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Les consonnes en fin de mot et leur incidence sur la question de l’écoute des phonèmes.

Au cours d’une conversation ce week-end, la question de l’écoute de la consonne a été de nouveau soulevée. Elle est ressortie ces derniers jours au cours d’un autre échange.  Plus précisément c’est la production de la consonne de fin de mot qui s’est trouvée questionnée.

Je ne reprends pas ici ce que j’ai écrit au sujet des consonnes en général.

Je redis juste que, à mon avis, on crée plus de difficultés  qu’on n’en lève en s’appliquant à faire croire à l’enfant qu’il doit entendre des bruits qu’on appelle à tort des sons. Et on dit « pe » avec un souffle pour le e pour tenter de leur faire entendre le « son » de la lettre p.

Selon la définition que je donne au mot consonne (cf. http://legestedecriture.fr/voyelles-consonnes-et-reflexion-sur-la-terminologie/) une consonne est occlusive par définition. Les définitions sont comme les faits, elles sont têtues : le bruit de l’occlusive est le bruit provoqué par l’ouverture des organes phonatoires nécessaire pour laisser passer l’air. Ce passage provoque un son (une voyelle ou une solsonne) dépendant de l’organisation de la cavité buccale à ce moment-là.

Avant l’ouverture l’air ne passe pas.

À l’ouverture il passe.

Quand il passe, il provoque deux effets à la fois : l’émission du bruit de l’ouverture, l’émission du son qui sort. Le bruit d’ouverture, c’est la consonne. Le son qui sort, c’est la voyelle ou la solsonne.

Donc il n’y a un bruit d’ouverture que lorsqu’il y a un son qui sort. Autrement dit pour que les occlusives soient prononcées on est bien obligé de laisser sortir l’air ; bruit et son (ex. ta) ou bruit et solsonne (ex. ts) sont donc indissociables pour rendre le bruit audible.

Ce qui gêne les jeunes enfants c’est qu’on s’applique à leur dire que lorsqu’ils voient p ils doivent entendre pe et qu’on est persuadé qu’on leur dit cela en prononçant le p seul.
Or prononcer le p seul est impossible puisqu’une voyelle ou une solsonne, fut-elle e ou fut-elle une voyelle ou une solsonne qui n’existe pas dans notre langue, est physiologiquement associée à la consonne. Comme tout le monde, lorsqu’ils voient la lettre p dans un mot ils entendent, pe, pa, pu, pin… ps, pf … mais pas p.  Idem à la fin, ou rien selon moi.

Sauf exercice particulier, lorsqu’on écrit, on ne nomme pas les lettres, on produit du sens, on écrit ce que l’on pense, ce que l’on a dans l’esprit. Pour que la relation graphophonologique soit mise en évidence, on oralise sa production au fur et à mesure .

J’en reviens aux consonnes.
Au milieu d’une phrase une consonne (occlusive par définition) qui termine un mot est associée à la première lettre du mot suivant. Et cela quelle que que soit cette lettre : un sac à main / un sac de pommes de terre. Dans le 2ème exemple (2ème mot commençant par une consonne) pour libérer l’air il faut lever une double fermeture, celle du c et celle de d. Les deux déblocages de l’air s’associent à la lettre qui suit et cela donne « cde » (sac de).

Mais, me rétorque-t-on, si c’est le dernier mot de la phrase qui se termine par une occlusive, il faut bien prononcer la consonne en faisant uniquement son bruit. Ex.  j’ai perdu mon sac.

Analysons donc la situation :

  • Dans certaines régions le mot termine sur la consonne, c’est-à-dire théoriquement par un bruit, donc par définition par quelque chose que l’on n’entend pas (ce qui a pour effet de raccourcir la voyelle précédente, elle s’en trouve happée par la fermeture de la consonne). Les organes phonatoires « se mettent en mode fermeture » et on n’entend rien. Si on arrête juste sur le c on sent bien la fermeture au fond de la gorge « sac ».  (cf. ma dictée http://legestedecriture.fr/et-pourtant-ca-marche/).
  • Dans d’autres régions, la consonne se complète clairement d’un e : dans le midi on dit « j’ai perdu mon sake » en insistant sur « ke ».
  • Dans d’autres régions encore, on ajoute cette voyelle de façon tellement discrète que l’on est persuadé ne pas l’ajouter. Pourtant elle y est. C’est ce qui se passe dans les écoles…. Dites « sac ». Si vous faites entendre le c, alors vous faites obligatoirement entendre une sorte de e derrière. Cela n’a rien à voir avec le nom de la lettre, mais vous ne faites pas « uniquement son bruit ».

