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Le geste d’écriture – Présentation de la nouvelle édition

J’ai déjà dit quelques mots de la nouvelle édition,  j‘ai publié le sommaire également, mais c’est au blog d’une enseignante que j’ai réservé la présentation détaillée de cette nouvelle édition. Pourquoi ce choix ? Parce que j’ai souhaité mettre à l’honneur un blog qui partage des expériences de terrain sans être dans une démarche commerciale. C’est donc dans ecolepetitesection qu’on trouvera l’analyse détaillée de la nouvelle édition. Rendez-vous donc sur ce blog, et bonne lecture.

Bien sûr, École petite section n’est pas le seul blog qui suive cette démarche. Mais c’est vers celui-ci que m’a conduite mon surf sur Internet ces jours-derniers. J’ai donc rédigé pour ce blog une présentation détaillée de cette nouvelle édition. J’ai en effet apprécié de voir sue ce site n’utilisait pas mon nom pour servir d’appât vers des pratiques que je ne cautionne pas ou vers des téléchargements payants de fiches (sauf dans un commentaire faisant une publicité pour une formation, mais, difficile d’éviter cela). Souvent on les reconnait à une faute d’orthographe sur mon prénom – que l’on orthographie Danielle au lieu de Danièle, faute peut-être destinée à brouiller les pistes…  Vieux truc de faussaire !

Des distorsions de ma pédagogie accompagnent souvent ces pratiques. L’une des plus récurrentes est la question des familles de lettres. Ce concept de familles de lettres se retrouve aussi en abondance sur tout type de sites ou blogs.

 

La gestion statique de l’espace graphique

Une enseignante de maternelle m’envoie la question suivante :

Je vais enseigner à la prochaine rentrée dans une classe de MS/GS.
Je relis avec beaucoup d’attention votre livre « Le geste d’écriture » pour bien m’en imprégner.
J’ai une question sur la gestion statique de l’espace graphique.
Je comprends l’intérêt du travail sur l’alignement et l’espacement des objets pour la tenue de la ligne et l’espacement régulier entre les mots. Mais je ne comprends pas le lien de ces activités avec l’espacement entre les lettres car dans l’écriture manuscrite en cursive, il n’y a pas d’espacement entre les les lettres puisqu’elles ont liées entre elles.
Merci pour votre réponse à mon questionnement.
Cordialement

Cette question appelle un développement particulier, c’est pourquoi j’y répond sous forme d’article plutôt que dans les commentaires.  Une précision tout d’abord : la version 2016 du Geste d’écriture est susceptible d’apporter des éclaircissements sur quelques questions qui ont pu se poser jusqu’ici.

La gestion statique de l’espace graphique assure, comme son nom l’indique, la gestion des contingences spatiales de l’écriture indépendamment du mouvement fait pour disposer les éléments. Elle habitue l’enfant à voir ces caractéristiques.  Ces caractéristiques sont travaillées en transversalité, c’est à dire en focalisant l’attention de l’enfant sur l’activité en cours et non sur l’objectif de l’enseignant. L’objet de la tâche et l’objet du savoir ne se rejoindront qu’ultérieurement. Par exemple quand l’enfant aligne les petits chiens sur la poutre dans le cahier Le cirque il ne se réfère pas à l’écriture mais au spectacle du cirque.  En même temps qu’il perçoit l’alignement des objets, il en perçoit l’espacement, tant en ce qui concerne l’espace entre les éléments globalement qu’en ce qui concerne l’espacement de leurs axes.

Il encode un rythme d’espace lequel comprend la façon de se diriger dans l’espace mais également, entre autres, une façon particulière d’organiser l’espace.  C’est ce rythme, c’est à dire cette cohérence dans la disposition des éléments, qu’il restituera ensuite dans l’écriture, y compris l’écriture cursive. Les lettres étant liées, il se réfèrera aux corps des lettres pour qu’ils ne se touchent pas mais ne soient pas trop éloignés non plus. (S’intégrera à ce rythme et l’étayera la gestion de l’espace produite par le mouvement qui crée les formes et les dépose).

Pour que les enfants bénéficient au maximum de ces enseignements il me semble important de laisser l’encodage se faire de la façon la plus naturelle possible, sinon l’enfant risque de ne pas pouvoir se détacher des détails : il va percevoir d’un côté la tenue de ligne, de l’autre les espacements, d’un autre encore l’inclinaison des axes et il cherchera à appliquer cela à l’écriture alors que l’espace est un tout dont les éléments interagissent.  La transversalité (qui permet une répétition sans lassitude et sans insistance lourde) et la différenciation (qui permet que chaque enfant agisse en fonction de ses besoins et de ses possibilités pour optimiser son apprentissage) favorisent ces apprentissages implicites et naturels.  Vous trouverez des explications sur la façon de les mettre en œuvre étayées d’exemples dans la 1ère partie du Geste d’écriture 2016.

