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Comment aborder l’écriture en CP avec des enfants qui sont déjà en difficulté ?

Que faire faire aux enfants ces derniers jours de vacances ?

La fin des vacances arrive. Certains parents s’inquiètent : mon enfant est-il prêt ? Il tient mal son  crayon , il tourne les ronds à l’envers, il n’écrit pas droit… oh la la !!! Que faire ?

Premièrement ne pas s’inquiéter, les enseignants sont là pour lui apprendre à écrire. Normalement ce n’est pas le rôle des parents… « Je sais, oui mais…  » j’entends bien cette petite idée qui trotte dans votre tête : « oui, mais vous voudriez bien lui donner un coup de pouce, juste un petit coup de pouce « pour qu’il soit prêt ».

Alors, que faire ? Je vous propose de lire cet article que j’ai fait il y a quelques mois pour le magazine Belle, hebdomadaire diffusé avec Le Quotidien sur l’île de la Réunion. Il portait sur la question : Comment apprendre à écrire aux enfants ? (quand on est parent). (Enfin, je veux dire, comment participer à leur apprendre à écrire si on ne peut pas s’en empêcher ? car l’enseignement, c’est l’école qui l’assure).

L’article était en deux étapes :

Étape 1 : Comment bien disposer les lettres ?

« Dis, Maman, qu’est-ce que j’ai écrit ? » Chloé vient de s’emparer d’un crayon et a ‘’écrit’’ avec énergie sur une feuille qu’elle tend à sa maman.  Maman réfléchit. « Tu as écrit… » Ouf, voilà que Gabriel vient à son secours en coupant court à cet échange « Ben moi, j’aime pas écrire ! » dit-il au bord des larmes. Maman le console. Chloé ne va pas encore à l’école. Ce sera pour bientôt. Gabriel, lui, est en maternelle ; il commence à « écrire » et trouve cela bien difficile. Juliette, sa grande sœur, aime bien écrire. Elle aime bien aller à l’école.

Comment faire pour que Chloé ne réagisse pas comme son frère ? Des quantités de petites activités peuvent l’aider. Peut-être aideront-elles aussi Gabriel à ne plus être fâché avec l’écriture. Nous allons en découvrir ensemble.

Tout d’abord, pour les faire et, peut-être, en inventer d’autres, il faut bien comprendre ce que c’est que l’écriture et « comment ça marche ? ».  Si je regarde une ligne d’écriture, qu’elle soit manuscrite ou imprimée, je vois qu’elle suit une ligne qui va de la gauche vers la droite. Je vois aussi qu’elle est composée de petites lettres, de grandes lettres et de lettres qui passent sous la ligne. Et je vois que les lettres sont plantées bien droit, qu’elles sont régulièrement espacées et que les mots sont espacés un peu plus que les lettres. Je sais aussi que l’écriture, ça a du sens, ça dit quelque chose.

Donc, quand l’enfant écrit, toutes ces caractéristiques-là doivent coexister. Plus la bonne forme pour chaque lettre, bien entendu.

Il faudra encore bien du temps pour que Chloé sache écrire et sans doute Gabriel ne sait-il pas non plus. En revanche, ils peuvent essayer de tenir une ligne bien droite, espacer régulièrement des objets, coller des images bien droit.

L’exposition de coquillages

Sur la plage, Chloé et Gabriel peuvent ramasser des coquillages vides. Ils les prendront de petite taille ou de taille moyenne et en feront deux collections : une de coquillages allongés, une de coquillages ‘’ronds’’. Ils pourront alors préparer leur exposition. Ils les présenteront bien alignés, choisiront de mettre ensemble ceux qui sont de la même couleur ou de la même forme, ils les espaceront régulièrement. Ils intercaleront par ci par là un coquillage allongé qu’ils placeront à la verticale ; ou deux, mais pas plus. Le plus important sera qu’ils soient bien alignés et régulièrement espacés.

Vous prendrez ensuite des photos et, une fois à la maison, vous imprimerez les étiquettes à placer sous les photos que Chloé et Gabriel exposeront au mur. Vous choisirez avec eux ce que diront les étiquettes : ‘’Exposition de Chloé’’, ‘’Exposition de Gabriel’’,  ‘’Coquillages de Chloé’’  ‘’Coquillages de Gabriel’’ etc.