On peut comprendre aussi en prononçant à la suite : saccade, sac de pommes de terre, sac  puis en recommençant en faisant suivre de « a » le mot « sac » prononcé comme d’habitude.  (On peut faire la même chose avec le mot iPad).  On entendra que la réalisation de c dans saccade, et dans sac de pommes de terre est la même. C’est le bruit qui précède l’émission de a.

Selon moi, dans « C‘est mon sac » soit le c ne s’entend pas, soit son bruit s’entend accompagné d’un son plus ou moins long. Le fait que la production du bruit soit une sorte d’explosion ne change rien au fait que l’air expulsé produit un son. C’est comme faire sauter un barrage. On ne peut pas le faire sauter sans libérer l’eau : il n’y a pas d’abord le barrage qui saute ensuite l’eau qui déferle. L’eau déferle au moment même où le barrage saute.

En disant « C’est mon sac. Ah mais je le veux ! » on constatera, en le disant de plus en plus vite puis de plus en plus lentement, que soit on complète le c ,soit on le lie au a qui suit, soit, lorsqu’on prononce plus lentement, on ne l’entend pas .

On retrouve cette question de prononciation dans diverses langues. Par exemple, selon les régions d’Espagne le d final s’entend, s’entend très peu ou ne se prononce pas du tout (par ex. dans Madrid prononcé « Madri », Salud ! prononcé « Salu » … )

L’enseignement de l’écriture, méthode Dumont

La méthode d’enseignement que j’ai créée est fondée sur une recherche relative au système d’écriture et au geste d’écriture.
Je mène cette recherche depuis plus de 30 ans en balayant tout autant le domaine de l’expertise que celui de la linguistique fonctionnelle.

Un groupuscule actif sur la toile utilise mon nom pour annoncer qu’il enseigne le geste d’écriture aux professeurs des écoles (ainsi que la rééducation de l’écriture semble-t-il). Ce groupuscule compte un nombre encore plus réduit de personnes qui ont suivi mon cours de rééducation de l’écriture. Elles l’ont dévié comme elles l’indiquent elles-mêmes ouvertement.

Si le contrat de formation à la rééducation graphique que je dispense comporte une clause de confidentialité, donc d’interdiction de diffusion, c’est bien justement parce que, comme toute formation, celle qui concerne la rééducation de l’écriture nécessite un suivi pendant les premiers temps d’exercice, une actualisation permanente et une assistance chaque fois que nécessaire (le tout ayant été refusé par le groupuscule en question).
Une diffusion tous azimuts, donc sans possibilité de contrôle ni de suivi fait courir le risque de dérives préjudiciables au bon fonctionnement de la rééducation (les faits en sont témoins).
Seules les rééducations très simples peuvent être traitées sans l’aide d’un professionnel compétent. Celles-là peuvent être menées en suivant notamment le cahier remédiation publié aux éditions Hatier.
Pour le reste l’intervention d’un professionnel est nécessaire.

S’il se fonde sur les mêmes bases, l’enseignement du geste d’écriture n’est cependant pas analogue à celui de sa rééducation. Il faut donc aux formateurs des professeurs des écoles une formation spécifique pour qu’ils puissent assurer correctement leurs fonctions.

J’ai donc mis en place cette formation. Elle est destinée , sauf rares exceptions, à ceux des rééducateurs méthode Dumont  qui sont également enseignants.  Cette formation donne à ces professionnels expérimentés la compétence nécessaire pour qu’ils puissent former leurs collègues à cet enseignement si particulier qu’est celui de l’écriture acte indissociablement sémantique et procédural.

C’est donc eux et aux seuls que je cautionne. Vous les trouverez parmi les rééducateurs méthode Dumont (une page sera créée  tout spécialement sur leur site prochainement). 

Autrement dit, toute personne qui se réclamerait de moi  (= comme ayant été formée par moi) pour enseigner le geste d’écriture tel que je le définis et qui ne figuerait pas sur le site des rééducateurs méthode Dumont le ferait abusivement. 

Autrement dit aussi, si vous êtes décideurs d’actions de formation à l’enseignement du geste d’écriture, vous trouverez prochainement sur cette nouvelle page la personne qu’il vous faut. 

