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Choisir un stylo-plume

Au début du CP l’enfant écrit au crayon. Son habileté s’affinant il passe bientôt au stylo. Stylo-bille ou stylo-plume ? Selon les enseignants le choix peut être laissé ou être imposé. Une fois choisie la nature du stylo, il faut choisir LE bon.
Comment choisir un stylo-plume pour un enfant est une vraie question.

Le mieux est d’aider votre enfant à choisir son stylo en fonction de ses propres goûts. Mieux encore, de lui laisser essayer divers stylos pour qu’il se rendre compte de celui qui lui convient le mieux. Vous le guiderez pour qu’il ne se laisse pas séduire par un aspect attirant – belles couleurs, dessins à la mode et par une plume large qui laisse une grosse trace – au détriment du confort d’écriture. Il le choisira à la fois en fonction du corps du stylo ainsi que de la dureté et de l’épaisseur de la plume. – Tous les cas de figure se trouvent :

                          Dureté
Épaisseur

Souple

Moyenne

Dure

Fine

XX

XX

X

Moyenne

XXX

XXX

X

Épaisse

X

XX

X

Les cas les plus favorables pour un jeune enfant sont une plume souple ou moyenne d’épaisseur moyenne.  Plus la plume est dure et fine moins le stylo convient à un enfant, sauf exception. Les cas les plus favorables pour un enfant sont marqués de trois croix. Moins il y a de croix, moins le stylo conviendra à un enfant, sauf exception.

 
Les magasins de marque permettent d’essayer les stylos avant achat. Vous n’aurez pas forcément cette possibilité en les achetant ailleurs mais on peut trouver de bons stylos dans tous types de magasins. Il existe différentes formes de plumes : les plumes biseautées, les plumes carrées et les plumes rondes. Les dernières sont les plus courantes et les plus faciles à utiliser.

Les guide-doigts peuvent-ils aider l’enfant à apprendre à tenir son crayon ?

Les guide-doigts ajoutent de l’épaisseur au corps du stylo. Ils obligent donc les enfants à écarter les doigts, ce qui est inconfortable.
Je vous propose une expérience : prenez de la pâte à modeler très souple, placer-la sur un stylo à l’emplacement du guide-doigts. Prenez le stylo comme pour écrire, tout d’abord sans appuyer sur la pâte à modeler. Écrivez un mot. Ensuite appuyez pour laisser l’empreinte de vos doigts. Faites faire la même chose à trois autres personnes. Comparez les moulages. Vous voyez qu’il y a des différences.

Que nous dit cette expérience ? Les guide-doigts imposent une contrainte. Ils remplacent un inconfort par un autre. Il vaut donc mieux apprendre à l’enfant à tenir et manier correctement son crayon. Le geste d’écriture méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 y consacre plusieurs pages.

Pour les 3 à 7 ans, Le Petit plus, j’apprends à tenir mon crayon montre, page après page, comment faire pour tenir et manier le crayon et propose des activités ludiques pour y arriver. Tenue du crayon ,

S’il est un peu tard dans la scolarité de votre enfant pour que sa tenue et son maniement du crayon soient rectifiés à l’école,  vous pouvez consulter un rééducateur/une rééducatrice en écriture méthode Dumont. S’il n’y a pas d’autres problèmes que celui-ci, c’est l’affaire de 2 à 3 séances.

Quel stylo convient le mieux pour commencer à écrire ?

On pense souvent qu’un gros stylo sera plus facile à tenir par un enfant qu’un stylo de corps moyen. Pourtant les gros stylos ont l’inconvénient d’obliger à écarter les doigts. C’est malcommode et ça donne de mauvaises habitudes.
Par ailleurs, les enfants ont du mal à tenir un stylo trop fin.
Il vaut donc mieux leur donner des stylos de taille moyenne. Ce sont les stylos les plus ordinaires. Ils sont suffisamment gros pour être facilement tenus en main, suffisamment fins pour ne créer ni inconfort ni mauvaises habitudes.

On pourrait aussi être tenté de penser que puisque l’enfant est petit il lui faut un petit stylo (ou un petit crayon). En réalité, si le crayon est trop petit il ne peut pas être tenu à la fois solidement et souplement. Le corps du crayon (ou du stylo) doit reposer pleinement dans la commissure entre le pouce et l’index. S’il arrive à peine à cette commissure, il est difficile de le manier correctement surtout lorsqu’on manque d’habitude.

Se pose aussi la question de la grosseur de la pointe. 