J’ai bien conscience que la lecture de cet article peut être ardue. Il est sans doute nécessaire de le lire plusieurs fois (et peut-être aussi les chapitres correspondants dans le livre) pour bien comprendre cette sorte d’alchimie qui s’opère quand on évite la lourdeur de la verbalisation (laquelle est trop souvent un frein plus qu’une aide), mais cela vaut la peine car lorsqu’on comprend ces notions, alors on a fait un grand pas dans la compréhension du geste d’écriture (et on cesse alors de parler des gestes de l’écriture , expression qui montre qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour comprendre.)

 

 

Nouvelle publication : les posters à afficher en classe.

Les posters méthode Dumont viennent de paraître (chez Hatier)

En voici des extraits :

Extraits de l'abécédaire, des chiffres. Processus de formation des lettresExtraits de l'abécédaire, des chiffres. Poster du processus de formation des lettres.

Ils comportent :

– le poster du processus de formation des lettres. Il montre comment former les lettres à partir des formes de base et de leurs dérivées. C’est l’idéal pour comprendre et montrer aux enfants comment on passe de la forme à la lettre de façon à avoir une écriture fluide.

– un abécédaire qui présente toutes les lettres dans les 4 formes avec des dessins illustrant le son au début et à la fin d’un mot. La présence du son à la fin du mot est précieuse pour sentir ce qui se passe dans la bouche quand on prononce une consonne : en début de mot le bruit de la consonne est provoqué par le point d’ouverture au passage du son de la voyelle ; en fin de mot il est provoqué par le point de fermeture après passage du son de la voyelle. Le point d’ouverture est difficile à percevoir pour un enfant ; le point de fermeture est plus facile.

– des réglettes pour chaque élève de la classe

– la présentation des chiffres avec une amorce vers la construction du nombre : l’enfant peut y découvrir qu’un nombre est le précédent augmenté de un.

– une notice de présentation.

Pour préparer à l’écriture en maternelle, vient également de paraître le cahier Le cirque, premier de la collection Les cahiers d’écriture Différenciation et transversalité qui complète la collection existante Les cahiers d’écriture.

Progression du livre de lecture et utilisation du cahier d’écriture

Les questions sur le lien entre écriture et lecture sont récurrentes. En voici deux. J’y répondrai d’abord de façon générale (A), ensuite livre par livre en commençant par les deux livres dont il est question ci-dessous (B). Enfin, je répondrai aux autres détails des questions (C).

Questions

1) Je me permets de vous envoyer ce message, car je fais ma première rentrée dans quelques jours (je suis donc PES) et j’ai un CP/CE1. J’ai commandé vos fichiers d’écritures car j’en ai entendu beaucoup de bien, seulement voilà, l’écriture ne suit pas du tout la progression de mon manuel de lecture (Ratus) : est-ce que je peux dissocier l’écriture et la lecture ou est-ce qu’au CP il n’est pas préférable de faire des va-et-vient entre encodage et décodage?
Et si je modifie la progression de vos cahiers d’écriture, il me semble que c’est leur enlever leur intérêt.

D’autre part, peut-être sont-ce des questions stupides, mais avec ces cahiers, il s’agit de n’écrire que ce que l’on sait écrire, est-ce que ça veut dire que je ne dois pas faire écrire à mes élèves leur prénom ou la date dans le cahier du jour ?

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2) J’ai une classe de cp/ce1 avec 6cp. C’est ma première année avec des cp. J’ai acheté « Le geste d’écriture » et les cahiers d’écriture de cp. J’ai lu sur votre site et sur le forum edp que vous recommandiez d’abord d’apprendre et de revoir toutes les lettres cursives (cahier d’apprentissage 1) jusqu’à la Toussaint puis de passer au cahier de perfectionnement (cahier 2).

Je souhaite suivre votre méthode d’enseignement de l’écriture. Je me pose évidemment la question de l’articulation entre l’apprentissage de la lecture et celui de l’écriture. (En lien avec la progression phonologique de mon manuel de lecture)

La progression phonologique de mon manuel de lecture « A l’école des albums » est la suivante (pour les périodes 1 et 2)

Sons / graphèmes

Période 1 : a – i , y – o – r – é – p – au – es [é] – on , om – c, qu – l – u – d – eau

Période 2 : oi – f – s ss ç – ou – e – er – b – ê,ai – an, en, em – j,g – n – v – z , s – c – ez – è

Je dois trouver une progression adaptée à ma méthode de lecture pour éviter que les enfants fassent uniquement le « dessin des lettres » en suivant les différentes lettres et digraphes telles qu’ils sont proposés dans cette dernière.