La gaucherie au quotidien

A la suite d’une question qui vient de m’être posée sur Facebook, voici mes recommandations pour la tenue du crayon du gaucher. (cf.  Le geste d’écriture, édition 2016, page 220) 

Tout d’abord une précision : pour un bon confort d’écriture les muscles ne doivent pas être sollicités par d’autres tensions que celles de l’acte d’écrire.  C’est cette considération qui explique les conseils repris ci-dessous :

Pour apporter du confort au gaucher dans ses activités graphiques, on veillera à :

– ne pas le placer à droite d’un droitier,
– lui faire avancer sa feuille sur la table,
– lui faire incliner sa feuille vers la droite selon un axe un peu plus prononcé que l’inclinaison de la feuille du droitier vers la gauche,
– lui faire adopter une tenue de crayon longue, c’est-à-dire les doigts loin de la mine,
– ne pas exiger qu’il trace ses traits libres (barres de , tirets, traits d’union…) de gauche à droite.

Pour la qualité de la relation avec les autres enfants au sujet de son écriture, ne pas oublier que la gaucherie n’est ni un handicap ni une anomalie, ce n’est pas non plus un choix destiné à se démarquer des autres, c’est une caractéristique comme une autre sur laquelle il n’y a pas lieu de s’attarder outre mesure.

Si la gaucherie devait être considérée comme handicapante pour écrire, alors on devrait aussi considérer que les droitiers de langue arabe ou hébraïque sont handicapés pour écrire puisqu’ils le font de droite à gauche.

Quelques précisions :

  • En avançant la feuille sur la table on dégage le coude du corps afin qu’il ne soit pas bloqué au cours de l’écriture.
  • En inclinant la feuille vers la droite on la place dans l’axe de l’avant-bras de telle façon que les muscles ne sont pas tendus.
  • En l’inclinant plus que pour le droitier on voit mieux l’écriture.
  • Idem en ayant une tenue longue, c’est à dire les doigts pas trop près de la mine.

Pour le reste, c’est comme pour le droitier, la main se situe sous la ligne d’écriture.

 

Objectif atteint : libérer l’esprit grâce à une bonne préparation

Bien que je le disais, bien que je l’écrivais, mes débuts dans la présentation d’une nouvelle façon de voir l’écriture et son apprentissage ont eu du mal à faire percevoir que mon objectif était in fine la production de sens.  D’autres, mieux que moi sans doute, ont consacrés de longues études à cette production.

Mon originalité consistait à vouloir que cette production intellectuelle soit portée par une production technique de qualité. Quel sens peut-on donner à une écriture illisible ?  Quelle perception du sens peut avoir un lecteur confronté à une écriture tellement mal faite qu’il n’a pas envie de la lire ? Quel appétit à la production de sens peut avoir un enfant qui s’arrête pour « bien dessiner » chaque lettre ?

C’est donc par le versant procédural que j’ai abordé l’enseignement de l’écriture.  Le concept de geste d’écriture que j’ai alors créé indique bien que la démarche va jusqu’au bout : on écrit ce qu’on a à l’esprit au moment où on le fait,  la trace écrite donne accès à la fonction sémantique de l’écriture.

Depuis de nombreuses années je travaille donc sur l’écriture et je tâche d’apporter de mon mieux ma contribution à la construction du chemin qui conduira chaque enfant au maximum de ses possibilités.
Écrire, c’est réfléchir. Pour qu’il puisse en être ainsi, le cerveau de l’enfant ne doit pas être encombré de considérations sur la façon dont il s’y prend. Cela doit être intégré sans qu’il ait eu à aucun moment à s’y appesantir.

Bien sûr, l’écriture est culturelle, mais c’est aussi un acte procédural. Plus tôt le procédural s’enseigne, plus tôt et plus efficacement le culturel sera opérationnel. Autrement dit en prenant soin d’enseigner par le jeu au tout petit tout ce qui lui servira à apprendre à écrire on se dote d’atouts précieux pour permettre à l’enfant de réfléchir lorsqu’il écrit.

Quel bonheur de constater que les résultats de cet enseignement sont en bonne voie ! Je voudrais partager ce bonheur avec vous qui me lisez en vous livrant ici le contenu de deux messages reçus presqu’en même temps.