Souvent les enfants préfèrent les pointes un peu grosses. Cependant les pointes ou plumes trop larges font un trait épais qui engorge les boucles. Elles donnent rapidement un aspect sale. Les pointes trop épaisses ou les plumes trop larges ne sont pas adaptées aux petites écritures, elles les empâtent.

Il semble que des stylos à pointe fine donnent généralement une écriture plus nette.  Toutefois, cela n’est valable à coup sûr que lorsque celui qui écrit se sent à l’aise avec ce genre de stylo. Il est rare que des enfants jeunes – avant au moins le CE1 – soient attirés par des stylos à pointe fine. Ces stylos manquent de souplesse ; ils ont tendance à griffer le papier quand ils sont maniés par une main peu expérimentée. Ils peuvent procurer une sensation désagréable aux enfants (et à certains adultes aussi).

Les stylos ordinaires, de grosseur moyenne, de longueur suffisante, avec une bille ni trop grosse ni trop fine sont ceux qui conviennent le mieux. Ils sont suffisamment gros pour être facilement tenus en main, suffisamment fins pour ne créer ni inconfort ni mauvaises habitudes, suffisamment longs pour reposer dans la commissure entre le pouce et l’index. Leur pointe est suffisamment grosse pour assurer un bon contact sur le papier, mais pas trop pour ne pas empâter l’écriture.

Tenue du crayon – Démonstration

Encore et toujours, la question de la tenue du crayon préoccupe. Doit-on le tenir entre le pouce et l’index ou entre le pouce et le majeur ? 

Une petite démonstration, que vous allez faire vous-même, vous éclairera sur la solidité de la prise :

Objectif   Faire en sorte que la prise soit à la fois souple et assurée de façon à ce que le crayon soit solidement tenu et que le geste soit fluide.
 
Expérience
 
Fermez la main sans y enfermer votre pouce.
Vous voyez que celui-ci se met naturellement face à la face latérale des autres doigts en l’occurrence de l’index ; si vous levez l’index il se place face à la face latérale du majeur ainsi de suite.
Essayez maintenant de placer votre pouce en face de votre index (en pince).
Éprouvez les deux sortes de pinces : pulpe du pouce/face latérale du majeur et pulpe de pouce /extrémité de l’index.
La première pince est solide, la deuxième l’est beaucoup moins.
 
Maintenant, crayon en main avec l’index seul dessus tracez sur place des petits zigzags. Vos doigts bougent facilement.
Faites la même chose en y plaçant aussi le majeur.
Vous avez plus de mal à bouger les doigts.  Cela vient que l’innervation du majeur ne lui autorise pas la même souplesse que celle de l’index.
 
Vous comprenez alors que pour que la tenue du crayon soit optimum  en fermeté et en souplesse à la fois, il vaut mieux le tenir entre la pulpe du pouce et la face latérale du majeur, l’index se posant dessus pour le retenir.
 
Plus d’info ici http://legestedecriture.fr/enseigner-la-tenue-et-le-maniement-du-crayon/       et sur « Le geste d’écriture » édition 2016
 
Et si vous souhaitez que je redise et que je reprécise : 

La meilleure tenue de crayon est celle qui assure à la fois le plus de solidité à la prise et le plus de souplesse aux doigts : le crayon y est pris en pince entre la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur ; l’index se place sur le crayon.

Pour écrire dans le sable on utilise spontanément l’index ; lorsqu’on tient un stylo, l’index se pose dessus pour le guider virtuellement. En réalité, c’est le majeur qui propulse le crayon vers l’avant, l’index le bloque.

Si on ferme la main en poing et si on tend l’index, le pouce vient se placer contre le côté du majeur. On sent qu’il peut appuyer fort contre le majeur lorsque la main est légèrement pliée : l’annulaire et l’auriculaire viennent en effet en renfort du majeur pour affermir la prise. Pour que, dans cette position les doigts puissent bouger facilement, on fera glisser le bout du pouce contre le majeur jusqu’à ce qu’il vienne se placer contre la dernière articulation du majeur. C’est là que se pince le stylo.

Sachant que le crayon se tient entre l’extrémité de la pulpe du pouce et la dernière articulation du majeur (pas la phalange, l’articulation), il vaut mieux habituer l’enfant à placer ses doigts ainsi.

Cet apprentissage peut se faire par des jeux d’ombres chinoises. Si on place le pouce comme indiqué et si on lève l’index, on obtient une ombre de tête de lapin comme on le voit ici avec la comptine « L’ombre du lapin ».

En tenant un crayon de couleur entre le pouce et le majeur positionnés ainsi on peut s’exercer à tracer puis colorier des ovales debout.  Pour les enfants de 3 et 7 ans, le Petit Plus J’apprends à bien tenir mon crayon aux éditions Belin est tout indiqué pour apprendre progressivement à tenir et manier le crayon.