Vous les imprimerez en double. Une de taille normale pour servir de modèle, une de grande taille pour l’étiquette à mettre au mur. Gabriel découpera son étiquette en lettres. Vous aiderez Chloé à découper la sienne. Chloé et Gabriel colleront ensuite sur un morceau de carton chacune des lettres de la grande étiquette pour la reconstituer. Ils les disposeront bien droit, bien verticales, régulièrement espacées comme ils avaient fait pour les coquillages.

Plus tard, lorsqu’ils commenceront à écrire cela les aidera à bien tenir leur ligne et à avoir une écriture régulière.

Et s’ils ne préparent pas d’exposition, ce n’est pas un problème, ils peuvent faire des pâtés ou des châteaux de sable qu’ils sépareront de coquillages ou de galets bien alignés et inventer d’autres jeux où ils feront les mêmes alignements.

Étape 2 : Comment bien former les lettres ?

A la première étape, nous avons vu comment à partir d’un matériel simple et gratuit, on peut donner progressivement aux enfants des compétences qui les aideront à écrire droit et régulier. Bien sûr, cela demandera du temps, ce n’est pas en une seule fois que les enfants y arriveront.

Lorsqu’on écrit, on bouge ses doigts. Cela se remarque peu, mais c’est ainsi. Si on ne les bouge pas, on écrit d’un mouvement de l’épaule ou du poignet. C’est fatigant et cela fait mal au bras ou au dos. Si on place mal sa main aussi. Que l’on soit droitier ou gaucher, la main se place dans l’axe de l’avant-bras : les muscles sont alors au repos, ils ne sont pas tendus, et ils se remettent au repos dès qu’on arrête d’écrire.  Comment faire placer la main correctement et habituer l’enfant à bouger les doigts ?

Le tir au but

Matériel  nécessaire : Pour jouer, des bouchons de bouteilles en plastiques, à défaut des fèves ou des haricots. Pour faire le but, une boite sans couvercle dont on aura coupé un coté long.

L’enfant est installé à une table, plus loin devant lui se trouve le but, posé sur le côté comme un but de football. L’enfant pose un bouchon sur la table devant lui vers sa main droite s’il est droitier, vers sa main gauche s’il est gaucher. Sa main, son poignet et son avant-bras sur la table, d’une chiquenaude du majeur il envoie plusieurs fois de suite le bouchon dans le but. Lorsqu’il a marqué cinq buts, il fait la même chose de l’index pour trois buts puis de nouveau avec son majeur pour cinq buts. Les enfants peuvent jouer à plusieurs. Le gagnant est celui qui a tiré le moins de coups pour mettre les treize buts (pour les plus jeunes on peut réduire le nombre de buts).

Lorsqu’ils prendront un crayon pour écrire ou dessiner, ils repéreront la position du majeur pour le tir au but puis feront glisser leur pouce le long de ce doigt jusqu’à ce qu’il vienne se placer contre le côté de la dernière articulation du majeur. C’est là que viendra se poser le crayon, l’index viendra se placer dessus.

La forme des lettres

Pour former les lettres, rien de plus simple. Il n’existe que deux unités de mouvement : elles vont toutes les deux de la gauche vers la droite. Il y a les mouvements qui y vont en passant par en bas comme la boucle ou la forme qui sert à écrire i ou u ou encore t (j’appelle cette forme « une étrécie » car il s’agit d’une boucle qu’on rend la plus étroite possible, jusqu’à faire superposer le tracé qui monte et celui qui descend ). Il y a les mouvements qui y vont en passant par en haut comme le pont. Ceux-là ne peuvent jamais faire une lettre à eux tout seuls. Il vaut donc mieux commencer par les autres.

Pour la première unité de mouvement on fait tourner les doigts en passant par en bas lorsqu’on va vers la droite et on avance : on forme une boucle, ou une série de boucles. Une astuce : on dessine un rectangle ; on dit que c’est ‘’la machine à étrécir’’, c’est-à-dire à rendre étroit. On commence à tracer une série de boucles à gauche « on les fait entrer dans la machine », à l’intérieur de la machine on les étrécit et on les fait de plus en plus étroites de façon à ce qu’elles ressortent étrécies, comme un chapelet de u. Lorsque les enfants savent bouger leurs doigts en souplesse, ils peuvent les tirer vers le haut ou les replier dans le creux de leur main. Alors, à partir de la boucle et de l’étrécie, ils peuvent écrire, e, l, i, u t très facilement (en dépliant plus leurs doigts pour l et t que pour e, i et u), et même la lettre f en pliant leurs doigts vers le creux de leur main pour descendre sous la ligne) et commencer à écrire des petits mots sans s’arrêter entre les lettres.