Je me pose trois questions :

1) Comment faire pour suivre la logique de mise en place du geste graphique (de votre méthode) tout en tenant compte de mon manuel de lecture et de sa progression ? (et ceci sans dénaturer votre méthode !)

2) Si l’enfant sait écrire toutes les lettres avant la Toussaint, forcément les élèves auront appris à écrire ces lettres (et certains mots les contenant) avant l’étude du son correspondant dans le manuel.

L’enfant risque donc d’écrire ce qu’il ne sait pas encore lire. Comment faire ? La solution est-elle de considérer, lorsque cela est impossible de faire autrement, que la leçon d’écriture tient le rôle d’une première présentation de la lettre et du son qu’elle fait, préliminaire à la leçon de lecture qui viendra plus tard ?

3) Et si cette solution est valable, ne risque-t-elle pas non plus de séparer la méthode de lecture de la méthode d’écriture ? Et donc de ne pas articuler les deux méthodes.

Ma réponse :

A ) Réponse générale

A l’entrée au CP les enfants sont familiarisés avec les lettres de l’alphabet. Lecture et écriture peuvent être dissociées. On peut choisir aussi de ne pas dissocier la progression de la lecture et de l’écriture tout en suivant les deux méthodes en même temps. En effet, suivre la méthode d’écriture n’impose pas de changer la méthode de lecture.

Dans les deux cas, l’apprentissage de la lecture commencera par une prise de contact avec le livre quelle que soit la méthode. On profitera de cette période pour faire un rappel de la tenue du stylo et une prise de contact avec le cahier. Les pages 5 et 6 sont consacrées à cette prise de contact.

Vous aurez lu auparavant les pages 2 et 3 de présentation du cahier et de suggestions et consignes afin d’en optimiser votre utilisation. Vous y aurez vu que les exercices sont à doser en fonction des besoins et des possibilités de enfants.

Dans le même temps, vous ferez la séance ‘’écrire c’est facile’’. Dont voici le tableau des formes.

Pour cela, vous aurez repéré dans le livre de lecture à quelle page interviennent les lettres qui utilisent des formes de 2ème unité (rouleau – que certains considéraient jusqu’ici  comme une ‘’boucle à l’envers’’ – , pont, jambages bâtonnés ou jambages bouclés). Jusqu’il y a peu, entraînée par les habitudes professionnelles,  je considérais le pont comme la forme de base de 2ème unité. L’étude du système et des relations intrasystémiques poursuivie après ma thèse m’a montré que c’était là une erreur : les deux formes de bases ont obligatoirement les deux mêmes attributs, attaque à gauche et  arrondi. Le pont ne possède pas ce dernier attribut puisqu’on peut le continuer tout droit indéfiniment. C’est le cas, en revanche, du rouleau – qui servira à former s, x, z).

Ensuite, vous aurez regardé où se trouve la 1ère lettre ronde.

Selon le niveau des enfants et selon le livre que vous utilisez vous arrêterez votre séance à la fin de la 1ère unité ou avant le rond, sauf si une lettre de 2ème unité* se trouve dans les toute premières pages (*j’appellerai ainsi les lettres qui utilisent une 2ème unité sachant que la 1ère unité est présente dans toutes les lettres).

Si vous utilisez le cahier dans l’ordre de ses pages, vous commencerez l’écriture à proprement parler soit en même temps que la lecture, soit un peu avant, soit un peu après. Répondez bien aux questions des enfants sur ce qu’ils ont écrit. Au besoin suscitez discrètement leurs questions : ils doivent impérativement comprendre que l’écriture fait sens.

Des exercices concernent l’enchaînement des lettres, cela ne fait pas sens, bien sûr, mais c’est un exercice d’acquisition d’une écriture fluide. D’autres concernent des mots et très rapidement des phrases. Faites mettre les mots isolés dans des phrases afin que l’enfant accède au sens. D’autres exercices concernent les mots outils. Leur utilité n’est plus à démontrer.

Si vous associez écriture et lecture repérez dans le cahier les exercices qui peuvent être faits pour que l’enfant n’écrive que ce qu’il a appris à écrire. Progressivement le cahier se remplira mais ce sera dans le désordre (ce qui somme toute, importe peu).

A très vite pour des exemples complets de liaison entre méthode Dumont et manuels de lecture.

 

Progression lecture et progression écriture – Ratus