Conseillère pédagogique sur Marseille, on a eu l’occasion de se croiser lors d’une conférence menée pour Marseille 1 à laquelle je m’étais invitée.
Juste ce mail pour vous dire combien votre travail m’est précieux aujourd’hui pour former les enseignants de CP dédoublés aux gestes d’écriture, eux qui souvent n’ont jamais eu d’apport dans ce domaine.
Vos livres sont des mines d’or et les vidéos trouvées me permettent de conduire des formations utiles et efficaces puisque directement opérationnelles pour les collègues
Merci donc 1000 fois de votre investissement.
Je n’ai qu’un regret: ne pas avoir croisé vos ouvrages plus tôt, du temps où j’avais des CP/CE1 notamment.

Quelle magnifique conférence vous avez tenue ce soir sur Six fours. En 15 ans d’enseignements je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne aussi intéressante. Vous avez donné et transmis votre savoir. Et je n’ai qu’une seule envie à mon tour de donner et de transmettre à mes élèves de toutes les choses que j’ai découvertes ce soir . 
 » Écrire, c’est une manière de vivre.  » comme le disait si bien Gustave Flaubert. J’ai eu ce soir l’impression que l’écriture c’est votre manière de vivre. Je vous souhaite une belle route à travers la France où plein d’autres enseignants auront la chance de vous rencontrer. Mille mercis Sandra

Un très grand merci à mon tour pour ceux deux beaux messages.  Je me dis que ça valait la peine de ne pas abandonner .

La tenue du crayon : les faux bons conseils

On constate de plus en plus que les enfants ont du mal à tenir le crayon. J’en ai donné quelques raisons directement liées aux nouvelles technologies.

J’en donnerai d’autres raisons liées indirectement aux nouvelles technologies, c’est à dire non pas aux technologies elles-mêmes mais à ce qu’elles propagent.

Moyen de diffusion d’une puissance inégalée jusqu’ici, le numérique propage, en effet, des informations utiles, mais aussi nombre de conseils toxiques qui le seront d’autant plus qu’ils sont alléchants.

Attention donc, si une proposition vous intéresse ne l’adoptez pas sur les bases de son emballage : essayez-la. Comme vous le feriez d’une paire de chaussures. Observez ce qui vous est proposé. Essayez sans rien y changer. Constatez. Tirez-en des conclusions qui ne soient marquées ni par votre désir d’adhérer à une proposition si bien présentée ni par un rejet à priori pour une raison ou pour une autre.

Vous expérimenterez ainsi, par exemple, un conseil abondamment diffusé sur des vidéos, des sites, des blogs et même des formations puis relayé d’abondance aussi par ceux qui se sont laissés piéger : bloquer un mouchoir avec l’annulaire et l’auriculaire pour faire fermer la main afin de mieux tenir le crayon.

Alors essayez. Prenez un mouchoir en papier. Placez-le dans votre main qui tient le crayon. Serrez-le fort contre votre paume avec votre annulaire et votre auriculaire tel que vous le montre le dessin ou la vidéo (que je ne montrerai pas ici ; ne faisons pas de publicité aux conseils toxiques).

Maintenant constatez. Votre pouce et votre majeur tiennent le crayon (votre index est posé dessus). Votre annulaire et votre auriculaire pressent le mouchoir. Pour cela ils sont désolidarisés du majeur. Vous constatez aussi que ces deux doigts sont crispés.

Enfin concluez. Votre majeur ne bénéficie pas de l’appui de  l’annulaire et de l’auriculaire puisqu’ils sont bloqués sur le mouchoir. 

En conséquence, l’annulaire et l’auriculaire n’offrant pas au majeur le bénéficie d’un appui, la tenue du crayon reste instable malgré une bonne prise et vous le ressentez lorsque vous écrivez mouchoir en main. 

Alors que faire ? En l’occurrence revenir à la technique d’origine qui était de placer dans la main une boule de cotillon ou un mouchoir roulé en boule : boule de cotillon pour enseigner l’écriture, mouchoir roulé en boule pour la rééduquer car le mouchoir ainsi utilisé permet  de moduler l’appui. Et même aller plus loin.