N’est-ce pas un plaisir pour un petit enfant de la Réunion d’écrire avec facilité le tuit-tuit ?  (oiseau endémique de la Réunion) De quoi lui donner envie d’aller à l’école pour apprendre la suite.

Et puis, bien sûr, s’il a besoin du coup de pouce d’un-e pro vous en avez la liste ici (elle sera complétée début novembre). En quelques séances votre enfant écrira mieux ou aura acquis les compétences pour bien écrire, en fonction de son âge.

J’ajouterai à ces articles rapides qu’on peut utiliser en même temps les cahiers Le Cirque et Le loup si les enfants tiennent correctement leur crayon. Ces livres sont complexes, mais pas compliqués. Il faut juste prendre le temps de lire les consignes et le mode de fonctionnement.

Pour la tenue du crayon existe aussi le cahier J’apprends à bien tenir mon crayon de la collection Le petit plus chez Belin. Les étapes de la tenue et du maniement du crayon y sont présentées de façon progressive.

Et puis, bien sûr, il y a la nouvelle édition du Geste d’écriture (2016). Clairement présentée et abondamment illustrée elle est facile d’accès.

 

La taille du lignage

Mi-août, c’est déjà l’approche de la rentrée. Une question revient encore et toujours : celle du choix du lignage. Ai-je bien fait de prendre du Seyes 4 mm ? N’aurait-il pas mieux valu prendre du 3 ? ou du 5 ?

Cette question traduit surtout l’angoisse de l’incertitude, comme on le perçoit dans le message ci-dessous.

Bonjour Madame Dumont.

J’aurais besoin d’un de vos précieux conseils. Jusqu’à présent, en CP, j’avais tendance à démarrer l’année avec des seyes 4mm… Or, depuis quelques temps, j’ai la sensation que pour de nombreux élèves, cette réglure est en fait trop grosse (quant à ceux pour lesquels elle ne semble pas l’être, c’est essentiellement parce que leur difficulté semble ailleurs: je parle là des élèves qui ne se posent pas sur la ligne par exemple)… mais c’est juste une sensation. Vous avez sans doute beaucoup plus de recul que moi sur la question, du coup, je me permets de vous demander conseil.

J’en profite pour vous dire que votre ouvrage a métamorphosé ma façon d’enseigner l’écriture et, qui plus est, qu’il m’a offert l’occasion d’apprendre à aimer celui-ci… donc: MERCI!

Cordialement,

Emmanuelle

La question porte sur le choix du lignage. En apparence. L’incertitude, plus ou moins inconsciente, sur la réalité de la problématique s’exprime dans l’expression « j’ai la sensation« , reprise pour confirmation « c’est juste une sensation« .  En analysant la question on se rend compte qu’Emmanuelle nous dit « et si ce n’était pas un problème de lignage ? »

Voila qui nous fait poser un regard différent sur la problématique : la question de quelle dimension faut-il que soit le lignage ? en cache une autre : que faut-il faire pour que l’enfant puisse écrire dans le lignage ? On perçoit alors que la réponse ne réside pas seulement ( voire pas du tout…) dans le choix du lignage mais dans l’enseignement de l’art de bouger ses doigts pour écrire dans le lignage.

L’art de bouger ses doigts pour écrire se prépare le plus tôt possible. Il donne accès à une écriture fluide et sans effort (mais ce rapprochement relève du pléonasme). Les doigts ne peuvent bouger vivement et souplement que s’ils sont libres. Cela implique nécessairement un bon appui des organes scripteurs sur la feuille.

Un appui adapté s’obtient lorsque  la main, le poignet et l’avant-bras sont posés sur la feuille. Si ce n’est pas le cas, l’enfant va se fatiguer à soulever le poignet et appuyer trop fort sur la mine du crayon (les deux vont de pair).

