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Les nouvelles qui touchent à l’enseignement et au système éducatif

Une petite piqure de rappel : pour une écriture de qualité et faisant sens.

Une petite piqûre de rappel. Cela n’est pas inutile lorsque j’aperçois çà et là sur des blogs ou sur des pages FaceBook quelques informations erronées ou tronquées.

Il s’agit de la prise en compte des fondements de ma méthode d’enseignement à savoir la double différenciation et la transversalité. Bien qu’ils soient présents dès la première publication du Geste d’écriture en 1999 et qu’ils soient véritablement fondamentaux pour une entrée dans un écrit techniquement réussi et porteur de sens, il arrive que ces deux piliers de ma méthode d’enseignement soient escamotés.

Avec ses 110 pages de plus que la précédente, la nouvelle édition les explicite très largement et présente des exemples de mise en œuvre sous forme de tableau. Après la présentation des bases de ma méthode, j’ajouterai ici un autre exemple issu de la réflexion menée au cours de l’atelier que j’ai animé ce mercredi 6 juin pour le SNUIPP des Vosges.

Rappel du principe :

I – La double différenciation

1) Différenciation entre l’objectif de l’enfant (objet de la tâche : réussir un beau poster, faire gagner son équipe…) et l’objectif de l’enseignant (objet du savoir)

2) Différenciation entre les enfants en fonction des compétences à leur faire acquérir (donc de leurs acquis, de leurs possibilités – et de leurs attentes)

II – La transversalité

Toutes les activités préparatoires à l’écriture se font dans le cadre de projets définis par l’enseignant seul ou conjointement avec les enfants. Leur relation avec l’écriture n’apparaît à l’enfant que lorsqu’il s’agit pour lui d’écrire effectivement.

Par exemple, pour la confection de l’affiche de la fête de la musique que nous avons traitée au cours de l’atelier du 6 juin, les enfants qui froissent le papier et s’en servent de tampon de peinture fluo pour illuminer les fonds peints par leurs camarades ignorent que cette activité est aussi destinée à leur tonifier la main. Ceux qui ont peint les fonds au rouleau ignorent que cette activité était aussi destinée à leur faire dégager le coude du corps afin d’assouplir leur posture.

En revanche, ceux qui écrivent le titre de l’affiche en collant une à une les lettres qu’eux-mêmes ou d’autres auront découpées savent bien qu’ils « écrivent » et ils savent aussi que le bon alignement des lettres habitue leur œil à la linéarité afin que plus tard, ils écrivent droit.

(cf. https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=Fw4jc19_03Y   ou https://www.youtube.com/watch?v=yLB2jTofuUY

Ces deux piliers de l’enseignement évitent la surcharge cognitive et donnent accès progressivement au savoir au rythme de chaque enfant en préservant son épanouissement vers d’autres savoirs liés directement (fête de la musique, jardinage …) ou indirectement (couleurs, formes, numération…) au thème traité.

Exemple de thème

La présence du jardinage parmi les thèmes exposés dans le livre montre d’elle-même qu’apprendre à écrire n’est pas forcément une affaire de trace écrite.

Ce 6 juin, nous avons choisi la confection d’une affiche pour travailler le thème de la fête de la musique. Nous aurions pu aussi choisir la mise en place d’une formation musicale, comme l’a bien perçu une enseignante qui mimait une batterie. L’un des choix n’exclut pas l’autre, mais le temps est notre maître et le thème de l’affiche l’a comblé.

Nous aurions pu proposer de :

–  mimer le jeu du pianiste, du saxophoniste… pour la souplesse des doigts, du batteur pour la souplesse et la fermeté du poignet etc.

– disposer sur une feuille les touches d’un piano pour la gestion statique de l’espace graphique. Les touches seraient découpées (pour l’agilité des doigts) dans du papier crème et du papier noir – qui auraient pu être peints au rouleau (pour l’assouplissement de la posture).

– de défiler avec des instruments réels ou imaginaires

– de faire disposer des chaises en lignes pour les spectateurs…

– de faire reproduire quelques notes de musiques sur une partition… en les noircissant d’un mouvement des doigts chaque fois que nécessaire (prise de conscience d’un lignage à respecter, en l’occurrence une portée) (motricité fine des doigts)

– etc.

 

Le principe ne doit pas faire oublier le contenu. Il est développé dans la modélisation de l’apprentissage de l’écriture (cf. Le geste d’écriture et https://www.youtube.com/watch?v=DQtjHxbqD7k  ) et dans la présentation du système d’écriture (cf. Le geste d’écriture et https://www.youtube.com/watch?v=Fw4jc19_03Y) qui explicitent l’une et l’autre le concept de geste d’écriture que j’ai créé il y a quelques décennies.