Vous trouvez la 1ère proposition dans Le geste d’écriture depuis sa 1ère parution en 1999 jusqu’en 2016. Vous ne trouverez pas la 2ème car je n’ai pas publié ma méthode de rééducation de l’écriture . Toutefois devant la difficulté induite par la diffusion de l’usage mal compris du mouchoir, j’ai aménagé la technique d’enseignement de telle sorte qu’enseignement et rééducation se rejoignent sur ce point et j’ai publié cet aménagement dans l’édition 2016 du Geste d’écriturepour que les enfants ne restent pas la main entrouverte pour écrire mais aussi qu’ils ne crispent pas leur doigts, nous leur mettrons dans la main une boule de coton à démaquiller que nous nommerons « petit poussin » pour la circonstance. L’objectif ludique de l’enfant est de tenir le « petit poussin » au chaud dans sa main sans l’écraser. L’objectif de l’enseignant est d’obtenir rapidement une bonne tenue de crayon (et d’éviter les crispations renforcées par un emploi inapproprié du mouchoir).

La tenue de crayon illustrée

L’une des préoccupations récurrentes en ce début d’année scolaire est la tenue du crayon.
Un leitmotiv en forme de plainte se diffuse : cette année c’est affreux, tous tiennent mal leur crayon ! Si vous vous souvenez bien, l’an dernier c’était déjà comme ça.   Vous trouverez des articles sur le site en tapant « crayon » ou en fouillant dans les news  dans la fonction recherche
Si vous êtes enseignants, vous avez très envie de pouvoir montrer aux parents comment repérer les mauvaises et les bonnes tenues de crayon. C’est l’objet de ce nouvel article. Il vous présente l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour voir si une tenue de crayon est bonne ou mauvaise. N’oublions pas non plus son maniement (les doigts peuvent être correctement placés sur le crayon et la main mal positionnée. Le maniement du crayon crée alors des tensions, voire des douleurs).

Vous pourrez imprimer le PDF ci-dessous et, si vous êtes enseignant, le distribuer aux parents si vous le souhaitez.

Tenue de crayon

Bonne observation !

Planning des prochaines conférences

LES CONFÉRENCES A VENIR  :

La prochaine conférence aura lieu le mercredi 6 décembre à Neuilly sur Seine.

La dernière conférence de l’année civile aura lieu  le 13 décembre pour la circonscription de Saint-Denis 3.

Attention, sauf exception, ces conférences ne sont pas publiques. Comme vous êtes très nombreux à me demander si j’interviens bientôt dans votre circonscription, je renseigne ce planning quinzaine après quinzaine ou mois après mois  afin de limiter le nombre de questions à ce sujet.

Sauf indication contraire, la présence ici de cette information ne vaut pas accord pour que chacun assiste aux conférences. C’est la raison pour laquelle ni l’adresse de la salle ni l’horaire ne sont mentionnés.

 

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LE DÉBUT DE L’ANNÉE SCOLAIRE :

Après une semaine de formation à Casablanca fin août, les conférences et formations ont démarré en France par Givet le mardi 19 septembre et Rethel le Mercredi 20.

Puis ce fut Saint-Pol le mercredi 27 septembre.

Le mercredi suivant, 4 octobre, un  atelier a réuni une soixantaine d’enseignants à Ham.

Puis ce fut dans le Sud :

Le mardi 10 octobre  à Six Fours le mercredi 11 octobre à Hyères.Retrouvailles avant le début de la conférence

Le mardi 17 a eu lieu à Pertuis une conférence-débat organisée par Le Groupement Indépendant de Parents d’Élèves qui m’a valu un très beau message que vous pouvez lire en fin d’article ici. 

Conférence publique

Le mercredi 18 ce fut une conférence pédagogique pour le cycle 2 à Cannes

Le cours de rééducation graphique  puis trois journées de cours de pédagogique de l’écriture ont occupé l’ensemble des vacances scolaires.

La reprise s’est faite à Rambouillet, le 8 novembre.

Puis le 15 novembre 2017 une conférence a réuni à Rouen des enseignants de CP et de CE1

Le mercredi 22 novembre la circonscription de Fleury les Aubray   accueillait 300 enseignants.

La suivante le mardi 28 novembre à Rombas a accueilli de nombreux enseignants, bien au-delà de ce qui était prévu…  

Des échos des conférences ici

Agora AGEEM 2017

J’avais dit quelques mots de présentation de mes interventions au congrès d’Albi de l’AGEEM.

En voici une brève présentation en attendant de développer plus bientôt  :

C’est ici   ou encore   là  .