En même temps que ou après l’apprentissage d’un bon appui, l’enfant apprendra à bouger ses doigts. Pour cela le yoyo, la course aux zigzags ont fait leurs preuves depuis plus de 20 ans.  Les coloriages verticaux ou en rond de petites zones également (on les trouve entre autres dans J’apprends à bien tenir mon crayon – Collection Le petit plus, chez Belin.) Plus ludiques, les jeux de bouchons (cousins des jeux de billes) sont l’idéal pour l’été car ils se pratiquent sans crayon ni papier et n’évoquent pas l’écriture ni même l’école.

Une fois que l’enfant sait placer sa main et manier son crayon, alors il est prêt à écrire sans difficulté dans du lignage de toute dimension.

Les lignage trop grands sont toutefois à éviter pour les petites mains non encore expertes.

Donc, avant que se pose la question du lignage, il faudra donc :

1 – apprendre à l’enfant à poser le poignet sur la table

2 – éviter tout exercice qui, en position assise, fera tenir le coude en l’air (sauf faire des fonds de peinture au rouleau en déplaçant le bras horizontalement).

3 – faire faire des exercices de mouvement des doigts poignet et avant-bras en appui sur le support.

(4 – faire des exercices de gestion statique de l’espace graphique)

Les près de 40 pages du chapitre 13 de la nouvelle édition du Geste d’écriture (édition 2016) sont consacrées à la question de la tenue et du maniement du crayon. Les exercices y sont abondamment illustrés pour une bonne compréhension.

 

Les parents doivent-ils assister aux séances de rééducation ?

Avant-propos : Pour des exemples de rééducation graphique, c’est ici. Pour des informations sur la formation c’est ici, pour les préinscriptions à la session 2016/2017, c’est làEt pour trouver un rééducateur / une rééducatrice méthode Dumont, c’est ici.

Lorsqu’on porte sur la question une réflexion superficielle et/ou de néophyte, il est tentant de penser que la présence des parents au côté de leur enfant pendant les séances de rééducation est une bonne chose. Voilà bien là une démarche démagogique propre à faire plaisir aux parents, à gratifier leur egomais dans la majorité des cas, à être préjudiciable à l’enfant.

C’est bien, en effet, parce que la rééducation de l’écriture ne saurait se satisfaire d’amateurisme et de simplisme, que les séances de rééducation se font en tête à tête, en dehors de la présence des parents.

* La relation duelle rassérène l’enfant qui pourrait se sentir jugé par le regard des parents. Bien qu’il parte généralement d’un bon sentiment, ce regard ponctue trop souvent chaque réussite d’un « tu vois quand tu veux », sous-entendu que je serais tentée de qualifier de « mortel ». Comment progresser quand on a le sentiment que l’accompagnateur pense qu’on fait exprès de ne pas réussir ?

* En outre, la présence d’un parent décentre l’attention. La relation n’est plus duelle mais tripartite : même s’il reste silencieux, le parent intervient par son regard porté sur l’action de l’enfant, par des échanges de regards avec le rééducateur, par des échanges de regards avec l’enfant, par le rythme de sa respiration avec des soupirs, discrets ou non, au rythme de sa satisfaction ou de sa déconvenue.

* Cette relation tripartite empêche l’enfant d’accéder vraiment aux références, aux repères nouveaux que lui offre le contexte de la rééducation. C’est pourtant grâce à des repères non parentaux que l’enfant peut continuer à se construire. Ceux-ci sont d’autant plus profitables qu’ils touchent à l’un des fondements de l’enseignement et au langage écrit indispensable dans nos civilisations, même avec l’omniprésence du numérique.

* La présence d’un parent le rend acteur direct de la mise au point de la rééducation dont il ignore tout des fondements et du fonctionnement : il risquera d’interférer avec des questions, certes légitimes, mais susceptibles de perturber le bon fonctionnement de la séance par exemple en amenant à verbaliser une action qui, pour être d’une efficacité optimum, devrait rester dans le registre du procédural c’est à dire de l’action.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est nier en partie l’enfant en tant que sujet et l’amener à une fonction d’objet face à « des grands » dont l’entente ou les contradictions valident cette position d’objet.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est ignorer l’existence d’une communication non verbale et le poids psychologique dont elle peut peser.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est ignorer le mode de construction de la personnalité et le rôle de la diversité raisonnée des repères.