L’usage du porte-mine.

Utiliser un porte mine pour éviter que l’enfant appuie fort, est-ce une bonne idée ?

On pourrait être tenté de dire oui puisque l’enfant va se retenir d’appuyer pour éviter que la mine casse. En tout cas c’est l’objectif. Oui, mais…

Si l’usage du porte-mine peut paraître alléchant, avant de l’adopter posons-nous deux questions : 2) Celle de la finalité de son utilisation 3) Celle de la réalité de l’effet produit.
 
La finalité ? Exercer la pression ? Il va sans dire qu’il s’agit bien de la pression de la mine sur le papier, pas de la pression des doigts sur l’outil scripteur.  Il s’agit donc de faire en sorte que l’enfant appuie moins sur le papier.
 

Pourquoi l’enfant appuierait-il moins avec un porte-mine qu’avec un autre outil ? Tout simplement parce que si l’enfant appuie trop sur le porte-mine, la mine casse. C’est violent, c’est stressant, c’est culpabilisant (si tu avais/j’avais moins appuyé, la mine n’aurait pas cassé).

Sauf à préférer le dressage à l’apprentissage on peut alors se poser la vraie 1ère question qui n’est pas « comment faire pour que l’enfant n’appuie pas ? » mais « pourquoi l’enfant appuie-t-il si fort ? »
 
L’observation donne la réponse :
– On écrit confortablement lorsque l’avant-bras et le poignet sont posés sur la table : cela permet à la main et aux doigts de bouger librement, souplement.
– Si, au contraire, il n’y a pas d’appui au niveau du poignet alors, comme il faut bien que l’enfant appuie quelque part et que le soulèvement du poignet fait basculer la main vers l’avant, l’enfant appuie sur le crayon, donc sur la mine. S’il s’agit de la mine fine d’un porte-mine, elle casse.
L’enfant appuie fort sur le crayon car au lieu que l’appui se fasse au niveau du poignet, il se fait sur la mine, (le poignet étant soulevé)
 
La 2ème question arrive d’elle-même : Comment apprendre à l’enfant à poser son poignet sur la table ( pour ne pas enfoncer la mine du crayon dans le papier au risque d’en trouver la trace plusieurs pages plus loin si c’est un crayon ou un stylo ou de la casser si c’est un porte mine) ?

On habitue l’enfant à garder son poignet en contact avec la table en lui faisant faire tous les exercices qui font placer la main dans l’axe de l’avant-bras avec consigne de poser le poignet sur la table : peinture à doigts, chenilles pressées, ping-pong des bouchons…

Parallèlement tant que la bonne position de la main ne sera pas acquise, on évitera tout ce qui oblige l’enfant à rester le coude soulevé comme, par exemple, le pianotage coude en l’air.

Pour répondre en peu de mots à la question : est-ce une bonne idée que de donner un porte mine à l’enfant pour éviter qu’il appuie trop fort ? La réponse est clairement : « Non ; c’est une mauvaise idée ».

Voir Le geste d’écriture. Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2 – Différenciation et transversalité, page 209.

Écriture manuscrite/écriture numérique

La question du numérique revient régulièrement. On en loue les avantages. On en dénonce les effets… les méfaits ?
Examinons le tout avec sérénité. Pour autant ne nous voilons pas la face : si le numérique représente une avancée technique considérable à laquelle il serait dommageable de renoncer, son usage non réfléchi représente un danger réel à bien des égards à commencer par l’usage précoce des claviers.

Démonstration en deux PDF :

!Les risques du tout numerique

!Impact socio-economique du tout numerique

 

La gaucherie au quotidien

A la suite d’une question qui vient de m’être posée sur Facebook, voici mes recommandations pour la tenue du crayon du gaucher. (cf.  Le geste d’écriture, édition 2016, page 220) 

Tout d’abord une précision : pour un bon confort d’écriture les muscles ne doivent pas être sollicités par d’autres tensions que celles de l’acte d’écrire.  C’est cette considération qui explique les conseils repris ci-dessous :

Pour apporter du confort au gaucher dans ses activités graphiques, on veillera à :

– ne pas le placer à droite d’un droitier,
– lui faire avancer sa feuille sur la table,
– lui faire incliner sa feuille vers la droite selon un axe un peu plus prononcé que l’inclinaison de la feuille du droitier vers la gauche,
– lui faire adopter une tenue de crayon longue, c’est-à-dire les doigts loin de la mine,
– ne pas exiger qu’il trace ses traits libres (barres de , tirets, traits d’union…) de gauche à droite.