On trouvera une présentation générale du congrés d’Albi ici

 et ma présence au congrès 2016 à Dijon là .

La clarté cognitive et le goût d’apprendre.

Au nom de la clarté cognitive faut-il tout expliquer aux enfants ? Si oui le regard de l’enfant sur son action sera-t-il le même ?  Qu’est-ce que cela induit ? Sinon comment l’enfant accède-t-il au savoir puisqu’on ne lui a pas dit ce qu’il fallait qu’il sache ? Cette formulation met d’emblée l’accent sur les limites et le risque d’effet castrateur de la clarté cognitive appliquée à outrance .

Alors que j’expliquais comment, en méthode Dumont, construire progressivement les apprentissages en général et celui de la gestion statique de l’espace graphique en particulier, il m’a été objecté qu’il fallait que l’enfant sache exactement ce qu’il travaille sous le prétexte que sa motivation n’est pas jouer, mais apprendre.

Les administratrices du groupe me pardonneront d’avoir transporté la question sur mon site mais je la pense tellement fondamentale que ce serait dommage de la laisser uniquement à la lecture des abonnés, bien qu’ils soient nombreux.

Le travail d’un petit enfant c’est le jeu. Il y a bien des footballeurs professionnels que diable ! 🙂 Pourquoi vouloir à tout prix leur imposer un  » travail « . Pour moi, on joue d’abord, ensuite on PEUT considérer ce qu’on a appris en jouant, mais pas de façon systématique. On le fait le moment venu, au détours d’une découverte.
C’est là qu’on construit le plaisir d’apprendre.

On voit à quel point le plaisir d’apprendre est détruit chez de trop nombreux enfants , en conséquence il faut bien admettre qu’il se construit. Alors construisons-le mais pas en l’imposant : en l’amenant progressivement, chacun à son rythme.

Donc, à mon avis, non seulement il n’est pas nécessaire que l’enfant sache « exactement ce qu’il travaille », mais encore c’est parfois préjudiciable. Et puis, que travaille-t-il lorsqu’il installe des kaplas sur un support  ? L’alignement ? La verticalité des axes ? La régularité des espaces ? La dextérité pour les prendre et les déposer ? La façon d’investir un espace ? Les notions de clair et sombre s’ils sont de teintes variées et que l’enfant doit en tenir compte ?
Tout cela à la fois et je suis sûre qu’on peut allonger la liste.

Quel est l’intérêt de la vie si tout doit être justifié ? Quand on s’attable devant un suprême de foie de volaille au porto ou devant une lotte à l’américaine, est-ce vraiment pour nourrir son corps, lequel doit absorber telle quantité de calories, de vitamines … etc.  chaque jour pour que l’on reste en vie ?

Au restaurant pensons-nous, lorsque nous introduisons dans notre bouche une bouchée de notre plat préféré un peu salé, que nos papilles nous disent si nous pouvons en manger beaucoup ou très peu à cause de notre tension – si nous en avons ? Pensons-nous à ce moment là aussi qu’il nous faut mastiquer consciencieusement ce met sublime pour que la digestion puisse se faire et pour éviter ainsi des douleurs d’estomac ? Pensons-nous aussi en même temps que cette mastication nous fait faire une gymnastique maxillaire bénéfique à l’articulation de la mâchoire et aux trompes d’eustache?

Etant enfant, tous les soirs j’allais faire une partie de dominos avec un vieux voisin à la retraite – je devais avoir 3 ou 4 ans quand j’ai commencé – ; bien sûr ça m’a appris à compter, à observer, à réfléchir. Mais je n’allais pas « apprendre à compter, à observer et à réfléchir ». J’allais jouer aux dominos.

Qui n’a pas fait ce genre d’expérience ?

La prise de conscience de la double articulation entre objet du savoir versus objet de la tâche et objectif de l’enseignant versus objectif de l’enfant  éclaire le fonctionnement de la pédagogie que je propose (pédagogie dans laquelle prend place ma méthode d’enseignement de l’écriture). (Cf. Conférence pédagogique sur la prévention de l’illettrisme – paragraphe 1 A  , page 2. Comme la conférence est un peu ancienne certains détails demanderaient à être actualisés mais cela ne change rien à notre propos ) 

Ce principe de différenciation entre objectif de l’enfant/objet de la tâche et objectif de l’enseignant/ objet du savoir n’exclut pas la clarté cognitive. Elle peut porter sur l’une des compétences à acquérir par le jeu. Par exemple  un alignement de kaplas peut être ouvertement un exercice de concentration (l’enfant s’applique à ce qu’ils soient bien disposés) ou un exercice de dénombrement (l’enfant aligne les kaplas par groupes de quatre) ou les deux.