– Faire participer le parent aux séances de rééducation, c’est faire fi de la nécessité de comprendre le geste d’écriture et son fonctionnement et transformer une pratique raisonnée, car adaptée à chaque cas, en l’application de recettes dont l’exposé viserait surtout à gratifier l’égo du rééducateur et transformerait la séance en une démarche démagogique.

En conséquence, sauf exception, pour le rééducateur qui applique avec professionnalisme la méthode Danièle Dumont, ce n’est qu’une fois que seront bien établis les exercices à faire entre les séances que le ou les parents accompagnateurs prendra/prendront connaissance des exercices à faire. A ce moment-là, l’enfant montrera ce qu’il sait faire ; les parents mesureront alors la différence entre les résultats avant la séance et les résultats en fin de séance et seront enclins à féliciter l’enfant. Combien de fois ai-je entendu la réflexion émerveillée « c’est toi qui a fait ça mon chéri !? » suivie d’un énorme bisou en récompense. En acceptant le parent à la séance, on prive aussi enfant et parent de cet instant de bonheur décisif car incitatif à poursuivre les efforts.

A la fin de la séance, guidés par l’enfant – qui s’en fera une fierté – les parents pourront essayer eux-mêmes les exercices à faire au quotidien et échanger avec le rééducateur pour comprendre afin d’accompagner au mieux l’enfant dans la réalisation de ces exercices à faire à la maison entre les séances. L’enfant n’aura pas subi le stress du regard parental au cours de ses essais et tâtonnements. Si la mise au point a été délicate, le parent n’aura pas eu l’inquiétude de se dire « il ne va pas y arriver ». Parent et enfant y gagneront en sérénité. La rééducation y gagnera en efficacité.

Bien sûr, il est des cas où, au contraire, la présence d’un parent est souhaitable. Le professionnel compétent sait les repérer, et, loin d’être dans une démarche démagogique, c’est un raisonnement professionnel étayé qui dans certains cas, mais dans certains cas seulement, le conduit à adopter cette pratique.

Pour des exemples de rééducation graphique, c’est ici. Pour des informations sur la formation c’est ici, pour les préinscriptions à la session 2016/2017, c’est là.  Et pour trouver un rééducateur / une rééducatrice méthode Dumont, c’est ici.

Des exemples de rééducation

La rééducation de l’écriture demande une observation attentive des anomalies de l’écriture afin d’en cerner l’origine.

Pour une rééducation de l’écriture selon la méthode Danièle Dumont, il faut compter 4 à 6 séances en moyenne, entrecoupées d’exercices quotidiens de plus ou moins 1/4 d’heure.  En peu de mois de rééducation graphique, les résultats sont au rendez-vous. Ce fut le cas pour Victor, enfant dysgraphique qui, aux dires de l’équipe médicoscolaire, était condamné à ne jamais pouvoir écrire :

Victor ne pourra jamais écrire !

et pour d’autres ,  et d’autres encore

La rééducation de l’écriture améliore l’écriture, c’est son but. En même temps, en renvoyant au scripteur* une image positive par l’aspect de son écriture, par le constat de ses possibilités,  en lui donnant un geste graphique délié par lequel il peut s’exprimer sans contrainte physiologique,  elle restaure la confiance en soi.

* Le scripteur est celui qui écrit.

Elle concerne tout type de difficultés d’écriture.

INSCRIPTIONS 2016

Les préinscriptions à la session 2016/2017 du cours de rééducation graphique Danièle Dumont sont ouvertes.

Les cours sont accessibles aux ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues, enseignants, kinésithérapeutes, infirmiers ou tout autre professionnel de l’enseignement, de la remédiation ou la rééducation et de l’accompagnement.

Les cours commenceront en Octobre 2016 et se termineront en octobre 2017.

Pour le planning, le contenu, le mode d’enseignement, c’est ici.

Pour avoir une idée des compétences données par la formation, c’est là, entre autres.

Le tarif est de 1 800 euros, payables en trois versements.

Sauf cas de force majeure, les cours en présentiel ont lieu en Auvergne. Des possibilités de cohébergement en gite proposées par le Cours permettent de diviser les frais par 2, 3 ou 4.

