Appendre à écrire.

Accueil/"%s" Appendre à écrire.

LE BILLET DU PETIT MATIN DU 26 MARS 2020– Être confiné et développer sa motricité fine.

Pour que l’écriture soit fluide il faut des doigts souples et toniques à la fois. En classe, l’enseignant met en oeuvre plusieurs pratiques pour développer la motricité fine. Pour l’heure, nous sommes tous à la maison dans un espace vaste ou restreint, avec ou sans beaucoup de matériel. C’est le matin, Tom, c’est ainsi que nous nommerons votre enfant, héros de l’histoire que je vous propose de suivre, Tom, donc, se réveille.

Vous l’aurez compris, cette histoire est en réalité une suite de consignes destinées à préparer votre enfant à apprendre à écrire. Nous l’avons dit hier, l’apprentissage de l’écriture comporte trois volets : la motricité fine, la gestion de l’espace, la forme des lettres. Aujourd’hui nous parlons de la motricité fine. Plus précisément des tout premiers exercices de motricité fine. Ils ne nécessitent aucun matériel autre que ce qui existe déjà dans un appartement ou une maison.

Je vous rappelle que ces exercices ne devront pas être présentés à votre enfant comme des exercices de classe mais comme des actes de la vie quotidienne. Les apprentissages seront implicites, c’est-à-dire que vous ne les présenterez pas à votre enfant en disant « maintenant nous allons apprendre … », au contraire vous présenterez l’activité comme une activité de la vie courante, ce qu’elle est d’ailleurs.

Rejoignons donc Tom dans son lit. Comme il ne part pas pour l’école, Tom a le temps de rester un peu au lit avant de se lever. Tout d’abord il s’étire. Il s’étire fort. Ses bras et ses jambes sont bien tendus, ses mains aussi. Puis il se détend jusqu’à se sentir tout mou. Il recommence : bien tendu, bien détendu, plusieurs fois. Il est alors bien réveillé et va se lever. Après le passage aux toilettes, il ira à la salle de bain. Il fera ces deux petits trajets à quatre pattes pour se tonifier les mains. Demain il fera les mêmes trajets sur les mains, les pieds étant solidement tenus par vous qui lui ferez faire la brouette. Un jour sur deux ce sera à quatre pattes ou la brouette. Cela lui tonifiera les mains et lui apprendra à les ouvrir. Ainsi il perdra plus facilement le réflexe primitif du tout petit de fermer la main en poing, réflexe qui gêne la préhension et la tenue du crayon.

Le voilà dans la salle de bain. Vous aidez Tom à prendre sa douche. Il se frotte la tête pour bien faire mousser le shampoing. Il frotte fort et se masse le cuir chevelu en utilisant tous ses doigts. Ensuite il s’assied dans la douche et se met en devoir de se laver les pieds. Il passe ses doigts entre ses orteils ; il les nettoie bien un à un. Un pied, puis l’autre. Vous le rincez bien et il sort de la douche. Il vient de faire des séries d’exercices de motricité fine qui, faits chaque jour, contribueront à lui assurer une bonne souplesse des doigts.

Il se sèche le dos en le frottant d’un mouvement de va et vient avec une serviette tenue par les deux bouts. Il mobilise ses coudes et ses épaules pour les assouplir.

Il est temps de déjeuner. Sous votre regard vigilant il sort ce qu’il lui faut pour le petit déjeuner.

Nous arrêterons là notre début de matinée avec Tom ; nous nous retrouverons tout à l’heure.

Par |2020-03-26T16:27:54+01:0026 mars 2020|Commentaires fermés sur LE BILLET DU PETIT MATIN DU 26 MARS 2020– Être confiné et développer sa motricité fine.

Le sens de l’écriture de la lettre O

Question : Je m’interroge sur le temps passé en classe (pas seulement au CP) au bouclage du o « dans le bon sens ». Que pensez-vous de la nécessité ou non de s’en tenir à cette norme et quels seraient selon vous les aspects négatifs de l’abandon de cette dernière ?

Réponse : Si on observe la formation du rond, on voit qu’il tourne dans le même sens que le e. Pour rester dans les voyelles nous observerons que le i et le u tournent aussi dans le même sens. Ce qui différencie le i du e c’est son étrécissement. D’ailleurs si on regarde des écritures d’adultes on se rend compte que certains forment les e comme des i et d’autre forment des i comme des e. Il s’agit donc bien du même geste (bouclé pour le e, étréci pour le i, étréci et doublé pour le u). Qu’en est-il du o ?

Le o tourne dans le même sens que e, i  et u mais commence par un déplacement du point d’attaque : du bas à gauche – point d’attaque du e et du i – on transporte l’attaque du o en haut à droite, c’est à dire diamétralement à l’opposé, et on tourne pour fermer le rond par ce que j’appellerai une attaque de grande boucle. Il suffit pour s’en rendre compte d’écrire “ol” puis d’écrire un o tout seul. (Cette finale est susceptible de varier en fonction de la lettre qui suit).

Cette façon d’écrire la lettre o est la plus économique : s’il est précédé d’une autre lettre, on s’arrête avant le o, on se transporte en haut à droite diamétralement à l’opposé et on forme le o par le même geste que le e.

Ma théorie est la suivante : l’écriture fonctionne selon deux unités : – une qui va de la gauche vers la droite “en passant par en bas” (1ère unité), – l’autre qui va de la gauche vers la droite “en passant par en haut” (2ème unité).

La 1ère unité a :

– pour forme de base la boucle (avec une boucle on forme la lettre e et, en étirant les doigts vers le haut, on forme la lettre l.)

– pour 1ère dérivée, en étrécissant le geste, l’étrécie (avec une étrécie surmontée d’un point on forme la lettre i ; avec deux étrécies on forme la lettre u).

– et pour 2ème dérivée, en changeant le point d’attaque, le rond (avec un rond non refermé on forme la lettre c, avec un rond terminé par une attaque de grande boucle on forme la lettre o ; avec un rond fermé par une petite étrécie on forme la lettre a ; avec un rond fermé par une grande étrécie on forme la lettre d) Pas besoin d’œilleton ni dans o ni dans a.

Le fait de commencer l’apprentissage de l’écriture par e, puis l, ensuite i et u permet de ne pas avoir de problème de sens de rotation du o. Le fait que nombre d’adultes transforment les m et n en u et que, sauf très rares exceptions, personne ne transforme les u en n montre que dans l’écriture la 1ère unité est plus naturelle que la 2ème.

e –> l –> i  –> u –> t –> c  –> o –> a –> d

Donc, pour moi, le o se trace logiquement et sans difficulté en sens inverse des aiguilles d’une montre, sans œilleton, en commençant à plus ou moins 1 heure.

 


 

Par |2019-02-19T00:30:19+01:0011 juin 2012|1 commentaire