L’exercice s’articule donc ainsi : 
Une compétence à acquérir en écriture (aligner pour ensuite écrire droit et régulier), 
– Une tâche à accomplir (sortir les objets de la boite et les aligner)
– Une action pour réaliser cette tâche, action faisant converger :
    °  l’objectif de l’enfant = aligner les objets contenus dans la boite (+ le cas échéant s’appliquer à le faire et/ou + les grouper par quatre)
    ° la consigne = à partir de l’objectif de l’enseignant elle dit ce qu’il faut faire et précise comment faire
– Un ou des objets du savoir = objectif de l’enseignant en matière d’écriture : préparer les enfants à écrire droit et régulier, 
Des savoirs en transversalité = dénombrement jusqu’à 4 et/ou développement des capacités de concentration.

C’est à partir du savoir en transversalité que sera donné un nom à l’exercice.

Cf. 1ère partie de la nouvelle édition du Geste d’écriture. Les tableaux sont utilisés à plusieurs reprise dans le livre (comme le livre, le principe est sous copyright )

Pourquoi une police Cursive Dumont ?

Pourquoi une police Cursive Dumont ? Diverses polices de caractère existaient jusqu’ici. Avait-on besoin d’en créer une autre ?

La réponse est clairement : oui. Il fallait à nos écoles une police où les enfants puissent voir ce que l’on attendait d’eux.  Jusqu’alors, à quelques signes près peut-être, les lettres étaient toujours identiques à elles-mêmes dans les polices censées être cursives. Les enfants étaient donc incités à reproduire des formes figées et, hormis avec une préparation spécifique à l’écriture, il leur fallait toute l’école primaire pour produire une écriture fluide.

Dans la Cursive Dumont  les enfants perçoivent le mouvement de l’écriture. Et cela change tout.

C’est que la Cursive Dumont est le fruit d’une réflexion et d’une observation attentives de l’écriture produite sur le papier et de l’acte d’écriture en cours de réalisation, acte que j’ai nommé le geste d’écriture , expression qui a fait florès depuis (mais n’est pas toujours bien comprise et ne peut être réduite à les gestes de l’écriture ni même le geste de l’écriture).

L’une des autres spécificités de la Cursive Dumont maternelle, intimement liée à la première, est sa simplicité. Ma recherche a montré que certaines caractéristiques relativement traditionnelles de l’écriture des lettres ne sont pourtant pas des formes, c’est à dire des éléments intrinsèques, des éléments sans lesquels la lettre n’existerait pas.

Il en est ainsi des traits d’attaque devant les lettres rondes, des œilletons et des traits couvrants. La Cursive Dumont exclut donc ces tracés parasites pour ne conserver que les sept formes qui constituent l’écriture, formes que ma recherche a permis de mettre à jour et de définir . On n’y trouvera donc pas d’œilletons sur les b, v, w, s, ni bien sur les o (lorsqu’ils en comportent un, leur finale s’effondre vite, portant alors à confusion avec a ) ni encore sur les r ( de trop gros œilletons leur donnent des allures de h mal formés). On n’y trouvera pas non plus de trait couvrant sur les r, ni de trait d’attaque devant les lettres rondes ( c, o, a, d, g, q) 

Sa simplicité et l’absence de cassure à l’attaque des e et à la fin des lettres à pont (m, n, h, r) font de l’écriture Cursive Dumont maternelle un modèle idéal pour la classe.

La police de caractères Cursive Dumont était dans mes tiroirs depuis des années. Les années passant vite et étant très remplies, elle est restée dans mes tiroirs. Pendant ce temps une thèse de doctorat sur le sujet a étayé mes propositions. La police a mûri. Un concours de circonstances  l’a fait éclore début 2015. Il y a plus de deux ans déjà. Les événements ont fait que sa version maternelle a été publiée pour la 1ère fois en tout début de cette année 2017.  D’autres ont repoussé à juillet 2017 la présente mise en ligne.

A peine sortie, elle est déjà copiée (défauts en plus… ), signe de sa qualité.

Je souhaite à tous un très bel usage.