Attention aux contrefaçons. La contrefaçon est une violation d’un droit de propriété intellectuelle par le fait de reproduire ou d’imiter quelque chose sans en avoir le droit ou en affirmant ou laissant présumer que la copie est authentique.  Elle présente le danger de souffrir d’erreurs ou de carences.

Les dossiers de pré-inscription sont à adresser à :

Cours de rééducation graphique Danièle Dumont, Cours privé d’enseignement supérieur à distance  8 rue Ferdinand de Lesseps 21000 DIJON

 

Ils comporteront :

– une lettre de motivation manuscrite

– un CV détaillé

– un document attestant de votre activité professionnelle.

Une réponse vous sera donnée dans les mois qui suivent.

Formation à la rééducation

PLANNING, CONTENU ET MODE DE FORMATION  Cours de rééducation graphique Danièle Dumont, Cours privé d’enseignement supérieur à distance.

Pour les inscriptions 2016, c’est là.   Pour des exemples de rééducation, c’est là.  Pour un témoignage d’ancienne étudiante, c’est en bas de page.

Les cours de rééducation graphique se répartissent en 5 étapes :

Octobre à janvier :  cours par correspondance – L’observation de l’écriture – construction du savoir à partir des observations réalisées par l’étudiant lui-même

Février à avril : cours par correspondance – Étude des composantes fondamentales de l’écriture, ses trois rythmes : la forme (finalité), l’espace (qui sert de support), le mouvement (qui permet à l’écriture d’exister).

(Mai et juin, révisions)

– Juillet : une semaine de cours oraux

Août à octobre : cours par correspondance – Synthèse des cours – Étude de cas.

Fin octobre : une semaine de cours oraux suivie d’une journée d’examen.

Comme toutes les formations, la formation à la rééducation de l’écriture donne les compétences nécessaires pour exercer.  Ce n’est qu’en exerçant que le rééducateur atteindra le niveau d’excellence qui doit être le sien.

Pour des raisons de déontologie, je me refuse à faire pratiquer la rééducation par des étudiants « pour qu’ils s’exercent ». Nos patients ne sont pas des cobayes et les ratés de la rééducation sont dommageables au plan psychologique. En revanche, mes étudiants bénéficient d’un soutien sans limite dans le temps (car on peut toujours se trouver confronté à un cas particulièrement difficile qui nécessite une réflexion extérieure). Ils bénéficient également chaque année d’un colloque de plusieurs jours avec échanges, ateliers, tables rondes, conférences.

Parce que je crois aux vertus d’une réflexion personnelle, d’un interrogation de ses propres pratiques, j’ai mis au point depuis des années un mode d’enseignement particulier pour les premiers cours : la construction de son propre savoir. Incompatible avec des esprits qui campent sur leurs certitudes et refusent les remises en question, cette pratique est très formatrice. Voici ce que m’en a écrit une étudiante, elle-même enseignante,  après obtention de son certificat :

En ouvrant votre email, mon cœur s’est mis à battre la chamade. Je pense, que de ma vie, une réussite ne m’a jamais fait tant plaisir. Il m’a fallu beaucoup travailler pour parvenir à suivre vos cours. Je me suis jetée à corps perdu dans vos courriers mensuels, passionnée par ces nouveautés, me questionnant en permanence sur le sens de ces nouveaux apprentissages.  Soumise à de nombreux doutes quant à ma pratique de classe, à mon efficacité dans l’enseignement, je devais retrouver confiance en moi par quelques entrées que se soient. Votre voie a été salvatrice. J’ai obtenu des réponses pratiques et professionnelles. J’ai compris que j’avais une capacité de travail qui n’était pas négligeable. Je suis aujourd’hui fière de moi. Je vous remercie de tout ce que vous enseignez d’une façon si constructive pour nos pratiques et nos êtres.

 En début d’année, je présente à mes élèves la courbe émotionnelle de l’apprentissage ( Piaget revisité par Daniel FAVRE). C’est grâce à ma confiance en vous et à ce précepte de Daniel Favre que je ne me suis jamais sentie abattue lors de cette année de cours. Vous êtes certainement le seul professeur que j’ai rencontré aujourd’hui, qui enseigne son savoir avec générosité, bienveillance et finesse. Vous nous ouvrez le champ des possibles : le bonheur d’apprendre.

 Merci Danièle,

La forme et le geste

L’écriture est le produit d’un geste.