Pour la qualité de la relation avec les autres enfants au sujet de son écriture, ne pas oublier que la gaucherie n’est ni un handicap ni une anomalie, ce n’est pas non plus un choix destiné à se démarquer des autres, c’est une caractéristique comme une autre sur laquelle il n’y a pas lieu de s’attarder outre mesure.

Si la gaucherie devait être considérée comme handicapante pour écrire, alors on devrait aussi considérer que les droitiers de langue arabe ou hébraïque sont handicapés pour écrire puisqu’ils le font de droite à gauche.

Quelques précisions :

  • En avançant la feuille sur la table on dégage le coude du corps afin qu’il ne soit pas bloqué au cours de l’écriture.
  • En inclinant la feuille vers la droite on la place dans l’axe de l’avant-bras de telle façon que les muscles ne sont pas tendus.
  • En l’inclinant plus que pour le droitier on voit mieux l’écriture.
  • Idem en ayant une tenue longue, c’est à dire les doigts pas trop près de la mine.

Pour le reste, c’est comme pour le droitier, la main se situe sous la ligne d’écriture.

 

La tenue du crayon : les faux bons conseils

On constate de plus en plus que les enfants ont du mal à tenir le crayon. J’en ai donné quelques raisons directement liées aux nouvelles technologies.

J’en donnerai d’autres raisons liées indirectement aux nouvelles technologies, c’est à dire non pas aux technologies elles-mêmes mais à ce qu’elles propagent.

Moyen de diffusion d’une puissance inégalée jusqu’ici, le numérique propage, en effet, des informations utiles, mais aussi nombre de conseils toxiques qui le seront d’autant plus qu’ils sont alléchants.

Attention donc, si une proposition vous intéresse ne l’adoptez pas sur les bases de son emballage : essayez-la. Comme vous le feriez d’une paire de chaussures. Observez ce qui vous est proposé. Essayez sans rien y changer. Constatez. Tirez-en des conclusions qui ne soient marquées ni par votre désir d’adhérer à une proposition si bien présentée ni par un rejet à priori pour une raison ou pour une autre.

Vous expérimenterez ainsi, par exemple, un conseil abondamment diffusé sur des vidéos, des sites, des blogs et même des formations puis relayé d’abondance aussi par ceux qui se sont laissés piéger : bloquer un mouchoir avec l’annulaire et l’auriculaire pour faire fermer la main afin de mieux tenir le crayon.

Alors essayez. Prenez un mouchoir en papier. Placez-le dans votre main qui tient le crayon. Serrez-le fort contre votre paume avec votre annulaire et votre auriculaire tel que vous le montre le dessin ou la vidéo (que je ne montrerai pas ici ; ne faisons pas de publicité aux conseils toxiques).

Maintenant constatez. Votre pouce et votre majeur tiennent le crayon (votre index est posé dessus). Votre annulaire et votre auriculaire pressent le mouchoir. Pour cela ils sont désolidarisés du majeur. Vous constatez aussi que ces deux doigts sont crispés.

Enfin concluez. Votre majeur ne bénéficie pas de l’appui de  l’annulaire et de l’auriculaire puisqu’ils sont bloqués sur le mouchoir. 

En conséquence, l’annulaire et l’auriculaire n’offrant pas au majeur le bénéficie d’un appui, la tenue du crayon reste instable malgré une bonne prise et vous le ressentez lorsque vous écrivez mouchoir en main. 

Alors que faire ? En l’occurrence revenir à la technique d’origine qui était de placer dans la main une boule de cotillon ou un mouchoir roulé en boule : boule de cotillon pour enseigner l’écriture, mouchoir roulé en boule pour la rééduquer car le mouchoir ainsi utilisé permet  de moduler l’appui. Et même aller plus loin.

Vous trouvez la 1ère proposition dans Le geste d’écriture depuis sa 1ère parution en 1999 jusqu’en 2016. Vous ne trouverez pas la 2ème car je n’ai pas publié ma méthode de rééducation de l’écriture . Toutefois devant la difficulté induite par la diffusion de l’usage mal compris du mouchoir, j’ai aménagé la technique d’enseignement de telle sorte qu’enseignement et rééducation se rejoignent sur ce point et j’ai publié cet aménagement dans l’édition 2016 du Geste d’écriturepour que les enfants ne restent pas la main entrouverte pour écrire mais aussi qu’ils ne crispent pas leur doigts, nous leur mettrons dans la main une boule de coton à démaquiller que nous nommerons « petit poussin » pour la circonstance. L’objectif ludique de l’enfant est de tenir le « petit poussin » au chaud dans sa main sans l’écraser. L’objectif de l’enseignant est d’obtenir rapidement une bonne tenue de crayon (et d’éviter les crispations renforcées par un emploi inapproprié du mouchoir).