Ce concept  serait privé de son intérêt, donc réduit à un simplisme stérile, si pensant utile de le simplifier, on le privait de ses racines.  https://www.youtube.com/watch?v=yLB2jTofuUY

En effet, en abordant la méthode avec les œillères des certitudes  que peuvent donner des années de pratiques autres, certains changent à la fois le mode opératoire de l’accès aux formes et la terminologie. Ils privent alors les enfants de la découverte magique de la machine à étrécir et de toutes les facilités qu’elle induit, et de bien autre choses…

Si dans leurs discours ils semblent avoir compris que « tout part de la boucle », ils n’ont saisi ni l’essence ni l’essentiel et confondent la forme et le mouvement en faisant commencer la boucle aux exercices avec les foulards   (ce qui n’induit aucune obligation de tourner « dans le bon sens » et constitue une sorte de tentative de remonter de la forme connue – la boucle – à un hypothétique mouvement qu’elle intégrerait).

Certes, ce n’est pas évident de comprendre dès le départ ce qu’implique l’idée qu’au commencement est le mouvement. Pour certains, le mouvement c’est ce qu’on fait en verbalisant pour reproduire une forme. Cela, ce n’est pas le mouvement, c’est une tentative de  description du mouvement. Procéder ainsi c’est comme vouloir apprendre à marcher à son enfant en lui expliquant comment il doit poser ses pieds et plier ses genoux.

L’encodage du mouvement fait appel à la mémoire procédurale pas à la mémoire sémantique. Si on disait dans le passé (et encore maintenant… 🙁   ) qu’il faut toute l’école élémentaire pour apprendre à bien écrire, c’est bien justement parce que les enfants apprenaient à reproduire la forme des lettres et il fallait du temps pour mettre en place, à rebours, le programme moteur.

Avec la méthode Dumont, les enfants apprennent à écrire c’est-à-dire à produire du sens avec une écriture fluide, claire, lisible et bien ordonnée dès la maternelle. Lorsqu’ils arrivent au CP il leur reste à acquérir les savoirs que fixe pour eux le programme de l’Éducation nationale et ils peuvent ainsi le faire en étant libérés de cette double tâche que constitue l’effort à faire si l’écriture n’est pas acquise. Cela les libère également de l’inquiétude devant la production d’écrit.

Ce que propose ma méthode d’enseignement c’est donc de commencer par la mise en place du programme moteur. Pour une efficacité optimum de l’encodage de ce programme moteur, il m’a fallu définir le système qui préside à la formation des lettres et à leur enchainement. Ma thèse de doctorat (et la recherche poursuivie ensuite) m’ont permis de mettre en évidence le processus de création des formes et le processus de formation des lettres. Je renvoie le lecteur à la dernière édition du Geste d’écriture et aux posters publiés aux éditons Hatier. Je le renvoie aussi à la vidéo en ligne sur le site Eduscol http://legestedecriture.fr/une-video-eduscol-du-processus-de-creation-des-formes-et-du-processus-de-formation-des-lettres/

La base de la création des formes est l’encodage kinesthésique de la première unité de mouvement ; cela ne peut se faire qu’avec des consignes adaptées qui n’ouvrent pas le risque de partir dans le mauvais sens. Le processus de création des formes nous apprend que la forme est la concrétisation du mouvement. C’est donc bien par le mouvement qu’il faut commencer : en l’occurrence par le relais de hockey que j’ai créé à cette intention. (Cf. le geste d’écriture et quelques articles sur ce site).

En conséquence, on ne commencera donc jamais par le jeu des foulards (qui tendrait à vouloir faire remonter de la forme au geste ce qui n’offre aucun intérêt)

En conséquence de tout cela aussi ce serait extrêmement réducteur de réduire ma méthode d’enseignement à un ordre d’enseignement des lettres ou même des formes qui les constituent.

Voici donc l’essentiel de ce qui fait la spécificité de ma méthode d’enseignement et tout particulièrement d’enseignement de l’écriture.  Je vous invite à lire Le geste d’écriture – Méthode d’apprentissage – Cycle 1 – Cycle 2, Différenciation et transversalité (édition 2016) en commençant par le commencement et sans sauter des étapes  😉

Bonne lecture et bonne mise en œuvre.