– Ce qui intéresse celui qui lit, c’est le produit fini, la trace sur le papier, pas le geste qui a été fait pour laisser la trace.

– Ce qui intéresse le rééducateur, c’est la mise en place de ce geste pour améliorer la qualité de la production et permettre qu’il ne soit plus, par ses hésitations ou ses perturbations, un frein à l’écriture fluide et présentable de la pensée.

– Ce qui intéresse l’enseignant, c’est d’avoir les moyens de donner à l’enfant un geste graphique fluide de telle façon que le geste d’écriture soit pour lui un véritable moyen de communication et d’expression.

Dans toutes ces perspectives, nous parlons bien du geste et non des gestes.  En effet, il ne s’agit pas de considérer des gestes qui se juxtaposeraient mais bien le geste d’écriture dans son ensemble, dans ce qui fait son essence et sa spécificité.

En conséquence l’écriture n’est pas constituée d’une somme de gestes (qui fonctionneraient comme une addition) mais bien d’un ensemble dont les éléments sont indissociables.  Il ne faut pas confondre le geste (qui est l’ensemble, le tout), le processus de création des formes qui explique comment les formes dérivent les unes des autres, le processus de formation des lettres qui explique comment les formes s’articulent pour former des lettres. Néanmoins les formes constitutives des lettres peuvent être isolées pour la démonstration.  Elles sont au nombre de sept : deux formes de base (une pour chacune des deux unités de mouvement, celle qui « passe par en bas » et celle qui « passe par en haut » pour aller vers la droite), deux dérivées de chacune des formes de base et une dérivée secondaire. (Les différences de dimension sont obtenues en dépliant les doigts pour les formes qui montent au-dessus du premier interligne et en les repliant dans la main pour celles qui passent sous la ligne)

La processus de formation des lettres - Extrait

La processus de formation des lettres – Extrait

 

 

 

 

 

Apprendre à écrire, c’est apprendre à tenir et manier son crayon de telle sorte qu’en mobilisant deux unités de mouvement on puisse produire des formes qui s’agencent en lettres formant des mots qui font sens au fur et à mesure pour celui qui écrit et qui feront sens en différé pour celui qui lira ce qui est écrit.

On peut lire aussi :

forme, geste et rééducation.

Pour connaître les nouvelles publications, c’est ici.

 

Comment commencer en CP avec des enfants déjà en difficulté ?

Question : J’ai lu votre travail avec intérêt et j’aimerais mettre en place votre méthode d’écriture cette année. Je suis enseignante en CP en ZEP. Mes collègues de maternelle et de CP n’utilisent pas votre méthode (mais je leur en parlerai).

J’observe tous les ans qu’une majorité de mes élèves ne tiennent pas leur crayon correctement et je n’arrive pas à faire changer leurs habitudes. J’ai donc lu avec intérêt la manière dont vous décrivez la pince (j’étais moi-même persuadée que la pince était entre le pouce et l’index) et comment à partir du geste de lever la main on place le crayon.

Mes élèves sont tous les ans assez lents en écriture ce qui fait que je redoute tout travail écrit qui devient assez rébarbatif et me donne l’impression de ne pas avancer dans les apprentissages.

Tous les ans des enfants se plaignent d’être fatigués quand ils écrivent et certains ne font pas les exercices dès que c’est de l’écrit. D’autres enfin n’arrivent pas à tenir la ligne même en fin d’année de CP.

J’ai trouvé des pistes dans votre travail pour remédier à tout cela. Mais je me pose encore beaucoup de questions :

– Puis- je commencer directement avec le cahier d’apprentissage CP ou dois-je d’abord faire réaliser certaines activités qui auraient dues être faites en maternelle ? Est-ce que je dois montrer le modèle du geste au tableau et verbaliser ?

 

Réponse Puisque la méthode n’a pas été suivie en maternelle, pour commencer je vous suggère de présenter l’écriture aux enfants de la façon suivante : « écrire, c’est simple. Il faut savoir faire deux choses, aller vers la droite par en haut, aller vers la droite par en bas. »  En le disant « vous tracez au tableau un petit arc de cercle concave* et un peu plus loin sur la même ligne un petit arc de cercle convexe. » Vous leur demandez de faire la même chose sur une feuille blanche non lignée, format A5,  que vous leur aurez donné. Quand ils l’ont tous fait : « Et voilà, maintenant vous savez écrire ! parce qu’à partir de là, on peut écrire.»

