les motifs de gauche à droite et à l’horizontal à chaque rotation de la feuille.  Ces motifs pourront être des séries de boucles qui, par la rotation donnée au carton, seront toujours tracées à l’endroit. Dans ce cas, outre le positionnement de la main, l’exercice concernera aussi l’entrainement à réaliser, de gauche à droite, des boucles fluides.

Une fois que la peinture du fond vert sera sèche, l’adulte y tracera des triangles que l’enfant découpera pour construire le sapin ( 3 triangles par sapin).

L’enfant tracera à la peinture à doigts le pied du sapin (nouvel exercice de positionnement de la main, mais cette fois sans contrainte. Ce sera juste la mise en application du positionnement déjà réalisé à cause de la peinture fraîche.

Il lui restera à coller les triangles sur le pied en les superposant en commençant par le bas, puis à décorer le sapin avec des boules de couleur dessinée en plaçant sa main dessous comme appris précédemment et en faisant bien tourner ses doigts ,  ou figurées par des gommettes rondes.

L’enfant écrira « Joyeuses fêtes » ou « Joyeux Noël »  ou « Bonne année » soit en recopiant un modèle s’il en a les capacités, soit en alignant côte à côte des étiquettes lettres en reproduction d’un modèle qui lui sera donné.  Il s’agit bien sûr d’un exercice de reconnaissance des lettres. Il s’agit aussi, en même temps, d’un exercice de gestion statique de l’espace graphique, c’est à dire ici d’apprentissage progressif de la tenue de ligne, la verticalité des axes et la régularité des espaces ( les lettres doivent être collées droit c’est à dire verticales et en suivant une ligne virtuelle horizontale – ne pas tracer de ligne pour guider l’enfant, le guidage est visuel, il est intériorisé) (le corps des lettres doit être régulièrement espacé.

Pour terminer la décoration de sa carte, l’enfant pourra aussi ajouter à son gré par ci par là des gommettes en forme d’étoiles, ou d’autres formes.

Joyeux Noël   Bonnes fêtes de fin d’année   et surtout bonnes vacances.

Des cahiers d’écriture pour la maison

La méthode d’écriture Danièle Dumont, présentée pour être pratiquée à la maison
Pour apprendre à écrire et s’entraîner à la maison.

 

 

 

 

 

Apprendre à écrire, c’est d’abord l’affaire de l’école. L’enseignant est là pour ça. Il lui faut souvent bien du courage pour tenir bon la barre face aux vents et marrées qui agitent les médias et risquent de ternir son image.
Cela n’empêche que les apprentissages sont aussi l’affaire de la maison.  Vous êtes parents ; alors vous voulez le mieux pour votre enfant. Vouloir le mieux, passe aussi par prendre conscience que les apprentissages de l’école et ceux de la maison ne sont pas antinomiques, bien au contraire.
Certains apprentissages commencent à la maison, le langage, la politesse par exemple. Pour d’autres il vaut mieux, pour des raisons pratiques et pédagogiques, qu’ils suivent ce qui se fait à l’école. C’est le cas, par exemple, de l’écriture.

Depuis un certain nombre d’années, je publie aux éditions Hatier une méthode d’écriture que j’ai mise au point au fil de ma réflexion et de ma recherche tout au long de ces trente dernières années. Il ne s’agit pas d’une « technique pour tracer des lettres  » mais bien d’une méthode qui conduit l’enfant à produire du sens tout en écrivant bien. Les articles de ce site en exposent certains pans. Ces publications, visibles à droite de l’écran, s’adressent surtout jusqu’ici aux enseignants des écoles maternelles et élémentaires.

Avec mes deux dernières parutions, c’est à vous, parents, que je m’adresse. Vous y trouverez dans une présentation claire et précise les informations dont vous avez besoin pour pouvoir faire travailler l’écriture à votre enfant avec la même méthode que l’enseignant. Vous pourrez alors accompagner et valoriser ses progrès sans devancer ce qui est fait en classe, sans porte à faux, et en étant au fait de la façon dont fonctionne cet outil de communication et d’expression si mal connu, l’écriture.

Et si vous faites l’école à la maison, alors ces deux ouvrages vous sont indispensables pour que votre enfant ait une écriture de qualité.

LES ÉVALUATIONS EN MÉTHODE DUMONT

En cette période de rentrée scolaire, bien qu’elle commence déjà à être un peu derrière nous, quelques mots sur les évaluations me semblent s’imposer.