La présentation des nouveaux article, c’est ici : http://legestedecriture.fr/news-2/

Nouvelle édition du Geste d’écriture

Le Geste d’Écriture ● Méthode d’apprentissage cycles 1-2 Différenciation et Transversalité

 LA NOUVELLE ÉDITION du geste d’écriture va paraître prochainement. C’est avec plaisir que j’ai constaté à quel point elle s’inscrit dans la droite ligne de l’esprit du nouveau programme de l’école maternelle.  Certes, elle a pris du retard mais la publication est en cours. (Elle ne sera cependant pas dans votre soulier le jour de Noël, j’en suis  véritablement désolée. 

Le nouveau programme de l’Education nationale affirme l’ambition de l’école maternelle d’être une étape essentielle pour garantir la réussite de tous.

Dans son domaine, cette nouvelle édition du Geste d’écriture a pour ambition de donner aux enseignants un outil de terrain qui les accompagnera dans leurs efforts pour mettre tous les enfants sur le chemin de la réussite pour la suite de leurs parcours, notamment en mettant tout en œuvre pour élever le niveau de tous les élèves et réduire les inégalités qui tendraient à se profiler dès le plus jeune âge en matière d’écriture.

Je souhaite qu’avec cette nouvelle édition Le geste d’écriture soit plus que jamais à la fois un ouvrage de référence et un outil pour la pratique quotidienne. S’intégrant au jeu, l’apprentissage en transversalité évite l’écueil de l’élémentarisation de l’école maternelle. Assorti d’une prise en compte des besoins de chacun par une différenciation structurée, il fait participer à un même projet chaque enfant de la classe quel que soit son niveau, chacun en tirant un enseignement en fonction de ses propres besoins liés à sa propre évolution. Tout au long de l’ouvrage des exemples de pratiques de classe illustrent l’acquisition des compétences en différenciation et en transversalité sur divers thèmes. Par ailleurs, les rubriques ‘’Pour une bonne mise en pratique’’ sont conservées et complétées d’une réflexion sur les pratiques toxiques.

La schématisation du système d’écriture, la présentation du processus de création des formes de l’écriture cursive minuscule (en tout et pour tout 2 formes de base, avec 2 dérivées chacune, plus 1 dérivée secondaire) et du processus de formation des lettres facilitent la compréhension du fonctionnement de l’écriture et de la mise en œuvre de la méthode.

Durée d’une rééducation graphique

Mes articles n’arrivent sur le site qu’au compte-goutte. J’en suis désolée pour les internautes qui en souhaiteraient plus. Toutefois c’est plutôt bon signe, cela signifie que j’ai aussi beaucoup à faire pour nos enfants et pour leurs enseignants.  Je suis désolée aussi de ne pas encore avoir eu le temps de remettre en état chaque page ni chaque article suite aux incidents fâcheux qui ont malmené le site.

Je voulais tout de même réagir à un bref écho que je viens d’avoir, là, ce matin, de plusieurs sources, d’une info qui a fait frémir les rééducatrice qui utilisent ma méthode : il faudrait plus d’un an pour rééduquer des difficultés d’écriture !

Peut-être aurais-je été mal informée. Je me dis toutefois que si cette information m’a été transmise ainsi, d’autres ont pu la recevoir de la même façon.

Je tiens donc à rassurer les parents, les enfants surtout d’ailleurs, (car si les parents sont inquiets, ce sont bien les enfants eux-mêmes, malhabiles à manier leur crayon, qui ressentent l’angoisse dès qu’il s’agit d’écrire) et  rassurer aussi les adultes qui veulent résoudre leurs propres problèmes d’écriture : une rééducation graphique demande 4 à 6 séances en moyenne hors cas pathologique grave traité alors par un/e rééducateur/trice en écriture ergothérapeute ou un/e rééducateur/trice  en écriture psychomotricien/ne  selon les besoins.

S’il existe des cahiers de rééducation, il faut être conscient qu’ils ne résolvent que les cas de difficultés légères (et ils sont nombreux) ou qu’ils viennent en accompagnement de rééducations pratiqués par des professionnels.

L’une des rééducations les plus courantes concerne la tenue et le maniement du crayon. En principe c’est une séance pour mettre la main, les doigts, le bras dans la bonne position. Le temps nécessaire pour qu’ensuite la position soit vraiment installée varie selon les personnes : une séance de plus ou  deux, ou trois, voire plus…

Les causes de ces rééducations peuvent être multiples : un mauvais positionnement lors de l’apprentissage ou suite à une opération, une difficulté à réenclencher le processus suite à un accident cérébral, un mauvais déplacement de la main, une crampe de l’écrivain installée ou en cours… Il arrive aussi parfois qu’il faille changer de main scriptrice.