* attention, ne commencez pas trop haut l’arc concave et remontez-le un peu plus en finale, afin de ne pas susciter une attaque trop haute des boucles.

« Qu’est-ce qu’on fait avec notre petit trait qui passe par en bas ? Regardez bien, on fait juste tourner les doigts et on a … ? » Ils vont vous répondre « une boucle » ou « un e ». Vous réajustez, oui, une boucle qui fait un e. Ils connaissent en principe le nom des lettres. « Alors on fait un e sur la feuille ».

« Maintenant regardez, je fais la même chose mais j’étire mes doigts vers le haut. Et j’ai fait … ?» Un l. « Alors on fait un l sur la feuille ».  Et si au lieu de tourner je rends ma boucle bien bien étroite, bien maigre, je fais…… ». Ils ne connaissent pas le nom de la forme, mais vous allez le leur dire : « une étrécie ». « Qu’est-ce que je peux faire avec ? » «  Si je mets un point je fais un i, si je fais deux étrécies, je fais un u » « et on écrit i et u ». Vous attendez que les enfants aient écrit. « Et si je tire mes doigts et que je mette une barre ?.. ». « t ».

Soyez enjouée, persuasive, n’hésitez pas à évoquer un côté magique. « Maintenant, regardez, si au lieu de commencer en bas je commence en haut pour tourner dans le même sens, ça fait un rond. Et si je lui ajoute un trait comme si je voulais faire une grande boucle, j’ai fait… ? »…. « Un o » « et si je ferme mon rond par une étrécie j’ai fait… un a ». «  Vous voyez comme c’est simple ! » .

Menez cela rondement, avancez. Ne cherchez pas la perfection mais assurez-vous que les enfants ont tous fait sur leur feuille ce que vous leur demandiez « Maintenant on sait que dans l’écriture il y a des boucles, des étrécies et des ronds et on sait les faire. Donc on va pouvoir apprendre à écrire. Il  y a d’autres formes, mais on les apprendra après ».

Et là, avant de revenir dans une autre leçon au e et au l que vous grouperez pour faire des mots* vous faites travailler le positionnement de la main et le contact avec le cahier avec les exercices qui se trouvent au début du cahier 1. (* « le » et « elle » à mettre de suite en situation puis à écrire sur le cahier),

Ça c’est la 1ère leçon d’écriture. Pour la suite, prenez votre temps d’avancer tranquillement. Ne négligez pas les 1ères pages du cahier, celles où les lettres ne sont pas encore abordées.

Chaque fois que vous leur présentez une nouvelle lettre demandez-leur de la décrire à l’aide du métalangage (7 mots simples à connaître. Cela leur en facilitera la mémorisation et l’écriture). La description est donnée dans le cahier sauf pour le pont refermé que je n’ai pas encore osé nommer de son nom dans le corps du cahier car il faut que les enseignants s’habituent (ceci dit « coupe » – que j’ai changé depuis pour « étrécie » était bien passé)

Ne jamais verbaliser mais toujours décrire à l’aide du métalangage (exercice 1 du cahier).  Pensez à afficher les 7 formes (inutile d’écrire leur nom ; en revanche veillez à ce qu’elles soient placées en deux tableaux et dans leur suite logique).

Pour faire « attraper le geste » faites repasser vivement sur la lettre plusieurs fois de suite comme le demande l’exercice 2 du cahier.

Réexpliquez cela aussi avec le poster du processus de création des formes et du processus de formation des lettres que j’ai fait chez Hatier. Ils sont présentés ci-contre en  marge de gauche (le poster des chiffres avec la numération est inclus mais il n’est pas indiqué sur la couverture).

Pour faire vos modèles, vous pourrez maintenant, j’espère, utiliser la police de caractères Cursive Dumont maternelle (et la Cursive Dumont élémentaire suivra bientôt si nous avons assez de contributeurs). Vous pourrez aussi leur montrer les lettres au TBI si vous en avez un ou leur montrer l’écriture qui avance sous leur yeux .  Découvrez-la et commandez-la ici au plus tôt. Je croise les doigts pour que nous atteignons vite les 600 contributeurs (sans lesquels la police ne sera pas diffusée)