Je ne parle pas des évaluations proposées par le ministère de l’Éducation nationale ; je n’en dirai rien il y a eu des publications, des analyses, des commentaires. Je veux parler des évaluations nécessaires pour que les enseignants puissent piloter leur classe ou plutôt pour que l’enseignant puisse piloter sa classe (ce singulier marque déjà une différence par rapport à la perception habituelle des évaluations).

En début d’année scolaire, l’enseignant connaît son programme et il sait ce qu’il va enseigner ce qu’il doit enseigner. Il connaît les élèves s’il a déjà de la pratique. Mais généralement il ne connaît pas ses élèves. Pour qu’il y ait une bonne adéquation entre son enseignement et leur apprentissage, il faut qu’il connaisse l’un (le programme) et les autres (ses élèves, je veux dire chaque élève pris individuellement).

Les évaluations dont je veux parler ici sont faites pour ça : situer individuellement chacun des enfants par rapport à l’enseignement prévu. Ce qui m’intéresse ici c’est mon domaine et rien que mon domaine : l’enseignement du geste d’écriture, et tout spécialement dans ce domaine, son enseignement à l’école maternelle.

Comme je l’ai montré, l’enseignement du geste d’écriture commence bien avant l’écriture des premiers mots.  Cf. Le système d’écriture. La réussite de son enseignement repose entre autres sur la vigilance de l’enseignant à s’assurer que les acquis soit bien effectifs. C’est là qu’interviennent les évaluations telles que je les conçois : il ne s’agit pas de faire faire à tout le monde en même temps la même chose pour comparer les productions au sein de la classe, entre les classes, entre les écoles voire les quartiers… mais de savoir où en est chaque enfant pour ne pas le laisser sur le bord du chemin.

  • LES LIVRETS D’ÉVALUATION

Je propose donc la tenue d’un livret qui suivra la classe. Ce livret, ou plutôt ces livrets, parce qu’il en existe trois en fonction des compétences à acquérir (tenue et maniement du crayon, gestion statique de l’espace graphique, étude des formes), ces livrets, donc, listent la progression dans l’acquisition des compétences concernées (par ex. horizontalité de la ligne en gestion statique de l’espace graphique).

La liste des étapes se trouve à l’horizontale en tête de colonnes à partir de la 2ème. La 1ère colonne est destinée à lister les élèves dans l’ordre alphabétique.

Voici comment remplir le livret le livret en début d’année mais aussi au fil de l’année. Au cours des activités elles-mêmes et non en isolant chaque enfant pour le tester,  vous noterez la date de votre observation au croisement du nom de l’enfant observé et des compétences dont vous avez constaté qu’elles sont réellement acquises. Cela vous permet de savoir, dès le début mais aussi tout au fil de l’année, où en est chaque enfant de façon à pouvoir distribuer les tâches en fonction des besoins dans chacune des activités que vous organisez.

Ne vous alarmez pas à propos du travail que va vous imposer la confection de ces livrets : ils existent depuis l’existence des cahiers, c’est-à-dire une quinzaine d’année et ils sont téléchargeables gratuitement sur le site des éditions Hatier.

  • LES CAHIERS DE CONTRÔLE

Ils existent mais ils ne portent pas ce nom (nous n’allons pas jouer à nous faire peur !) et ils ont aussi pour vocation de participer à l’optimisation des acquis. Ce sont les cahiers de la collection Les cahiers d’écriture aux éditions Hatier. Comme vous le savez, bien des activités préparatoires à l’écriture se font sans crayon ni papier. Beaucoup aussi se font sans cahier mais sur feuille. Les cahiers 1 et 2 de maternelle sont conçus pour que les enfants y fassent, page après page, des productions qui vous permettront de suivre leur évolution.  L’intitulé de chaque page recoupe le titre des colonnes des livrets.

Comme vous travaillez beaucoup à la préparation de l’écriture mais que les parents ne voient pas forcément tout ce qui a été fait, une liste des activités préparatoires est prévue à chaque page de façon à ce que les parents puissent se rendre compte de tout le travail fait lorsque vous leur remettez de temps à autre le cahier de leurs enfants.

Cahiers et livrets vont de pair pour vous permettre de piloter votre classe (mais surtout pas, bien sûr, de « classer vos élèves »).

Pour information, je me suis dédoublée : si vous souhaitez une formation vous pouvez aussi voir là les personnes que j’ai formées.