La tenue de crayon illustrée

L’une des préoccupations récurrentes en ce début d’année scolaire est la tenue du crayon.
Un leitmotiv en forme de plainte se diffuse : cette année c’est affreux, tous tiennent mal leur crayon ! Si vous vous souvenez bien, l’an dernier c’était déjà comme ça.   Vous trouverez des articles sur le site en entrant « crayon » dans le bouton « recherche » ou en fouillant dans les news  dans la fonction recherche
Si vous êtes enseignants, vous avez très envie de pouvoir montrer aux parents comment repérer les mauvaises et les bonnes tenues de crayon. C’est l’objet de ce nouvel article. Il vous présente l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour voir si une tenue de crayon est bonne ou mauvaise. N’oublions pas non plus son maniement (les doigts peuvent être correctement placés sur le crayon et la main mal positionnée. Le maniement du crayon crée alors des tensions, voire des douleurs).

Vous pourrez imprimer le PDF ci-dessous et, si vous êtes enseignant, le distribuer aux parents si vous le souhaitez.

Tenue de crayon

Bonne observation !

Apprendre ce qu’il faut pour pouvoir tenir un crayon.

Drôle de titre sans doute que celui-ci.

« Apprendre à tenir le crayon » serait un titre plus simple Oui. Mais ce serait un risque d’erreur. En effet, l’une des erreurs majeures dans l’apprentissage de la tenue du crayon est que l’action reste très souvent centrée sur la position des doigts sur le crayon ; les activités préparatoires sont souvent oubliées ou erronées.

Si on veut enseigner correctement l’écriture dont la tenue et le maniement du crayon il ne faut pas remplacer le sémantique par le procédural, c’est à dire pas remplacer par des explications verbales ce qui relève des processus.

On le comprendra aisément en pensant que tout le monde balance (plus ou moins) les bras en marchant (sauf les personnes atteintes de la maladie de Parkinson) alors que personne n’a appris à le faire. Votre marche sera moins assurée si vous commencez à réfléchir à la façon dont vous balancez les bras et dont vous posez les pieds. Donc, pour moi, pour apprendre à écrire on apprend ce qu’il faut faire pour apprendre à tenir le crayon. Mais c’est tout, c’est à dire que pour moi, sauf dans des cas très spécifiques de tout petits qui ont vraiment des difficultés nécessitant une technique particulière et qui sont pris en charge pour cela hors de la classe on oublie toutes ces histoires de voiture, de coussin, d’oreiller ou je ne sais quoi encore. Quand on a été préparé… on prend le crayon et on écrit. C’est tout  

C’est la préparation qui compte, ensuite, ça se fait « tout seul ». Si on peut utiliser la sorte de réflexe de la position révolver pour apprendre la position du pouce sur le côté du majeur, on ne va surtout pas mettre les doigts dans cette position puis, en le prenant de l’autre main, disposer le crayon entre les doigts tendus. Cette position n’existe à aucun moment lorsqu’on attrape le crayon pour écrire. Ce geste (mise en position révolver) sert uniquement à préparer la position respective du pouce, de l’index et du majeur.

Une fois bien préparée, la bonne prise du crayon se fait donc « toute seule »,  à la condition que personne ne vienne mettre son grand de sel pour dire des sottises que l’enfant prendra au pied de la lettre et qu’il n’arrivera pas à satisfaire.

Par exemple si on lui dit de placer son pouce  et son index exactement face à face et qu’en même temps on lui donne un crayon triangulaire (comme il en existe dans la quasi totalité des écoles) alors on lui rend la tâche impossible : pouce et index ne peuvent pas être face à face avec ces crayons-là.  Donc l’enfant ne peut pas satisfaire à la consigne. 

Si on lui donne la même consigne et qu’on lui présente un crayon circulaire, alors il arrivera à placer ses doigts exactement comme on le lui demande mais la prise ne sera pas solide.  Plus l’enfant va s’appliquer à ne pas dévier de la consigne, c’est à dire plus il va s’appliquer à placer son pouce et son index exactement face à face, plus il aura du mal à avoir une prise solide et il aura le sentiment d’être incompétent.

Le lecteur trouvera quelques réflexions sur les difficultés d’apprentissage de la tenue du crayon sur la 5ème vidéo de ma chaîne Youtube. Il pourra en profiter pour s’abonner. C’est ici  : https://www.youtube.com/watch?v=1pHldJEIT8w