Il vaut mieux éviter d’aller jusqu’à la crampe. Elle s’annonce souvent par de brefs arrêts du geste, par des douleurs, une sensation de pénibilité.

Pour ceux qui seraient tentés par une formation à la rééducation d’écriture, le Cours Danièle Dumont, cours privé d’enseignement supérieur,  ouvre une session de formation chaque année (inscription pour octobre 2016 /octobre 2017  à partir de février).

Attention aux contrefaçons !

Au sujet de la graphothérapie. Son nom oriente cette pratique vers une thérapie par l’écriture (comme la musicothérapie, thérapie par la musique), l’une aidant l’autre, la thérapie par l’écriture étant censée apporter un mieux être, elle débouche sur une amélioration de l’état psychologique de l’intéressé, donc, en principe, elle devrait déboucher sur une amélioration de l’écriture. Le nom n’étant pas protégé, peut se dire graphothérapeute toute personne qui  » fait de la rééducation de l’écriture » sans prise en charge psychologique autorisée par des compétences spécifiques.

A mon avis, quelqu’un qui se dirait graphothérapeute sans une formation approfondie en graphologie et en psychologie serait en contradiction fâcheuse avec l’intitulé de sa profession.

Malheureusement mon excellente amie Florence Witkowski  n’est plus là pour que nous en discutions et pour que nous échangions sur nos professions. Elle  nous a quittés il y a 7 ans à la suite d’une agression dont c’est le triste anniversaire ces jours-ci. J’avais pour elle beaucoup de respect, d’admiration et d’amitié.  Cet article m’est l’occasion de lui rendre un nouvel hommage, le premier ayant été fait, bien sûr, en son temps.

Florence était une grande dame.  Toujours ouverte et à l’écoute. Sans compromission. Nous avions des projets pour envisager un pont entre nos pratiques respectives. La vie en a décidé autrement.

Son livre « Psychopathologie et écriture » est un incontournable de la formation des graphologues. C’était une personnalité internationalement connue dans le monde de la graphologie.

 

Quoi de neuf en ce début de printemps 2015 ?

Tout d’abord la reprise des conférences sur l’enseignement de l’écriture organisées directement en collaboration avec les éditions Hatier.

Ensuite :

Le nouveau programme d’enseignement de l’école maternelle vient d’être publié http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=86940 

Il s’articule autour de 5 domaines d’apprentissage :

  • Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions
  • Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique
  • Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques
  • Construire les premiers outils pour structurer sa pensée
  • Explorer le monde

 

Le colloque 2015 des rééducateurs et rééducatrices en écriture méthode Danièle Dumont aura lieu du  22 au 29 avril. C’est comme chaque année l’occasion de tables rondes, ateliers et conférences autour de la rééducation en écriture et du plaisir de se retrouver.

 

Les pré-inscriptions au cours de rééducation en écriture  session 2015/2016 sont ouvertes. Les inscriptions se feront à partir de fin mai. Les cours commenceront en octobre.

Petit rappel pour ceux qui désespèrent d’avoir une écriture lisible et/ou rapide : il n’est jamais trop tard pour commencer une rééducation de l’écriture.  Y compris chez les dyspraxiques une rééducation de l’écriture est toujours souhaitable dès lors qu’elle est possible. Même lorsqu’une pathologie fait que le clavier sera préféré à l’écriture manuscrite, pouvoir écrire de sa propre main est indispensable à la liberté sociale.

 

LE PROGRAMME 2014 POUR LA MATERNELLE – LA PRÉPARATION A L’ÉCRITURE

C’est par des activités hors écriture propres à la petite enfance qu’on apprend

–  à tenir et manier le crayon,

– à tenir la ligne et à réguler espaces et dimensions

– et qu’on encode le mouvement le plus essentiel à sa réalisation, celui qui va de la gauche vers la droite par un geste concave et que j’ai nommé mouvement de 1ère unité.

Cette préparation peut commencer dès l’entrée en maternelle. Plus elle est commencée tôt, plus elle reste dans l’univers du jeu, plus elle est efficace à la condition que l’enseignant ait une conscience claire de l’ensemble de ses objectifs, qu’il veille aux réinvestissements et qu’il n’introduise la relation à l’écriture qu’au moment opportun afin de limiter le stress et les surcharges cognitives, moment qu’il lui appartient de déterminer au cas par cas.